Des gouts et des couleurs – de Michel Leclerc

Vendredi 05 Août à 21h

1h 50min / Comédie De Michel Leclerc

Avec Rebecca Marder, Félix Moati, Judith Chemla

SYNOPSIS
Marcia, jeune chanteuse passionnée, enregistre un album avec son idole Daredjane, icône rock des années 1970, qui disparait soudainement. Pour sortir leur album, elle doit convaincre l’ayant-droit de Daredjane, Anthony, placier sur le marché d’une petite ville, qui n’a jamais aimé sa lointaine parente et encore moins sa musique. Entre le bon et le mauvais goût, le populaire et le chic, la sincérité et le mensonge, leurs deux mondes s’affrontent. À moins que l’amour, bien sûr...

Anecdotes

La musique
S’il retrouve ses sujets de prédilection comme le rapport aux classes sociales, l’héritage familial et la comédie romantique, Michel Leclerc inclut dans Les Goûts et les couleurs sa passion pour la musique. Plus jeune, il avait même l’ambition de se lancer dans la musique. Il a composé une centaine de chansons et fait partie de plusieurs groupes : « j’ai toujours essayé de mettre le plus possible de chansons dans mes films. Je devais donc forcément me confronter un jour ou l’autre plus directement à cette passion ! » La musique, et la chanson en particulier, sont un marqueur social et culturel fort qui lui permettent de parler de lutte des classes.

La péniche
Le réalisateur a choisi une péniche comme lieu d’habitation de Marcia et Ivry car c’est à ses yeux la quintessence du schéma chic parisien artiste. « Et puis j’aimais la métaphore de la péniche qui progressivement s’éloigne du cœur de Paris, arrive au Canal de l’Ourcq, puis à Pantin, puis file vers la campagne… Elle exprime bien la trajectoire de Marcia, qui n’a plus les moyens de vivre au centre de Paris, trajectoire inverse à celle d’Anthony. »

Créer une star de la chanson
Pour créer le personnage de la chanteuse Daredjane, Michel Leclerc s’est inspiré de chanteuses comme Brigitte Fontaine, Catherine Ringer et Patti Smith. « Mais je voulais que Daredjane ait son identité propre, sa véracité, qui passe par des détails comme le fait qu’elle soit toujours habillée en vert – comme Barbara était en noir par exemple. » Ses vêtements font d’elle « La dame en vert », en écho au footballeur Dominique Rocheteau surnommé « L’ange vert », avec lequel le réalisateur lui a inventé une histoire d’amour. Michel Leclerc lui a inventé de toutes pièces une carrière fictive, qu’il détaille : « Daredjane est devenue une vieille rockeuse qui jure un peu avec notre époque mais musicalement, elle a eu une carrière à la Gainsbourg, qui a changé de style au cours des époques. Quand elle débute à la fin des années 60, elle a un côté chanteuse Rive Gauche très timide, qui chante des chansons à texte avec un quatuor à cordes. A mesure qu’on avance dans le temps, elle devient hyper rock, complètement déjantée, très provocatrice ». Il est allé jusqu’à lui inventer des fausses images d’archive.

Daredjane
Michel Leclerc revient sur la manière dont il a trouvé le nom peu commun de sa chanteuse : « Le jour où j’ai rencontré Baya Kasmi [sa compagne et collaboratrice régulière], il y a plus de vingt ans maintenant, on était tous les deux invités dans un café où une jeune poétesse, qui s’appelait Daredjane, disait des poèmes érotiques. »

Marcia
Le personnage de Marcia s’appelle ainsi en clin d’œil aux Rita Mitsouko. Michel Leclerc s’est inspiré de jeunes chanteuses françaises comme Pomme et Fishback. S’il est plus facile de nos jours techniquement d’enregistrer un album et de le rendre accessible au public, la concurrence est rude et il est plus difficile de bien vivre de son métier. Le réalisateur développe : « Les artistes ont conscience qu’ils sont devenus ‘jetables’, un moment de célébrité est vite passé et n’est jamais garant de la suite. Malgré ses 25 ans et un premier petit succès, Marcia a déjà l’impression d’être un peu has been. »

