Green book : sur les routes du Sud – de Peter Farrelly

Samedi 23 Février à 20h30 (VF) et Dimanche 24 Février à 17h00 (VO/st)

Date de sortie 23 janvier 2019 (2h 10min)

De Peter Farrelly

Avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

Genres Drame, Biopic

Nationalité américain

Synopsis

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité.

Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune.

Anecdotes

The Negro Motorist Green-Book

Green Book : Sur les routes du sud emprunte son titre à un guide de voyage intitulé The Negro Motorist Green-Book. Publié chaque année entre 1936 et 1966, il recensait les commerces et autres établissements qui acceptaient la clientèle noire. L'ouvrage était surnommé le "livre de Green", du nom de son auteur, Victor Hugo Green, un postier afro-américain de New York. Ne couvrant à l'origine que la région de New York, le livre s'est étendu à la majeure partie de l’Amérique du Nord, aux Caraïbes et aux Bermudes. Vendu dans des stations essence et par correspondance, le livre permettait aux voyageurs noirs de planifier leur trajet pour éviter tout harcèlement, toute arrestation et toute violence. L'abolition des lois ségrégationnistes Jim Crow en 1964 a rendu obsolète le "livre de Green", dont la publication s'arrêta en 1966. Son auteur, décédé en 1960, n'a pas connu la fin de la ségrégation.

Mon père, ce héros de cinéma

Green Book : Sur les routes du sud est co-écrit par Nick Vallelonga, qui n'est autre que le fils aîné de Tony Lip, incarné à l'écran par Viggo Mortensen. Lip doit son surnom ("lèvre" en anglais) à sa gouaille, capable de convaincre n'importe qui de n'importe quoi. Après avoir grandi dans le Bronx, il travaille pendant douze ans au Copacabana, une boîte de nuit fréquentée par les gros bonnets de la mafia et des célébrités telles que Frank Sinatra, Tony Bennett et Bobby Darin. Vallelonga le décrit comme "un personnage hors du commun, truculent et fantasque, à l’image de ceux de Damon Runyon. Lorsqu’il entrait dans une pièce, tout le monde le remarquait". Lip a d'ailleurs fait des apparitions dans Le Parrain, Raging Bull, Les Affranchis, Donnie Brasco et Les Soprano.

Évoluant dans le milieu du cinéma (il est acteur, scénariste, producteur et réalisateur), Vallelonga a grandi avec l'histoire du périple de son père et Don Shirley et s'est dit que ça ferait un bon sujet de film : "Elle tient bien sûr une grande place dans la légende familiale, mais j’ai aussi toujours reconnu son importance, car c’est l’histoire d’une amitié improbable et transformatrice à tous points de vue entre deux personnes radicalement différentes. C’est le genre d’histoire dont nous avons plus que jamais besoin".

Un musicien de génie tombé dans l'oubli

Peu d'informations circulent sur Don Shirley, les seuls documents à disposition étant les livrets de ses albums qu'il écrivait lui-même. Si certains détails de son parcours sont contradictoires, il aurait intégré le Conservatoire Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg à l’âge de 9 ans et donné son premier concert avec l’orchestre Boston Pops à 18 ans avant d’obtenir plusieurs doctorats et d’apprendre à parler plusieurs langues. Son premier album, Tonal Expressions, sort en 1955 et Stravinsky, pianiste légendaire contemporain, disait de lui que "sa virtuosité est digne des dieux".

S'il se destinait à une carrière dans le classique, Don Shirley est malheureusement dissuadé à l'époque par les dirigeants de l'industrie du disque qui pensaient qu'il aurait du mal à se faire accepter auprès du public blanc. Mahershala Ali qui l'incarne à l'écran commente : "Il a intégré des inspirations classiques à ce qui était alors considéré comme la 'musique noire', ce qui est remarquable, mais je pense que c’est également quelque chose qui lui a causé beaucoup de peine".

