J’ai même rencontré des tziganes heureux – de Alexendar Petrovic

Dimanche 22 Avril à 18h15 (VO/st)

FESTIVAL « PLAY IT AGAIN »

Date de sortie 15 novembre 2017 (1h 32min)

De Aleksandar Petrovic

Avec Bekim Fehmiu, Gordana Jovanovic, Bata Živojinović

Genre Drame

Nationalité yougoslave

Synopsis

De nombreux Tziganes vivent dans la vaste plaine de la Voïvodine, en Serbie, où ils exercent de petits métiers. Vivant de son commerce de plumes d’oie, Bora, jeune et insouciant, se veut libre mais il est marié à une femme plus âgée. Il rencontre Tissa une jeune sauvageonne, et s’éprend d’elle. Mais Mirta, beau-père de Tissa, déjà son rival en affaires, devient aussi son rival en amour.

Anecdotes

Avec J'ai même rencontré des Tziganes heureux, le réalisateur Aleksandar Petrović a voulu être au plus près de ce qu'est la vie des Tziganes ("Ce film n'est pas romantique - il est rude et beau" explique-t-il) et a fait appel à de vrais Tziganes : "(...) ils ne jouent pas dans ce film, c'est leur film. Ils jouent, pour ainsi dire, leur propre destinée."

Une chanson emblématique

Alors qu'il tourne son court-métrage Procès Verbal en 1964, Aleksandar Petrovic découvre la chanson Djelem Djelem interprétée par des musiciens d'origine hongroise. Il décide d'en faire l'accompagnement musical de J'ai même rencontré des Tziganes heureux. La chanson rencontre un tel succès à la sortie du film que les Roms en font leur hymne et qu'elle suivra Petrovic toute sa vie : dès qu'il entrera dans un café ou un restaurant de Yougoslavie où officie un orchestre tzigane, celui-ci s'empressera d'entamer Djelem Djelem !

Des hommes extraordinaires

Aleksandar Petrovic décrit les Tziganes comme "moins "rationnels"" que d'autres car "ils dédaignent de considérer les conséquences à long terme de leurs actes." Plus "sensibles à la beauté du monde et à ses souffrances, (...) la vie de ces hommes est exceptionnellement intéressante et bizarre." Le cinéaste conclut en affirmant que "ce que nous pensons et rêvons, ils le vivent et le réalisent."

Haut en couleur

J'ai même rencontré des Tziganes heureux est le 1er film d'Aleksandar Petrovic tourné en Technicolor. Ce choix artistique n'est pas un hasard : "Le goût des Tziganes pour les couleurs est étroitement lié à leur amour du fantastique et de l'irréel, qui est chez eux très développé. C'est pourquoi, si vous sentez le fantastique dans ce film, ne pensez pas qu'il est inventé, iréel - non, il est question ici d'un film réaliste, dont les limites du réalisme ont bougé avec la vie, ce dont traite ce film."

Multi-récompensé

J'ai même rencontré des Tziganes heureux a reçu le Prix du Jury ainsi que le Prix FIPRESCI (Prix de la critique internationale) au Festival de Cannes 1967. 50 ans après, le film est revenu sur la Croisette en copie restaurée dans la sélection Cannes Classics. Il fut également nommé à l'Oscar et au Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.

Malchance

Lors de la cérémonie des Oscars en 1968, il y eut une confusion au moment de l'annonce du gagnant pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère puisque la statuette fut remise à Aleksandar Petrovic pour Trains étroitement surveillés. Or, ce dernier, représentant de la Tchécoslovaquie, est mis en scène par Jiri Menzel et non Petrovic. C'est finalement bien Menzel qui repartit avec l'Oscar. Petrovic rapporte que Gregory Peck, alors président de l'Académie, lui a expliqué qu'il aurait dû avoir l'Oscar mais que la politique étrangère (la Tchécoslovaquie venait d’être occupée par les Russes) était plus importante que le film.

Quelques critiques presse

Culturopoing.com par Jean-François Dickeli

Ainsi, toute l’énergie du film, sa musique, son ton, son rythme sont comme l’habit d’une œuvre profondément désespérée dont la forme épouse la nature même du peuple Tzigane auquel il rend hommage.

Le Monde par Mathieu Macheret

"J’ai même rencontré des Tziganes heureux" s’affirme comme le grand film, furieux et turbulent, sur la condition tzigane. Aleksandar Petrovic prend le parti d’une immersion âpre, en suivant les pérégrinations ordinaires d’un Rom sédentarisé, dans la plaine de la Voïvodine, en Serbie, sans la moindre forme de romantisme ou d’idéalisation.

Libération par Jérémy Piette

"J’ai même rencontré des Tziganes heureux" nous emporte dans une tempête de sentiments et de danses folles où la mélancolie nous attrape à la gorge, nous entraîne au cœur des noces de l’amour et de la haine, nous laissant tout à la fois blessé et habité.

aVoir-aLire.com par Gérard Crespo

Un petit bijou du cinéma yougoslave enfin visible un demi-siècle après sa sortie initiale.