L’origine du monde – de Laurent Lafitte

Samedi 16 Octobre à 20h30 et Lundi 18 Octobre à 17h

1h 38min / Comédie De Laurent Lafitte

Avec Laurent Lafitte, Karin Viard, Vincent Macaigne

SYNOPSIS
Jean-Louis réalise en rentrant chez lui que son coeur s'est arrêté. Plus un seul battement dans sa poitrine, aucun pouls, rien. Pourtant, il est conscient, il parle, se déplace. Est-il encore vivant ? Est-il déjà mort ? Ni son ami vétérinaire Michel, ni sa femme Valérie ne trouvent d'explication à cet étrange phénomène. Alors que Jean-Louis panique, Valérie se tourne vers Margaux, sa coach de vie, un peu gourou, pas tout à fait marabout, mais très connectée aux forces occultes. Et elle a une solution qui va mettre Jean-Louis face au tabou ultime…

Anecdotes

Origine du projet
Laurent Lafitte a découvert la pièce de théâtre du même nom de Sébastien Thiéry en 2013. S'il a beaucoup rigolé pendant la représentation, il a ensuite perçu un deuxième niveau de lecture, plus grave, centré sur des questions comme le poids du secret dans la famille et la manière de s'émanciper quand on a grandi dans le mensonge… Celui qui réalise son premier film explique :
"Ces thèmes me touchent intimement. Cette histoire m’a tellement habité, j’ai tellement rêvé autour que je n’avais pas envie d’écrire autre chose pour mon premier film. J’ai proposé à Sébastien Thiéry d’acheter les droits, il a accepté, puis je suis passé à autre chose pendant presque deux ans car je travaillais beaucoup et je n’avais pas le temps de me pencher sur l’adaptation. En fait, le film mûrissait tranquillement dans ma tête : quand je me suis mis à écrire, tout est allé très vite."

Travail d'adaptation
Laurent Lafitte a gardé des pans entiers de la pièce en les allégeant, comme le théâtre est plus bavard que le cinéma. Le cinéaste précise : "De plus, je tenais à m’éloigner au maximum des mots d’auteur. Au cinéma, la « réplique drôle » me fait moins rire qu’une situation. J’ai aussi ajouté toute la première partie. Alors que la pièce commence quand le cœur de Jean-Louis s’arrête de battre, je souhaitais installer un peu sa vie avant. Et en général pour sortir de la pièce, j’ai écrit des séquences en extérieur, chez la mère, la photocopieuse, les cauchemars, et des flashback… J’ai également voulu que sa femme soit plus présente."

Tournage à Paris en juin-juillet 2019
Le tournage de L'Origine du monde a commencé le 3 juin 2019 pour une durée de 8 semaines à Paris et en banlieue parisienne.

Aspect social développé
Pour son film, Laurent Lafitte a développé l’aspect social qui était sous-jacent dans la pièce. Il a notamment fait en sorte que Jean-Louis soit un personnage qui a coupé avec ses origines et qui a essayé de s’en sortir par la réussite. D’où le choix de ces plans, au début du long métrage, sur tous les objets déco de son appartement. Il confie :"La lampe design que tout le monde veut, le tapis berbère, le canapé Caravane, la montre Cartier, les bougies Diptyque : comme s’il avait coché toutes les cases ! Pour le décorum, il a tout bon, mais apparemment ça ne marche pas : il s’emmerde, sa femme s’emmerde, entourés de belles choses. La mère de Jean-Louis a une appréhension du milieu bourgeois et le résultat, inconscient, chez le fils est de tout faire pour le devenir. C’est pourquoi j’ai transformé le marabout africain de la pièce en une holistic life coach à 500 euros la séance."

Un drame rigolo
Laurent Lafitte voulait faire un drame qui fasse rire. Il développe : "Même si les scènes comiques ont été pensées pour que le rire soit le plus efficace possible, elles sont toujours plus fortes avec un point de départ dramatique. C’est un peu une règle de base : un cancer de la gorge provoque davantage de situations comiques qu’une angine. J’ai essayé de toujours faire attention à baisser le curseur : dès que je sentais la comédie un peu trop présente, que ce soit dans l’écriture, dans la mise en scène et surtout dans le jeu des acteurs, je la faisais « redescendre »… Je cherchais le premier degré absolu : un comédien doit jouer les situations comiques sans chercher à être « drôle ».

