Été 85 – de François Ozon

Samedi 15 Aout à 21h et Dimanche 16 Aout à 18h

14 juillet 2020 / 1h 40min / Drame, Comédie

De François Ozon

Avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge

Nationalité Français

SYNOPSIS
Le film fait partie de la Sélection Officielle Cannes 2020.
L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu’un été ? L’été 85…

Anecdotes

Adaptation de roman
Eté 85 est librement adapté du roman d’Aidan Chambers, "La Danse du coucou", que François Ozon a lu en 1985, quand il avait dix-sept ans. Le réalisateur se rappelle : "Il parlait intimement à l’adolescent que j’étais. Le livre est très ludique et inventif par sa langue, sa construction. Il inclut des dessins, des extraits d’articles de presse, des changements de points de vue, des reprises de séquences sous un autre regard. J’avais éprouvé un grand plaisir de lecture et alors que je commençais à réaliser des courts métrages, je m’étais dit : "Si un jour je fais un long métrage, mon premier film sera l’adaptation de ce roman.""

Thématiques chères à Ozon
Après Grâce à Dieu, François Ozon a relu "La Danse du coucou" et a réalisé qu'il avait, dans ses films, déjà beaucoup parlé de thèmes ou situations présents dans le livre : le travestissement dans Une robe d'été ou Une nouvelle amie, la scène de morgue dans Sous le sable, la relation avec un professeur dans Dans la maison, le cimetière dans Frantz, etc. Le metteur en scène se souvient : "Les films se font quand ils doivent se faire, cette histoire a eu besoin de mûrir en moi pour que je sache comment la raconter et finalement je suis resté fidèle au roman dans sa structure narrative. Pour le reste, j’ai adapté le contexte de l’histoire à la France, et je l’ai restitué à l’époque où j’ai lu le livre. Dans le film, il y a à la fois la réalité du livre et mon souvenir de ce que j’ai ressenti en le lisant."

Une histoire d’amour universelle
François Ozon a été été fidèle au livre, qui ne problématise jamais l’homosexualité et n’en fait pas un enjeu. "Alex et David s’aiment et le fait que ce soit deux garçons n’est jamais vraiment le sujet. C’est pour ça qu’en tant qu’adolescent je rêvais de voir ce film, car les représentations de l’homosexualité dans le cinéma des années 80 étaient très sombres, douloureuses, même avant l’arrivée du sida. En faisant le film, j’ai tenu à assumer les codes d’un teen movie. J’ai filmé une romance entre garçons de façon très classique et sans ironie, pour rendre cette histoire d’amour universelle", précise le cinéaste.

Cannes 2020
Le film fait partie de la Sélection officielle Cannes 2020. Une habitude pour le réalisateur puisque Swimming Pool, Jeune et Jolie et L'Amant double y avaient aussi été présentés.

Années 80 idéalisées
François Ozon a voulu que les décors d'Eté 85 soient réalistes, mais que les années 80 soient idéalisées via les costumes. "Avec Pascaline Chavanne, nous nous sommes beaucoup inspirés des films américains de l’époque, dont j’avais envie de retrouver l’esprit populaire. J’ai vraiment fait le film en pensant au spectateur que j’étais, au film que j’aurais aimé voir à cette époque", explique-t-il.

Trouver Alex
François Ozon a commencé le casting très tôt, avant même d’avoir fini le scénario, en se disant que s'il ne trouvait pas les acteurs, il ne ferait pas le film. Le réalisateur a rencontré Félix Lefebvre (vu dans la série Infidèle) très vite : "Quand il a passé des essais, j’ai tout de suite su qu’il était Alex, avec son visage un peu rond, son sourire enfantin, sa vivacité et une mélancolie dans son regard. Il a un air de River Phoenix qui correspond bien à l’époque et au personnage."

