Les chatouilles – de Andréa Bescon, Eric Métayer

VENDREDI 14 Décembre à 17h et 20h30

Date de sortie 14 novembre 2018 (1h 43min)

De Andréa Bescond, Eric Métayer

Avec Andréa Bescond, Karin Viard, Clovis Cornillac

Genre Drame

Nationalité français

Synopsis

Odette a huit ans, elle aime danser et dessiner. Pourquoi se méfierait-elle d’un ami de ses parents qui lui propose de « jouer aux chatouilles » ? Adulte, Odette danse sa colère, libère sa parole et embrasse la vie…

Anecdotes

De la pièce au film

Les Chatouilles est l'adaptation de la pièce interprétée par Andréa Bescond, "Les Chatouilles ou la danse de la colère." L'artiste y racontait notamment les agressions sexuelles subies quand elle était enfant.

"J’avais déjà raconté à Eric Métayer, de manière décousue, les violences sexuelles dont j’avais été victime dans mon enfance, et plus je lui en parlais, plus j’évoquais aussi les rencontres cocasses et inattendues que j’avais faites et qui m’avaient ramenée vers la lumière. En m’écoutant, Eric a compris que me confier me faisait du bien et que mon témoignage pouvait aider beaucoup de gens qui, eux aussi, avaient vécu ce type de violence. Comme j’étais enceinte de mon deuxième enfant et que je me demandais quoi faire de mes journées, j’ai commencé à écrire et Eric m’y a encouragée. À partir de mon récit, on a fait des impros, j’ai écrit les dialogues et Eric a conçu la mise en scène. En 2014, on a présenté le spectacle au festival d’Avignon pour la première fois. Depuis, on l’a joué plus de 400 fois."

Dénoncer les violences sexuelles

"Au départ, c’est vraiment une pièce qu’on voulait écrire comme un témoignage d’Andréa Bescond", souligne Eric Métayer. "À l’arrivée, on s’est rendu compte que c’était un texte qui parlait à tout le monde, même si ce n’était pas notre intention initiale. En revanche, quand on a écrit le film, on était conscients qu’il s’agissait d’un phénomène qui touche beaucoup de gens", ajoute le réalisateur. "Grâce au spectacle, on a été frappés de constater à quel point les violences sur mineurs sont un fléau. On s’est mis à recevoir des centaines, puis des milliers de témoignages de gens qui me confiaient leur secret. Plusieurs d’entre eux me les envoyaient en message privé : «Vous me donnez du courage, personne n’est au courant, je suis aujourd’hui parent, je ne veux pas faire de mal à ma famille et j’espère qu’un jour j’aurai la force de révéler les choses…»", confie Andréa Bescond.

Rêves de cinéma

Après avoir vécu plusieurs «standing ovations» avec le spectacle, Andréa Bescond et Eric Métayer, qui sont en couple à la ville, ont commencé à avoir des rêves de cinéma. "On délirait totalement en fantasmant que Karin Viard jouerait la mère ! C’était comme un rêve de gosse. Et puis, une série de coïncidences totalement folles se sont enchaînées. François Kraus est venu à Avignon, a découvert le spectacle et nous a proposé d’en faire un film. Le plus délirant, c’est qu’il avait demandé à des amis ce qu’il fallait voir à Avignon et qu’il a interrogé – sans le savoir – l’agent d’Andréa et le mien ! Bien entendu, les deux lui ont conseillé d’aller voir LES CHATOUILLES ! (rires)", se souvient le cinéaste."François et son associé Denis Pineau-Valencienne ont fait preuve d’une audace incroyable. Ils nous ont dit «Vous n’avez jamais écrit de scénario – peu importe, au besoin, on vous proposera l’aide d’un consultant. Vous n’avez jamais réalisé, mais on adore produire les premiers films. Enfin, personne d’autre ne peut jouer Odette que toi, Andréa, et on t’entourera de têtes d’affiche». Ils nous ont fait totalement confiance, en nous laissant prendre le temps qu’il fallait. Ils nous ont même donné la possibilité de réaliser une maquette avant de partir en tournage. Et on a quasiment pu réunir l’équipe du long, Pierre Aïm en tête, qui comme tous les chefs de poste, était investi, à l’écoute et dépourvu d’égo", ajoute l'actrice et réalisatrice.

