Douleur et gloire (VO / st) – de Pedro Almodovar

FÊTE DU CINEMA – 4€ pour tous

Lundi 01 Juillet à 21h

Date de sortie 17 mai 2019 (1h 52min)

De Pedro Almodóvar

Avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia

Genre Drame

Nationalité espagnol

Synopsis

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Anecdotes

En compétition à Cannes 2019

Douleur et gloire de Pedro Almodovar était présenté en compétition au Festival de Cannes 2019. Il s'agit de la 6ème entrée en compétition officielle pour le cinéaste espagnol, après Tout sur ma mère (1999), Volver (2006), Etreintes brisées (2009), La Piel que habito (2011) et Julieta (2016).

Antonio Banderas a obtenu le prix d'interprétation masculine.

Le dernier volet d'une trilogie

Douleur et Gloire vient achever une trilogie composée de La Loi du désir et La Mauvaise Éducation. Si Pedro Almodovar n'avait pas initialement pour but de créer cette trilogie, il s'avère que ces trois longs métrages ont pour personnage principal un homme réalisateur et portent sur le désir et la fiction cinématographique "mais la façon dont la fiction s’entremêle avec la réalité diffère d’un film à l’autre. Fiction et vraie vie sont les deux faces d’une même pièce de monnaie et dans la vraie vie, il y a toujours de la douleur et du désir".

Autoréférence

L'appartement du personnage d'Antonio Banderas, de la décoration aux meubles, est une reproduction de celui de Pedro Almodovar. L'assistant du chef décorateur allait même parfois chercher directement des objets chez le réalisateur pour les besoins d'une scène. Le directeur de la photographie José Luis Alcaine se rendait également sur place pour observer la lumière à plusieurs moments de la journée et la reproduire en studio. De son côté, l'acteur était coiffé comme le cinéaste, en plus de porter ses vêtements. Cependant, il n'a pas cherché à imiter son modèle, bien que celui-ci le lui ait permis : "Il avait raison : son personnage n’était pas moi, mais il était en moi..."

30 ans plus tard

Pedro Almodovar retrouve Julieta Serrano 30 ans après Attache-moi !. C'est la sixième fois qu'il la dirige dans un rôle où elle incarne un double de sa propre mère : "Ça faisait longtemps que je voulais retravailler avec elle et j’ai ressenti le même plaisir que lors de nos tournages des années 80". Le réalisateur était tellement emballé par la prestation de l'actrice qu'il a écrit pour elle en cours de tournage de nouvelles séquences. Il est ressorti troublé de cette expérience : "elles me semblent si réelles que je me demande si moi, j’ai eu une relation aussi houleuse avec ma mère. J’ai l’impression que ces séquences improvisées en disent plus sur moi, sur ma relation avec mes parents et avec La Manche et les autres endroits où j’ai vécu mon enfance et mon adolescence que tout ce que j’ai pu dire à ce sujet jusqu’à présent".

La musique

Collaborateur fidèle de Pedro Almodovar, le compositeur Alberto Iglesias signe la bande-originale de Douleur et gloire, qui pourrait se diviser en trois ambiances : la première correspond aux retours au passé du héros, la deuxième renvoie aux moments de douleur et d’isolement et la dernière enveloppe les scènes de la mère âgée et du fils à Madrid. La musique a été écrite pour un sextet à cordes avec piano et clarinette.

On peut par ailleurs entendre La Vie en rose reprise par Grace Jones, Cómo pudiste hacerme esto a mí d’Alaska y Dinarama, Come sinfonia de Mina et La noche de mi amor de Chavela Vargas.

Les acteurs

Pedro Almodovar dirige deux de ses acteurs fétiches, Penelope Cruz et Antonio Banderas. Au sujet de ce dernier, il déclare : "Je crois que c’est ce qu’Antonio a fait de mieux depuis Attache-moi ! Douleur et Gloire témoigne selon moi de la renaissance d’Antonio en tant qu’acteur et du début d’une nouvelle étape". Le film marque également les débuts de deux jeunes acteurs, Asier Flores et César Vicente.

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - Ce film passionnant, l’un des meilleurs Almodóvar (comme l’appelle Antonio Banderas) depuis longtemps suit la lente réconciliation du héros avec un passé tumultueux après ses retrouvailles avec un comédien avec lequel il s’était brouillé depuis plus de vingt ans.

Cahiers du Cinéma par Jean-Sébastien Chauvin - L’éclatante réussite de Douleur et Gloire confirme, après Julieta, le regain de puissance émotionnelle du cinéma de Pedro Almodóvar.