Mise en scène
Le réalisateur a voulu éviter de rajouter trop d'extérieurs et de trop faire bouger la caméra. Il a souhaité assumer la théâtralité du projet et l'amener vers une réalité de cinéma, avec des cadres fixes. Il raconte : "Un peu comme au théâtre finalement mais avec les armes du cinéma : le 360° et pouvoir imposer un détail par le gros plan. J'adore aussi le plan-séquence très cinématographique et pourtant totalement théâtral. Au fur et à mesure des révélations du film, la caméra devient de plus en plus mobile, et on finit à l’épaule. J’espère avoir trouvé un équilibre, car je n'aime pas quand un élément prend le dessus sur les autres : quand on voit trop le jeu des acteurs, ou trop la direction artistique, ou qu'on sent trop la caméra."

Laurent Lafitte voulait jouer Michel !
Lorsque le projet en était à ses débuts, Laurent Lafitte a envisagé de jouer Michel, le personnage incarné par Vincent Macaigne. Il explique pourquoi il a finalement renoncé : "D’abord, j’ai eu le réflexe de l’acteur : quel est le personnage le plus drôle ? C’est Michel, donc je vais jouer Michel ! Mais la force comique du film repose tellement sur ses scènes que je prenais un trop gros risque en étant des deux côtés de la caméra. J’aurais fait un Michel très différent, et nettement moins drôle que celui de Vincent Macaigne. J’ai vite laissé tomber cette idée et j’ai choisi d’être le clown blanc. De plus, par rapport à ce qui me touche intimement dans le film, il était logique que je joue Jean-Louis."

Cannes 2020
Le film a fait partie de la Sélection Officielle Cannes 2020. "Le comité le plus pointu, le plus cinéphile de la planète a considéré le film digne de Cannes ! Mais quelle frustration de ne pas avoir pu le montrer en vrai dans la grande salle du Palais des festivals dont l’histoire est pleine de réactions houleuses face aux films un peu… déviants !", confie Laurent Lafitte.

Vincent Macaigne comme vous ne l'avez jamais vu !
Laurent Lafitte a voulu montrer Vincent Macaigne comme il n’a jamais été vu à l’écran, en faisant du personnage de Michel un aristocrate un peu désargenté. Le metteur en scène l'a imaginé rasé de près, avec un jean 501 droit, des mocassins Weston bordeaux un peu usés, une veste Barbour trop grande et une chevalière au blason tournée vers l’intérieur ! "C’était très amusant de réfléchir aux détails. Je ne lui ai pas demandé de grossir mais il l’a fait instinctivement pour le rôle, c’était parfait", se rappelle Lafitte.

Hélène Vincent et son personnage
Le personnage d'Hélène Vincent, "une mère mortifère, dangereuse et folle", a dû être vieilli sans que cela ne fasse trop artificiel : "La rendre fragile et vulnérable pour qu’on la plaigne de ce qu’ils lui faisaient subir. C’était difficile car Hélène a une force et une énergie incroyables. Je n’oublierai pas notre fou rire quand elle lui a inventé un petit claudiquement lié un problème de hanche", se souvient Laffite. L'actrice explique quant à elle : "Grâce à Laurent et sa vision très précise du costume, de la perruque, du maquillage, soudain, je l’ai vue, cette femme. Prendre un rôle par l’extérieur et par l’expression corporelle m’a rappelé mes débuts avec Patrice Chéreau et avec JeanPierre Vincent : c’est un espace de jouissance de jeu dans lequel je n’ai pas peur d’aller."

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - Une comédie aussi savoureuse que provocatrice.

CNews par La Rédaction - Le pensionnaire de la Comédie-Française signe une comédie qui brise les tabous sans jamais tomber dans la vulgarité, mais avec une bonne dose d'humour noir.

CinemaTeaser par Renan Cros - Boosté par cette atmosphère dingue, le trio Lafitte / Viard / Macaigne donne tout face à l’excellente Hélène Vincent, jusqu’à un final dont on se rappellera longtemps.

Closer par La Rédaction - Dans le premier film de Lafitte, dialogues et situations se révèlent aussi drôles qu'irrévérencieux et dynamitent la comédie pépère à la française pour se rapprocher de l'humour SuperGrave d'un Seth Rogen.

Culturebox - France Télévisions par Laurence Houot -Les acteurs servent cette comédie grinçante et extravagante en incarnant leur rôle à mille pour cent. Laurent Lafitte au premier chef, convaincant dans le rôle du quadragénaire auto-centré et névrosé, dont le visage de petit garçon mal aimé affleure.

Elle par Françoise Delbecq - Farce psychanalytique et désopilante sur les tabous bourgeois, L'Origine du monde démontre de grandes qualités de comédie : une idée tenue jusqu'à l'absurde, le sens du rythme et des interprètes de génie.

