Made in Bengladesh – de Rubaiyat Hossain (VO/st)

Vendredi 31 Juillet à 21h et Samedi 01 Août à 18h

4 décembre 2019 / 1h 35min / Drame

De Rubaiyat Hossain

Avec Rikita Shimu, Novera Rahman, Deepanita Martin

Nationalités bengali, française, danoise, portugaise

Synopsis
Shimu, 23 ans, travaille dans une usine textile à Dacca, au Bangladesh. Face à des conditions de travail de plus en plus dures, elle décide avec ses collègues de monter un syndicat, malgré les menaces de la direction et le désaccord de son mari. Ensemble, elles iront jusqu’au bout.

Anecdotes

Un personnage issu d'un autre film
Dans son précédent film, Les Lauriers-roses rouges, la réalisatrice Rubaiyat Hossain suivait une actrice de théâtre cherchant l’équilibre entre sa carrière et sa vie personnelle. Parmi les personnages secondaires, il y avait celui d'une jeune femme qui quittait son emploi de domestique pour aller travailler dans un atelier de couture. C'est elle qui est l'héroïne de Made In Bangladesh.

Une trilogie sur la condition des femmes
Après s'être intéressée à une femme de classe moyenne dans Les Lauriers-roses rouges, Rubaiyat Hossain suit le destin d'une ouvrière. Elle espère ensuite faire un film sur une femme très riche. Pour Made In Bangladesh, elle a effectué des recherches pendant trois ans et a été aidée par Daliya, une ouvrière syndicaliste. "Cette femme a été horriblement maltraitée, prisonnière d’un mariage abusif, mais son souhait était de retrouver une forme de dignité. J’ai pu commencer à écrire mon scénario, librement inspiré des vrais événements de sa vie", raconte la réalisatrice. Daliya a notamment été consultante sur les dialogues et a appris aux comédiennes à utiliser une machine à coudre.

Le tournage
Le tournage a eu lieu dans une usine abandonnée, avec de vraies couturières et des machines et accessoires loués. Le plateau était fermé et le nombre de visiteurs était limité pour éviter qu'aucune fuite n'ait lieu dans la presse. S’attaquer à un tel sujet dans un pays où les patrons de l’industrie textile sont si proches du pouvoir politique peut être dangereux.

Inspirations
Pour l'héroïne de son film, la réalisatrice s'est inspirée de Norma Rae avec Sally Field et de Rosetta des frères Dardenne. Quant aux couleurs du film, elles ont été insufflées par les peintures sur les "rickshaws", les pousse-pousse d’aujourd’hui. "Ceux de Dacca sont couverts de couleurs vives, alors même que la ville peut être très sombre, à cause des pénuries d’électricité. Il y a des éclats de couleurs. J’ai demandé aux gens de la déco d’utiliser les couleurs de façon très tranchée. Et parfois de juxtaposer obscurité et couleurs" explique la réalisatrice.

Une Belge à la photo
La réalisatrice revient sur sa collaboration avec la directrice de la photographie, la belge Sabine Lancelin : "Sabine a été formidable, je me suis vraiment appuyée sur elle. Elle est arrivée quelques semaines avant le tournage, je l’ai emmenée sur tous les décors. Je voulais qu’elle s’imprègne de leur atmosphère. Nous avons préparé le découpage. [...] Et elle était toujours à mon écoute même si elle a beaucoup plus d’expérience que moi".

L'industrie textile au Bangladesh en quelques chiffres
Le Bangladesh est le deuxième plus grand exportateur mondial de vêtements derrière la Chine. Environ 4 millions d’ouvriers sont employés à bas coût dans quelque 4 500 ateliers, fabriquant à tour de bras des vêtements pour les distributeurs occidentaux comme H&M, Primark, Walmart, Tesco, Calvin Klein, Gap, Carrefour ou Aldi. Les exportations du secteur textile représentent 80% des exportations totales du pays. Au total, 60% des habits vendus en Europe proviennent des usines bangladaises. Ce business rapporte 30 milliards d’euros par an.

