Le dindon – de Jalil Lespert

Samedi 26 Octobre à 21

Date de sortie 25 septembre 2019 (1h 25min)

De Jalil Lespert

Avec Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol

Genre Comédie

Nationalité français

Synopsis

Monsieur de Pontagnac a eu un coup de foudre pour une jolie jeune femme. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que celle-ci n’est autre que Victoire, la femme d’un de ses amis, Vatelin. Et si le notaire le prend plutôt bien, Victoire, elle n’est pas si simple à manipuler. Surtout, la mésaventure a lancé dans leur société un sujet – et un petit jeu étonnant autour de la fidélité des uns et des autres. Alors quand entrent dans l’arène Rediop, soupirant de Victoire, et Suzy, ancienne flamme de Vatelin, le jeu se corse encore.

Anecdotes

Adapté du classique de Feydeau

Avec Le Dindon, Jalil Lespert adapte le classique homonyme que Georges Feydeau a écrit en 1896. La pièce avait déjà été portée à l'écran par Claude Barma en 1951.

Dates de tournage

Le tournage du "Dindon" a débuté le mercredi 29 août 2018, pour s'achever 7 semaines plus tard.

Le style Feydeau

Si Jalil Lespert adapte Feydeau, c'est parce qu'il apprécie son écriture irrévérencieuse et le surréalisme qui plane sur ses textes : "Feydeau a su créer une mécanique assez imparable dans laquelle ses personnages souvent assez égoistes se retrouvent pris au piège : ils ressemblent à des pantins désarticulés, tributaires d’une histoire irréelle qui semble les dépasser… À la fin du XIXe siècle et au début du XXe c’était très avant-gardiste". Le réalisateur retrouve chez l'auteur l'esprit des comédies françaises des années 60 portées par Bourvil ou de Funès avec lesquelles il a grandi.

Esprit sixties

L'action du Dindon a été déplacée dans les années 60 afin de rendre le texte plus contemporain tout en gardant la langue de Feydeau "qui nous rappelait ces comédies des sixties comme Oscar ou Pouic-Pouic avec Louis de Funès" explique Guillaume Gallienne.

Par ailleurs, Jalil Lespert estime que le début de cette décennie est encore marquée par des codes sociaux et moraux similaires à ceux de l'époque de Feydeau : "On y demande la main de sa future femme à son futur beau-père, la bourgeoisie fonctionne sur des règles étriquées, basées sur un certain savoir-vivre. Mais en coulisses, tout est en train d’éclater même si ce n’est pas encore formulé !"

L'écriture

Jalil Lespert retrouve Guillaume Gallienne qu'il avait déjà dirigé dans Yves Saint-Laurent. Ensemble, ils co-signent le scénario avec Fadette Drouard. À l'origine, Lespert avait contacté Gallienne pour qu'il le conseille sur l'adaptation, sans imaginer que ce dernier allait devenir son partenaire d'écriture : "Nous avons travaillé tout un été en nous concentrant sur l’idée de raccourcir le récit et en basculant l’intrigue dans les années 60 pour obtenir un esprit plus contemporain".

Un rôle familier

Guillaume Gallienne connaissait bien le rôle de Monsieur de Pontagnac puisqu'il l'a joué sur scène plus de 150 fois dans une adaptation du Dindon mise en scène par Lukas Hemleb pour la Comédie Française. Jalil Lespert en avait d'ailleurs vu une captation sauf que Gallienne n'était pas sur scène ce soir-là. C'est lors de l'écriture du scénario avec le comédien que le réalisateur a appris qu'il avait interprété ce personnage auparavant.

Un signe des temps

Le personnage de Pontagnac n'est pas totalement fidèle à la pièce. S'il reste un goujat dans le film et dans la pièce, Jalil Lespert et Guillaume Gallienne ont dû procéder à des ajustements, comme l'explique ce dernier : "depuis le mouvement « Me too », il y a des choses qui ne passent plus. Mais nous avons creusé aussi ce que Feydeau faisait déjà très bien : défendre les femmes. Je trouve que, dans notre adaptation avec Jalil et Fadette Drouard (qui nous a rejoint ensuite), nous avons amplifié cela : les hommes sont montrés comme des goujats crétins invétérés. Je trouve intéressant de raconter cela d’une manière drôle, sans tomber dans la misandrie, heureusement".

Un Américain à Paris

Au générique du film, on retrouve Holt McCallany, l'un des acteurs principaux de la série Mindhunter.

Quelques critiques presse

Ecran Large par Christophe Foltzer - Si "Le Dindon" ne révolutionne pas le genre, il n'en reste pas moins une comédie légère et acide plus que plaisante et servie, qui plus est, par d'excellents comédiens. Une manière de nous rappeler que la comédie française a encore beaucoup de choses en réserve et qu'il suffit parfois d'aller piocher dans les classiques pour la revigorer.

Femme Actuelle par Sabrina Nadjar - Ça démarre fort bien, avec un style, un rythme, un éclat... qui sont difficiles à tenir jusqu'au bout. On s'amuse quand même beaucoup !

LCI par Jérôme Vermelin - Jalil Lespert s’essaie pour la première fois à la pure comédie. Si le décorum sixities de cette nouvelle version apporte une touche psychédélique à cette satire de la bourgeoisie, sa manière de croquer les relations hommes-femmes prend une dimension inédite – et savoureuse – à l'ère des mouvements MeToo, Time's Up et autre BalanceTonPorc.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Jalil Lespert a transposé son intrigue dans les années 60 .Pour le reste, il est toujours bien question de fidélité, de constats d’adultère, de trahisons feutrées (on est chez les bourgeois), de gros quiproquos et de jeux de dupes qui vont se régler à grand renfort de portes qui claquent et de répliques bien senties, dans une intrigue resserrée au maximum.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Un jeu de cache-cache sentimental à la Feydeau, dont Jalil Lespert adapte ici la pièce, dans une comédie qui s’efforce de porter au cinéma la mécanique théâtrale.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - L' adaptation du fameux vaudeville de 1896 ne retrouve qu'à mi-parcours le mordant et le rythme échevelé de l'original.

Télé Loisirs par Claire Picard - Cette adaptation d'un vaudeville de Feydeau doit beaucoup à l'énergie des comédiens, qui ne se ménagent pas