La Voix du Nord par Christophe Caron -Une comédie décapante, provocante, clivante, qui aborde frontalement un tabou ultime.

Le Parisien par La Rédaction - Ce scénario sidérant ne pouvait passer qu’à travers le rire. Sur ce point, on est servis, le cinéaste débutant maniant comme personne un comique de situation qui fait merveille : gags à la chaîne, répliques qui tuent, séquences aussi tordantes qu’embarrassantes… Un vrai festival.

Les Echos par Adrien Gombeaud - Le comédien Laurent Lafitte réalise un premier film audacieux, une comédie mordante qui fait rire en chatouillant des recoins secrets de la psyché.

Paris Match par La Rédaction - Un premier film drôlement gonflé.

Positif par Philippe Rouyer - La rigueur des cadres, du rythme, d’une caméra qui s’émancipe pour devenir de plus en plus mobile est le premier secret de cette comédie tournée avec le plus grand sérieux et une inventivité qui se prolonge jusqu’au bout de l’astucieux générique de fin. Un autre secret est la formidable direction d’acteurs.

Première par Thierry Chèze - Les premiers pas de Laurent Lafitte derrière la caméra ne laisseront personne indifférent !

Rolling Stone par Sophie Rosemont - Le film fait preuve de minutie dans sa mise en scène, et ne se prive ni de beaux plans ni de bons mots. Le jeu des acteurs fait en outre toute la différence : Lafitte est irréprochable, Viard folle juste comme il faut, Garcia offre deux scènes magistrales et Macaigne, aristo sans le sou glabre et dégarni, est comme on ne l’a jamais vu.

Télé 2 semaines par C.P. - Instants de gêne, parfois, mais aussi beaucoup de rires francs, grâce aux acteurs au diapason.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - On adore ou on déteste cette farce gonflée. Une chose est sûre, Lafitte n'aime pas l'eau tiède, ses partenaires non plus, et ils s'emparent de leurs personnages affreux, sales et méchants avec un plaisir évident.

Télé Loisirs par Claire Picard - Une farce absurde et cruelle où la figure maternelle est malmenée (Hélène Vincent, exquise).

Télérama par Sébastien Mauge - Un sens de la direction d’acteurs qui est la marque des vrais metteurs en scène. Ce n’est pas la moindre des révélations de ce premier film.

Voici par La Rédaction - Une farce freudienne plus scabreuse que grinçante. La mise en scène façon comédie de boulevard (assumée ?) par Laurent Lafitte, de la Comédie Française, masque un peu la cruauté psychanalytique qui irriguait la pièce de Sébastien Thiéry.

aVoir-aLire.com par Arthur Champilou - Un vaudeville cinématographique surréaliste, cruellement drôle... et drôlement tendre.

Bande à part par Anne-Claire Cieutat - Laurent Lafitte filme un homme aux portes de la dissociation et fait valser autour d’un acte psychomagique des personnages mis à nu, dont la seule résistante est la mère, détentrice des secrets de famille. Une fable hardie à double-fond, à mi-chemin entre le geste potache et la comédie anglaise.

Dernières Nouvelles d'Alsace par La Rédaction - C’est le genre de scénario qui n’est pas exactement scandaleux, mais si audacieux qu’on trouve que c’est une drôle d’idée.

Le Dauphiné Libéré par La Rédaction - Le pitch en est à la fois surréaliste, farfelu et dérangeant : le cœur d’un homme joué par l’acteur-réalisateur s’arrête de battre et, pour repartir, il devra remonter à l’endroit d’où il vient, autrement dit, le sexe de sa mère. Une sorte de gourou, joué avec une fantaisie loufoque par Nicole Garcia.

Le Journal du Dimanche par B.T. - Laurent Lafitte s’offre une comédie à l’humour poil à gratter qui s’interroge, avec fantaisie et un certain fatalisme, sur le sens d’une vie dont on oublie trop souvent les véritables enjeux.

Le Nouvel Observateur par François Forestier - Pour son premier film, Laurent Lafitte met le paquet : le rythme est fracassant, les acteurs s’en donnent à cœur joie (Hélène Vincent, dans le rôle de vieille dame, est formidable), les situations sont burlesques. Reste, pour certains (dont je suis), la gêne devant le tabou de l’inceste. Ceci dit, le film est gondolant.

Ouest France par La Rédaction - Une comédie burlesque, hilarante et malaisante.

Sud Ouest par Sophie Avon - Drolatique et caustique.