Les salariés
Les ouvriers et ouvrières du textile au Bangladesh sont les plus mal payé.es au monde. À noter que les femmes (parfois mineures) représentent 85% de la force de travail. Il n’y avait pas eu d’augmentation du salaire minimum depuis la catastrophe du Rana Plaza en 2013, quand un bâtiment industriel abritant plusieurs usines de confection s’est effondré, tuant plus de 1130 travailleurs et travailleuses. Le ministère du travail a annoncé en décembre 2018 une revalorisation du salaire minimum mensuel à hauteur de 8 000 taka (82 €) contre 5 300 taka (54 €) auparavant : une hausse insuffisante selon les syndicats de travailleurs et travailleuses.

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - Après ce film fort, le spectateur regardera l’é’iquette à deux fois avant d’acquérir un vêtement made in Bangladesh.

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - De la veine d’un film des frères Dardenne, la réalisatrice dénonce avec force et dignité l’exploitation qui est commise contre des ouvrières au Bangladesh et du coup, une mondialisation sans état d’âme, à la quête de toujours plus de profits. Saisissant et nécessaire.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - On en sort à regret, tant on voudrait en savoir plus et la suivre encore. Un film positif et plein d’énergie.

Le Figaro par La Rédaction - Inspiré d’une histoire vraie, ce film proche du documentaire brosse le portrait d’une héroïne obstinée et attachante.

Le Journal du Dimanche par Alexis Campion - Avec des acteurs formidables, un scénario au cordeau et un cadre maîtrisé qui s'enrichit à chaque scène de détails forts, Rubaiyat Hossain parvient à faire de ce récit attendu une épopée captivante dont la dureté s'intensifie chemin faisant.

Positif par Yann Tobin - Inspiré d’une histoire vécue, le réalisme du propos est contrebalancé par un dynamisme non dénué d’humour.

Sud Ouest par Sophie Avon - Avec ce film tendu, âpre et tendre à la fois, qui ne cède jamais au pittoresque tout en rendant compte des particularismes de la société bangladeshi, la cinéaste Rubaiyat Hossain raconte la naissance d’une syndicaliste dans une société où les femmes sont toujours perdantes.

Télérama par Guillemette Odicino - Portrait d’une magnifique entêtée, mais aussi chronique romanesque d’un collectif féminin, ce film social use de la couleur comme d’une arme de combat : les images de ces alliées en saris chatoyants célèbrent l’éclatante noblesse de la sororité.

Voici par Lola Sciamma - Une lutte vibrante contre le patriarcat en général, bien dans l'actualité.

Bande à part par Olivier Pélisson - Cette fiction venue du sous-continent indien raconte l’exploitation. Sans fard, mais avec la conviction chevillée aux images, et une énergie qui plie, mais ne rompt pas.

Le Monde par Clarisse Fabre - A travers le périple de cette ouvrière se débattant dans ses dilemmes, Rubaiyat Hossain sonde une société bangladaise en pleine mutation .

Le Nouvel Observateur par François Forestier - Le film, parfois simpliste, touche juste cependant. Il est porté par une conviction d’enfer. Cinéma de combat, cinéma des damné(e)s de la terre...

Le Parisien par Pierre Vavasseur - Tourné dans une usine désaffectée dans laquelle l'effervescence de la chaîne de fabrication a été reconstituée atelier par atelier, le film, habité d'une énergie constante, repose sur un paradoxe qui n'est pas mince. Au Bangladesh, ce sont des femmes qui conduisent le pays et ce sont… les femmes qui sont les plus exploitées…

Les Fiches du Cinéma par Sulamythe Mokounkolo - Un film porté par une mise en scène plutôt convaincante et, en dépit de la gravité de son sujet, empreint de dynamisme.

L'avis du projectionniste

Un film limpide et simple entre documentaire et fiction . Un document remarquable sur les dépossédés de la mondialisation.Film engagé qui livre une image à la fois réaliste et pleine d'espoir de la vie des ouvrières exploitées du Bangladesh.