Une amitié hors du commun

L'amitié entre Don Shirley et Tony Lip a duré plus de 50 ans. Après le voyage initial de deux mois, le duo s'est retrouvé pour une tournée d'environ un an. Le musicien a ensuite demandé à Tony Lip de devenir son chauffeur et son garde du corps lors de sa tournée européenne, mais ce dernier a refusé car il ne voulait pas être séparé plus longtemps de sa famille. Les deux hommes se sont éteints en 2013, à 3 mois d'intervalle. Pour Nick Vallelonga, Don Shirley était un ami de la famille : "J’ai rencontré le Dr Shirley pour la première fois quand j’avais 5 ans. C’était un homme élégant et très instruit qui s’exprimait bien. Il s’intéressait à la vie de famille de mon père et tenait à connaître sa femme et ses enfants. Il était très gentil avec mon frère et moi et nous apportait toujours des cadeaux. Je me souviens qu’il m’a offert des patins à glace quand j’étais petit. C’était quelqu’un d’unique".

Virage dramatique

Green Book : Sur les routes du sud est le premier long métrage en solo de Peter Farrelly, que l'on connaît pour les comédies qu'il a réalisées avec son frère Bobby telles que Mary à tout prix, Fous d'Irène et Dumb and Dumber. C'est aussi sa première incursion dans un registre dramatique. Alors qu'il travaillait sur la série comique Loudermilk, le réalisateur a rencontré par hasard le scénariste Brian Currie alors que ce dernier s'apprêtait à écrire Green Book avec Nick Vallelonga. Emballé par l'histoire, Peter Farrelly ne cesse d'y penser pendant les semaines qui suivent et propose finalement aux deux scénaristes de participer à l'écriture du film. Une fois cette étape achevée, il soumet le script à son partenaire de production Charles Wessler. Pour le metteur en scène, ce virage dramatique n'est pas si surprenant : "Depuis des années, quand on me demande si je vais un jour réaliser un film dramatique, ma réponse est toujours la même : oui, mais quand la bonne histoire se présentera, et cela ne dépend pas de moi. C’est un peu comme demander à quelqu’un quand il va tomber amoureux, c’est le genre de choses sur lesquelles on n’a aucune prise, ça arrive quand ça arrive !"

Documentation

Sachant qu'il allait faire un jour un film de l'histoire qui lie Don Shirley et son père, Nick Vallelonga a demandé à ce dernier de lui raconter une nouvelle fois ce qui s'était passé lors d'entretiens filmés. Il s'est également longuement entretenu avec Shirley. Ses notes mais aussi les souvenirs de son père tels que des photographies, des brochures, des cartes postales et même la carte routière utilisée durant leur périple ont nourri l'écriture du scénario.

Une thématique actuelle

Bien que se déroulant en 1962, Green Book résonne avec l'Amérique d'aujourd'hui, comme le souligne Viggo Mortensen : "S’extraire du temps présent permet de laisser derrière soi le bruit de fond constant de nos préoccupations et de nos préjugés, toutes ces choses qui nous empêchent d’entendre vraiment ce que l’autre a à dire. Quand, à travers un film d’époque [...], on observe la manière dont les gens se comportaient dans le passé, on en apprend souvent davantage sur le présent qu’avec un film se déroulant dans un cadre contemporain".

Dans la peau de Tony Lip

Viggo Mortensen était le premier choix de Peter Farrelly pour le rôle de Tony Lip. Le réalisateur lui a envoyé le scénario sans trop y croire, l'acteur se faisant rare au cinéma. Ce dernier a été séduit immédiatement par le rôle et le projet et a accepté après quelques semaines d'hésitation, effrayé de ne pas être à la hauteur. Il a alors quitté l'Espagne où il vit pour se rendre à New York où il a rencontré la famille Vallelonga. Il a également écouté et visionné des enregistrements de Tony réalisés par son fils, a visité le Bronx et le New Jersey et a même regardé l'intégrale de la série Les Soprano. L'acteur s'est si bien fondu dans le rôle qu'il a réussi à faire oublier ses racines danoises. "C’était par moment presque irréel tant il me rappelait mon père. Ses tics et la manière dont il allumait et fumait sa cigarette étaient exactement les mêmes, il s’est parfaitement approprié sa gestuelle, au point que quand je le regardais, c’était mon père que je voyais. C’était à la fois très étrange et très émouvant" se souvient Nick Vallelonga.

La préparation de Mahershala Ali

Pour se préparer à incarner Don Shirley, Mahershala Ali a travaillé avec le compositeur de la musique du film, Kris Bowers. L’absence d’images d’archives sur Don Shirley a cependant rendu son travail difficile. Il a néanmoins réussi à glaner quelques informations auprès de Nick Vallelonga et de Brian Currie, ainsi que dans un documentaire consacré au Carnegie Hall, salle de concert new-yorkaise au-dessus de laquelle Shirley a vécu dans un loft en compagnie d’une soixantaine d’autres artistes.

