Les hirondelles de Kaboul – de Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec

Samedi 05 Octobre à 21h

Date de sortie 4 septembre 2019 (1h 21min)

De Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec

Avec Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swann Arlaud

Genre Animation

Nationalité français

Synopsis

Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.

Anecdotes

Cannes

Le film est présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2019.

Premiers pas dans l'animation

La comédienne et réalisatrice Zabou Breitman met en scène pour la première fois un film d'animation. C'est le producteur Julien Monestiez qui lui a proposé d'adapter le roman de Yasmina Khadra, Les Hirondelles de Kaboul, avec la participation des Armateurs, maison de production d'animation française à qui l'on doit Les Triplettes de Belleville et Ernest et Célestine. Breitman était emballée par le projet mais avait certaines conditions : "Je l’ai dit d’emblée : il faudra que ça soit très bien joué. Pas seulement bien parlé, mais que les mouvements des personnages, leur rythme, leur respiration, soient justes".

Jeune première

Les Hirondelles de Kaboul est co-réalisé par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec. Dessinatrice d'animation sur Ernest et Célestine notamment, c'est la première fois que Gobbé-Mévellec réalise un long métrage d'animation. Elle a été trouvée par le biais d'un casting de graphistes organisé par Les Armateurs : "On nous a adressé le scénario en nous demandant de proposer une direction artistique et un graphisme complet". Elle s'est retrouvée parmi les deux finalistes et a su convaincre Zabou Breitman et les producteurs par son travail sur la lumière.

Du punk afghan

Le personnage de Zunaira écoute au début du film la chanson Burka Blue du groupe Burka Band. Il s'agit de trois jeunes Afghanes qui jouaient en burka du garage punk sous le régime des talibans.

Le choix de l'animation

Pour les réalisatrices, l'animation permet une abstraction qui adoucit le propos et apporte une distance qui rend les images supportables. Par ailleurs, "elle nous rendait légitimes : de quel droit, sinon, aurait-on pris la parole en tournant un film en prises de vues réelles à Kaboul ?" s'interroge Zabou Breitman. Éléa Gobbé-Mévellec renchérit : "Cela nous donnait la liberté de choisir ce qu’on allait montrer, d’aller chercher une symbolisation, une synthétisation : un détail qui dit l’essentiel, un bidon coloré au milieu de charrettes".

Donner vie aux personnages

Le procédé d'animation des Hirondelles de Kaboul a consisté à enregistrer les comédiens en train de jouer avec une perche pour le son et deux caméras avec deux angles différents pour les mouvements. Pour autant, leur travail des acteurs servait de référence mais les réalisatrices ne voulaient pas faire de la rotoscopie (technique qui consiste à relever image par image les contours d'une figure filmée en prise de vue réelle pour en transcrire la forme et les actions dans un film d'animation). Éléa Gobbé-Mévellec revient en détail sur ses intentions : "On voulait une animation épurée, la plus synthétique possible. Si l’image doit rester fixe, elle restera fixe. Mais on isolera le micro-mouvement qui donne l’émotion souhaitée et qui caractérise le personnage. C’est de l’animation 2D traditionnelle : le décor est fixe, des calques apportent le mouvement. C’est un graphisme très jeté, au pinceau, une ligne qui disparaît, qui réapparaît…"

Réécriture

Réticente sur certains points du scénario, Zabou Breitman a décidé de réécrire le script en prenant plus de liberté dans l'adaptation : "Adapter, ce n’est pas mettre un petit peu de tout ce qu’il y a dans le livre, plutôt éliminer des éléments et en développer d’autres". Elle a développé le questionnement de Mohsen et Zunaira sur leur envie de quitter Kaboul et a ajouté l'école clandestine. Elle a également fait de Zunaira une professeure de dessin et non plus une avocate : "Je trouvais ça beau que l’héroïne d’un film d’animation se dessine elle-même. Sachant que la représentation de l’être humain est interdite chez les talibans, en faire un dessin animé, c’était le comble. Mais qu’elle se dessine, et nue, c’était encore mieux". Enfin, le film se déroule en 1998 alors que le roman se passe en 2001.

Les voix

L'enregistrement des voix s'est déroulé sur quatre jours en septembre 2016. Les comédiens ne se sont pas contentés de lire leurs répliques mais jouaient en costumes leurs scènes, comme dans une pièce de théâtre. "Tout ce qui a été inventé là, les respirations, les toux, les pauses, a servi ensuite à l'animation", explique Zabou Breitman.

Les grandes étapes de l'animation

Un story-board a été mis au point et a donné l'animatique, un premier bout-à-bout qui a servi en quelque sorte de brouillon. Ensuite arrivent les lay out : "on précise la case, avec une meilleure perspective sur les décors, et on décompose le mouvement du personnage. On définit aussi la palette chromatique du film", précise Éléa Gobbé-Mévellec. Enfin vient l'animation.

