L’adieu à la nuit – de André téchiné

Samedi 1er Juin à 21h

Date de sortie 24 avril 2019 (1h 43min)

De André Téchiné

Avec Catherine Deneuve, Kacey Mottet Klein, Oulaya Amamra

Genre Drame

Nationalités français, allemand

Synopsis

Muriel est folle de joie de voir Alex, son petit-fils, qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada. Intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, doit réagir très vite…

Anecdotes

Naissance du projet

L'Adieu à la nuit est né d'une convergence de plusieurs éléments. Parmi eux, le livre de David Thomson ("Les Français jihadistes"), recueil d’entretiens très bruts de jeunes Français partis en Syrie faire le jihad. André Téchiné précise : "Il y avait aussi la question du regard d’une personne de ma génération, d’où la présence de Catherine (Deneuve), avec cette complicité et ce désir de renouvellement qui nous lient depuis longtemps. Je souhaitais un champ/contrechamp entre Catherine et ces dialogues bruts de jeunes jihadistes prélevés directement dans le réel. Enfin, il y avait aussi le motif de la transition juvénile qu’est l’adolescence, avec cette grand-mère qui découvre un aspect de la post-adolescence qui a pris un visage terrifiant."

Retrouvailles

Avec L'Adieu à la nuit, son 26ème long métrage, André Téchiné retrouve Catherine Deneuve pour la huitième fois. Le célèbre metteur en scène refait également à nouveau équipe avec le jeune et très actif Kacey Mottet Klein, qui était l'un des personnages centraux de Quand on a 17 ans (2016). Le reste du casting principal est composé de Oulaya Amamra (héroïne de Divines), Stéphane Bak (Le Ciel attendra, un autre film sur la radicalisation) et Kamel Labroudi (Des Apaches).

Sujet brûlant

Avec L'Adieu à la nuit, André Téchiné aborde un sujet difficile qui est l'objet de multiples polémiques dans les médias : la radicalisation religieuse. Le metteur en scène raconte : "Pour ces adolescents attirés par le jihad, il y a un « désir furieux de sacrifice ». Je trouvais ça certes brûlant, mais aussi susceptible de ne pas intéresser que moi, mais tout le monde. C’est un sujet clivant et ouvert à la fois. Et ce film ne représente que mon regard sur ce sujet, c’est une proposition de fiction. Quand des adolescents prennent ce nouveau visage « monstrueux », cherchent un nouvel enracinement, c’est comme une conversion maléfique dans un pays inconnu. Cinématographiquement, cela m’amenait vers une dimension de fantastique intérieur."

Collaborateur fidèle

L'Adieu à la nuit est le sixième film consécutif de André Téchiné avec le directeur de la photographie Julien Hirsch. Le cinéaste explique au sujet de cette collaboration : "Longtemps, je tournais avec deux caméras. À un moment, j’en ai eu marre, ça devenait un système. Et puis il fallait faire des économies budgétaires. Avec Julien, avec qui j’ai commencé à collaborer sur Les Temps qui changent, j’ai donc abandonné les plans séquences à deux caméras. Mais pour éviter le caractère mécanique de la répétition des prises (allez, on la refait !), nous avons décidé de changer de grosseurs de cadres et de mouvements d’appareil à chaque nouvelle prise. On ne reproduit jamais le même plan. On ne vise pas la maîtrise, la perfection, mais l’accident heureux, le hasard fécond, le tremblement."

Lila selon André Téchiné

Oulaya Amamra, qui avait joué l’héroïne fougueuse de Divines, incarne ici Lila, amoureuse d'Alex. André Téchiné raconte à son sujet : "Lila est joyeuse, rieuse, ce qui contraste avec l’humeur plus sombre d’Alex, elle s’occupe avec soin et tendresse des pensionnaires de la maison de retraite où elle travaille… Il y a un mélange d’humilité, de gaieté et d’obstination farouche dans son interprétation. Lila est éperdument amoureuse d’Alex, mais dans une perspective très guerrière : elle serait heureuse et fière si Alex mourrait en combattant. Pour elle, la mort n’est pas une mélancolie. Pas de deuil à l’horizon. La mort est vue comme une vie au ciel plus parfaite et désirable que la vie terrestre."

Film "renoirien"

L'Adieu à la nuit est un film "renoirien" au sens où André Téchiné ne juge pas ses personnages. Les deux jeunes joués par Kacey Mottet Klein et Oulaya Amamra font des choix funestes et condamnables mais, en même temps, le réalisateur les montre habités par un idéal romantique. Parallèlement, la grand-mère est un personnage bienveillant mais qui a aussi ses zones d’ombres. André Téchiné précise :"On s’identifie forcément plus facilement à Muriel, la grand-mère jouée par Catherine. Quand elle prévient la police, c’est un geste de délation mais surtout un geste salvateur, protecteur. J’ai essayé d’éviter la caricature, j’ai recherché la complexité morale en dressant un constat. Concernant Alex (Kacey Mottet Klein) et Lila (Oulaya Amamra), le processus de déshumanisation dans lequel ils s’engagent est terrifiant, mais en même temps, ils restent humains. À la fin, c’est la liberté de chaque spectateur d’être triste ou soulagé quand le rêve toxique de ces jeunes s’effondre avec l’arrestation."

