Aucun ours – de Jafar Panahi

vendredi 23 Décembre à 20h30 et Lundi 26 Décembre à 17h (VO/st pour les deux séances)

1h 47min / Drame De Jafar Panahi

Avec Jafar Panahi, Naser Hashemi, Vahid Mobasheri

SYNOPSIS
Dans un village iranien proche de la frontière, un metteur en scène est témoin d’une histoire d’amour tandis qu’il en filme une autre. La tradition et la politique auront-elles raison des deux ?

Anecdotes

Récompensé à la Mostra de Venise
Aucun ours a obtenu le Prix spécial du jury au Festival de Venise 2022.

Un réalisateur incarcéré
En détention depuis le 11 juillet 2022, Jafar Panahi n'a pas pu se rendre au Festival de Venise où Aucun ours était sélectionné. Il a toutefois adressé une lettre ouverte aux organisateurs, qu'il a co-signée avec son confrère Mohammad Rasoulof, lui aussi détenu depuis le 8 juillet. Voici le contenu de cette lettre : « Nous sommes des cinéastes. Nous faisons partie du cinéma indépendant iranien. Pour nous, vivre c'est créer. Nous créons des œuvres qui ne sont pas des commandes, c'est pourquoi ceux qui sont au pouvoir nous voient comme des criminels. Le cinéma indépendant reflète son époque. Il s'inspire de la société. Et il ne peut y être indifférent. L'histoire du cinéma iranien témoigne de la présence constante et active de réalisateurs indépendants qui ont lutté pour repousser la censure et garantir la survie de cet art. Pendant que certains se voient interdire de tourner des films, d'autres sont contraints à l'exil ou réduits à l'isolement. Et pourtant, l'espoir de créer à nouveau est notre raison d'être. Peu importe où, quand et dans quelles circonstances, un cinéaste indépendant crée ou pense à la création. Nous sommes des cinéastes indépendants ».
Une manifestation de soutien s'est tenue sur le tapis rouge du festival, juste avant la projection officielle du film.

Un tournage clandestin
Jafar Panahi n'a plus l'autorisation de tourner depuis 2010. Tous ses films se font désormais de manière clandestine, en équipe réduite. Pour Aucun ours, il a effectué un long travail de repérage pendant trois mois et a trouvé le décor de son film dans un village près de Tabriz, à proximité des frontières de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie. Mais la présence de l'équipe a été dénoncée auprès des autorités, la forçant à fuir pour poursuivre le tournage dans d’autres villages alentour.

Un film improvisé
Jafar Panahi a fait appel à des acteurs professionnels mais aussi à des habitants du village où se tournait Aucun ours. Personne n'avait de scénario complet, mais seulement des bribes de textes et quelques éléments sur la scène. Le chef opérateur Amin Jafari raconte dans un entretien à Libération : "Il sait mettre les gens à l’aise puisqu’il leur explique qu’ils sont exactement les personnes qu’il cherchait et qu’ils doivent à ce titre se contenter de rester fidèles à ce qu’ils sont dans la vie de tous les jours. Il ne fait pas forcément de nombreuses prises, il ne fait pas de répétition mais, par moments, il bute sur un détail qui peut nous sembler à tous parfaitement anodin. Mais, in fine, on s’aperçoit qu’il a raison."

Quelques critiques presse

Franceinfo Culture par Jacky Bornet - Aucun ours est d’une richesse thématique et formelle inépuisable, une mise en abyme imparable.

Les Inrockuptibles par Ludovic Béot - Le niveau d’urgence, de douleur et de frustration crie dans chaque plan du film et plus particulièrement dans un fragment saisissant où Panahi ne parvient pas à enjamber la ligne invisible pour quitter son pays. Mais, plutôt que de se complaire dans un rôle victimaire, Panahi choisit d’interroger, avec rigueur et profondeur, la responsabilité du filmeur et des images qu’il fait naître.

Ouest France par La Rédaction - Un bijou de cinéma.

20 Minutes par Caroline Vié - Jafar Panahi a donné sa liberté de vivre et de créer mais sa voix continue de se faire entendre dans ce film tragique et fort.

Bande à part par Jo Fishley - C’est le dernier film clandestin du cinéaste iranien Jafar Panahi, emprisonné depuis plusieurs mois à la prison d’Evin, à Téhéran : Aucun ours met en scène, avec un humour à froid irrésistible et absurde, son cinéma empêché et sa résistance.

