La Vie invisible d’Eurídice Gusmão – de Karim Aïnouz

Dimanche 19 Janvier à 17h00 (VO/st)

Date de sortie 11 décembre 2019 (2h 20min)

De Karim Aïnouz

Avec Carol Duarte, Julia Stockler, Gregório Duvivier

Genres Drame, Romance

Nationalités brésilien, allemand

Synopsis

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Rio de Janeiro, 1950. Euridice, 18 ans, et Guida, 20 ans, sont deux soeurs inséparables. Elles vivent chez leurs parents et rêvent, l’une d’une carrière de pianiste, l’autre du grand amour. A cause de leur père, les deux soeurs vont devoir construire leurs vies l’une sans l’autre. Séparées, elles prendront en main leur destin, sans jamais renoncer à se retrouver.

Anecdotes

Primé à Cannes

Le film a reçu le prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2019.

Note d'intention

Karim Aïnouz décrit son film comme "chargé de sensualité, de musique, de drame, de larmes, de sueur et de mascara, mais aussi un film imprégné de cruauté, de violence et de sexe. Un film qui n’a jamais peur d’être sentimental, excessif. Un film dont le coeur bat à l’unisson de mes deux protagonistes chéries : Guida et Eurídice".

Adaptation

La vie invisible d’Eurídice Gusmão est inspiré du roman éponyme de Martha Batalha paru en 2015. Le réalisateur s'est reconnu dans le livre à sa lecture : "J’ai été profondément ému quand j’ai découvert le livre. Il a fait remonter en moi de vibrants souvenirs de ma propre vie. J’ai grandi dans le Nord-Est brésilien conservateur des années 60, au sein d’une famille composée majoritairement de femmes ; une famille matriarcale dans un contexte très machiste".

Mettre les femmes à l'honneur

Élevé par une mère célibataire, Karim Aïnouz a voulu mettre en lumière les vies longtemps invisibles des femmes des années 50. "Leurs histoires ne sont pas assez racontées, ni dans les romans, ni dans les livres d’histoire, ni même au cinéma" explique-t-il. Il a voulu aborder leurs conditions de vie de manière intime, à l'instar du roman d'origine.

Un mélodrame tropical

Le réalisateur a voulu signer un film excessif et bigger-than-life, aux couleurs fluorescentes et saturées. Il revendique La Vie invisible d'Eurídice Gusmão comme un "mélodrame tropical" : il a voulu célébrer le mélodrame et en utiliser l'esthétisme grandiose pour dessiner une critique sociale de notre époque. Il s'agit pour lui de "partir du genre et en faire un film très personnel".

Une méthode de travail particulière

Sur le plateau, Karim Aïnouz arrive très tôt pour être le premier sur le décor. Il s'en imprégne pour imaginer la scène : "Cet instant de solitude s’est souvent avéré crucial pour moi, ça m’a permis d’être plus précis quant à mes demandes". Afin de rester concentré sur le film, il appelle ses acteurs par le nom de ses personnages et interdit les portables.

Quelques critiques presse

Bande à part par Isabelle Danel - Entre telenovela et mélo de la plus belle eau, et sur plusieurs décennies : une réussite absolue.

BIBA par La rédaction - Sous ses airs "classiques", cette fresque familiale est un superbe mélo rebelle et féministe.

Le Parisien par Catherine Balle - Bouleversant, ce récit s'étend sur plus de cinquante ans et voit alterner les moments sombres, joyeux, violents ou déchirants. Il rend un hommage vibrant et coloré à toutes les femmes aux « vies invisibles ».

Libération par Camille Nevers - une splendeur plastique, car le film est incroyablement beau, sa lumière (signée de la grande Hélène Louvart), ses couleurs, ses cadres et textures, et toujours à la limite de la faute de goût que le mélo exige, dans la crudité des humeurs et l’excès coloré.

Positif par Dominique Martinez - La banalité du sexisme qui ponctue le récit est une des forces de cet ambitieux mélodrame, justement couronné du prix Un certain regard, à Cannes, cette année.

Sud Ouest par Sophie Avon - Superbe récit en forme de mélo que le cinéaste brésilien Karim Aïnouz (dont le père est kabyle) réalise avec une ampleur éblouissante, traduisant la beauté tellurique de son pays entremêlée à sa dimension sociale.