Quelques critiques presse

Les Inrockuptibles par Gérard Lefort - "Adieu à la nuit" est un traité des passions mettant en scène la tristesse politico-sociale qui nous gagne et l'allégresse morale et collective qui malgré tout s’entête. Sans pour autant verser dans le vacarme dialectique entre requiem funèbre et hymne à la joie.

Transfuge par Jean-Christophe Ferrari - On l’a compris : la réussite du dernier Téchiné tient à sa capacité à être à la fois simple et trouble, direct et oblique. Et, en mélangeant les genres et les registres (le conte fantastique, le polar, le western), à extraire la matière vivante d’un sujet dont le caractère polémique et les enjeux politiques ont tendance à nous faire oublier les ressorts affectifs.

20 Minutes par Caroline Vié - La radicalisation religieuse est un sujet très cinématographique s'il est bien traité, comme dans « L’Adieu à la nuit ».

aVoir-aLire.com par Arthur Champilou - D’une main sûre, André Téchiné pose un regard anxieux et lucide sur un mal nouveau et silencieux de notre société : l’espoir d’une belle mort plutôt que d’une vie malheureuse.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Une belle relation se noue entre Catherine Deneuve et Kacey Mottet Klein, qui joue son petit-fils. Téchiné, au fond, parle d’amour et comment on cherche à sauver ceux qu’on aime quand ils se trompent, se perdent, prennent un mauvais chemin.

Femme Actuelle par Sabrina Nadjar - Téchiné pose les bonnes questions et évite les réponses simplistes.

La Croix par Céline Rouden - Pour son 23e long métrage, André Téchiné dresse un portrait intime et vibrant de jeunes gens tentés par un ailleurs mortifère.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Un film juste et sensible à la fois sur les désirs d’une génération fourvoyée dans le radicalisme, et sur le drame et les interrogations de (grands-) parents qui n’ont rien vu venir. Et qui pose avec force la question : que faire alors dans un tel cas ?

Le Figaro par Marie-Noëlle Tranchant - Un drame intense, où les tensions se développent progressivement.

Le Monde par Mathieu Macheret - La beauté et la pertinence du film tiennent d’abord à ce qu’il ne cherche pas à expliquer le désir de djihad des trois jeunes personnages .

Le Nouvel Observateur par Jérôme Garcin - Un film de haute tension, mais qui reste jusqu’au bout d’une bouleversante mélancolie.

Le Parisien par Pierre Vavasseur - Dans «L’Adieu à la nuit», le cinéaste retrouve pour la 8e fois son actrice fétiche. Pour un film éblouissant marqué par l’actualité la plus sombre.

L'Humanité par Alexandre Fache - En quarante ans et huit films, l’actrice et le cinéaste ont dessiné un parcours riche, dont la dernière étape interroge le phénomène de la radicalisation.

Libération par Marcos Uzal - Le film est trop peu contextualisé et trop candidement frontal pour véritablement convaincre d’un point de vue sociologique ou politique, mais il touche par sa foi romanesque.

Marianne par Olivier de Bruyn - Une fiction puissante.

Ouest France par Pascale Le Garrec - Un excellent casting pour une fiction mettant en scène une fracture générationnelle.

Paris Match par Karelle Fitoussi - André Téchiné frappe en plein cœur avec ce portrait lyrique et complexe d’une femme impuissante face à la radicalisation de son petit-fils.

Sud Ouest par Sophie Avon - Si le film est si beau, si déchirant aussi, c’est parce que ces jeunes gens sont vus à travers la détresse de Muriel qui se garde de son expérience pour tirer une leçon, accuse le coup et sombre dans la nuit.

Télérama par Louis Guichard - Un thriller intense.

Bande à part par Isabelle Danel - Au-delà du film dossier attendu, un beau portrait de femme, et, en creux, celui d’une actrice, Catherine Deneuve.

Cahiers du Cinéma par Ariel Schweitzer - L’Adieu à la nuit est sans doute le film le plus convaincant de Téchiné depuis quelques années.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Un beau portrait croisé et un film lucide sur un sujet ultrasensible.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Le réalisateur aborde un thème d’actualité à travers le prisme de la famille dysfonctionnelle, avec authenticité et lucidité.

Positif par Pierre Eisenreich - Cette élégie de la perte et de la trahison, qui frappe Muriel, trouve en Catherine Deneuve, à nouveau, une interprète d’exception qui tente de tout sauver jusqu’à la folie.

Rolling Stone par Sophie Rosemont - Inspiré par le livre d’entretiens de David Thomson, Les Français jihadistes, le scénario évite les clichés et, surtout, flirte avec le thriller avec une aisance qui accroche le spectateur.

L'avis du projectionniste

André Téchiné signe un film magnifique, juste et poignant, rythmé par l’intensité du duo Deneuve/Mottet-Klein.