Le vent tourne – de Bettina Oberli

Samedi 27 Octobre à 20h30

Date de sortie 26 septembre 2018 (1h 27min)

De Bettina Oberli

Avec Mélanie Thierry, Pierre Deladonchamps, Nuno Lopes

Genre Drame

Nationalités suisse, français, belge

Synopsis

Pauline, une jeune paysanne, élève ses bêtes dans le respect de la nature. L’arrivée de Samuel, venu installer une éolienne, va bouleverser son couple, ses valeurs.

Anecdotes

1er film français pour Bettina Oberli

Pour son premier film en français, la Suisse Bettina Oberli (Lovely Louise) a réalisé un drame passionnel abordant la très actuelle thématique écologique. La cinéaste explique pourquoi elle a voulu faire un long métrage en France : "Il y a toujours eu une forme de francophilie dans ma famille et mon mari est français. C’était pour moi une démarche logique, car je me sens proche de la culture française et particulièrement de son cinéma. J’ai aussi voulu sortir de ma zone de confort, explorer quelque chose de nouveau, me lancer un défi. Mais je viens d’un autre endroit, d’une autre culture cinématographique, je ne veux pas imiter le cinéma français, je reste une suissesse, et ce mélange m’a semblé intéressant. Quand je vois un film français de Michael Haneke, je sens toujours qu’il est autrichien. Je pense que ce genre de passage sera de plus en plus courant et je trouve ça beau, c’est une liberté et une ouverture que le cinéma peut offrir."

Personnage principal

Au centre du récit, il y a Pauline jouée par Mélanie Thierry. La caméra de Bettina Oberli suit ce personnage pendant toute la durée du film. La réalisatrice indique : "Nous suivons cette jeune femme qui ne connait que cette vie-là, qui pense savoir exactement ce qu’elle veut – et qui se met à douter. Le film raconte son développement, comment elle se défait de son couple, de ses racines et de sa vision du monde. Elle commence à placer ses désirs et ses souhaits personnels avant son idéologie. Elle se retrouve, avec ces deux hommes, face à deux façons de penser différentes : doit-on essayer de sauver la planète, ou est-ce de toute façon déjà trop tard ?"

Triangle amoureux

"Alex et Samuel affichent plus clairement leur vision du monde que Pauline : Alex ne peut faire autrement que de ne jamais renoncer, quelque chose le force à placer sa mission au-dessus de tout le reste, y compris de son amour pour Pauline. Et quand il sent qu’il risque de la perdre, il s’enfonce de plus en plus dans son idéologie, jusqu’à en faire un combat radical et à perdre sa complice. Car Pauline se sent attirée par Samuel, qui amène une légèreté dans sa vie, il est un funambule qui ne fait qu’avancer et qui dit : « Oui, nous amenons la planète face à un mur, mais ce n’est pas un drame : la nature ne connaît pas de catastrophe… et c’est aussi une façon de faire face à la folie destructrice des hommes. » Et peut-être que c’est la bonne attitude", explique Bettina Oberli.

Ambivalence de la nature

Bettina Oberli voit la nature comme étant à la fois magnifique et cruelle, car indifférente. Dans Le Vent tourne, la cinéaste a voulu représenter ces deux faces dont Pauline et Alex cherchent le bon équilibre. "Ils veulent protéger et conserver la nature qui leur donne nourriture, électricité et vie. Mais elle est aussi destructrice, elle tue, elle envoie pluies et tempêtes, elle devient brouillard, elle crée des virus, y compris le virus amoureux qui touche Pauline, et finalement elle est toujours plus forte que les petits humains que nous sommes", confie Bettina Oberli.

Ecologie et destruction

Bettina Oberli a voulu que ce qui devait symboliser l'engagement écologique des personnages de Mélanie Thierry et Pierre Deladonchamps allait en fait devenir l’instrument de leur destruction. Elle justifie ce choix : "Nous avons cherché un contraste au monde idyllique qui les entoure, quelque chose de moderne et de technique qui annonce un changement et une irruption. L’éolienne représente l’idéologie du couple et doit les rendre tout à fait autonomes. Mais elle finit par avoir une autre signification… Changement, destruction, sont des thèmes qui sont présents pendant tout le film. Les grandes et légères pâles de l’éolienne dans le ciel représentent un pôle opposé aux différentes couches plus sombres du récit et des relations entre les personnages que la terre ouverte laisse apparaître de plus en plus profondément."