Voici par Lola Sciamma - Un magnifique mélo puissamment féministe.

aVoir-aLire.com par Virginie Morisson - Un très grand film, indispensable dans le contexte brésilien actuel.

Cahiers du Cinéma par Camille Bui - Si cette histoire de sœurs émeut tant, c’est parce que les sentiments les plus vifs suscités par le film émanent plutôt de la dépendance invisible, quasi inconsciente et à contretemps, qui relie ces deux destins.

CinemaTeaser par Aurélien Allin - Du très grand cinéma, charnel, habité et engagé.

Critikat.com par Thomas Lequeu - Le mélodrame acquiert ici une dimension puissamment féministe en s’ancrant dans un quotidien scruté à la loupe.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - Autant de composantes que Karim Aïnouz harmonise dans un grand récit aux différents niveaux de lecture, historique et sociétale. Émouvant.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Des images baignées d'une grande beauté mélancolique.

La Croix par Céline Rouden - Prix « Un certain regard » au Festival de Cannes, ce film restitue la splendeur esthétique du mélodrame hollywoodien pour mieux le subvertir.

Le Figaro par Etienne Sorin - Récompensé par le prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes, ce long-métrage de Karim Aïnouz illustre la force d’un lien indestructible entre deux sœurs. Les visages de ces deux sœurs incarnées par des comédiennes charismatiques ne sont pas près de quitter nos mémoires

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Coup de coeur pour ce mélodrame déchirant qui évoque la condition de la femme, le temps qui passe et les rendez-vous manqués.

Le Nouvel Observateur par Nicolas Schaller - Prix Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes, cette réussite est une nouvelle preuve, après « Bacurau », « Gabriel et la Montagne » et « les Bonnes Manières », de l’état de grâce du cinéma brésilien, menacé par la politique anti-culturelle de Bolsonaro.

Les Fiches du Cinéma par La rédaction - Avec ce mélodrame haut en couleurs, Karim Aïnouz dresse une épopée ambitieuse autant qu’intime, et dresse d’évidents parallèles avec le Brésil contemporain.

Les Inrockuptibles par Bruno Deruisseau - Toute leur vie, deux soeurs n'abandonneront pas l'espoir de se retrouver et de vivre leur rêve. Elles ne sont pas filmées comme des martyres mais comme des puissances menottées. Dans le Brésil conservateur de Bolsonaro, ce mélodrame féministe, aussi virulent dans sa dénonciation du patriarcat que porteur d'espoir dans la forte résilience de ces deux sœurs, ne pouvait pas mieux tomber.

Rolling Stone par Xavier Bonnet - Un récit d'une réalité et d’une cruauté cinglantes.

Télérama par Louis Guichard - À travers cette fresque, un vibrant hommage aux femmes asservies « invisibles ».

Transfuge par Louise Dumas - Avec La Vie invisible d’Euridice Gusmao, Karim Aïnouz porte un regard juste et lyrique sur la condition féminine dans le Brésil des années 1950 et 1960.

Le Monde par Mathieu Macheret - La photographie magnifique d’Hélène Louvart saisit cette quête comme autant de percées dans une ville aux teintes fauves, toute de reflets enivrants, où le désir de vivre semble rejaillir partout sur les murs. C’est au coeur de cette dimension plastique que Karim Aïnouz installe leur relation imaginaire, cet amour frustré, sculpté dans la glaise du souvenir, où chacune finit par percevoir en l’absente ce qu’elle aurait pu devenir.

Paris Match par Karelle Fitoussi - Un mélo brésilien stylisé et feutré .

Première par Thomas Baurez Les deux actrices avancent dans cette intimité douloureuse sans jamais s’excuser de porter haut les émotions de leur personnage. Un ravissement.

L'avis du projectionniste

Film au scénario remarquable, sur ces 2 sœurs brésiliennes qui doivent se séparer à cause de principes . Une véritable claque avec ces deux actrices, interprétant Gilda et Eurydice, dans cette société où les femmes sont inexistantes, violées souvent et ne sont que des objets sans droits..

Un film à voir et qui ne vous laissera pas indifférent.