Le traître – de Marco Bellochio

Dimanche 08 Décembre à 14h30 (VO/st)

Date de sortie 30 octobre 2019 (2h 31min)

De Marco Bellocchio

Avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Fabrizio Ferracane

Genres Biopic, Drame

Nationalités italien, français, allemand, brésilien

Synopsis

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Au début des années 1980, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fuit son pays pour se cacher au Brésil. Pendant ce temps, en Italie, les règlements de comptes s’enchaînent, et les proches de Buscetta sont assassinés les uns après les autres. Arrêté par la police brésilienne puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la mafia : rencontrer le juge Falcone et trahir le serment fait à Cosa Nostra.

Anecdotes

Cannes, dix ans plus tard

Le Traître est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2019, et marque le grand retour de Marco Bellocchio dans cette sélection, dix ans après Vincere.

C'est qui Tommaso Buscetta ?

Tommaso Buscetta (PierFrancesco Favino dans Le Traître), alias Don Masino, est un personnage fascinant qui a marqué à jamais l’histoire de la lutte contre la mafia. Né à Palerme en 1921, le plus jeune d’une famille pauvre de 17 enfants, il se marie jeune et a déjà deux fils à seulement 16 ans. Il commence sa carrière dans le crime en 1945. Il montre vite ses compétences et progresse rapidement au sein de la hiérarchie de Cosa Nostra. En 1963, poursuivi par la justice italienne il s’enfuit aux États- Unis puis au Brésil. On le surnomme alors : « Le Boss des deux mondes ». Mais l’empire de Buscetta va s’écrouler. Il est arrêté par la justice brésilienne, torturé et incarcéré en Italie. En 1980, il parvient à s’évader et repart au Brésil afin d’échapper à la guerre des mafias. En 1982, alors qu’il s’est remarié avec Cristina, une jeune brésilienne avec qui il a 2 jeunes enfants, Buscetta est à nouveau arrêté par la police brésilienne. Fatigué, lassé par les exécutions de ses proches, et surtout par l’assassinat sauvage de ses deux fils ainés, il tente de se suicider en s’empoisonnant. Sauvé de justesse, il est extradé vers l’Italie et collabore avec la justice.

Cosa Nostra

Le Traître est davantage l’histoire de Tommaso Buscetta que celle de Cosa Nostra. Tommaso Buscetta est un individu versatile, constamment en mouvement, dans sa vie et ses relations personnelles. Il est singulier, intelligent, charmant, efficace et doté d’une autorité naturelle. Un mafieux fidèle à Cosa Nostra, mais aussi à ses principes personnels, ne craignant pas de contester l’autorité, à laquelle par ailleurs, il refuse de prendre part. De la fin des années 1970 au début des années 1980, il doit faire face à la montée en puissance des corléonais, dirigés par l’intraitable Toto Riina. Ce nouveau groupuscule est impitoyable, et bafoue les principes fondamentaux de Cosa Nostra : ils tuent femmes, enfants et éliminent tout obstacle sur son passage. Tommaso Buscetta ne trouve plus sa place. Quand, en 1982, il s’installe à Rio de Janeiro avec ses enfants et sa femme qu’il aime, il a pour but de cesser toute activité pour la mafia. Or, on ne quitte jamais la mafia, et l’organisation le traque sans cesse, mais elle est devancée par la police brésilienne qui l’arrête et le fait extrader vers l’Italie.

Un marché avec la police

Tommaso Buscetta a proposé un accord à la justice italienne : parler, collaborer à démanteler la mafia, en échange de sa protection et de sa survie. Bientôt, il rencontre le juge Giovanni Falcone, imposant, inflexible et tenace. On plonge alors dans les profondeurs de l’organisation sicilienne : les meurtres, les fusillades, les coups montés. Tout cela est la toile de fond de l’histoire racontée par Buscetta, qui se révèle être le plus grand mystère de Cosa Nostra. Nul ne sait ce qui le pousse à collaborer : la survie et la sécurité évidemment, mais il semble animé par d’autres desseins : la vengeance et la volonté de démanteler une mafia qui ne correspond plus à ses valeurs. Buscetta franchit une étape décisive, il devient un traitre en passant dans le camp ennemi. Mais il ne se considère pas comme tel.