Le Don Shirley Trio

Si Green Book : Sur les routes du sud se concentre sur Tony Lip et Don Shirley, il ne faudrait pas oublier les deux autres membres du Don Shirley Trio, George, le contrebassiste, et Oleg, le violoncelliste. Peter Farrelly a cherché aussi bien des musiciens qui savaient jouer la comédie que des comédiens capables de jouer d'instruments. Il a finalement choisi des acteurs chevronnés, musiciens à leurs heures perdues : Mike Hatton joue de la contrebasse tandis que Dimiter D. Marinov joue du violon depuis une quinzaine d'années. S'il n'avait joué de violoncelle auparavant, il a travaillé son audition jour et nuit avec un professeur, avec seulement cinq jours de préparation. Une fois engagé, la production lui a payé des leçons. En l'espace d’un mois, il maîtrisait les six morceaux interprétés dans le film.

Album de famille

Pour interpréter les membres de la famille Vallelonga, Peter Farrelly a fait appel aux Vallelonga eux-mêmes. Nick Vallelonga, qui incarne un parrain de la mafia dans le film, a aussi présenté au réalisateur des amis de son père. Ceux-ci ajoutent une touche d'authenticité aux scènes du Copacabana, bien que beaucoup d'entre eux n'avaient jamais joué la comédie. Linda Cardellini portait par ailleurs le bracelet et la bague ayant appartenu à son personnage. Pour Vallelonga, c'était une expérience très émouvante : "Le frère de mon père, Rudy, y incarne son père – mon grand-père paternel, Nicola Vallelonga. Et le frère de ma mère, Lou Venere, y joue le rôle de son père – mon grand-père maternel, Anthony Venere. C’est donc bien plus qu’un simple film pour moi, c’est un concentré de souvenirs et un magnifique hommage à ma famille".

La musique

C'est le pianiste Kris Bowers qui compose la musique du film. C'est également lui qui interprète les morceaux de Don Shirley et double Mahershala Ali. Musicien depuis ses 4 ans, Bowers a déjà composé de la musique de film mais Green Book est le premier métrage de studio de cette ampleur. À l'instar de Shirley, Bowers joue exclusivement sur des pianos Steinway, tous fabriqués à la main, car "ils projettent le son comme aucun autre instrument".

Il précise : "Tous les morceaux que l’on entend dans le film sont des transcriptions directes des enregistrements de Don Shirley. Certains sont plus anciens et donc de moins bonne qualité, plus difficiles à entendre et donc plus difficiles à retranscrire, mais pour l’essentiel, toutes les notes sont exactement celles qu’il jouait. Il était important de rester aussi proche que possible des originaux car sa manière d’arranger et de jouer la musique était unique".

Métamorphose physique

Viggo Mortensen a pris 20 kilos pour le rôle de Tony Lip. Il s'est nourri de cuisine italienne, principalement des pizzas et des pâtes. Sa technique, qu'il ne recommande pas car elle est mauvaise pour la santé, a consisté à avaler au dîner des repas riches accompagnés d'un ou plusieurs desserts juste avant de se coucher. Il avoue que perdre ces kilos a été beaucoup plus difficile et moins amusant que de les prendre.

Quelques critiques presse

Closer par La Rédaction - Une ode à la tolérance, admirablement portée par le tandem formé par Mortensen et Ali.

CNews par La rédaction - Alternant avec brio entre humour et émotion, ce road trip inspiré d’une histoire vraie, très esthétique et porté par un duo d’acteurs talentueux, dénonce le poids du racisme ordinaire et fait écho à la politique actuelle menée par le président Donald Trump.

L'Express par Antoine Le Fur - Pourtant, loin d'être moralisateur, "Green Book" est un film bourré d'humour, dont les joutes verbales entre les deux personnages promettent de faire le bonheur des cinéphiles [...]. Si le film fonctionne si bien, c'est sans doute dû à l'alchimie régnant entre ses deux comédiens à forts potentiels oscarisables, Viggo Mortensen et Mahershala Ali.

Libération par Camille Nevers - Un film édifiant au sens de ce que le conte moral a de meilleur, bons sentiments compris si difficiles à rendre sans béatitude bête.

Ouest France par Cédric Page - Une comédie irrésistible.