Trouver David
Le contraste entre David et Alex devait être important. François Ozon voulait que le premier domine physiquement le second et qu’il soit dotéé d'une aisance naturelle. Il a alors jeté son dévolu sur Benjamin Voisin, révélé dans La Dernière vie de Simon et Un vrai bonhomme. Le metteur en scène se souvient :"David, c’est un peu un fauve, alors qu’Alex est un agneau qui ne sait pas bien marcher, ni conduire un bateau... Benjamin Voisin avait été casté pour le rôle d’Alex mais en le voyant jouer, j’ai eu l’intuition qu’il pourrait être David, même si, à la base, je recherchais un physique plus impressionnant et plus costaud - en même temps, quand on le voit du point de vue d’Alex, il est effectivement comme ça. Dès les premiers essais, il y a eu une alchimie entre Benjamin et Félix, ce qui était primordial."

Tournage en pellicule
Eté 85 a été tourné en pellicule. François Ozon justifie ce choix : "Aujourd’hui, on s’est habitué à l’image numérique, mais quand on fait un film d’époque, je trouve que la pellicule s’impose – j’avais déjà fait ce choix sur Frantz. J’étais ravi de revenir au super 16, qui était le format de mes premiers courts métrages. J’aime son grain si particulier. Dans les gros plans, cela donne quelque chose de très beau et sensuel sur les peaux, une nuance des couleurs que l’on n’a pas en numérique, qui a tendance à affadir un peu tout."

Retrouvailles
Avec Eté 85, François Ozon retrouve deux comédiens avec qui il a déjà tourné : Valeria Bruni Tedeschi (5x2 et Le Temps qui reste) et Melvil Poupaud (Grâce à Dieu, Le Temps qui reste et Le Refuge).

Au Tréport
Eté 85 se déroule au Tréport, qui est un peu l’équivalent du Southend on Sea (au sud de l’Angleterre) du roman selon François Ozon. Ce dernier voulait ancrer l’histoire du film dans la réalité sociale de cette station balnéaire ouvrière de Haute Normandie, aux falaises impressionnantes. "Le Tréport est une ville qui n’a pas été trop rénovée, qui est restée dans son jus, un lieu très photogénique, avec ces grandes plages de galets, ces falaises, ces HLM le long de la jetée, construits dans les années 60...", confie-t-il.

Créer une alchimie
Un mois avant le tournage, Félix Lefebvre et Benjamin Voisin sont partis tous les deux une semaine faire de la voile au Tréport.

Côté BO
François Ozon voulait une bande-originale à la fois sexy, romantique et nostalgique, qui rappelle les débuts de l’utilisation de l’électronique. Des caractéristiques que l'on retrouve dans la musique de Jean-Benoît Dunckel, dont le cinéaste a toujours aimé le travail au sein du groupe Air. Il explique :"Et il se trouve que dans une interview, où on lui demandait le titre d’une chanson qu’il aimait quand il était jeune, il avait répondu : Stars de la pub, en disant que c’était un morceau très bien produit. Je me suis dit que c’était un signe, puisque c’était aussi un tube de mon adolescence. Je l’ai donc contacté en lui disant que je voulais justement utiliser ce morceau dans mon film. Et je lui ai donné le scénario, à partir duquel il a écrit des morceaux, sans voir d’images. C’était assez miraculeux car au montage, on a utilisé ses mélodies telles quelles."

Quelques critiques presse

20 Minutes par Stéphane Leblanc - Un film qui fait du bien, qui redonne foi dans le cinéma.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Jamais simples, les films sur l’adolescence. François Ozon, actuellement en pleine maîtrise de ses moyens, y parvient avec un nouveau film en forme de parenthèse romanesque, poétique et vaporeuse, par ailleurs labellisée Sélection officielle Cannes 2020.

Le Parisien par Catherine Balle - Un film magnifique sur le premier amour.

Les Inrockuptibles par Bruno Deruisseau - L'adolescence, le sentiment amoureux, la mort, la puissance de l'écriture cinématographique au cœur de l'un des meilleurs films du cinéaste. Un film entêtant comme une chanson de l'été.

Positif par Baptiste Roux - Empruntant les codes du teen movie et du film d’initiation amoureuse, "Été 85" est surtout l’œuvre somme de son auteur. Ce dernier ne se contente pas d’articuler, pour la première fois, son film autour d’adolescents – dont l’âge coïncide avec le sien, à l’époque narrée – mais revisite ses motifs de prédilection : le travestissement, la relation trouble avec un professeur, et surtout le rapport à la mort, envisagée sous l’angle de la maladie, la disparition, la sépulture.