Le choix Mélanie Thierry

Pour jouer le personnage de Pauline, Bettina Oberli cherchait quelqu’un qui puisse représenter une paysanne de façon crédible mais en même temps surprenante : une actrice qui ayant de la force et de la profondeur, mais aussi un aspect lumineux et positif. La réalisatrice avait vu Mélanie Thierry dans plusieurs films, mais jamais dans un rôle comme celui-ci. "J’ai eu la chance qu’elle ait à la fois eu envie de participer à ce projet et qu’elle ait trouvé quelque chose en Pauline qui l’inspire. Mélanie est à la fois sauvage et douce, elle s’est jetée corps et âme dans ce projet, elle travaillait chez des paysans et elle s’est vraiment appropriée physiquement ce personnage et sa façon de vivre."

Les 3 autres personnages

Bettina Oberli pensait depuis longtemps à faire jouer le comédien Pierre Deladonchamps et lorsque ce dernier lui a dit qu’il serait devenu paysan s’il n’était pas acteur, la cinéaste a voulu lui donner le rôle d'Alex. Elle explique au sujet du contraste entre le couple Mélanie Thierry/Deladonchamps et Samuel joué par Nuno Lopes : "Comme contraste je voulais un étranger pour le personnage de Samuel, quelqu’un de pas tout à fait identifiable, qui parle plusieurs langues et dont on sente qu’il est chez lui partout et nulle part. Mais Samuel ne devait pas représenter le grand amour pour qui Pauline laisse tout tomber, car au fond il ne fait que lui ouvrir une porte, c’est pourquoi il devait être attirant, mais aussi insaisissable et distant. Nous avons cherché longtemps avant de trouver Nuno Lopes, qui transporte à la fois de la légèreté et de la mélancolie. J’ai vu Anastasia dans Polina. Nous nous sommes rencontrées une fois brièvement à la Gare de Lyon pour un café, nous avons peu parlé – elle a tout de suite été le personnage pour moi, un coup de foudre."

Quelques critiques presse

BIBA par Lili Yubari

On pense à "Petit Paysan", pour la nature qui se détraque, avec en plus une belle histoire d'amour et d'méncipation dans la tempête.

Direct Matin par La rédaction

Dans "Le vent tourne", son premier long-métrage francophone, la réalisatrice suisse Bettina Oberli ancre son récit dans l’actualité et démontre avec subtilité comment la nature peut être une terre nourricière ou devenir une arme destructrice.

L'Express par Christophe Carrière

le scénario évite habilement les travers du pamphlet écologiste et livre un constat édifiant sur une situation agricole et humaine alarmante. La lumière est sublime, les cadres également... Et par-dessus tout, il y a Mélanie Thierry et Pierre Deladonchamps.

Ouest France par Thierry Chèze

Avec une tension sourde parfaitement distillée par l'interprétation de Mélanie Thierry et Pierre Deladonchamps.

Télérama par Guillemette Odicino

La réalisatrice réussit un drame sentimental souvent palpitant dans une nature belle et dangereuse, pleine de brouillard et dominée par un protagoniste insolite : cette éolienne, géant planté au milieu de nulle part, comme un moulin de Cervantès, à la fois symbole d’espoir et de discorde.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur

Sous prétexte de dresser le portrait d’une jeune femme d’aujourd’hui tiraillée entre son amour de la nature et ses désirs d’évasion, Bettina Oberli propose un regard novateur sur la manière d’aborder l’écologie.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet

La pertinence du sujet, le romanesque du récit et son traitement sobre, sans pour autant ignorer les sentiments ni les enjeux politiques, apportent tout le souffle à ce "vent" qui "tourne" dans la bonne direction.

Femme Actuelle par La rédaction

Porté par Mélanie Thierry, un drame élégant qui ne manque pas de charme.

La Croix par Corinne Renou-Nativel

Film d’atmosphère au climat mélancolique et au souffle romanesque .

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate

Bettina Oberli donne à sa chronique un souffle romanesque qui l’emporte ailleurs. Toujours lumineuse et à fleur de peau, Mélanie Thierry donne toute son intensité à ce portrait de femme qui ne sait pas comment gérer la tempête de ses sentiments.

Le Monde par Clarisse Fabre

le film trouve son souffle dans la confrontation -entre deux choix de société : la ruralité, théâtre du film, et l'autre monde, urbain, qui reste hors champ.

Le Nouvel Observateur par Xavier Leherpeur

Il faut noter la mise en scène fébrile, organique, ainsi que l'interprétation – celle en particulier de Mélanie Thierry, crédible et émouvante .

Première par Damien Leblanc

Filmant la nature comme une puissance tour à tour rassurante ou menaçante, la cinéaste retranscrit vigoureusement le parcours émotionnel d’une héroïne qui sent le changement souffler en elle.