Madre (VO /st)- de Rodrigo Sorogoyen

Dimanche 30 Aout à 16h

22 juillet 2020 / 2h 09min / Drame, Thriller

De Rodrigo Sorogoyen

Avec Marta Nieto, Jules Porier, Alex Brendemühl

Nationalités Espagnol, Français

SYNOPSIS
Dix ans se sont écoulés depuis que le fils d’Elena, alors âgé de 6 ans, a disparu. Dix ans depuis ce coup de téléphone où seul et perdu sur une plage des Landes, il lui disait qu’il ne trouvait plus son père. Aujourd’hui, Elena y vit et y travaille dans un restaurant de bord de mer. Dévastée depuis ce tragique épisode, sa vie suit son cours tant bien que mal. Jusqu’à ce jour où elle rencontre un adolescent qui lui rappelle furieusement son fils disparu…

Anecdotes

Du court au long
Madre est adapté du court du même nom, qui a été sélectionné dans de nombreux festivals et nommé aux Oscars. Conscient que ce court ferait une grande scène d'ouverture de long-métrage, et désireux de retrouver le personnage d'Elena, Rodrigo Sorogoyen a voulu poursuivre son histoire dans Madre : « On a mis tant d’effort à raconter la tragédie d’Elena que les principaux responsables, la productrice María del Puy Alvarado, l’actrice Marta Nieto et moi-même, avons toujours pensé qu’on devait quelque chose à cette histoire et à ce personnage ». Le film ne raconte pas ce qui se passe immédiatement après le court-métrage mais se situe dix ans après.

Changement de genres
Le court-métrage Madre est un thriller, tout comme les deux précédents longs de Rodrigo Sorogoyen, Que Dios Nos Perdone et El Reino. Avec Madre, le réalisateur change de registre et se frotte à un genre plus intimiste : « Le premier grand handicap se présentait à nous. Comment satisfaire un spectateur qui voit ce court-métrage et à qui nous n’offrons pas ce qu’il attend (la résolution de cette aventure) ? En lui offrant mieux. Le défi était donc double. Après avoir passé cinq ans à travailler sur deux thrillers d’assez grande envergure [...], nous avions tous les deux le désir de revenir à une histoire intime, de personnages ».

Une héroïne folle ?
« Quand on a commencé à évoquer l’histoire du personnage d’Elena, je me souviens qu’on parlait d’elle comme si elle était folle. Grave erreur de notre part. Au-delà du fait que ce terme devrait être utilisé avec beaucoup de précaution et de respect, voire simplement ne pas être employé, l’utiliser pour notre personnage nous éloignait irrémédiablement d’elle », explique le réalisateur. Il était important pour lui de ne pas stigmatiser son héroïne, au risque d'éloigner le spectateur.

Plan-séquence
À l'instar des deux précédents films de Rodrigo Sorogoyen, on retrouve dans Madre l'usage des plans-séquences. Pour le réalisateur, c'est l'élément cinématographique qui ressemble le plus à la vie : « Le cinéma est l’imitation de la vie. Mais dans cette construction de la réalité, le montage a toujours été nécessaire pour assembler un plan à un autre. On pourrait dire que le montage est cinéma, il est langage, mais que le plan-séquence (c’est-à-dire l’absence de montage) est la vie ou la meilleure imitation possible de celle-ci ».

Quelques critiques presse

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - S’il était encore utile de le faire, Rodrigo Sorogoyen confirme à travers ce cinquième long-métrage son immense talent de conteur des dérapages de l’âme humaine. Un film déroutant et implacable.

Le Parisien par Renaud Baronian - Un très grand film.

Cahiers du Cinéma par Marcos Uza - Contre toute l’attente suscitée par l’amorce du film, Sorogoyen aura su finalement rendre partageable l’émoi d’une rencontre, ce qui est tout de même l’une des plus belles choses que l’on peut espérer du cinéma.

CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta - Rodrigo Sorogoyen va chercher le cinéma de genre dans les scènes les plus banales d’une vie de perdition. Bouleversant jusqu’aux dernières secondes.