L’héritage musical
Le personnage d’Anthony a été inspiré au réalisateur par une coiffeuse qu’il avait rencontrée. Elle était devenue amie avec son voisin, le parolier et scénariste André Hornez, qui lui a légué toute son œuvre à sa mort, soit des centaines de chansons, dont beaucoup de standards de l’époque. « Je l’ai rencontrée à ce moment-là, en plein vertige existentiel. Cet héritage qui lui tombait dessus, du jour au lendemain, avait le pouvoir de changer sa vie. Les demandes d’utilisation des chansons se multipliaient, pour une pub, un spectacle ou autre, elle devait répondre, elle n’y connaissait rien, craignait de mal faire… L’héritage d’une œuvre, c’est une responsabilité ! »

Les chansons
Michel Leclerc signe lui-même les paroles des chansons du film. Il n’a pas voulu faire appel à un parolier car les chansons font partie intégrante du scénario. Il a décidé d’écrire des paroles très directes pour que les spectateurs comprennent facilement leur sens : « à priori, le spectateur ne verra le film qu’une seule fois. Les textes des chansons des grandes comédies musicales sont souvent très simples et immédiatement compréhensibles : "I’m singing in the rain", "Nous sommes deux soeurs jumelles", "Tonight tonight"… » Concernant la musique, deux chansons ont été composées par Pierre Legay, trois par Leclerc, et les autres par David Gubitsch et Jérôme Bensoussan. Ce dernier est un ami du réalisateur pour lequel il a signé la musique de trois de ses films.

Comme un poisson dans l’eau
Passionnée par le chant depuis toujours, Rebecca Marder a longtemps fait partie d’une chorale et a un père contrebassiste et compositeur : « Je chantais aussi avec lui et il m’accompagnait au piano. J’ai baigné dans la musique et mon désir de devenir comédienne est apparu avant tout par mon amour des comédies musicales. »

Une actrice vieillie
Michel Leclerc a envisagé de prendre deux actrices pour interpréter Daredjane à deux âges différents. Mais les effets spéciaux de maquillage de Guy d’Alex Lutz l’ont convaincu de prendre une seule comédienne. Judith Chemla, qui interprète la chanteuse, avait en tête une « gueule » façon Keith Richards et a insisté pour que son vieillissement soit largement visible, voire exagéré à l’écran : « Je voulais que Pierre-Olivier Persin, qui est un maquilleur génial, me fasse presque des cicatrices tellement Daredjane a des rides, qu’on sente une vie bien déglinguée, défoncée, déchirée… Il ne fallait pas l’épargner, au contraire, c’est comme ça qu’elle allait être belle. J’insistais lourdement pour que l’on soit au-delà du réalisme, que la référence ne soit surtout pas moi plus vieille. »

Quelques critiques presse

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - Joyeux, enthousiasmant et résolument humain, le nouveau film de Michel Leclerc réenchante la chanson et le cinéma français. Assurément le coup de cœur de l’été.

CNews par Chloé Ronchin - Mélancolique, drôle et attachant, cette romance musicale est rythmée par d'envoutantes et entêtantes chansons originales.

Femme Actuelle par La Rédaction - Un moment charmant, drôle et tendre.

L'Obs par Xavier Leherpeur - Une réussite qui doit beaucoup à ses comédiens : Félix Moati et Rebecca Marder étincellent de charme, et Judith Chemla, dans le rôle d’une vedette pop entre Brigitte Fontaine et Catherine Ringer, touche au sublime.

Le Parisien par La Rédaction - Pleine de charme et de poésie, mais aussi moins surprenante que ses précédents films (« Le Nom des gens », « La Lutte des classes »), cette jolie histoire d’amour musicale aborde les thèmes chers à Michel Leclerc qu’il interroge ici brillamment : les rapports de classes et les codes culturels.

