Les Filles d’Avril – de Michel Franco

SAMEDI 09 SEPTEMBRE à 18h00
Date de sortie 2 août 2017 (1h 43min)
De Michel Franco
Avec Emma Suárez, Ana Valeria Becerril, Enrique Arrizon
Genre Drame
Nationalité mexicain

Synopsis
Valeria est enceinte, et amoureuse. A seulement 17 ans, elle a décidé avec son petit ami de garder l’enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l’aide sa mere Avril, installée loin d’elle et de sa sœur. À son arrivée, Avril prend les choses en mains, et remplace progressivement sa fille dans son quotidien… Jusqu’à franchir la limite.

Anecdotes

Idée du film
L’idée des Filles d’Avril est née lorsque Michel Franco a vu une adolescente enceinte dans les rues de Mexico il y a quelques années. Ce fait très courant dans cette ville mexicaine a provoqué une émotion contradictoire chez le metteur en scène. Il se rappelle : »Cette jeune fille a vraiment attiré mon attention, elle semblait à la fois comblée et souffrir le martyre, pleine d’espoir mais également terrorisée… On la voyait belle et heureuse, mais ça ne compensait pas l’incertitude de son avenir et on se demandait dans quelle mesure elle était préparée à affronter ce que signifie avoir un enfant, comment elle en était arrivée là. Ces contrastes, toutes ces émotions que cette adolescente exprimait en même temps, furent l’une des bases de l’histoire. »

A l’origine…
A l’origine, Michel Franco voulait réaliser le film aux Etats-Unis avec une actrice assez célèbre (dont il n’a pas divulgué le nom), mais il a finalement choisi de faire Les Filles d’Avril avec Emma Suarez et en langue espagnole.

Jouer Avril
Emma Suarez voit Avril comme l’un des personnages les plus difficiles qu’elle a eu à jouer, parce qu’il est, selon elle, aux antipodes de ce qu’elle est dans la vie. La comédienne confie :
« C’est justement ce qui m’a attirée dans ce projet. J’avais vu le travail de Michel Franco, notamment Despues De Lucia, puis j’ai lu le scénario qui a suscité chez moi non seulement l’envie mais le besoin de faire ce film, au delà d’une réflexion intellectuelle, c’est devenu une émotion viscérale. Cela a été un travail complexe car j’ai dû lutter contre moi-même. Il ne fallait pas, comme le souligne Michel, en faire une méchante. »

Faire connaissance
Pour gagner en crédibilité, Emma Suarez, Ana Valeria Becerril et Joanna Larequi ont fait connaissance en vivant ensemble dans la maison où le tournage s’est déroulé. « Elles ont appris à se connaître et ont créé des liens ensemble. A chaque nouvelle scène tournée, elles en savaient plus sur leur personnage et leur passé que moi-même… Elles m’ont étonné en m’expliquant des choses au sujet de leurs personnalités », explique le réalisateur Michel Franco.

Enrique Arrizon sur Mateo
« Mateo est un homme vulnérable, il est plein d’incertitudes et manque de confiance en lui. Il est dans une totale confusion face à des situations nouvelles, vis-à-vis desquelles il ignore comment agir, car il se retrouve engagé dans un terrain inconnu. Dans un pays comme le Mexique où être machiste est si important – comme dans le reste de l’Amérique Latine – je pense que c’est aussi faire preuve d’ouverture d’esprit que de montrer qu’il existe en effet des hommes plus vulnérables… »

Investigation
Pour mieux cerner son personnage, Ana Valeria Becerril s’est penchée sur la question des filles-mères. La comédienne a ainsi investigué pour connaître le coût qu’implique d’avoir un enfant, le prix d’un accouchement, la grossesse, jusqu’à découvrir les raisons pour lesquelles il y a une telle quantité d’adolescentes enceintes au Mexique, alors que tant de moyens de contraception sont mis à disposition.

Ce film a obtenu le Prix du Jury d ela sélection « un certain regard » au festival de Cannes 2017.

Quelques critiques presse

Télé 2 semaines par La Rédaction
Un suspense psychologique glaçant.

aVoir-aLire.com par Julien Dugois
C’est ce cheminement vers la névrose et la perfidie la plus abjecte qui fait du scénario de Franco une proposition cinématographique intéressante, mais l’austérité de sa mise en scène vient, encore une fois, peser sur le ressenti. Ceci ne nous empêche évidemment pas de profiter pleinement du talent des deux actrices principales .

Elle par Françoise Delbecq
Un film haletant et dérangeant.

Le Parisien par Catherine Balle
Un film magnifiquement interprété, notamment par la sensuelle Emma Suarez.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain
Avec « Les Filles d’Avril », sans renier son esthétique très directe, Franco attendrit un peu son cinéma et signe son film le plus lumineux, le moins cruel de tous, le plus mûr. C’est à ce jour, sans nul doute, son meilleur film.

L’Express par Christophe Carrière
Michel Franco, capable du meilleur (le très inconfortable Después de Lucia, sur une ado harcelée à l’école) et du pire (le très ennuyeux Chronic, à propos d’un aide-soignant handicapé des sentiments), est cette fois au mieux de sa forme. Ce qui veut dire, chez lui, un art consommé du malaise doublé d’une montée en puissance anxiogène.

Libération par Gilles Renault
Michel Franco livre un thriller vénéneux sur le retour d’une femme manipulatrice auprès de ses enfants.

Télérama par Jacques Morice
L’originalité du film consiste à épouser les trois points de vue féminins de ce quatuor où seul l’homme frappe par sa passivité. A dire vrai, dans ce tableau de famille déviant, chacun, fort ou faible, trimballe sa névrose et fait tout pour se faire aimer et ne pas être seul.

Voici par Lola Sciamma
Ce portrait fascinant d’une femme prête à tout pour vivre une seconde jeunesse est traité sous la forme d’un thriller psychologique des plus malfaisants.

Critikat.com par Josué Morel
Pas de quoi sauter non plus au plafond : le film s’en tient à ce simple programme et ne va pas beaucoup plus loin, mais il faut reconnaître que le chemin emprunté ici par Franco est un peu plus habile qu’à l’accoutumée.

Culturopoing.com par Carine Trenteun
Mentir pour le bien de l’autre est-il si différent que mentir pour arriver a ses fins ? Mentir pour étouffer l’autre si distinct que mentir pour s’évader ? Anéantie par sa propre mère, la ténacité de Valeria pour reprendre possession de sa vie apporte une réponse finale aussi dérangeante que lumineuse.

La Croix par Laetitia Drevet
En bord de mer d’abord, puis dans les rues de Mexico City, Michel Franco pose un regard délicat sur ses actrices. On le sent réticent à porter un jugement trop sévère sur celles qu’il met en scène. Dans leur cas, la polysémie du mot « peine » – la sanction ou la tristesse – trouve pleinement à s’incarner…

Le Journal du Dimanche par Baptiste Thion
Au-delà de la relation mère fille, Michel Franco dresse avec habileté le portrait d’une femme perverse, habitée par un malaise aussi profond que destructeur. Emma Suárez y livre une partition plus que remarquable.