Grâce à Dieu – de François Ozon

Dimanche 24 Mars à 17h15

Date de sortie 20 février 2019 (2h 17min)

De François Ozon

Avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud

Genre Drame

Nationalités français, belge

Synopsis

Alexandre vit à Lyon avec sa femme et ses enfants. Un jour, il découvre par hasard que le prêtre qui a abusé de lui aux scouts officie toujours auprès d’enfants. Il se lance alors dans un combat, très vite rejoint par François et Emmanuel, également victimes du prêtre, pour « libérer leur parole » sur ce qu’ils ont subi.

Mais les répercussions et conséquences de ces aveux ne laisseront personne indemne.

Anecdotes

Une sordide histoire vraie

Tourné dans le plus grand secret, afin de ne pas ébruiter son sujet, Grâce à Dieu s'intéresse au silence de l'Eglise face aux agressions sexuelles subies par des enfants, et s'inspire de l'affaire du père Preynat, mis en examen en 2016 et placé sous contrôle judiciaire pour des agressions sexuelles remontant jusqu'à 1986.

Polémique

Avant sa sortie en salles le 20 février 2019, Grâce à Dieu a suscité la polémique. En effet, le procès du père Preynat étant encore en cours, un référé a été déposé pour reporter sa sortie en France. François Ozon était-il inquiété par un possible report de la sortie de son film ? Nous lui avons posé la question :"J'ai confiance dans la justice française, indique-t-il au micro d'AlloCiné. Ce film n'attaque pas la présomption d'innocence, il est très équilibré. Il est basé sur des verbatims qui ont été déjà publiés. Je pense que les gens qui attaquent le film aujourd'hui ne l'ont toujours pas vu, donc ils l'attaquent par principe, plus que par rapport à la réalité de ce qu'il y a dans le film. Certaines personnes n'ont pas envie que ce film sorte. Elles sont dans la continuité de cette omerta du silence. C’est vrai que le film essaye de s'attaquer à un fléau et à un silence qui est retentissant, donc forcément il y a des résistances. Mais disons que ce que l'on vit, nous, aujourd'hui autour du film, ce n'est rien par rapport à ce qu'ont vécu les victimes, aussi bien dans l'institution que dans leur propre famille."

Libération de la parole

Un autre film français dénonçant la pédophilie et prônant la libération de la parole a marqué les esprits cette année. Il s'agit des Chatouilles, d'Andréa Bescond et Eric Métayer. Le long-métrage a reçu plusieurs nominations aux César 2019.

Rencontrer les victimes

François Ozon souhaitait prendre le point de vue des victimes et se placer du côté humain dans son film, non du côté judiciaire ou religieux. "J’ai d’abord rencontré Alexandre Dussot-Herez, qui, le premier a porté plainte, puis d’autres victimes. Il m’a donné accès à beaucoup d’informations, m’a tout raconté, j’ai été très touché. Ces hommes sont héroïques et parviennent à faire bouger les lignes. Ma première idée était de réaliser un documentaire. Eux avaient déjà beaucoup témoigné, ils en avaient un peu marre de montrer leur tête… J’ai choisi la fiction" a dit le cinéaste.

Lyon en Belgique

Grâce à Dieu est censé se dérouler à Lyon. François Ozon ne connaissait pas cette ville et a dû se faire discret pour parvenir à le tourner sans pressions. "Des contacts sur place m’ont fait comprendre que l’Église possède de nombreux réseaux et un pouvoir énorme dans cette ville. Si j’arrivais à découvert, ça n’allait pas bien se passer. J’ai décidé de tourner les scènes d’églises en Belgique et au Luxembourg, beaucoup en région parisienne et en quatre jours au printemps 2018, les scènes d’extérieur à Lyon, sous un nom de code. Le film s’appelait Alexandre et non Grâce à Dieu… Il a, par ailleurs, été plus difficile à financer que mes précédents", révèle le metteur en scène.

Quelques critiques presse

Bande à part par Pierre Charpilloz - A travers un fait d’actualité, François Ozon signe à la fois un grand film politique, incitant à de grands questionnements de société, et un portrait très juste d’hommes fragiles mais jamais faibles.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - François Ozon démontre de film en film qu’il est un des meilleurs cinéastes français par son art de s’emparer d’un sujet dont il est souvent l’auteur.

Elle par Françoise Delbecq - Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud interprètent avec superbe ces héros ordinaires qui brisent le silence. Un film engagé et brillant.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Grâce à Dieu n’est pas un film ivre de colère. Il est fort, éclairant, responsable, pas antireligieux, terriblement émouvant. Et important.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - On est sidéré devant la puissance de son propos, la fluidité de sa narration, la précision de son écriture en constante mutation, passant du journal intime avec voix off au polar captivant puis au mélodrame poignant. Où s’illustrent les acteurs, exceptionnels.

