Continuer – de Joachim Lafosse

Dimanche 20 janvier à 17h00 en avant-première Nationale

Date de sortie 23 janvier 2019 (1h 24min)

De Joachim Lafosse

Avec Virginie Efira, Kacey Mottet Klein, Diego Martín

Genres Drame, Aventure

Nationalités français, belge

Synopsis

Sibylle, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes !

Entretien

Il s'agit d'une adaptation de Continuer de Laurent Mauvignier,

Lorsque j’ai découvert Continuer, le roman de Laurent Mauvignier, je n’ai cessé de me demander si je serais capable de faire ce voyage-là avec ma propre mère. Or, se poser la question, c’est déjà adoucir beaucoup de choses.

J’ai orienté mon adaptation autour de cette idée : doit-on tout savoir

Ce qui m’a ému, c’est l’aveu d’un lien presque érotique à la mère. C’est un érotisme infantile. Cette chose-là porte la plupart d’entre nous, elle nous fait vivre, nous solidifie. Je trouve qu’il y a dans ce roman une description de cette idée très émouvante et assumée. Sibylle voit son fils devenir un homme et Samuel découvre que sa mère est une femme désirable. Cette sensualité-là m’a bouleversé.

J’ai essayé de me laisser emporter par le mystère de Virginie Efira, et peut-être plus par ce qu’elle refusait de donner que par ce qu’elle m’offrait. Je tenais, par exemple, à ne jamais la déshabiller. Mais il m’importait qu’elle ait les cheveux relevés, la nuque apparente, qu’elle porte un pull bleu clair et que sa blondeur soit solaire. Je la trouve très belle dans ce film.

Kacey Mottet Klein me semblait juste dans ce rôle. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il tente de s’arranger avec ses pulsions en faisant des films. Il a la générosité d’offrir au cinéaste la possibilité d’observer cela. Tout en le faisant, il se découvre, se dévoile. Je n’attends rien d’autre d’un acteur. Et lorsqu’un acteur vous autorise à le regarder, c’est magnifique. C’est rare.

On ne théorise pas avec les enfants. Quand c’est juste, ils prennent ce qu’on leur donne et ils nous le rendent. J’avais envie de filmer le moment où un enfant rend la justesse au parent qui l’a porté. Dans cette scène où ils sortent de la tente, Samuel reconnaît la justesse de l’idée de sa mère et de là où elle l’a emmené.

Sibylle amène son fils à s’ouvrir au monde. Votre mise en scène, dans la façon dont elle inscrit les personnages dans des espaces très vastes et lumineux, les place face à l’immensité…

C’est là que Sibylle permet à Samuel de grandir. Par l’aveu qu’elle lui fait, elle lui permet d’aller vers la complexité et l’altérité. Elle lui fait comprendre qu’il faudrait peut-être cesser d’avoir une idée arrêtée sur les choses et les gens et commencer enfin à vivre.

Vous semblez très complice de Kacey Mottet Klein, votre fils à l’écran…

Comment ne pas apprécier Kacey ?! Il partage des points communs avec son personnage : un très grand mélange de maturité, de force physique et parfois une fragilité enfantine. De la nervosité et énormément de douceur.

On était très proches sur le tournage. Il faut dire que nous n’avions pas vraiment le choix ! Nous étions perdus au milieu du désert, ne jouant que l’un avec l’autre. Kacey a cette faculté d’installer une tension particulière dans certaines scènes : on ne sait pas forcément où il va aller, ce qui va surgir.

JOACHIM LAFOSSE, RÉALISATEUR

FILMOGRAPHIE

2018 CONTINUER

2016 L’ÉCONOMIE DU COUPLE

2015 LES CHEVALIERS BLANCS

2012 À PERDRE LA RAISON

2010 AVANT LES MOTS

2008 ÉLÈVE LIBRE

2006 NUE PROPRIÉTÉ

2006 ÇA REND HEUREUX

2004 FOLIE PRIVÉE