Les intranquilles – de Joachim Lafosse

Samedi 30 Octobre à 17h et Dimanche 31 0ctobre à 20h30

1h 58min / Drame De Joachim Lafosse

Avec Leïla Bekhti, Damien Bonnard, Gabriel Merz Chammah

SYNOPSIS
Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2021

Leila et Damien s’aiment profondément. Malgré sa fragilité, il tente de poursuivre sa vie avec elle sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui offrir ce qu’elle désire.

Anecdotes

Inspiration personnelle
Le scénario des Intranquilles s'inspire de ce Joachim Lafosse a vécu avec son père maniaco-dépressif. Ce dernier n'a pas réalisé pleinement son rêve de devenir photographe, même s'il l'a été un temps. Le réalisateur se rappelle : "Il m’en est resté une très grande admiration pour les portraitistes surtout, et dès le début j’ai pensé notamment aux travaux de Julien Magre, en espérant pouvoir retrouver au moins un peu de cette simplicité extraordinaire. Mon père s’était juré, il le répétait sans cesse, de "ne jamais faire de mariage", il voulait vivre de la photo sans en passer par là. C’est ainsi qu’il s’est mis à photographier des tableaux. Les artistes venaient déposer leurs œuvres, mon père les installait, les éclairait, les photographiait. J’ai vécu au milieu de tout ça, dans un rapport direct avec la peinture, la lumière, le cadre, la photo."

Changement de casting
Le couple de départ devait être constitué par le duo Matthias Schoenaerts et Jasmine Trinca.

De photographe à peintre
Le personnage de Damien devait être, à l'origine, un photographe. Mais, lorsque Damien Bonnard est arrivé sur le projet, Joachim Lafosse a modifié ceci en se servant de l'expérience personnelle du comédien, qui a fait les Beaux-Arts (il a été l’assistant de la peintre bruxelloise Marthe Wéry). Le cinéaste note :"Tout au long de l’écriture je rendais souvent visite à Piet, et j’ai souhaité que son atelier se transporte en quelque sorte sur le film : de même que l’atelier de Bernard Dufour était celui de Michel Piccoli dans La Belle Noiseuse, l’atelier de Piet Raemdonck, transporté sur le décor, est devenu celui de Damien Bonnard."

"Damien a passé trois semaines avec Piet, ils ont préparé ensemble les toiles pour le film, Damien en commençait certaines, que Piet terminait. Plusieurs ont été peintes entièrement à deux, comme celle que, dans le film, Damien peint en pleine crise. Quand j’ai vu les toiles dans le décor, le film a commencé à vivre."

Suivre les acteurs
Joachim Lafosse et son équipe ont répété dans le décor de l'atelier une dizaine de jours, puis ont tourné dans la foulée pour faire en sorte qu'il soit possible d’adapter les scènes aux aléas de la réalisation et aux acteurs. Il précise :"Damien et Leïla se sont vraiment emparés du film, ils se sont même chargés du petit Gabriel, qui joue leur fils, de sorte que je n’ai pas seulement eu à le diriger. En réalité, je n’étais qu’un regard, c’était à la fois inhabituel et très excitant. Et comme seuls les interprètes étaient autorisés à ne pas porter de masque anti-Covid, nous nous sentions, avec l’équipe, comme des entomologistes qui observent des êtres en pleine activité. La distance juste entre eux et nous s’est mise naturellement. Pour moi tout l’enjeu fut d’arriver à garder le silence, ce qui n’était pas difficile, tant j’étais fasciné de les voir vivre, ces intranquilles."

Plusieurs "intranquilles"
Les personnes qui vivent près d’un maniaco-dépressif deviennent, elles aussi, des "intranquilles". C'est la raison pour laquelle Joachim Lafosse a mis le titre du film au pluriel. "Même si le mot vient pour une part de Gérard Garouste, encore un peintre, et de son livre L’Intranquille, autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou", précise le metteur en scène.

