As bestas – de Rodrigo Sorogoyen

Lundi 15 Août à 18h

2h 17min / Thriller, Drame De Rodrigo Sorogoyen

Avec Marina Foïs, Denis Ménochet, Luis Zahera

SYNOPSIS
Antoine et Olga, un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils ont une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension jusqu’à l’irréparable…

Anecdotes

Note d'intention du cinéaste
"Ce que je trouve intéressant dans la justice, c’est qu’elle n’est pas incontestable. Elle est relative. En fonction du point de vue qu’on adopte pour raconter une histoire, on peut avoir une certaine conception de ce qui est juste ou, à l’inverse, en avoir une vision radicalement différente."

"Avec Isabel Peña, ma co-scénariste, on aime placer le spectateur (c’est-à-dire nous-mêmes) à la place de l’autre, dans la situation la plus inattendue. Quand nous créons des personnages, nous nous obligeons à les comprendre."

Genre de prédilection
Le thriller (et ses variantes comme le polar, le thriller dramatique, etc.) est le genre de prédilection du metteur en scène espagnol Rodrigo Sorogoyen, comme en témoignent El reino et Madre, mais surtout Que Dios nos perdone, dans lequel Antonio de la Torre et Roberto Álamo se lancent à la poursuite d'un terrifiant tueur en série.

Les frères Anta
Rodrigo Sorogoyen et la scénariste Isabel Peña expliquent au sujet des antagonistes, les frères Anta, qui vivent depuis longtemps dans le village et qui y sont nés. "Sans jamais justifier leur comportement, nous comprenions leur frustration, leur haine et, aussi, leur peur."

Peur de l'étranger
L'intrigue de As bestas se déroule dans un village en déclin (comme il en existe beaucoup en Espagne) où les habitants se méfient des étrangers. Rodrigo Sorogoyen confie : "Deux frères en colère contre le monde. La réalité de leur combat comme celle des étrangers."

"La patrie comme territoire de conflit. L’affrontement né de l’affirmation « je suis ici chez moi, mais pas toi ». Une fois qu’on a identifié cette situation, il nous faut comprendre pourquoi Antoine et Olga risquent tout pour mettre en œuvre leur projet dans cette petite ville."

Scène d'introduction
Les premières images du film montrent des "aloitadores" qui luttent, immobilisent le cheval et qui, avec docilité, coupent sa crinière, évoquant ainsi une chorégraphie, à la fois belle et violente, dans laquelle l’homme et l’animal s’affrontent inéluctablement jusqu’à ce que l’un des deux l’emporte. 
Rodrigo Sorogoyen précise : "L’ordre naît du chaos, puis redevient chaos, avec un autre cheval. C’est une magnifique métaphore qui permet d’ouvrir le film."

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - « As bestas » secoue le spectateur avec une virtuosité telle qu’il en reste le souffle coupé.

CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta - Le cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen emprunte les voies du thriller montagnard pour s’attaquer à la xénophobie qui gangrène notre époque. Une leçon de cinéma.

Culturopoing.com par Thibault Vicq - La justesse de ne jamais surécrire, la nécessité impérieuse de ne jamais surréaliser, avec la volonté de déchiffrer ces personnages, tout en leur prêtant les mots justes qui ne sont pas les bons pour se comprendre entre eux : "As Bestas", d’un quotidien extraordinaire, regorge de stimuli et de détails non-ostentatoires d’une immense valeur.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - As Bestas raconte ça, la terre et la violence, les bêtes humaines inhumaines. Face-à-face, s’affrontant dans une arène impitoyable, un couple de Français et deux paysans, frères frustes et rustres, les Espagnols Luis Zahera et Diego Anido, qui sont aussi des acteurs irréprochables.

GQ par Adam Sanchez - En mêlant les genres et les tonalités, le réalisateur signe ici son plus grand film, autopsiant les maux qui rongent une Espagne coupée en deux, entre ville et campagne, les mondialisés et ceux qui n'ont plus le droit qu'aux miettes. Une œuvre d'une puissance et d'une acuité comme on en voit peu aujourd'hui.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Un des grands films de l’année.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - En grimpant dans les montagnes de Galice pour As Bestas, thriller sombre et glaçant, cauchemar de terreur mentale, Sorogoyen atteint des sommets de maîtrise.

Les Echos par Olivier de Bruyn - Ce film puissant sur la peur et la haine de l'autre confirme le talent de Rodrigo Sorogoyen.

Positif par Ariane Allard - Ce thriller rural, sis dans un village en déclin de Galice, ne se contente pas de captiver par la seule force oppressante de son récit. II sidère aussi par l’incroyable sentiment de vérité qu’il dégage...

Voici par Daniel Blois - Un des grands films de l'année.

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - Dans une œuvre envoûtante et authentique, Rodrigo Sorogoyen décrit avec brio les rouages mortifères du harcèlement de voisinage avec deux comédiens principaux, Marina Foïs et Denis Ménochet, absolument sidérants de sincérité.

Bande à part par Olivier Pélisson - Sorogoyen tire son récit comme le fil d’une pelote parfaitement enroulée, et emballe par son sens du climat et de la tension immédiate.

Ecran Large par Antoine Desrues - Toujours plus brillant à chaque film, Rodrigo Sorogoyen touche au sublime avec As Bestas. L’auteur y tisse une synthèse passionnante de son art, dans un écrin de thriller rural d’une maîtrise indécente. L’un des films majeurs de l’année !

L'Obs par Sophie Grassin - Si nous devions retenir une poignée de longs-métrages montrés cette année à Cannes, il y aurait celui-là.

Les Fiches du Cinéma par Michael Ghennam - Rodrigo Sorogoyen vise juste avec ce thriller âpre, filmant ses personnages au bord de l’implosion sans jamais perdre de vue leur humanité.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain - Rodrigo Sorogoyen maîtrise parfaitement son récit, son découpage, sa mise en scène, ses acteurs et actrices (c’est l’un des meilleurs films de Marina Foïs à ce jour, et Denis Ménochet est magnifique), et nous livre un film tenu, tendu, sec comme un coup de trique.

Marianne par Olivier De Bruyn - Ce film puissant sur les fractures identitaires la haine de l’étranger confirme le talent d’un metteur en scène qui aime arpenter des territoires dérangeants.

Première par François Léger - À la fin de la projection au festival de Cannes, dans la section parallèle Cannes Première, une question nous obsédait : comment un tel morceau de cinéma pouvait-il avoir manqué la compétition ? As bestas, bête de film.

Public par La Rédaction - Un thriller implacable.

L'avis du projectionniste

Film qui aborde le thème de la xénophobie, de l'expatriation et la confrontation avec une culture différente, peut-être sur le mépris de classe, sur fond de divergence de point de vue à propos de l'installation d'éoliennes."As bestas" propose une mise en scène antispectaculaire, qui diffuse adroitement la haine qui oppose les personnages et témoigne de la maîtrise de la mise en scène de ce réalisateur de premier ordre. L'interprétation de la part de l'ensemble de la distribution est formidable. Un thriller rural à découvrir juste avant les conviviales.