Cahiers du Cinéma par Olivia Cooper-Hadjian - Une forme de rébellion contre un ordre social hypocrite qui renvoie un écho prémonitoire aux révoltes actuelles des femmes d’Iran. En enlevant leur hijab, elles le disent à leur manière: circulez, y a rien à voir, aucun ours.

Culturopoing.com par Hugo Jordan - Si la fiction ne peut plus être un refuge au chaos du monde, elle peut néanmoins toujours participer à son redressement. Et "Aucun ours" en est l’un des plus brillants exemples.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Mais Jafar Panahi, jusqu’à son incarcération, n’a cessé de faire du cinéma clandestinement. « Aucun Ours », Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, rend compte avec une autodérision tragicomique de cette vie surveillée.

Elle par Françoise Delbecq - Un film glaçant et prémonitoire.

L'Obs par François Forestier - Tout se mélange et se complète dans un fascinant puzzle, où il y a du pamphlet, de la pensée poétique et de la tragédie.

La Croix par Céline Rouden - Avec une verve et un humour toujours intact malgré la noirceur de son propos, Jafar Panahi nous parle de ses conditions de travail difficiles, de la question douloureuse de l’exil, et du soupçon généralisé dans un pays encore marqué par le poids des traditions.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Depuis une dizaine d’années, Jafar Panahi, persécuté par le régime islamiste, s’est vu interdire de quitter l’Iran et de faire des films, tandis qu’il était assigné la plupart du temps à résidence. Mais Jafar Panahi, jusqu’à son incarcération, n’a cessé de faire du cinéma clandestinement. « Aucun Ours », Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, rend compte avec une autodérision tragicomique de cette vie surveillée.

Le Figaro par Etienne Sorin - Aucun ours est particulièrement pessimiste. Mais il a été tourné avant le soulèvement et Panah Panahi veut croire que l'espoir est aujourd'hui permis.

Le Journal du Dimanche par Alexis Campion - S’emparant d’une situation qui tient à la fois du rocambolesque et du réel tragique, Jafar Panahi signe un grand film incisif sur la situation intenable dans son pays.

Le Monde par Mathieu Macheret - Cette tension prend la forme métaphorique de la frontière, visible d’une colline, dans la splendide scène nocturne où Jafar Panahi, guidé par son assistant, s’aventure dans une zone de contrebande.

Le Parisien par La Rédaction - Récompensée par le Prix spécial du jury au festival de Venise, cette œuvre résonne de manière particulièrement forte aujourd’hui, alors que l’Iran est secoué par des manifestations et que Jafar Panahi y est incarcéré depuis plus de quatre mois.

Le Point par Armin Arefi - Une impressionnante rencontre entre réalité et fiction.

Les Echos par Olivier De Bruyn - Sept ans après l'admirable « Taxi Téhéran », Jafar Panahi redonne de ses nouvelles sur le grand écran dans « Aucun ours ». Avec ce nouvel autoportrait indirect, le cinéaste, plus que jamais viscéralement attaché à son pays natal, entraîne le spectateur dans un jeu de piste troublant qui honore celles et ceux qui sont prêts à tout pour vivre libres… quitte à en mourir. Une fiction à la fois malicieuse et émouvante.

Les Fiches du Cinéma par Michael Ghennam - Une savante mise en abyme, au service d’un propos politique implacable.

Libération par Didier Péron - «Aucun ours», puissante fiction autobiographique du cinéaste iranien aujourd’hui incarcéré pour dissidence, témoigne de l’épuisement du peuple face à un régime délétère.

Marianne par Olivier De Bruyn - Dans cette petite merveille d'impertinence, le cinéaste joue son propre rôle et fait l'éloge de toutes celles et ceux qui luttent pour l'émancipation.

Sud Ouest par Sophie Avon - Avec son incroyable vitalité et son obsession de l’image, Jafar Panahi tisse une narration magnifique, drôle, tragique et universelle

Télérama par Louis Guichard - Avant d’être emprisonné pour “propagande contre le régime”, le cinéaste iranien a tourné ce poignant film à suspense sur l’oppression des femmes et des artistes.

L'avis du projectionniste

Panahi est attaché viscéralement à la liberté et à son pays et ne peut certainement pas verser dans l'optimisme mais derrière la noirceur, il laisse s'échapper dans Aucun ours un humour salvateur, basé sur l'absurde et l'humanité à géométrie variable de ses personnages. Quand la réalité et la fiction s'unissent, c'est toute la volonté de combattre par la création artistique qui transparait dans un film étonnant qui ne peut pas, ne doit pas, être le dernier de Jafar Panahi.

À voir evidemment.