J’accuse – de Roman Polanski

Samedi 14 Décembre à 20h30

Date de sortie 13 novembre 2019 (2h 12min)

De Roman Polanski

Avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner

Genres Drame, Historique, Thriller

Nationalités britannique, polonais, français

Synopsis

Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier.

Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L’affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées.

A partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.

Anecdotes

Adaptation du roman de Robert Harris

J'accuse est adapté su roman historique "D." de Robert Harris, lequel avait déjà collaboré avec Roman Polanski sur The Ghost Writer, qui est aussi une adaptation de l'un de ses livres. Au départ, les deux hommes voulaient raconter cette histoire du point de vue de Dreyfus, mais ont rapidement changé de perspective. Le réalisateur se rappelle : "Toute l’affaire, si riche en protagonistes et en coups de théâtre, se déroulait à Paris, tandis que notre personnage principal était coincé sur l’île du Diable. Tout ce qu’on pouvait raconter, était sa souffrance. Nous nous débattions depuis longtemps avec ce problème et finalement, après plus d’un an de travail, Robert a trouvé la solution à notre problème : il valait mieux laisser Dreyfus sur son rocher, et tout raconter du point de vue de l’un des personnages principaux de l’affaire, le colonel Picquart ! Mais nous devions aussi gagner notre pain quotidien, nous avons donc décidé de mettre le projet en veille, le temps, pour moi, de faire un autre film, et pour Robert d’écrire un livre sur l’affaire Dreyfus."

En français !

Lorsque, en 2012, Roman Polanski a proposé ce projet à ses amis et associés de l’époque, ils étaient emballés par l’idée mais trouvaient indispensable de faire le film en anglais pour garantir son financement par des distributeurs internationaux (surtout américains). Le cinéaste ne voulait toutefois pas tourner cette histoire autrement qu'en français. En janvier 2018, Alain Goldman lui a proposé de produire J'accuse dans la langue de Molière et le tournage a pu commencer en novembre de la même année.

Picquart personnage principal

Le parti pris narratif opté par Roman Polanski a été de donner au colonel Picquart le rôle du personnage principal. Il précise : "A l’époque, ce célibataire qui a une maîtresse, jouée par Emmanuelle Seigner, l’épouse d’un haut personnage de l’État, est un marginal dans les mœurs et un « antisémite naturel », comme on pouvait l’être en cette fin de 19ème siècle. Pourtant, c’est lui qui, involontairement, va sauver le capitaine Dreyfus. Picquart est un personnage passionnant, complexe. Ce n’est pas un antisémite combattant. Il n’aime pas les juifs, mais cela relève plutôt d’une tradition que d’une conviction."

Perte de poids

Pour se glisser dans la peau de son personnage, Jean Dujardin a perdu (à la demande de Polanski) du poids pour se dessiner une silhouette plus martiale. Le metteur en scène lui a d'ailleurs prescrit un régime drastique : dîner frugal le soir à 19h et déjeuner le lendemain à 13h. Grâce à ces jeûnes de quinze heures, le comédien a perdu sept kilos en deux mois.

Un thriller

Lorsque le projet en était à ses débuts, Roman Polanski avait confié qu'il ne voulait pas traiter cette histoire comme un drame en costumes mais plutôt comme un thriller dans lequel le spectateur mène l'enquête avec le personnage joué par Jean Dujardin : "De cette manière, on peut montrer son absolue pertinence par rapport à ce qui se passe dans le monde aujourd’hui – le spectacle séculaire de la chasse aux sorcières à l’encontre d’une minorité, la paranoïa sécuritaire, les tribunaux militaires secrets, les agences de renseignement hors de contrôle, les dissimulations gouvernementales et la presse enragée."

Scène marquante

Très jeune, Roman Polanski a vu le film américain La Vie d'Emile Zola, dans lequel la scène de la dégradation du capitaine Dreyfus l'a bouleversé. "Depuis ce temps-là, je me disais qu’un jour peut-être je ferais un film sur cette terrible histoire", se souvient le metteur en scène.

Changement de titre

Finalement intitulé J'accuse, le film de Roman Polanski devait à l'origine porter le titre "D".