L'Express par Eric Libiot - Il est difficile d'écrire "magnifique", "formidable", "génial", vu le sujet, mais c'est tout de même ça.

Ouest France par Magali Grandet - François Ozon relate scrupuleusement le combat de La Parole libérée, association d'hommes qui auraient été abusés, enfants, par un prêtre.

Positif par Stéphane Goudet - Le sujet est tellement fort que la mise en scène semble invisible ; elle n'en est pas moins magistrale. D'une histoire de secrets où la parole est primordiale, Ozon fait un film sur la parole, sa construction, sa répression, sa libération et... sa perversion : Mankiewicz et Rohmer ne l'auraient pas désavoué.

Sud Ouest par Sophie Avon - "Grâce à Dieu" pourrait être un documentaire tant il va au rythme d’une chronique factuelle. C’est néanmoins une fiction à laquelle les acteurs par leur incarnation même, apportent une charge supplémentaire, celle de la transcendance. De fait le film est bouleversant.

20 Minutes par Caroline Vié - Ce film, qui a reçu un Ours d’argent au Festival de Berlin, est un appel vibrant pour que la parole soit libérée.

aVoir-aLire.com par Nicolas Lochon - Évitant les écueils de son sujet "casse-gueule", François Ozon livre un film humaniste particulièrement pertinent sur les affres destructrices de la pédophilie.

BIBA par Lili Yubari - S'inspirant de l'affaire Preynat, Ozon filme le silence de l'Église et la libération de la parole dans un puissant élan de résilience.

CNews par La rédaction - Avec intelligence, et sans sensationnalisme, le film, qui ne se veut pas à charge contre l’Eglise catholique, dénonce l’omerta qui règne dans cette institution.

Ecran Large par Geoffrey Crété - François Ozon signe l'un de ses meilleurs films depuis longtemps avec ce drame en trois mouvements mené comme un palpitant film d'enquête, d'une réelle intelligence dans l'écriture et le point de vue.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Les acteurs se prêtent avec humilité à une histoire qui n'a pas fini de s'écrire.

La Croix par Céline Rouden - Magnifiquement construit et interprété, ce film récompensé d’un Ours d’argent à Berlin, est sans doute le plus abouti de son réalisateur.

Le Figaro par Eric Neuhoff - Dans Grâce à Dieu, porté par des acteurs remarquables, François Ozon traite avec rigueur du sujet de la pédophilie dans l'Église.

Le Monde par Thomas Sotinel - François Ozon réussit, en plus de la chronique sensible d’un drame collectif, un film politique.

Le Nouvel Observateur par Nicolas Schaller - C'est la grande idée du film : adapter le registre de chaque partie à la personnalité de son protagoniste.

Les Fiches du Cinéma par Nicolas Marcadé - Abordant le thème de la pédophilie des prêtres en racontant la création de l'association lyonnaise La Parole libérée, Ozon s'essaie au film-dossier. Le résultat est inégal mais globalement juste et doté d'une approche plus complexe qu'elle en a l'air.

Les Inrockuptibles par Marilou Duponchel - "Grâce à Dieu" n’a ni l’allure d’un édifiant film-dossier ni la littéralité des images télé et des articles de presse. Il est même étonnamment doux, serein.

Marianne par Nedjma Vanegmond - Avec Grâce à Dieu, le réalisateur François Ozon a choisi de se concentrer sur la libération de la parole de ces anciens scouts abusés. Son regard, c'est une parole. Son film puissant suit pas à pas le combat acharné et le cheminement intime des victimes.

Paris Match par Karelle Fitoussi - Ozon fait preuve d’une acuité et d’un sens de la narration admirables pour évoquer sans manichéisme les motivations diverses des victimes et les non-dits qui gangrènent encore les familles.

Première par Gaël Golhen - Loin du film-scandale annoncé sur la pédophilie, Ozon signe un théorème sur la fragilité masculine et le désir de reconstruction porté par trois acteurs à la puissance stupéfiante.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Servie par une mise en scène virtuose et des comédiens parfaits, cette œuvre est parfois didactique, mais toujours captivante.

Télé Loisirs par Claire Picard - François Ozon restitue avec la précision d'un documentaire le combat des victimes du père Preynat, accusé d'abus sexuels sur des enfants dans les années 1980 et 1990.

Télérama par Louis Guichard - Efficace et très documenté.

Voici par Lola Sciamma - Un grand film collectif et puissant.

L'avis du projectionniste

C’est un film fort et poignant avec des acteurs justes sur leur émotions et leur retenue.

François Ozon réussit à montrer les complexités, les questionnements des personnages, les traumatismes. A voir absolument.