L’ordre des médecins – de David Roux

Samedi 23 Février à 17h00

Date de sortie 23 janvier 2019 (1h 33min)

De David Roux

Avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot

Genre Drame

Nationalités français, belge

Synopsis

Simon, 37 ans, est un médecin aguerri. L’hôpital, c’est sa vie. Il côtoie la maladie et la mort tous les jours dans son service de pneumologie et a appris à s’en protéger. Mais quand sa mère est hospitalisée dans une unité voisine, la frontière entre l’intime et le professionnel se brouille. L’univers de Simon, ses certitudes et ses convictions vacillent…

Anecdotes

Immersion à l'hôpital

David Roux est issu d'une famille de médecins. Son frère aîné est médecin pneumologue en soins intensifs. Pour écrire le scénario de L'Ordre des médecins, le réalisateur l'a suivi dans son travail pendant quelques jours : il mettait ainsi une blouse blanche qui lui permettait de se fondre dans le décor, et l’accompagnait partout. Il se rappelle : "C’est fou, une journée dans un hôpital. Les médecins, tout comme les autres soignants, sont en permanence confrontés à des situations que nous jugerions aiguës, graves et insolubles. Mais eux, c’est leur quotidien. On comprend très vite pourquoi leur métier nécessite une certaine distance : elle est nécessaire pour rester lucide, pour prendre les bonnes décisions, pour exercer ce métier correctement. Mais je ne voulais pas faire un film réaliste pour autant : la justesse de la reconstitution était un impératif pour que, sur ce socle, une fiction plus intime puisse se déployer."

David Roux

David Roux est né en 1977 à Paris. Journaliste de théâtre pendant quinze ans, il a également été assistant réalisateur et responsable littéraire dans une société de développement cinématographique (Initiative Film), avant d’aborder l’écriture et la réalisation de courts-métrages (Leur jeunesse en 2012, Répétitions en 2014). L’Ordre des médecins est son premier long‑métrage.

Une expérience difficile

L'Ordre des médecins est directement inspiré de la période où la mère de David Roux était malade. Certains moments très précis que le metteur en scène a vécu ont ainsi été décisifs dans la genèse du projet. Celui par exemple où, alors que sa mère était hospitalisée dans un état critique, son frère avait dû annoncer un cancer à une patiente à peu près du même âge. Il confie :

"Alors qu’il faisait ça tous les jours, tout d’un coup, dans cette situation, avec notre mère si mal en point, ce n’était plus pareil. Il y avait là, dans ce choc entre le professionnel et l’intime, quelque chose d’abyssal. Je me suis dit que c’était peut-être la matière pour un film. Mais je n’ai commencé à écrire à proprement parler que deux ans plus tard. Et j’ai alors beaucoup louvoyé. Les thématiques étaient déjà là mais les personnages de Simon et de sa mère étaient très secondaires. C’était Agathe, la jeune interne qui était le personnage principal et c’est à travers son regard que l’on suivait de loin les affres de Simon avec sa mère."

Retrouvailles

Zita Hanrot retrouve Jérémie Renier après le récent thriller Carnivores, où elle jouait l'un des deux rôles principaux, la première réalisation du comédien.

Expérience libératrice

David Roux, qui signe sa première réalisation de long métrage, a écrit L'Ordre des médecins dans le cadre de l’Atelier Scénario de La fémis. Ce sont Nadine Lamari, son encadrante, et ses camarades de l'école qui l’ont poussé à admettre quel était vraiment le sujet du film. Dès lors qu’il était clair qu'il devait écrire sur la mort de sa mère, David Roux a pu accueillir toute cette matière très personnelle dans le film. Le réalisateur précise au sujet de cette expérience libératrice :

"Tenir à distance l’histoire intime me demandait beaucoup plus d’effort que de m’y plonger. Finalement, ma mère, mon frère et énormément de détails de ma famille et de mon entourage se sont progressivement invités dans le film. Mais d’une façon très naturelle, et presque assez joyeuse. Et évidemment, en termes dramaturgiques, tout l’aspect plus quotidien, plus chronique du projet a enfin été mis sous tension. J’ai l’impression aujourd’hui que plus qu’un film sur l’hôpital, L’Ordre des médecins est devenu un film sur la famille."