L'affaire Dreyfus au cinéma

Cette affaire tristement célèbre a déjà été traitée au cinéma, dans Dreyfus de Richard Oswald en 1930, Dreyfus de F.W. Kraemer et Milton Rosmer en 1931, La Vie d'Emile Zola de William Dieterle en 1937 et I accuse de José Ferrer en 1957.

Retrouvailles

J'accuse permet à Emmanuelle Seigner de tourner une fois de plus sous la direction de son conjoint Roman Polanski, après La Vénus à la fourrure, D'après une histoire vraie, Frantic, Lunes de fiel et La neuvième porte. Le réalisateur retrouve par ailleurs également Mathieu Amalric qui était au casting de La Vénus à la fourrure et Vincent Perez à celui de D'après une histoire vraie.

Dujardin moins drôle

Si Jean Dujardin est avant tout un acteur de comédie, sa prestation dans J'accuse n'est pas son premier rôle dramatique. Il a en effet été, entre autres, un convoyeur corrompu dans Le Convoyeur, un policier dont la fille a été tuée dans Contre-enquête, un espion dans Möbius ou encore un jeune magistrat dans La French.

Contre-espionnage vétuste

Roman Polanski a également voulu montrer dans J'accuse la vétusté du service de contre-espionnage français de l’époque, que l’on appelait la « Section des Statistiques ». Le réalisateur explique : "Il y a un choc technologique avec tout ce que l’on sait aujourd’hui du contre-espionnage. Cela aussi est authentique, et certainement à l’époque semblait moderne. C’était le début de l’automobile, des téléphones, des appareils photo Kodak ! Ici encore les recherches que Robert Harris a réalisées pour les besoins de son livre nous ont été extrêmement précieuses. D’un autre côté, c’est à cause de cette euphorie technologique que certains experts, comme le célèbre Bertillon, ont pu commettre de telles erreurs et refuser ensuite de changer d’avis."

Quelques critiques presse

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - Un film qui décrypte à travers l’affaire Dreyfus une société, celle du XIXe siècle, dont les soubresauts antisémites résonnent malheureusement encore aujourd’hui. Indispensable.

Culturopoing.com par Miriem Méghaïzerou et Olivier Rossignot - "J’accuse", par sa maîtrise du suspense, égale les chefs-d’œuvre des débuts du réalisateur (...) Avec Robert Harris, Polanski s’empare du potentiel fictionnel de l'épisode historique à travers les codes du film d’espionnage. Si l’affaire Dreyfus contient en elle-même un noyau dramaturgique puissant, une matière narrative riche, Polanski en tire une lecture hitchcockienne sur le thème de la contre-enquête et du faux-coupable, dans un climat paranoïaque.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Roman Polanski fait son grand retour avec un sujet magistralement traité.

L'Express par Christophe Carrière - Qu'importe les costumes et l'apparat fin XIXe-début XXe, "J'accuse" - est d'une modernité saisissante et d'une actualité brûlante. C'est un grand spectacle aussi, filmé de main de maître et servi par la crème du landernau cinématographique, Jean Dujardin (Georges Picquart), en tête, bien parti pour le césar du meilleur acteur.

Marianne par Olivier de Bruyn - Une fiction historique magistrale et une oeuvre farouchement personnelle.

Ouest France par Thierry Chèze - Un récit passionnant, une mise en scène impressionnante, une interprétation saisissante de Jean Dujardin...

Positif par Alain Masson - "J'accuse" n'est pas seulement un récit neuf, exact et puissant de l'Affaire ; c'est aussi une oeuvre personnelle qui en dégage le sens le plus durable : il existe une complicité hideuse entre un mal constitutif de l'état des choses et certains hommes dotés de pouvoirs, "Rosemary's Baby" le montrait déjà en 1968.

Sud Ouest par Sophie Avon - Polanski est un cinéaste de 85 ans qui a le sens du rythme et l’art du suspense. Il traverse martialement cette affaire où transpire l’antisémitisme de l’époque en cette IIIe République naissante. Mais surtout, il offre à Jean Dujardin un rôle en or dont l’acteur se tire par une sobriété de ton qui accompagne la plasticité de son verbe.

Télé Loisirs par Gwénola Trouillard - Un classique instantané.

