Hit the road – de Panah Panahi

Samedi 28 Mai à 18h (VO/st)

1h 33min / Drame De Panah Panahi

Avec Hassan Madjooni, Pantea Panahiha, Rayan Sarlak

SYNOPSIS
Iran, de nos jours. Une famille est en route vers une destination secrète. A l’arrière de la voiture, le père arbore un plâtre, mais s’est-il vraiment cassé la jambe ? La mère rit de tout mais ne se retient-elle pas de pleurer ? Leur petit garçon ne cesse de blaguer, de chanter et danser. Tous s’inquiètent du chien malade. Seul le grand frère reste silencieux.

Anecdotes

Fils de Jafar Panahi
Panah Panahi est le fils du célèbre réalisateur iranien Jafar Panahi, qui était l’assistant et le disciple d’Abbas Kiarostami. Dès l’enfance, il a assisté aux repérages et aux tournages des films de son père et de Kiarostami. Le jeune cinéaste se rappelle : "J’ai donc grandi dans cet environnement, j’ai vu beaucoup de films et cela a forcément formé mon regard. Mais avec Jafar, nous ne parlions presque jamais de cinéma. Quand je lui ai annoncé vers l’âge de 18 ans que je voulais faire des études de cinéma, il m’a pris au sérieux.
"Pendant mes études, j’ai pu travailler comme assistant réalisateur et opérateur et ainsi apprendre sur le terrain. J’ai secondé mon père sur ses derniers films, de l’écriture jusqu’à la post-production. Cette proximité a évidemment été très propice à ma formation."

Soutien paternel
Panah Panahi a écrit le scénario de Hit The Road seul puis l'a donné à lire à son père : "Mon film est aux antipodes de son cinéma, mais il a été de très bon conseil. Jafar a tout de suite endossé le rôle de conseiller qu’il joue auprès de nombreux jeunes cinéastes et il a été d’un soutien infaillible à mes côtés. Notamment dans la phase de postproduction où son aide m’a considérablement aidé."

Cannes 2021
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2021, Hit The Road est le premier long métrage de Panah Panahi.

Qui pour la photo ?
Panah Panahi a rencontré Amin Jafari sur le tournage de Trois visages de son père. Une amitié est née entre eux et le jeune réalisateur a immédiatement pensé à lui pour Hit The Road : "Mais il a fait plus que cela. Il a agi en véritable grand frère bienveillant, voire en thérapeute qui, sur le plateau, savait calmer mes déceptions, m’aider à trouver des solutions, faciliter mes prises de décision, discuter des choix de cadrage. Je lui suis très reconnaissant de cette collaboration qui m’a permis d’aller au bout de ce film."

Musique pop
Les chansons que l'on entend dans Hit The Road sont des tubes avec lesquels les Iraniens ont grandi : "Elles datent d’avant la révolution et je trouve très douloureux de constater l’évolution désastreuse de la chanson pop, voire de toute la musique iranienne, ces dernières décennies."
"J’ai choisi sans hésiter ces morceaux qui, à mon sens, correspondent parfaitement au contenu de mon film. Le régime ne tolère pas ces chansons d’artistes qui ont dû fuir à l’étranger après la révolution et voit d’un mauvais œil leur diffusion", précise le metteur en scène Panah Panahi.

Côté casting
Hassan Madjouni et Pantea Panahiha, qui jouent les parents, sont deux grands acteurs de théâtre dont Panah Panahi a suivi la carrière de près. Rayan Sarlak, qui avait six ans au moment du tournage, avait joué dans une série à grand succès que le cinéaste a vue :
"Lorsque j’ai commencé ma recherche, tout le monde m’a conseillé de le rencontrer. Et en effet, dès que je l’ai vu, j’ai su que c’était mon personnage. Il avait un goût du travail que j’ai trouvé fascinant pour son âge même si le diriger demandait beaucoup d’énergie..."
"Amin Simiar, le grand frère, étudie l’art dramatique. Je l’ai d’abord casté sur photo et j’ai été immédiatement convaincu en le rencontrant. J’ai pris un immense plaisir à les diriger tous les quatre et leur synergie se voit à l’écran", explique le réalisateur.

Quelques critiques presse

Elle par Françoise Delbecq - Cet exode placé sous le signe de l'amour et de la tendresse est une splendeur.