Travail d'adaptation

Andréa Bescond et Eric Métayer voulaient se détacher de la construction du spectacle, adopter des angles différents et développer notamment les «dommages collatéraux» : la manière dont une famille éclate ou encore la part de responsabilité et de culpabilité de chacun. Car c’est avant tout un film choral. "Plusieurs personnages du film n’existaient pas dans la pièce. Le père, par exemple, qui est un contrepoint de la mère. On voulait aussi parler d’une relation de couple qui a du mal à se construire car une personne victime de ce genre de violence considère qu’elle n’a pas accès à ce type de rapport amoureux", relate le cinéaste.

Trouver les bons acteurs

Pour André Bescond et Eric Métayer, Karin Viard était une évidence, "parce que c’est une actrice phénoménale, et qu’elle a une vraie ressemblance physique avec moi", explique la réalisatrice. "Elle a un registre de jeu très large et elle est capable de passer de la colère à la douceur en deux secondes. C’était un rêve d’avoir une séquence en tête-à-tête avec elle, sur le perron du commissariat, et d’admirer son professionnalisme", ajoute-t-elle. "Elle sait aussi amener de l’humour sur des choses infimes, comme dans la scène du restaurant", relate Métayer. "Pour le père, on voulait quelqu’un de terrien, ancré dans le sol, et de doux. Cet homme se bat pour exister, pour subvenir aux besoins de sa famille. Il fait tout pour arrondir les angles, car il veut juste vivre en paix et dans la sérénité. Eric : On voulait un père qui, malgré son évidente force physique, ne réussit pas à régler le problème. On le constate quand Odette fantasme que son père explose la gueule de Miguié", analyse Bescond.

Clovis Cornillac possède ce mélange de force et de douceur que les réalisateurs recherchaient. "Les parents d’Odette bossent tout le temps : ils sont totalement investis dans leur travail et occupés à faire vivre leur famille, à avoir une jolie maison, et à payer les études de danse de leur fille. Parfois, on est trop fatigué, et trop englué dans les problèmes du quotidien, pour voir ce qui se passe dans son propre foyer. Pour Miguié, on était heureux d’engager Pierre Deladonchamps car on voulait quelqu’un qui se démarque de l’image du pédro-criminel. Miguié a réussi sur un plan social et professionnel, il est marié à une femme très belle et a des enfants magnifiques. Il est lumineux et intelligent, et du coup, son obsession ne vient pas d’une misère sociale, affective ou sexuelle", souligne Bescond.

Faire bouger les lignes ?

Andréa Bescond et Eric Métayer n'ont pas la prétention de penser qu’un film puisse faire bouger les choses. Mais, selon eux, un outil artistique comme le cinéma peut toucher un large public. "On est un peu résignés sur un plan politique. Marlène Schiappa se démène mais elle doit affronter le puissant lobby des magistrats qui se satisfont du statu quo. Étant donné qu’ils ont allongé le délai de prescription, ils renvoient les affaires de pédo-criminalité en correctionnelle alors qu’un viol est un crime qui devrait être jugé en Cour d’Assises. Beaucoup de gens se protègent et protègent leurs amis, issus de la libération sexuelle des années 70. On est des milliers de victimes à parler de la toxicité des relations sexuelles qui ont lieu pendant l’enfance. Aujourd’hui, si Odette prenait la main de Miguié, on pourrait dire qu’elle est consentante !

On arguerait du fait qu’elle «n’a rien dit», qu’elle «ne s’est pas débattue» et qu’elle a «suivi l’adulte». Il faut lutter pour montrer aux magistrats qu’on est en vigilance et qu’on est des milliers à témoigner de cette toxicité. Tout l’argumentaire sur le consentement d’enfants de moins de 13 ans est hallucinant. On sait que certains magistrats ont conscience de l’état de sidération des enfants, mais pas d’autres. Et ce type d’agressions sexuelles crée des désordres psychologiques souvent irréparables. 154 000 enfants sont violés chaque année en France. C’est un fléau terrible et favorisé avec la complicité de chacun. Il faut se rebeller contre l’inaction de la Justice et il faut qu’entre citoyens on en parle et qu’on agisse", dénoncent les réalisateurs.

