Eugénie Grandet – de Marc Dugain

Samedi 30 Octobre à 20h30 et Lundi 01 Novembre à 17h

 1h 45min / Historique, Drame De Marc Dugain

Avec Joséphine Japy, Olivier Gourmet, Valérie Bonneton

SYNOPSIS
Nouvelle adaptation du roman Eugénie Grandet d'Honoré de Balzac
Felix Grandet règne en maître dans sa modeste maison de Saumur où sa femme et sa fille Eugénie, mènent une existence sans distraction. D’une avarice extraordinaire, il ne voit pas d’un bon œil les beaux partis qui se pressent pour demander la main de sa fille. Rien ne doit entamer la fortune colossale qu’il cache à tous. L’arrivée soudaine du neveu de Grandet, un dandy parisien orphelin et ruiné, bouleverse la vie de la jeune fille. L’amour et la générosité d’Eugénie à l’égard de son cousin va plonger le Père Grandet dans une rage sans limite. Confronté à sa fille, il sera plus que jamais prêt à tout sacrifier sur l’autel du profit, même sa propre famille...

Anecdotes

Eugénie Grandet est une adaptation du roman du même nom d’Honoré de Balzac, publié en 1834. Ce n’est pas la première fois que ce livre inspire le cinéma : des Français l’ont porté à l’écran (Émile Chautard et Victorin Jasset en 1910) mais également des réalisateurs américain (Rex Ingram en 1921), italien (Mario Soldati en 1946) et mexicain (Emilio Gomez Muriel en 1953).

Le travail d’adaptation
Marc Dugain revient sur l’écriture d’Eugénie Grandet et ses choix d’adaptation : « J’ai ciblé les scènes du livre que je voulais garder et celles que je voulais laisser de côté. J’ai dessiné un patchwork, puis je me suis mis à écrire de manière fluide et presque automatique, guidé par l’importance que je donnais à tel ou tel passage et en toute liberté. Il me fallait adapter la langue de Balzac pour un public d’aujourd’hui afin qu’elle ne paraisse pas trop désuète. »

Ralentir le temps
Pour Marc Dugain, il était important de faire éprouver au spectateur le temps qui s’écoule car le personnage d’Eugénie s’ennuie profondément : « Son père ne la laisse pas lire le soir ; la journée, elle fait de la couture devant une fenêtre… Cette façon d’exercer le pouvoir de Grandet, qui impose l’ennui à sa fille, est au cœur du film. »

Patriarcat et capitalisme
Eugénie Grandet raconte l’histoire d’une prise de pouvoir par la religion, par l’argent, par tous les moyens. Pour le réalisateur, « Le père Grandet est la personnification du patriarcat, comme mode de domination masculine qui s’épanouit aux débuts du capitalisme. […] Il existe des pères Grandet dans nombre d’entreprises encore aujourd’hui ! Pour eux, le gain ne suffit jamais. C’est un des aspects modernes de cette histoire, avec la domination du patriarcat - et les deux sont liés. »

Un habitué des films d’époque
Après Une exécution ordinaire et L’Échange des princesses, Marc Dugain se frotte encore une fois au genre du film d’époque. Pour ce passionné d’Histoire, il est important de savoir d’où l’on vient : « Je trouve que reconstituer l’Histoire, ce voyage dans le temps, est une des magies du cinéma, qui a son esthétique propre. C’est aussi une façon de dialoguer avec les morts, de leur donner un supplément de vie. C’est une expérience presque spirituelle. Il y a aussi une vertu éducative à cela : les reconstitutions historiques sont une belle façon d’entrer dans l’Histoire pour les jeunes générations. »

Outlander
Le personnage de Charles est joué par César Domboy, acteur français qui est depuis 2017 au générique de la série américaine Outlander.

Privilégier les sons de la nature
Le réalisateur a réduit la musique au strict nécessaire afin de ne pas surligner l’émotion et laisser les sons de la nature dominer : « J’ai travaillé avec Jeremy Hababou, qui est un ancien parachutiste franco-israélien devenu compositeur. C’est un garçon très sensible ; il a parfaitement saisi ce que je voulais. Je souhaitais un thème dominant. »

Un écrivain derrière la caméra
Le réalisateur Marc Dugain s’est d’abord fait connaître du grand public par son roman La Chambre des officiers en 1998, récompensé par plus de vingt prix littéraires et qui est adapté au cinéma trois ans plus tard par François Dupeyron.