Culturopoing.com par Maryline Alligier - La première force du film d'Almodovar est d'être dans le double mouvement, intérieur et antérieur. Parce que "Douleur et Gloire" ramène peut-être le cinéma à sa forme originelle : une reconstruction du souvenir. Peu importe que le souvenir soit intime ou non. Almodovar pose cette question essentielle : et si le cinéma seul peut « sauver quelque-chose du temps où l'on ne sera plus ».

Elle par Françoise Delbecq - Dans un décor de couleurs vives, chères à son univers, on rend hommage au désir, lui seul fait la loi. Et Pedro Almodovar si mélancolique soit-il en est le roi.

La Septième Obsession par Adrien Valgalier - Douleur et gloire est une étape essentielle dans la filmographie de Pedro Almodóvar. À la fois prolongement et synthèse des obsessions du cinéaste, ce film touche par son authenticité, sa générosité et son infinie tendresse.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Pedro Almodóvar livre un bouleversant autoportrait semi-fictif et offre au comédien Antonio Banderas son meilleur rôle.

LCI par La Rédaction - Un chef d'ouvre.

Le Monde par Thomas Sotinel - Avec son dernier long-métrage, en compétition à Cannes, le cinéaste espagnol livre son film le plus achevé depuis « Volver », et le plus étourdissant depuis « Parle avec elle ».

Le Nouvel Observateur par Nicolas Schaller - Au sens littéral : un chef-d’œuvre.

Le Parisien par Catherine Balle - Porté par un Banderas magistral, le film est à l’image de ses décors aux couleurs explosives et aux géométries psychédéliques : exubérant, luxuriant et flamboyant.

Les Inrockuptibles par Gérard Lefort - Dans un geste cinématographique d'une allègre mélancolie, le cinéaste espagnol met en scène ce qui a formé son imaginaire en évitant l'écueil de la complaisance.

L'Express par Eric Libiot - Le cinéaste espagnol revient en compétition avec l'un de ses plus beaux films, Douleur et gloire. Il y parle de lui et de lui. Mais avec grâce et intelligence.

Positif par Ariane Allard - généreux, précis, inspiré.

Télérama par Louis Guichard - Un cinéaste vieillissant se plonge dans les méandres de son passé… Autobiographie ou fiction ? L’Espagnol brouille les pistes autant qu’il se dévoile. Avec brio.

aVoir-aLire.com par Benjamin Oppert - Un film authentique et sincère dans lequel Almodovar se met à nu de façon pudique. Un aveu d’humilité, un tour de force émotionnelle où se croisent grandeur et décadence.

Bande à part par Danièle Heymann - Un bouleversant voyage intime, un voyage conjuratoire et résilient, illuminé par une indéfectible confiance dans le pouvoir du cinéma.

Critikat.com par Thomas Lequeu - Chacun des éléments constitutifs de Douleur et gloire participe d'une synthèse de la filmographie d'Almodóvar, faisant du film une œuvre qui contiendrait toutes les autres.

Ecran Large par Simon Riaux - Après des années de questionnements et d'hésitations, Pedro Almodovar livre une réflexion sublime sur la beauté et le désir vieillissant, aidé par un Antonio Banderas fabuleux, il signe un de ses films les plus personnels et accomplis.

La Croix par Céline Rouden - Almodóvar trouve en Antonio Banderas un interprète à la mesure de la délicatesse de son scénario. Le cinéaste s’y met à nu comme jamais, solde avec douceur les comptes d’un parcours dans lequel la vie et le cinéma n’ont toujours fait qu’un, s’irriguant mutuellement.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - On rit, on pleure : on est bien chez Almodóvar.

Le Point par Victoria Gairin et Christophe Ono-Dit-Biot - Un superbe film qui parle de l'essentiel.

Paris Match par Karelle Fitoussi - Pedro Almodovar pourrait enfin obtenir la Palme d'or tant méritée avec ce vrai-faux autoportrait magnifiquement écrit.

Première par Guillaume Bonnet - Douleur et Gloire remonte ainsi à l’origine des choses, l’enfance de l’artiste, l’enfance de l’art. Il le fait avec grâce et retenue, une émotion douce en rupture avec le « almodovarisme » habituel.

L'avis du projectionniste

Justement récompensé au Festival de Cannes 2019 par le Prix d'interprétation masculine, Antonio Banderas trouve ici l'un de ses meilleurs rôles, tout en retenue et passion dans ce film sincère et touchant. Une autobiographie de pedro almodovar . À voir.