Closer par La Rédaction - Le portrait émouvant d'une femme cherchant la lumière.

CNews par La rédaction - Le réalisateur espagnol qui maîtrise avec grâce le plan-séquence, passe du thriller («Que Dios Nos Perdone», «El Reino») à un film plus intimiste où l’importance n’est pas dans l’enquête et les faits, mais plutôt dans le ressenti de ses protagonistes.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Thibault Liessi - Après s’être imposé comme le spécialiste du thriller espagnol, Rodrigo Sorogoyen donne suite à son propre court-métrage, en appuyant sur ses points forts : une gestion du cadre impeccable, une science des plans-séquences et une direction d’acteurs impeccable dans ce drame sur le deuil.

Ecran Large par Simon Riaux - On ne sort pas indemne de "Madre", tant son réalisateur sublime plan après plan un récit romanesque et complexe, sublime et tragique, dont le long cheminement vers la lumière bouleverse.

Femme Actuelle par La Rédaction - Prenant et troublant.

La Croix par Céline Rouden - Dans ce film émouvant, une mère en deuil de son fils, disparu dix ans plus tôt dans les Landes, est troublée par sa rencontre avec un jeune homme qui pourrait lui ressembler.

La Voix du Nord par Catherine Painset - Le réalisateur a gardé l’entame de thriller pour mieux nous emmener vers autre chose. L’histoire d’Elena et Jean nous inspire des sentiments mêlés, nous ensorcelle, nous interroge.

Le Dauphiné Libéré par Thibault Liessi - Car « Madre » ne cherche pas à résoudre quoi que ce soit, mais plutôt à explorer la vie sans l’être cher. Un manque qui se transforme en purgatoire pour les personnes restantes. Impression renforcée par les paysages longilignes des Landes baignant dans un brouillard laiteux.

Le Point par La Rédaction - Sorogoyen maîtrise comme personne les changements de registre et l'art du suspense. On suffoque, on retient son souffle… Une réussite.

Les Fiches du Cinéma par Margherita Gera - Inspiré du court métrage éponyme, "Madre" aborde les thèmes de la perte et du sentiment amoureux avec un récit touchant et non conventionnel.

Libération par Elisabeth Franck-Dumas - Là où l’on s’attendait à une enquête poursuivant dans la veine du thriller, le film livre une auscultation d’un trouble des sentiments qui ne se laisse jamais enfermer dans l’explicite, et rend compte d’une manière d’être au monde brumeuse et incertaine.

Ouest France par Gilles Kerdreux - Une très belle peinture de l'horreur absolue, celle d'avoir perdu un enfant.

Positif par Fabien Baumann - Sorogoyen brille dans le plan-séquence implacable (on se régalera d’un second, dans les brumes d’une taverne pyrénéenne), mais aussi dans l’entre-deux incertain : une tête alanguie qui trouve le réconfort d’une épaule, sur un canapé, ou des caresses interdites, ailleurs, qui ne regardent personne.

Sud Ouest par Sophie Avon - C’est une œuvre qui s’en tient à l’impalpable, saisissant le vertige de ce transfert consenti, tendre et lumineux.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Malgré des lenteurs, on est happé par la puissance du film et la formidable Marta Nieto.

Télé Loisirs par Claire Picard - Passé l'angoisse du début du film, sa mise en scène virtuose accompagne son personnage, superbement interprété, jusqu'aux frontières de la folie.

Télérama par Frédéric Strauss - Un film âpre et bouleversant.

Voici par A. V. - Un drame intense, porté par une actrice lumineuse.

Culturebox - France Télévisions par Laurence Houot - L'histoire est servie par des comédiens engagés et par une photographie très soignée, certains plans éclairés et composés comme les tableaux du peintre américain Edward Hopper.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Rodrigo Sorogoyen revisite avec tact le thème du deuil impossible après la disparition d'un enfant.

Le Monde par Mathieu Macheret - Le film a l’intelligence de ne pas enchérir sur le fond sulfureux de son sujet, laissant à la psychologie les prémices de la situa­tion mais en aucun cas sa résolution.