Quelques critiques presse

Bande à part par Anne-Claire CIeutat - Marc Dugain adapte librement Eugénie Grandet et réalise un film dont l’épure fait résonner pleinement le caractère très actuel de son discours.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - La sixième adaptation du célèbre roman trouve chez ses interprètes sa valeur cardinale.

La Croix par Jean-Claude Raspiengeas - Marc Dugain réussit, avec une économie de moyens, une admirable et crépusculaire adaptation du roman de Balzac.

Le Figaro par Olivier Delcroix - Marc Dugain vient mettre son grain de sel dans le bouillon balzacien ! Mais il le fait avec finesse, précision, et avec un trio d’acteurs hors pair : Olivier Gourmet, Joséphine Japy et Valérie Bonneton.

Le Nouvel Observateur par Jérôme Garcin - Du roman de Balzac, féroce satire du patriarcat, Marc Dugain a tiré un film à la fois fidèle et contemporain. La lumière, signée Gilles Porte, est superbement crépusculaire, et la distribution, si claire et juste qu’on pourrait se croire au Français, dans une comédie de Molière.

Le Parisien par Yves Jaeglé - L’écrivain et cinéaste Marc Dugain livre ce mercredi en salles une très belle vision d’"Eugénie Grandet".

Le Point par Jean-Luc Wachthausen - Dugain privilégie un tempo ralenti pour illustrer cette étude de mœurs soignée dans la direction des acteurs, les décors naturels, les costumes et la lumière, avec de superbes plans tournés à la bougie. Une réussite.

Les Echos par Olivier De Bruyn - Si les choix de Marc Dugain irriteront peut-être quelques puristes, son Eugénie Grandet, mis en scène avec sobriété et remarquablement mis en lumière (...), rappelle, s'il en était besoin, combien l'oeuvre de Balzac, non contente de décrire son époque avec une implacable lucidité, entretient aussi de puissantes correspondances avec la nôtre.

Les Fiches du Cinéma par Gilles Tourman - Une adaptation de Balzac sage mais éblouissante.

Positif par Philippe Niel - Tout spectateur ayant lu Balzac connaît le devenir de riche héritière de l’héroïne, mais dans cette version elle va au-delà, car en quittant les intérieurs sombres de la maison de Saumur, elle part régler ses comptes d’amour trahi, avec panache, et se forger un destin de « femme libérée » prête à parcourir le monde.

Télé Loisirs par Claire Picard - Une très belle adaptation du roman de Balzac, habitée par un Olivier Gourmet fabuleux, qui pousse le curseur de l'abject à son paroxysme.

Télérama par Mathilde Blottière - Splendide, la photographie nous donne l’impression d’être enfermés dans une toile flamande, entre couleurs mordorées et teintes mornes de pièces qu’on devine mal chauffées, entretenues au minimum.

Voici par La Rédaction - Un film sur l'émancipation d'une jeune femme pas si lisse, et plus ambiguë qu'il n'y parait.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - Face à Olivier Gourmet, magistral de rugosité, Joséphine Japy donne toute sa délicatesse à cette version très féministe du roman de Balzac, portée par une mise en scène très picturale et d'une belle austérité.

Première par Thierry Chèze - ugain réussit son Eugénie Grandet parce qu’il en respecte toute l’ambiguïté avec une maîtrise jamais prise en défaut.

Rolling Stone par Sophie Rosemont - Évidemment sociétal, le film révèle une fois encore le talent de cinéaste de Dugain, sa maîtrise de l’espace-temps dont il use à sa guise, des acteurs dont on sent qu’ils mesurent leur chance de servir un tel texte et un paysage qui, pour ne rien gâcher, est lui servi par une superbe photographie.

Sud Ouest par Sophie Avon - Avec cette adaptation du roman de Balzac, Marc Dugain réalise un beau film sur l’émancipation d’une jeune femme.

Télé 7 Jours par Laurent Djian - L’écrivain et cinéaste Marc Dugain donne ainsi un ton moderne et féministe à son adaptation, à la fois émouvant récit d’émancipation et drame féroce sur la cupidité.

aVoir-aLire.com par Gérard Crespo - Cette honnête adaptation de Balzac vaut par son matériau littéraire original, la sobriété de son dispositif et le jeu de ses interprètes.

L’avis du projectionniste

Cette nouvelle adaptation cinématographique du roman de BALZAC est réussie. La réalisation est très soignée au niveau des décors, de la lumière et des images . Film sobre et brillant. Interprétation remarquable.