Etats dépressifs
Avant de tourner, Joachim Lafosse redoutait davantage les moments de crise que les états dépressifs. Pour Leïla Bekhti et Damien Bonnard, c’était le contraire : "Et ils avaient raison. La dépression est plus qu’une affaire de cinéma pur, ce sont surtout des questions de rythme. C’est au montage avec Marie-Hélène Dozo, la monteuse du film avec qui je travaillais pour la première fois, que nous avons trouvé la justesse de la mélancolie, tout s’est passé en douceur, naturellement", explique le réalisateur.

Cannes 2021
Les Intranquilles a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2021. Le réalisateur Joachim Lafosse est familier de la croisette puisque L'Economie du couple y a été présenté à la Quinzaine (2016) et A perdre la raison dans la section Un certain regard (2012).

Au dernier moment !
Pendant les répétitions, Joachim Lafosse n'a pas caché aux acteurs qu'il ignorait comment le film se terminerait. Le cinéaste se souvient : "Et je n’en ai rien su jusqu’au dernier jour, et même jusqu’à la dernière heure. Au matin du tournage de cette dernière scène, j’ai demandé à Leïla et Damien ce qu’ils souhaitaient qu’il arrive aux personnages, nous avons choisi de nourrir la fin du film de tout le vécu du tournage. Ce sont les ressentis, les affects et les émotions de Leïla et Damien qui m’ont donné envie d’écrire la fin du film de cette manière."

Gabriel Merz Chammah ?
A noter la présence de Gabriel Merz Chammah dans la peau du fils de Damien Bonnard et Leïla Bekhti, le petit-fils d'Isabelle Huppert et le fils de Lolita Chammah. Il fait, dans Les Intranquilles, ses premiers pas au cinéma.

Digne de Robert De Niro !
Outre aller à la rencontre de personnes atteintes de bipolarité, Damien Bonnard s'est prêté à une longue préparation. Il a ainsi travaillé avec le peintre référent du film pour pouvoir peindre à sa place, s'est formé au catamaran et a appris le crawl. Mais ce n'est pas tout :"J’ai également appris à dépasser ma peur de la haute mer. Nager en pleine mer était quelque chose qui me faisait ultra peur. Joachim m’a accompagné et on a passé du temps pour se rassurer dans l’eau, et je n’en ai plus peur. J’ai pris 14 kilos pour le film. J’ai passé beaucoup de temps à Sainte Anne avec un docteur spécialiste des maniaco-dépressifs. J’ai également travaillé avec une psychiatre qui m’a permis de rencontrer des patients qui souffraient de ça. J’ai lu des livres, notamment de Gérard Garouste"

Quelques critiques presse

La Voix du Nord par Christophe Caron - On salue ici la formidable performance de Damien Bonnard (Les Misérables) en mari rongé par sa pathologie, et de Leïla Bekhti (Le Grand Bain) en épouse exténuée qui sombre irrémédiablement dans une spirale sans espoir. Très fort.

Le Parisien par La Rédaction - Un portrait de famille, un film d’amour, une plongée dans l’univers d’un peintre tourmenté mais sans aucun cliché.

Ouest France par Gilles Kerdreux - Un film d'amour et d'angoisse avec deux acteurs merveilleux.

Télé Loisirs par Émilie Leoni - Plus qu'un drame puissant, c'est une histoire bouleversante qui nous est contée, celle d'un amour tourmenté, vibrant, éclatant, autant que celle d'une exceptionnelle résilience.

Télérama par Marie Sauvion - Imprévisible, fiévreux ou abattu, Damien Bonnard excelle en homme luttant pour ne pas se dissoudre dans le lithium, et Leïla Bekhti, constamment sur le qui-vive, bouleverse en victime collatérale.

Voici par La Rédaction - Un film déchirant, entre violence et tendresse.

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - Le film bénéficie des interprétations magistrales de Damien Bonnard et Leïla Bekhti.

20 Minutes par Caroline Vié - Les couples dans tous leurs états, c’est la spécialité de Joachim Lafosse. Les Intranquilles, en compétition à Festival de Cannes et présenté à Angoulême, prend brillamment la suite de L'économie du couple (2016) et A perdre la raison (2012).

Bande à part par Isabelle Danel - Un film bouleversant, entre enquête et plongée dans les fragilités humaines, qui impactent un couple et une famille.

