Le jeune Ahmed – de Luc et jean-Pierre Dardenne

Samedi 22 Juin à 21h

Date de sortie 22 mai 2019 (1h 24min)

De Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne

Avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou

Genre Drame

Nationalités belge, français

Synopsis

Le film était en compétition au Festival de Cannes 2019

En Belgique, aujourd’hui, le destin du Jeune Ahmed, 13 ans, pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie.

Anecdotes

En Compétition à Cannes

Le Jeune Ahmed est présenté en Compétition du 72e Festival de Cannes. Avec ce nouveau drame social ancré dans une brûlante actualité, les frères Dardenne sont en lice pour remporter une 3ème Palme d'or. Personne n'a encore réussi cet exploit. Les metteurs en scène ont déjà gagné la récompense suprême en 1999 pour Rosetta et en 2005 pour L'Enfant. Ils sont également repartis avec le Prix du scénario pour Le Silence de Lorna (2008) et le Grand Prix en 2011 avec Le Gamin au vélo.

Un sujet sensible

En terminant l’écriture de ce scénario, les frères Dardenne se sont rendus compte que d’une certaine manière, ils avaient écrit l’histoire des tentatives infructueuses de divers personnages pour conduire le jeune fanatique Ahmed à renoncer à son "plan". "Quels que soient ces personnages : Inès sa professeure, sa mère, son frère, sa soeur, son éducateur, le juge, la psychologue du Centre Fermé, son avocat, les propriétaires de la ferme où il est placé, leur fille Louise, aucun ne réussit à entrer en communication avec le noyau dur, mystérieux de ce garçon prêt à tuer sa professeure au nom de ses convictions religieuses", expliquent les cinéastes.

Un personnage fanatique

En commençant l’écriture, les frères Dardenne n'imaginaient pas qu'ils étaient en train de donner naissance à un personnage si fermé, capable de leur échapper à ce point, de les laisser sans possibilité de construction dramatique pour le rattraper, le faire sortir de son fanatisme. "Même Youssouf, l’imam de la mosquée intégriste, le séducteur qui a capté l’énergie des idéaux de l’adolescent pour les mettre au service de la pureté et de la haine de l’impureté, même lui, le maître, est surpris par la détermination de son disciple. Et pourtant, pouvait-il en être autrement ? Pouvait-il en être autrement si le fanatisé est si jeune, presque un enfant, et si, de plus, son maître séducteur l’encourage à vénérer un cousin martyr, un mort ?", questionnent les réalisateurs.

Pas un film sur la radicalisation

Selon les frères Dardenne, Le Jeune Ahmed n’est pas un film sur la radicalisation. "On ne va pas parler du Jeune Ahmed aujourd’hui puisque c’est un petit peu ce que nous nous sommes dit avec tous les producteurs et co-producteurs du film mais aussi avec le festival de Cannes, c’est qu’on n’en parlait pas avant. Donc nous vous dirions que le mieux c’est de venir le voir. C’est l’histoire en tout cas d’un enfant, ça nous pouvons le dire", ont déclaré les metteurs en scène à nos confrères de la RTBF.

Quelques critiques presse

CNews par La Rédaction - Un drame poignant ancré dans la réalité sociale.

La Croix par Jean-Claude Raspiengeas - Le duo filme au plus près les visages et les corps dans des cadres étroits pour mieux coller aux personnages. Leur caméra mouvante suit en plans-séquences, comme happée, les mouvements de cette force obscure du mal.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Les Dardenne, fidèles à leur style brut, épuré, tendu, se placent avant tout à la hauteur d’un gosse immature et perdu qui devrait plutôt être travaillé par ses hormones que par ses ablutions.

Le Figaro par La Rédaction - Le dénouement, terrible, glace le sang.

Le Monde par Véronique Cauhapé - Cette empathie éprouvée à l’égard du personnage d’Ahmed, on la doit bien sûr au talent des frères Dardenne à trouver puis à faire travailler des débutants, tout en leur demandant ce qu’on exige des grands acteurs. Idir Ben Addi en est la démonstration dont la présence, dense, compacte, accapare tout le film.

Le Nouvel Observateur par François Forestier - Un film d’une force rare.

Le Parisien par Renaud Baronian - Cette balance très délicate, entre jeunesse, haine, amour des autres intégration et intégrisme, est au cœur du scénario. Et comme ce sont les Dardenne qui filment, et qu’ils sont passés maîtres dans l’art de traiter un fait de société sous la forme d’un thriller au suspense enlevé, on tremble à chaque instant.

Les Inrockuptibles par Emily Barnett - Un film magnifique où l'ampleur du propos s’appuie sur une observation aiguë des micro-événements, des gestes.

Marianne par Olivier de Bruyn - Le Jeune Ahmed décrit avec sobriété le parcours d'un jeune guerrier de 13 ans.

Ouest France par Gilles Kerdreux - Les frères Dardennes font une nouvelle fois mouche.

Paris Match par La Rédaction - D’une simplicité et d’une force à glacer le sang.

Première par Christophe Narbonne - En ne cherchant pas à psychologiser les radicalisés, les Dardenne réussissent en définitive là où Téchiné a échoué avec L’Adieu à la nuit.

Télé Loisirs par La Rédaction - Un film d’une intensité et d’une humanité bouleversantes, qui avance vers la lumière.

Télérama par Louis Guichard - Les frères Dardenne signent un portrait percutant, empreint d’une grande humanité.

Bande à part par Isabelle Danel - Ce que scrutent Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec cette façon bien à eux de documenter la fiction, c’est le mal à l’œuvre chez un enfant, l’impossible retour en arrière, un mystère jamais élucidé.

CinemaTeaser par Aurélien Allin - Le Jeune Ahmed captive, notamment parce qu’il ne traite jamais son sujet comme un fait divers de société, aussi tragique et réel soit-il, mais comme un véritable drame humain.

L'avis du projectionniste
Ce qui interpelle et intéresse c'est que Ahmed est dans une conviction sans faille où tous ceux qui veulent l'aider, toutes les tentatives semblent toutes vouées à l'échec . C'est là que le film des Dardennes est d'une justesse aussi effroyable que triste.