Les Confessions d'un mafieux

Au fur et à mesure de ses confessions, Tommaso Buscetta met en exergue le fossé qui s’est creusé entre « sa » mafia et celle des corléonais. Ainsi il entend rendre justice à la vraie Cosa Nostra. Il fait alors de Toto Riina, le traître ultime de l’histoire. La trahison est un thème récurrent et inlassablement exploré au cinéma, justement parce qu’il propose une réflexion sur le changement. Un homme, au cours de sa vie, peut-il réellement et profondément changer ou n’est-ce que simulacre ? Le changement est-il un moyen de guérir, de se repentir ? Buscetta, qui refusa toute sa vie l’appellation de « repenti », s’est-il inscrit dans cette démarche de guérison, de rédemption afin de devenir un homme nouveau ? Ou a-t-il créé sa propre justice ?

Quelques critiques presse

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Portrait sanglant et saignant du plus célèbre repenti de l’Italie, Tommaso Buscetta. Une histoire réelle restituée avec force au cinéma, sur la pègre et les hommes de l’antimafia.

Elle par Françoise Delbecq - Dans le rôle du repenti, l'excellent Pierfrancesco Favino qui, loin de se contenter d'habiter son personnage de manière honnête, le transcende. Magistral.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Marco Bellocchio signe une œuvre magistrale sur la mafia sicilienne.

Le Figaro par Marie-Noëlle Tranchant - Dans Le Traître, le cinéaste italien signe un portrait captivant de mafioso "repenti".

Le Point par La Rédaction - Magistral.

Les Fiches du Cinéma par Clément Deleschaud - Le génie de cette fresque d’une ambition herculéenne réside dans la puissance quasi- mystique qu’investit le regard de Bellocchio sur l’histoire de son pays - un regard à la fois transcendantal et trivial, qui a le courage d’aller au-delà pour chercher l’étincelle de vérité.

Libération par Camille Nevers - Marco Bellocchio signe une fresque magistrale sur la décomposition d’un monde sans valeurs.

Positif par Fabien Baumann - Or, ce que nous offre "Le Traître", c’est une plongée intime dans la touffeur des pensées de Buscetta. Comme pour les menottes, la vérité ne se situe pas dans une hypothétique exactitude policière, judiciaire ou journalistique ; elle éclate au contraire dans la liberté formelle sidérante avec laquelle le cinéaste et son comédien Pierfrancesco Favino s’approprient l’intériorité du gangster.

Télé Loisirs par C.P. - Poignant et captivant.

Télérama par Mathilde Blottière - Avec sa biographie épurée et précise de l’un des premiers repentis de Cosa nostra, le cinéaste italien réussit son film sur la Mafia. Sans en entretenir le mythe.

20 Minutes par Caroline Vié - A 79 ans,l’Italien n’a rien perdu de sa virtuosité. Une scène d’attentat, filmée de l’intérieur de la voiture des victimes, peut notamment être considérée comme l’un des moments de cinéma les plus forts de cette année.

aVoir-aLire.com par Alexandre Jourdain - Ici tour à tour exégète et fossoyeur des Coppola et Visconti, Marco Bellocchio signe un film de gangsters sinueux. Une œuvre radicale refusant, non sans curieusement les célébrer, de se conformer aux standards. Virtuose et aride à la fois, cette anti-épopée éblouit.

Cahiers du Cinéma par Paola Raiman - Le Traître, bien plus qu’un énième film de mafia, vaut pour son étude cinglante de la circulation et de la concentration des regards ainsi que de la confrontation des paroles qu’il met en œuvre avec une rare précision, dans un contexte contemporain où le dire vrai, tout autant que le fait de regarder en face, semblent avoir perdu toute valeur.

CinemaTeaser par Aurélien Allin - Peut-être que « Le Traître » apparaîtra légèrement outrancier avec ses postiches et ses maquillages voyants, volontairement kitsch. Il en tire néanmoins grâce et efficacité.

Culturebox - France Télévisions par Lorenzo Ciavarini Azzi - "Le Traître" est un film beau, puissant. Et haletant. Mais sa facture reste très classique, avec une photographie soignée et ce qu’il faut de lyrisme, comme Bellocchio sait si bien le faire.