Quelques critiques presse

BIBA par Lili Yubari - un film viscéral et salutaire sur la capacité à se reconstruire après avoie été victime de pédophilie.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Un film d'une rare sensibilité, à l'élan vital salvateur.

Le Journal du Dimanche par Stéphane Joby - Moins sophistiqué que "Festen", plus accessible qu'un discours de pédopsychiatre, c'est un grand film populaire dans tout ce qu'il peut contenir d'universalité, d'humanité sans pathos excessif, et même de touchantes maladresses.

Le Parisien par La Rédaction - Un tour de force.

Ouest France par Gilles Kerdreux - Un très grand film.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - L’art de traiter en toute légèreté un sujet horriblement lourd. Les Chatouilles est une oeuvre lumineuse qui aborde aussi la renaissance de ceux qui, avec courage, apprennent à remonter la pente de leur vie.

Closer par La Rédaction - Présenté à Cannes et primé à Deauville, ce film troublant et glaçant, mais excellent, est porté par un Pierre Deladonchamps époustouflant. Et il mérite d'être vu.

CNews par La rédaction - Derrière un titre qui amuse, "Les Chatouilles" est une œuvre bouleversante et nécessaire.

Culturebox - France Télévisions par Lorenzo Ciavarini Azzi - Malgré les quelques imperfections d’une première œuvre, "Les Chatouilles" est un film qui tient par l’incroyable énergie qu’il transmet. Tout à la fois violent, solaire et poétique.

Ecran Large par Simon Riaux - Parfois fragile, parfois maladroit, "Les Chatouilles" est avant tout une formidable chronique de la survie et de la résilience, dont la mise en scène et le montage impressionnent souvent.

La Croix par Céline Rouden - Un film coup de poing qui déborde de l’énergie de la colère de sa réalisatrice et parvient avec virtuosité à reconstituer les méandres de sa reconstruction.

La Voix du Nord par Catherine Painset - La pédocriminalité qui s’immisce dans une famille ordinaire. Cette histoire personnelle, intime, Andréa Bescond l’a d’abord portée seule en scène, avec la complicité d’Éric Métayer. Aujourd’hui, le couple en fait un film à la forme déroutante, qui emmène son héroïne vers la vie, vers la légèreté.

LCI par Romain Le Vern - Un film puissant.

Le Figaro par Etienne Sorin - Andréa Bescond ne triche pas. Avant la résilience, elle montre les abîmes de sa vie d'adulte.

L'Express par Eric Libiot - Ces ruptures de ton -humour, drame, danse- apportent de la douceur dans un monde de brutes et crée l'empathie nécessaire pour instaurer cette émotion intelligente qui fait souvent défaut à ce type de films.

Marie Claire par Catherine Durand - un film sensible et porteur d'espoir.

Première par Anouk Féral - Andréa Bescond réussit l'adaptation à l'écran de sa pièce de théâtre coup de poing, créée pour tenter de soulager une plaie béante : les violences sexuelles qu'elle a subies dans son enfance.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - un film solaire et plein de vitalité.

Télé Loisirs par Claire Picard - ce film touche en plein cœur.

Télérama par Guillemette Odicino

D’une enfance traumatisée par le viol, Andréa Bescond tire un récit alerte sur la résilience et la joie de vivre malgré tout. Un tour de force.

Bande à part par Anne-Claire Cieutat - Si sa mise en scène revêt occasionnellement des atours très artificiels, ce récit d'un traumatisme, puis d'une résilience nous emporte grâce à l'énergie considérable d'Andréa Bescond, épatante et solaire.

L'avis du projectionniste

Avec ce film on prend une claque ! Les autres acteurs sont tous excellents ; Le film est rythmé. Émouvant souvent, drôle aussi. On n’en sort pas indemne. Parlez-en autour de vous car le sujet peut faire peur, mais allez-y, et emmenez vos proches!