CNews par La rédaction - Joachim Lafosse dissèque les relations conjugales dans le drame Les intranquilles et s’interroge sur l’amour et ses failles. Un film tout en nuances .

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Les Intranquilles envisage sans pathos la bipolarité et sa complexité (l’intrication de symptômes maniaques et dépressifs), se plaçant au cœur intime d’un couple joué par Leïla Bekhti et Damien Bonnard.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Mais le scénario se faufile sur un autre chemin intéressant, qui est celui de la création : l’humeur expansive, l’euphorie exaltée et l’agitation sont d’étonnants ressorts.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Une chronique qui agit telle une déflagration, grâce à une mise en scène à la fois frontale et pudique et l'interprétation exceptionnelle de Damien Bonnard et Leïla Bekhti, dont l'alchimie crève l'écran.

Les Echos par Adrien Gombeaud - Un film brutal et beau, porté par une interprétation déchirante de Leïla Bekhti et Damien Bonnard.

Les Fiches du Cinéma par Michael Ghennam - Puisant dans son histoire personnelle, Joachim Lafosse signe un drame rigoureux et d’une grande sobriété, servi par deux magnifiques interprètes.

Marianne par Olivier De Bruyn - Le film, sans atteindre le niveau des meilleures fictions de Lafosse, frappe par sa sensibilité à vif, par l’inspiration de sa mise en scène et par les prestations irréprochables de ses deux comédiens principaux : Damien Bonnard et Leïla Bekhti.

Paris Match par Fabrice Leclerc - Un drame impressionnant de maitrise, porté par l’instinctive Leila Bekthi mais surtout par l’incroyable composition de Damien Bonnard, vertigineuse de précision.

Première par Thierry Chèze - Les Intranquilles vous terrasse d’émotion(s) précisément car il ne sacrifie à aucune facilité larmoyante. Parce qu’on le vit en immersion dans la tête de Damien, dépassé par ce qu’il vit comme et dans celle de Leïla, refusant d’abandonner le navire malgré les tempêtes successives.

Cahiers du Cinéma par Thierry Méranger - S'il échappe à l'oeuvre-dossier ou au témoignage fictionnel, c'est qu'en dépit d'une performance d'acteur terrifiante - mais admirable – le personnage de l'artiste n'est pas l'avatar des monstres dévorants et encombrants des films antérieurs de Lafosse. C'est l'attention accordée à égalité aux deux éléments du tandem initial qui permet au film d'échapper aux redites et d'arpenter des terrains moins balisés.

La Septième Obsession par La Rédaction - Le cinéaste confronte l’instabilité à l’amour indéfectible qui unit le triangle familial, hissé à des sommets de subtilité de jeu par une Leïla Bekhti admirable et un Damien Bonnard simplement magistral.

Le Monde par Véronique Cauhapé - S'appuyant sur un duo d'acteurs au sommet de leur art, le cinéaste s'abandonne à une observation rapprochée de ses personnages.

Le Nouvel Observateur par Sophie Grassin - Auteur de « l’Economie du couple », Joachim Lafosse, lui-même fils de bipolaire, signe un film organique sur l’amour et ses limites, au scénario trop répétitif. Mais l’intensité avec laquelle Leïla Bekhti et, plus encore, Damien Bonnard servent leurs personnages, l’osmose entre eux, sont belles à voir.

Les Inrockuptibles par Emily Barnett - Le récit opère en sous-main de réelles déflagrations, qui tiennent autant au jeu dément de Damien Bonnard qu’à certains motifs récurrents de mise en scène.

Libération par Didier Péron - Le film est étrangement inoffensif, comme s’il s’était préalablement surarmé contre le risque d’être un tant soit peu gagné par la déraison qu’il aborde un peu avec la froide pondération du psychiatre qui en a vu d’autres.

Sud Ouest par Sophie Avon - Un film rigoureux et poignant.

L’avis du projectionniste

Bon film sur une maladie qui est plutôt méconnue : la bipolarité .Grâce à l’intelligence du scénario et aux interprétations magistrales de Damien Bonnard et Leïla Bekhti, on passe avec ce couple par les différentes étapes de cette maladie. Dur, intéressant, drôle, on ne ressort pas "tranquille" mais on a pris conscience. Un film à voir.