Bande à part par Michel Cieutat - Avec "J'accuse", Roman Polanski renoue avec l'Histoire douloureuse, celle qu'il avait déjà abordée dans son mémorable "Le Pianiste" (2002) et qu'il retraite ici avec le même souci de dénoncer les égarements trop concertés, les hypocrisies les mieux dissimulées et les aveuglements très volontaires d'époques qui ne sont point vraiment révolues. Et cela avec le même talent hautement cinématographique.

Closer par La Rédaction - Dujardin est un Picquart très juste.

CNews par La rédaction - Un thriller mené tambour battant.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Roman Polanski a décidé d’être du côté de la légende : dans l’affaire Dreyfus, il y a un héros et ce héros s’appelle Picquart, incarné par un Jean Dujardin magistral et déterminé.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Le soin apporté aux cadrages, aux décors, aux costumes, à la lumière, confèrent au film, Lion d’argent au festival de Venise, une puissance étourdissante.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Choisissant le point de vue dreyfusard, Polanski évite avec brio les pièges du film à thèse, dans un film fort, à la clarté pédagogique et de facture très classique.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - Une belle leçon d’histoire et de cinéma.

Le Monde par Mathieu Macheret - une plongée saisissante dans les arcanes troubles et tortueux de l’Affaire, retracée ici avec un parti pris de froideur et de distanciation.

Le Nouvel Observateur par François Forestier - A 86 ans, le cinéaste signe ici un film dont la violence est souterraine, et dont le sujet, l’antisémitisme, est plus actuel que jamais. Le plus intéressant, c’est que le héros de cette histoire, Picquart, était lui-même antisémite, caractéristique partagée par une grande partie de l’opinion, alors.

Le Parisien par Jean-Claude Raspiengeas - Un thriller historique et moral de haute volée.

Le Point par La Rédaction - Le film le plus fort de Polanski depuis Le Pianiste.

Les Inrockuptibles par Thierry Jousse - Le rythme et l’élégance du découpage, dont Polanski demeure un maître, sont pour beaucoup dans l’impression de fraîcheur que dégage le film. Le cinéaste parvient même à donner une dimension ludique à ce récit pourtant lesté de significations historiques fondamentales et finalement très actuelles.

Libération par Elisabeth Franck-Dumas et Luc Chessel - "J’accuse" est du côté du cinéma, du côté de l’art, un camp dans lequel nous avons quelque mal à nous ranger par les temps qui courent.

Paris Match par Karelle Fitoussi - Roman Polanski met en scène avec un sens de l’absurde indiscutable et une précision d’horloger le simulacre de procès, le corporatisme imbécile et l’antisémitisme de salon qui entraînèrent la persécution d’un homme.

Première par Frédéric Foubert - Roman Polanski retrace l'affaire Dreyfus dans un film puissant.

Rolling Stone par Belkacem Bahlouli - La réalisation virtuose sert ici un propos et un engagement tout en dépeignant une galerie de personnages véreux de façon remarquable.

Télérama par Jacques Morice - On croyait connaître l’affaire Dreyfus. Mais pas avec un tel souffle, un tel luxe de détails et de rebondissements. Palpitant.

Voici par A.V. - Une mise en scène précise et subtile, dépassionnée, habitée par une distribution exceptionnelle.

Cahiers du Cinéma par Joachim Lepastier - Il ne s’agit bien sûr pas de transformer l’affaire Dreyfus en farce mais de rendre encore plus manifeste sa dimension monstrueuse, pour en faire découler un tragique grinçant.

Critikat.com par Josué Morel - Face à la complexité du dossier Dreyfus, le cinéma de Polanski retrouve une certaine vigueur.

La Septième Obsession par Jean-Sébastien Massart - Chez Polanski, la politique reste une affaire de morale : "J’accuse" ne fait que reprendre le vieux précepte hitchcockien confrontant un innocent à un monde coupable.

Le Figaro par Eric Neuhoff - Dans une reconstitution très soignée, le réalisateur dresse le portrait du défenseur de Dreyfus qui se sauve de son antisémitisme à travers son combat pour la vérité.

L'avis du projectionniste
Superbe film. Une grande leçon d'histoire, menée comme un polar, avec une distribution de qualité, Tout y est dans la reconstitution de l'époque, l'antisémitisme galopant, l'hypocrisie de l'armée et de la justice, les coups tordus. Si on ajoute la beauté des images, la précision de la réalisation, il serait dommage de passer à côté. C'est du grand cinéma.