Les Echos par Olivier De Bruyn - Michel Leclerc aime observer la société française et ses fractures. Il le prouve une nouvelle fois dans « Les Goûts et les Couleurs », une fiction qui, derrière sa fantaisie musicale et ses faux airs de comédie romantique, examine la violence de classe et les préjugés qui sévissent des deux côtés du périph. Un film inventif.

Marianne par Olivier De Bruyn - Michel Leclerc met en scène une passion a priori improbable entre deux protagonistes qui bousculent leurs préjugés et se libèrent des entraves de leur « communauté » respective. En amour comme ailleurs, raconte en filigrane le cinéaste, se soustraire à la lutte des classes n’est pas chose aisée. Foncez dans les salles découvrir ce beau combat, vous ne le regretterez pas.

Marie Claire par Emily Barnett - Un tandem accordé et hyper charmant qui réussit même à nous rendre sympathique ce milieu féroce.

Ouest France par Gilles Kerdreux - La rencontre avec la star vieillissante est merveilleuse. Puis ça devient une comédie romantique un peu convenue.

Télé Loisirs par Camille Brun - Le film offre un choc des cultures un peu appuyé, mais souvent drôle.

Voici par Lola Sciamma - Le réalisateur du Nom des gens nous offre un nouveau duo d'acteurs épatants.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Habitué à jouer la mouche du coche de tous côtés, Michel Leclerc fait preuve de moins de sagacité en choisissant son camp cette fois de manière plus marquée. Sa caméra filme amoureusement Rebecca Marder face à l’exaspérant Anthony, auquel Félix Moati apporte heureusement un peu de son charme.

La Voix du Nord par Christophe Caron - L’amour va s’en mêler. Ça n’est d’ailleurs clairement pas cet aspect qui nous a le plus convaincus dans cette histoire (gros problème de crédibilité justement). Non, ce qui est plus intéressant, c’est justement la manière dont on aborde le goût des autres jadis chers à Agnès Jaoui. Les présupposés de classe, les fossés culturels, l’héritage artistique… Et les ponts qui peuvent se créer.

Le Figaro par Etienne Sorin - On pense au Goût des autres, la formidable comédie d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri sur les préjugés de classe et le snobisme culturel. Les Goûts et les couleurs est moins fin. Cela n’empêche pas quelques très bonnes scènes.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - Avec son charme lumineux et une drôlerie tout en finesse, Rebecca Marder fait pétiller, face au pétulant Félix Moati, cette comédie sociétale et romantique dans l’air du temps qui épingle gentiment le monde de la musique.

Les Inrockuptibles par Ludovic Béot - Le réalisateur du Nom des gens orchestre un hommage amoureux à la chanson française tout en prolongeant son regard acéré sur les rapports de classe.

Sud Ouest par Sophie Avon - Le réalisateur des films « Le Nom des gens » et « Télé Gaucho » propose une nouvelle comédie pleine de charme avec Rebecca Marder, Félix Moati et Judith Chemla.

Télé 7 Jours par Julien Barcilon - Fort d’un beau trio, Michel Leclerc interroge cette fois la création artistique, les goûts de chacun et l’intégrité des artistes, valeur qui n’est pas synonyme de succès. Seul bémol : certaines ficelles sont bien épaisses.

Télérama par Marie Sauvion - Entre la « bobo » et le beau « beauf », il y a un fossé, social et culturel, dont Les Goûts et les couleurs fait son miel, sans surplomb. C’est franchement charmant, 

L'avis du projectionniste

Une comédie dramatique et musicale qui réussit tout de même à toucher et à surprendre, avec un trio de comédiens convaincants et à une bande-son très présente nous immergeant totalement dans cette histoire sillonnant le microcosme de la chanson.
Frais, pétillant, rythmé, un bon moment cinéma !