L’équipier – de Kieron J.Walsh

Dimanche 24 Juillet à 18h (VO/st)

1h 35min / Drame De Kieron J. Walsh

Avec Louis Talpe, Matteo Simoni, Tara Lee

SYNOPSIS
Tour de France 1998. Dom Chabol, un équipier expérimenté qui rêve du maillot jaune est lâché par l’équipe auquel il a consacré toute sa vie. Alors qu’il se prépare à rentrer chez lui, une erreur élimine un autre coéquipier et Dom doit se remettre en selle…

Anecdotes

Le domestique
Appelé aussi « équipier », le domestique doit en cyclisme faire gagner son leader. Souvent méconnu du grand public, le domestique a pour fonction de le protéger du vent, le ravitailler ou encore l’attendre lors de problèmes mécaniques. Il est aussi chargé d’attaquer, de poursuivre pour déstabiliser et affaiblir les équipes adversaires. De ce fait, un bon domestique est un coureur polyvalent, tant en plaine qu’en montagne. Son rôle est primordial pour faire gagner son équipe.

Les coulisses d’une compétition sportive
Kieron J. Walsh souhaitait examiner le Tour de France, perçu en 1998 comme un événement sportif glamour et cool : « C'était la première fois que le départ avait lieu en dehors de l'Europe continentale et les Irlandais étaient très excités et honorés. Mais la réalité du sport en coulisses est à mille lieues de l'image qu'il projette. Il s'agissait en fait de types ordinaires qui logeaient dans des hôtels bon marché, se droguaient et frôlaient la mort pour participer à ce qui est l'événement sportif le plus difficile au monde. » Il cherchait également à se pencher sur le sort des sportifs jugés trop vieux ainsi que sur le statut particulier des équipiers dans le cyclisme.

Recherches
Pour les besoins de son film, Kieron J. Walsh a lu de nombreux livres sur le cyclisme : The End of the Road, sur le scandale Festina du Tour 1998 ; The Rider, du Néerlandais Tim Krabbé ; Gregario : un cycliste professionnel, du coureur anglais Charly Wegelius, qui raconte sa carrière d’équipier ; La Course secrète de Tyler Hamilton, ancien équipier de Lance Armstrong qui révèle sa pratique du dopage ; Racing Through the Dark: The Fall and Rise of David Millar.

Trouver le bon interprète
C’est le Belge Louis Talpe qui campe le rôle principal. Connu dans son pays en tant qu'acteur de programmes télé pour enfants, c’est également un passionné de cyclisme et il participe régulièrement à des compétitions Ironman, une forme très exigeante de triathlon. « Ce n'était pas un choix évident pour le rôle, mais ça s’est avéré le meilleur. Il a une condition physique parfaite et il sait ce qu'un cycliste professionnel doit endurer. Il a exactement le même âge que Dom, l’équipier vieillissant. Et c'est aussi un acteur brillant qui a l'humilité d'un équipier », affirme le réalisateur.

Préparation physique
Si Louis Talpe avait une bonne condition physique, il a dû réduire drastiquement son indice de masse corporelle, passant de 17 à 7, ce qu'il a fait en 6 semaines. Il apparaît ainsi aussi maigre qu’un cycliste professionnel. Les acteurs ont fait beaucoup de vélo et ont suivi un régime alimentaire avant de venir au camp d'entraînement de 10 jours dirigé par Paul McQuaid [frère de l'ex-président de l’Union Cycliste Internationale, Pat McQuaid, et conseiller technique sur le film] et Louis Talpe.

Filmer les courses
Afin de faire ressentir au mieux aux spectateurs les courses cyclistes, le réalisateur a adopté quatre façons différentes de filmer : « Nous avons conçu un dispositif qui permettait à la caméra de "flotter" au-dessus des coureurs ou de se placer devant eux de manière très rapprochée. Nous avons fixé de petites caméras Osmo (semblables à des GoPros mais supérieures) à différents endroits sur les vélos pour des prises de vue rapprochées de détails dynamiques. » Des drones ont aussi été utilisés pour filmer d’au-dessus et obtenir des angles intéressants sur le peloton. Enfin, des caméras au sol et suspendues à des véhicules en mouvement ont été employées.

Ceci n’est pas un film sur le cyclisme
Kieron J. Walsh admet qu’il n’était pas un grand fan de cyclisme avant de commencer à faire des recherches pour les besoins du film : « Ce qui m'intéressait, c'était un homme au crépuscule de sa carrière, sans solution. Un homme que son travail a mis dans une certaine situation et qui ne sait pas comment s'en sortir. Je pense que tout le monde peut s'identifier d'une manière ou d'une autre au fait d'être dans une impasse, de se sentir perdu, et c'est dans cette optique que j'ai abordé le film. »

Quelques critiques presse

Le Figaro par Etienne Sorin - L’Irlandais Kieron J. Walsh a choisi une édition particulière de la Grande Boucle, celle du scandale de l’affaire Festina. Il en fait le cœur d’une fiction très crédible à travers le portrait d’un "porteur d’eau" chargé de ravitailler les équipes. Édifiant.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - Dopé d’énergie et de générosité, L’équipier devrait n’avoir aucun mal à se hisser en haut du podium des bonnes surprises de cet été.

L'Obs par Xavier Leherpeur - En filmant l’hyper-virilité et le culte du corps sec, le cinéaste anglais évoque le dopage, les rivalités entre sportifs et la pyramide hiérarchique qui structure cette discipline. Et il montre bien le sacrifice absolu ce héros de la petite reine.

Le Journal du Dimanche par Baptiste Thion - L’ensemble, fort de sa mise en scène efficace et de sa connaissance du milieu, figure dans le peloton de tête des films sur le sujet.

Télérama par Jérémie Couston - Avec le souci de rester accessible au néophyte, mais sans froisser les connaisseurs avec des reconstitutions hasardeuses — point faible du film de Frears —, le réalisateur fait le choix de la pure fiction et concentre habilement son récit sur un personnage secondaire à plus d’un titre, le fameux équipier.

Le Monde par Clarisse Fabre - Kieron J. Walsh montre l’envers du décor, l’amertume d’un coureur relégué aux seconds rôles, et choisit de raconter la fameuse année 1998 minée par le scandale du dopage. 

L'avis du projectionniste

Le film est rythmé, en forme de thriller, pour découvrir les coulisses du Tour de France. On y apprend le dessous des cartes avec intérêt, que l'on soit amateur ou non de cyclisme. C’est un réalisateur Irlandais qui nous donne l’occasion de se pencher sur le cyclisme professionnel et le fléau du dopage et c’est plutôt réussi.