Culturopoing.com par Jean-François Dickeli et Vincent Nicolet - Refusant d’enfermer son long-métrage dans un seul registre, ou le cantonner à une simple relecture de celui-ci, le cinéaste se plaît à jouer avec les ruptures de tons, en donner plusieurs couleurs.

La Croix par Céline Rouden - Un grand film lyrique sur la trahison, impressionnant de maîtrise et de virtuosité.

La Septième Obsession par Xavier Leherpeur - Tout l'enjeu de sa mise en scène est de trouver dans les séquences de prétoire un lyrisme tragique et burlesque, quelque part entre opera seria et commedia dell'arte. C'est incisif et saignant sans que se profile l'ombre d'une empathie.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Mais, comme toujours chez le cinéaste, la sécheresse de la réalité prend toute sa force dans l’amplification fantasmatique qu’il lui donne.

Le Journal du Dimanche par Baptiste Thion - Marco Bellochio signe une fresque fascinante, entre film de mafia, enquête judiciaire et saga humaine.

Le Monde par Jacques Mandelbaum - Voilà qui suffit à faire de Tommaso Buscetta un magnifique personnage de tragédie, et à offrir à son interprète, Pierfrancesco Favino (50 ans), jamais aussi attachant que chez Bellocchio, l’occasion d’une prestation pleine de conviction et de grâce.

Le Nouvel Observateur par Nicolas Schaller - Une fois n’est pas coutume, Bellocchio arpente un territoire balisé, épuisé même, par le cinéma : le film de mafia. Mais il l’investit avec un souci du réalisme, une attention aux faits et à la psyché humaine et un sens psychanalytique de l’ellipse qui inscrivent sa fresque parmi les œuvres indispensables sur le sujet.

Le Parisien par La Rédaction - À coups de séquences ultra-violentes, de scènes baroques de procès gigantesques et de quelques touches oniriques, Le Traître montre cet homme qui a tranché entre sa famille et ses valeurs… Fascinant.

Les Inrockuptibles par Thierry Jousse - [Les scènes de procès et de famille] constituent comme les deux faces de cet extraordinaire portrait : celui d’un Traître, à la fois héros épique, personnage opaque et, finalement, homme banal. Un portrait qui est aussi un film majeur de plus dans la carrière de Marco Bellocchio, sans doute le plus sous-estimé des grands cinéastes italiens.

L'Express par Antoine Le Fur - Oeuvre politique teintée de lyrisme, "Le Traître" aurait pu appartenir à la vague de films italiens engagés des années 1970.

L'Humanité par Génika Baczynski - Le cinéaste abat l’enchantement et choisit le tragique intérieur de l’adulte. Il dépeint la figure désenchantée d’un homme dont la fidélité absolue faillit face à la fin d’une époque.

Ouest France par Gilles Kerdreux - C'est captivant. Et le comédien Pierfrancesco Favino est remarquable.

Paris Match par Yannick Vely - Aucun film n’avait cependant détaillé de façon aussi réaliste l’organisation criminelle que "Le Traître" de Marco Bellocchio, oeuvre d’une ambition folle qui revient sur la Deuxième Guerre de la mafia et l'exécution des familles siciliennes concurrentes au clan des Corleonesi guidé par Toto Riina.

Première par Thomas Baurez - Bellocchio manie aussi l’ellipse à la perfection et face à ce déchaînement d’action parvient à rester au plus près de l’intimité de son personnage, dont on pressent le lent délitement intérieur. Intense.

Sud Ouest par Sophie Avon - Interprété par Pierfrancesco Favino, qui donne puissance et ambivalence au personnage, Buscetta incarne la fin d’un monde. Bellocchio en fait une figure à part, opaque, complexe, passionnante.

Télé 7 Jours - Ce moins une plongée dans la mafia que le portrait, tout en clair-obscur, d'un salaud, aussi complexe qu'attachant, que nous propose Bellocchio.

Voici par A.V. - Une fresque puissante.

L'avis du projectionniste
Superbe film italien sur la mafia sicilienne ou devrais je dire la Costa Nostra...Pierfrancesco Favino est un grand acteur italien et joue le traitre "Tommaso Buscetta" avec brio..on y croit du début à la fin.