Télérama par Jérémie Couston - Une ode subtile à la tolérance, et aux artistes.

Voici par Lola Sciamma - Un road movie aussi drôle qu'émouvant.

Cahiers du Cinéma par Vincent Malausa - Ce récit d’amitié si simple et si touchant, cette Americana rêvée des marges et des communautés amies, ce bruissement de douceur et de mélancolie l’inscrivent dans la pleine continuité d’une œuvre que l’on pensait endormie depuis trop longtemps.

Culturopoing.com par Emmanuel Le Gagne - En grattant derrière le vernis respectable, "Green book" s’avère plus excentrique que prévu, ressemblant à la folle traversée d’une Amérique raciste et refermée sur elle-même.

Dernières Nouvelles d'Alsace par La Rédaction - Peter Farrelly conduit un scénario construit comme un petit bijou d’engrenage à fantaisie et à émotions dans une Amérique sudiste où les gens de couleur sont exclus des hôtels, des restaurants, des lieux de divertissement, réservés aux seuls blancs.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Frank Capra aurait sans doute apprécié cet humanisme forcené subtilement revigorant, mais qui ne nie rien des terrifiantes réalités.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Un petit bijou d’engrenage à fantaisie et à émotion.

Le Figaro par Eric Neuhoff - Peter Farrelly plonge dans l'Amérique de la ségrégation en mettant en scène un duo d'acteurs formidables.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - Adaptée d’une histoire vraie, cette touchante chronique sur la tolérance résonne extrêmement fort et nous embarque dans un road-movie grave et drôle, porté par un formidable duo d’acteurs.

Le Nouvel Observateur par François Forestier - Dans ce road trip ponctué de bagarres, d'humiliations, de découvertes – et de musique –, Viggo Mortensen et Mahershala Ali composent des personnages inoubliables. Formidable.

Le Point par Mathilde Cesbron - L'excellent Viggo Mortensen mériterait amplement une statuette.

Les Fiches du Cinéma par Astrid Jansen - Pour son premier film en solo, Peter Farrelly rompt avec la comédie transgressive et signe un récit classique d’une grande finesse.

Les Inrockuptibles par Jacky Goldberg - Le gag burlesque, habituel ressort des frères, laisse ici place à un comique de dialogue et de situation extrêmement raffiné, à double ou parfois triple entente, qui rappelle un peu le cinéma de Frank Capra.

Paris Match par Yannick Vely - Film qui réchauffe le coeur, "Green Book : sur les routes du Sud" est donc une franche réussite, un futur classique. Et un film qui lutte contre les divisions raciales, sociales et même culturelles, ce qui, dans l'Amérique de Trump, tient lieu de manifeste politique.

Première par Sophie Benamon - La force de Green Book est de montrer que le racisme ne vient pas forcément des suprémacistes blancs enrôlés au Ku Klux Klan, mais d’hommes de bonne volonté éduqués sur des mauvais principes. En cela, il est un message d’espoir.

Sud Ouest par Sophie Avon - Un véritable bonheur de drôlerie et d’humanité.

Ecran Large par Lino Cassinat - A la limite de la caricature, "Green Book : Sur les routes du sud" est tellement téléphoné qu'il doit probablement coûter 0,30 centimes d'euros la minute. Heureusement que c'est Viggo Mortensen à l'appareil, mais si vous n'êtes pas fan, mettez le mode avion.

La Croix par Céline Rouden - Mahershala Ali, découvert dans Moonlight de Barry Jenkins et surtout Viggo Mortensen, très impressionnant dans le rôle de Tony Lip pour lequel il a dû se transformer et prendre l’accent italo-américain, donnent une âme à leurs personnages jouant à fond de leur archétype sans jamais verser dans la caricature.

Le Monde par Mathieu Macheret - Un film sensible sur le périple d'un pianiste noir et de son chauffeur blanc dans le Sud ségrégationniste.

Le Parisien par La Rédaction - Souvent drôle, parfaitement joué, le film nous replonge dans l’Amérique des années 60 grâce à une très belle réalisation.

L'avis du projectionniste

Fabuleux ! Génial ! Avec deux comédiens d'exception. Mise en scene bouleversante qui vous transporte, images de toutes beauté font de ce film qui restera "culte" un chef d'oeuvre de sincérité et d'honnêteté , un miracle du cinéma américain. Courez voir ce film.