Un endroit particulier

D’emblée, David Roux avait pour idée de faire un huis clos au sein de cet univers gigantesque, complexe et vorace qu'est l'hôpital. Le personnage de Simon y passe la majorité de son temps, ce qui laisse peu d’espace à sa vie privée. Le réalisateur explique : "Alors au moment où sa mère tombe malade, il voudrait que tout ce à quoi il a dédié sa vie depuis vingt ans puisse avoir un sens. Faire l’expérience de son impuissance à cet endroit précis où il a tout investi et trouvé sa place est très douloureux pour lui. Il est totalement perdu…"

Inspiré du frère du cinéaste

L’Ordre des médecins est directement inspiré du frère de David Roux. D’ailleurs, s’il n’avait pas validé le scénario, le metteur en scène aurait abandonné le projet. Mais il y a tout de même plusieurs choses qu’il n’a pas vécues de la même façon que Simon, le personnage principal. "J’ai évidemment beaucoup projeté sur ce personnage mes propres sentiments, ma propre impuissance face à la maladie de ma mère. Les histoires vécues ne font pas forcément des films. Il ne suffit pas d’injecter des anecdotes très fidèles à la réalité, il faut ensuite que le récit impose sa loi. La fiction a rapidement repris le dessus : le personnage du père par exemple, qui est un peu perdu, un peu hagard, est très éloigné de la réalité. Mon père, qui est médecin lui aussi, savait tout, comprenait tout. Ça ne devait d’ailleurs pas être moins terrifiant…", raconte David Roux.

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - L’émotion qui affleure sans pathos donne envie de prescrire ce film à tous les amoureux de belles histoires humaines bien contées.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - A travers ce premier long-métrage, David Roux pose un regard sensible et humble sur la particularité des liens familiaux.

Bande à part par Olivier Pélisson - Les débuts dans le long-métrage de David Roux sont une heureuse surprise. Un scénario dense et prenant, une mise en scène tenue, et une direction d’acteurs inspirée. Et la portée universelle de son témoignage humain. Bouleversant.

Dernières Nouvelles d'Alsace par J.S. - Pour traduire ce désordre personnel, le film s’appuie sur l’interprétation sobre et intense de Jérémie Renier, qui sombre, dans les sous-sols de l’hôpital, dédale glauque de couloirs et de tuyauteries, métaphores de la face souterraine du personnage et de son errance chaotique intérieure.

Ecran Large par Chris Huby - Un premier long-métrage à découvrir, pour les qualités de son acteur principal Jérémie Renier mais aussi pour le traitement particulier d’un sujet complexe et difficile.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Cette chronique d'espoirs et de doutes, tout en nuances, tient par la densité des acteurs.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Pour traduire ce désordre personnel, le film s’appuie sur une interprétation sobre et intense de Jérémie Renier.

Le Journal du Dimanche par Baptiste Thion - Un premier film très personnel, à la fois simple et complexe, modeste et abouti, sur la résilience, la famille, les racines, sur ce qui nous lie dans les épreuves douloureuses.

Le Nouvel Observateur par Jérôme Garcin - Jérémie Renier, qui jouait si bien les jumeaux dans "l'Amant double", d'Ozon, alterne ici avec brio le pneumologue surmené et le fils paralysé, l'omniscient et l'ignorant, le croyant et l'incroyant.

Le Parisien par La Rédaction - Un film habité et engagé.

L'Express par Antoine Le Fur - Précis dans sa mise en scène et dans le jeu de ses comédiens (Jérémie Rénier, parfait), cet "Ordre des médecins" est une belle découverte.

L'Humanité par Sophie Joubert - Un premier long métrage juste et émouvant, porté par d’excellents acteurs.

Ouest France par La Rédaction - Une plongée dans l'univers médical formidablement interprétée par Jérémie Renier et Marthe Keller.

Positif par Ariane Allard - De fait, même s’il investit lui aussi l’univers hospitalier, "L’Ordre des médecins" trouve sa vérité ailleurs. Dans une manière plus modeste et une matière plus personnelle, qui lui permettent ainsi de cultiver un sens rare de la nuance et une fragilité bienvenue.

Première par Thierry Chèze - Pour son premier long, David Roux signe un récit intime bouleversant sans jamais verser dans le chantage affectif. Une réussite.

Sud Ouest par Sophie Avon - Un premier film réussi sur le milieu hospitalier et la famille.

Télérama par Mathilde Blottière - Un premier film remarquable et original sur le monde hospitalier.

Voici par Lola Sciamma - Une justesse remarquable.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Dans ce premier film délicat et juste, un médecin se trouve confronté à la maladie de sa mère hospitalisée dans un service de l’établissement où il exerce.

Le Figaro par La Rédaction - David Roux a opté pour de brèves séquences, précises mais un peu conventionnelles. Et lorsqu'il quitte le point de vue médical pour le point de vue humain, le film garde un regard clinique, trop sec.

Le Monde par Véronique Cauhapé - David Roux évoque avec finesse un homme démuni quand la maladie frappe sa mère.

Les Fiches du Cinéma par Chloé Rolland - Le premier long métrage de David Roux mêle délicatement la vie d’un médecin bouleversée par la maladie de sa mère et le fonctionnement inaltérable de l’hôpital dans lequel les deux doivent cohabiter durant ce moment suspendu.

L'avis du projectionniste

Un film d’une grande sensibilité sur la souffrance et l’impuissance d’un fils médecin face à la maladie et au renoncement de sa mère. Jérémie Renier est d’une grande justesse et le film garde une grande dignité et ne tombe pas dans le larmoyant. A voir.