Femme Actuelle par La Rédaction - Quelle bonne surprise que ce road movie iranien, qui nous téléporte dans la voiture d'une famille en voyage avec le petit garçon espiègle, le grand frère inquiet, la mère émue, le chien malade... Leur destination ? Il faut la faire avec eux, découvrir ce chemin de tendresse et d'humour.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpeche - Visuellement éblouissant, filmé dans des paysages grandioses, ce road-movie réjouit bouleverse par l’intelligence et l’originalité avec lesquelles il traite le sujet douloureux de l’exil.

Positif par Louise Dumas - Panah Panahi a certes hérité de ses mentors un sens aigu de la composition du cadre, une expertise dans l’euphémisme et le non-dit, et une maîtrise absolue de la direction d’acteurs (notamment d’enfants). Mais le ton burlesque, le dialogue pétaradant, l’intrusion d’un onirisme débridé et le goût pour les intermèdes musicaux font preuve d’une liberté de création rafraîchissante.

Cahiers du Cinéma par Olivia Cooper-Hadjian - En s’affirmant comme un jeu, une série de performances pour la caméra, le film suscite des sentiments flamboyants. Dans les passages musicaux, les personnages transcendent leur rôle pour mimer le chant d’un ou d’une autre et se transformer par la danse.

Critikat.com par Bastien Gens - Si le premier film de Panah Panahi gagnerait à être resserré par endroits, il est traversé par une joie manifeste qui l'empêche de tomber dans l'esbrouffe.

L'Humanité par Michaël Mélinard - Un premier long métrage novateur, drôle et souvent brillant.

L'Obs par Nicolas Schaller - Ne ratez pas ce beau film qui dit la douleur de l’oppression par la majesté des paysages, la pudeur des sentiments et le peps d’un gosse « trop occupé à faire le clown pour être triste longtemps ».

La Croix par Céline Rouden - Découvert l’année dernière à Cannes, le premier film de Panah Panahi, fils de Jafar Panahi, est un petit bijou de tendresse et de poésie.

Les Echos par Adrien Gombeaud - Panah Panahi revisite le genre du road-movie dans un beau conte d'exil, drôle, mélancolique et malicieux. Constamment surprenant, bourré d'astuces visuelles et de cadres précis comme ceux d'une bande dessinée, « Hit the Road » slalome sans cesse entre la comédie burlesque et la mélancolie.

Les Fiches du Cinéma par Marine Quinchon - Le premier film de Panah Panahi - fils du grand Jafar - s’amuse avec les figures de style du cinéma iranien, leur conférant des couleurs pop et une fantaisie très séduisantes.

Libération par Sandra Onana - D’une scène à l’autre, Panahi enrichit la palette du film en captant le clapotis des relations entre les personnages, la fausse rudesse avec laquelle chacun s’adresse aux autres. Son lyrisme revêt suffisamment d’aspérités pour ne pas paraître complètement lisse sous les doigts.

Ouest France par Gilles Kerdreux - Le tout agrémenté d'un sens indéniable du cinéma.

Télérama par Frédéric Strauss - Cinématographiquement parlant, le passage de relais est superbe. Il y a une telle vitalité dans ces plans sur la voiture, les visages et les paysages qu’on peut en être sûr : un metteur en scène est né.

Le Monde par Clarisse Fabre - Panah Panahi préfère imprimer le drame sur le visage de ses acteurs, en fabriquant quelques images marquantes.

Première par Thierry Chèze - Alors, certes, une fois le motif de ce voyage connu, Hit the road perdra de ce mystère qui faisait son charme et les dialogues explicatifs auront tendance à prendre un peu trop le pouvoir. Mais sans abimer l’espièglerie fantasque et l’humanité poétique de ce voyage vers l’inconnu.

Sud Ouest par Sophie Avon - Panah Panahi, fils du réalisateur iranien Jafar Panahi, offre un road movie tendre, émouvant et politique, d’une grande beauté formelle.

L'avis du projectionniste

Un film percutant et fortement inspiré de faits et d’évènements réels est réalisé avec beaucoup de réalisme et de conviction. C’est également un film citoyen en raison du thème traité entre l’écologie et la santé mise en danger par les pesticides. Le réaIisateur décrit très bien ce combat contre les pesticides entre GOLIATH représenté par les industriels contre les victimes et leurs défenseurs. Il montre avec efficacité la collusion entre les lobbys et les décideurs politiques et les méthodes qu’ils emploient. De plus l’interprétation est excellente. Un film à voir.