Bande à part par Olivier Pélisson - Le cinéaste remonte le temps, traverse les générations et touche au cœur, par son regard bienveillant et l’émotion de ces corps troublés, agités, et prêts à danser sur les tombes, pour apaiser ceux qui s’en vont, et ceux qui restent.

CNews par La Rédaction - Estampillé du label «Cannes 2020», ce long-métrage qui fait écho aux œuvres de Christophe Honoré, est un magnifique hommage aux figures des années 1980. Valeria Bruni Tedeschi, Isabelle Nanty et Melvil Poupaud sont remarquables.

Elle par Françoise Delbecq - Un beau film d'été, solaire et intime.

Femme Actuelle par La Rédaction - Ozon saisit au vol ces émotions fragiles, et leur issue tragique.

La Croix par Céline Rouden - François Ozon excelle à dépeindre la violence des passions de l’adolescence et livre un film pudique et intime.

Le Journal du Dimanche par A.C. - A la fois grave et un poil loufoque, transgressif mais pas trop, Eté 85 nous plonge aussi dans le parfum particulier des années 80 au son de tubes plus ou moins oubliés.

Le Nouvel Observateur par Jérôme Garçin - En somme, voici le tardif premier film d'un homme qui a mûri sans avoir jamais été infidèle à ses premières amours, ses premiers deuils et sa vocation.

Les Fiches du Cinéma par Nicolas Marcadé - Ozon joue délibérément la carte du roman photo et de la série B pour y glisser un deuxième niveau plus trouble. Mais l’exercice paraît plus pensé qu’habité.

Libération par Jérémy Piette - Mais Ozon, et c’est là sûrement la part la plus belle, s’attarde sur Alexis qui prononce : «Tu crois qu’on invente les gens qu’on aime ?», avant d’enchaîner les actes un peu fous, un peu beaux - danser, donc, sur une tombe jusqu’à l’énervement, puis discourir sur la mort encore abstraite, pleurer, écrire, en revenir, puis aimer encore.

Marianne par Olivier De Bruyn - Si Eté 85, en forme de parenthèse dans la carrière de son auteur, n’égale pas les titres précédemment cités, il n’en demeure pas moins passionnant pour ceux qui apprécient les œuvres complètes du cinéaste.

Marie Claire par Morgane Giuliani - Une bouffée d'air frais rétro.

Ouest France par Gilles Kerdreux - Un joli film d'été.

Sud Ouest par Agnès Lanoëlle - un teen movie lumineux et tendu.

Télé 2 semaines par G. T. - Malgré une structure en flash-back un peu maladroite, le cinéaste capte les désirs de la jeunesse dans un film très personnels.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Ce diable d'Ozon, qui n 'aime rien tant que semer le trouble, y injecte du suspense, de la cruauté, de la noirceur, sans jamais se départir de l'ironie et de la légèreté qui font le sel de son cinéma. Et révèle deux jeunes comédiens renversants.

Télé Loisirs par G. T. - Malgré une structure en flash-back un peu maladroite, le cinéaste capte les désirs de la jeunesse dans un film très personnels.

Télérama par Louis Guichard - Combinant ainsi les charmes de la fiction débridée et ceux du recueil de souvenirs, Été 85 est à la fois imprévisible et planant, toujours plus retors que prévu sous sa surface scintillante.

Voici par La Rédaction - Une romance estivale délicate et sensuelle.

Le Monde par Véronique Cauhapé - Eté 85 n’a pas cette prétention qui additionne, de manière assumée, les codes du « teen movie ». Territoire auquel le réalisateur, par une reconstitu­tion méticuleuse de l’époque, une écriture dépossédée de l’humour qui fait tout le sel du roman et une tendre observation des per­sonnages, adjoint une nostalgie sans pondération.

L’avis du projectionniste

Belle histoire d'amour de jeunesse. les 2 garçons sont brillants dans leur interprétation. Joli film avec un bon scénario et une chouette mise en scène . À découvrir.