Dernière apparition

Le personnage de Nazish est doublé par Jean-Claude Deret, le père de Zabou Breitman. Il est décédé en décembre 2016, quelques mois après avoir enregistré sa voix pour le film.

Quelques critiques presse

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Dépouillé, épuré, le style graphique déterminé par Eléa Gobbé-Mévellec – elle avait été dessinatrice d’animation sur Ernest et Célestine – démontre son potentiel de puissance et d’expression.

Ouest France par Thierry Chèze - Un puissant brûlot contre l'obscurantisme.

20 Minutes par Caroline Vié - Ce film d'animation, récompensé au Festival d'Angoulême, a été coréalisé par deux femmes. Leur sensiblité affleure tout au long de cette œuvre puissante.

Bande à part par Olivier Bombarda - Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec créent un acte de résistance mémorable face à l’obscurantisme. Et un grand film de cinéma.

BIBA par Lili Yubari - Un beau film d'animation dessiné à l'aquarelle, adapté du roman de Yasmina Khadra, sur l'amour au temps de l'intégrisme.

CNews par La rédaction - Une histoire retravaillée au crayon et d’une grande beauté .

Culturebox - France Télévisions par Lorenzo Ciavarini Azzi - Scénario, montage, bande son, la réalisatrice a tout mis en œuvre pour mettre en exergue le contraste entre la beauté des dessins et la brutalité des sons.

Elle par Héléna Villovitch - Un dessin aux traits sensibles et aux superbes couleurs rend tout possible.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Magnifique sur le fond et la forme.

La Croix par Stéphane Dreyfus - Surprenant le spectateur, les deux réalisatrices livrent une œuvre forte sur le comportement des hommes plus que sur celui des femmes.

Le Figaro par Nathalie Simon - L’imprécision des traits, la simplicité du graphisme, les lumières prégnantes et la transparence des couleurs n’atténuent en rien la violence des situations qui voient mourir la moindre tentative de liberté.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Un récit poignant qui interroge le spectateur sur son libre-arbitre et son humanité.

Le Parisien par La Rédaction - Film d'animation étonnant, qui bénéficie d'une méthode de fabrication inédite -les comédiens ont été filmés puis redessinés et animés-, « les Hirondelles de Kaboul » doit sa réussite à son scénario adapté du roman de Yasmina Khadra, à sa mise en scène et au jeu de ses comédiens.

Les Fiches du Cinéma par Amélie Leray - Adapté du roman de Yasmina Khadra, le film parvient à montrer l’insoutenable avec justesse et délicatesse, dans un hommage au courage des femmes opprimées qui se tient à distance de tout manichéisme et de tout jugement. Une réussite.

L'Express par Christophe Carrière - Comme il s'agit d'un film d'animation, on repense, sur le même thème, à "Parvana", chef-d'oeuvre de Nora Twomey sorti il y a un an. "Les Hirondelles de Kaboul", moins étonnantes mais joliment maîtrisées, s'adressent à un public plus adulte avec une idée brillante : dessiner les personnages d'après les comédiens qui leur prêtent leur voix.

L'Humanité par Alice Martinot-Lagarde - Très réalistes sans être naturalistes, les dessins réussissent à faire passer la dureté des propos avec beaucoup de douceur et mettent parfaitement en images le roman de Yasmina Khadra.

Marianne par Olivier de Bruyn - Ce plaidoyer à la fois puissant et délicat contre l’oppression et l’intégrisme prouve que le cinéma d’animation peut servir toutes les causes. Pourvu que les réalisateurs soient exigeants et talentueux.

Marie Claire par Emily Barnett - cette oeuvre sensible et originale reproduit avec puissance un climat de cauchemar sans jamais l'édulcorer.

Première par Christophe Narbonne - Audacieux, ingénieux, bouleversant, Les Hirondelles de Kaboul prouve que le cinéma d’animation pour adultes, trop confidentiel en France (alors qu’il s’épanouit au Japon depuis bien longtemps), a pleinement sa place dans les salles.

Sud Ouest par Sophie Avon - Beau et fort.

Télé Loisirs par Emilie Meunier - Un cri contre l'obscurantisme et l'oppression, avec l'espoir pour écho, à travers des aquarelles lumineuses.

Télérama par Guillemette Odicino - Dans la capitale afghane aux mains des talibans, les destins de deux couples s’entrechoquent. La douceur du dessin sublime cet hymne à la résistance.

Voici par Lola Sciamma - Une poignante histoire d'amour et d'espoir sous le régime de la terreur.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - Un film d’animation qui témoigne, avec pudeur et grâce, des ravages de l’intégrisme sur la société afghane à la fin des années 90.

L'avis du projectionniste
C'est beau, C'est intelligent,C'est émouvant, la musique tout en retenue vient accompagner à merveille ce récit poignant. A ne pas manquer.