Les moissons du ciel – de Terence Malik

LES MOISSONS DU CIEL: Vendredi 20 Avril à 21h00 (VO/st)

FESTIVAL « PLAY IT AGAIN »

Date de reprise 17 mai 2017 – Version restaurée (1h 35min)

Date de sortie 1 juin 1979 (1h 35min)

De Terrence Malick

Avec Richard Gere, Brooke Adams, Linda Manz

Genres Drame, Romance

Nationalité américain

Synopsis

En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa sœur Linda quittent Chicago pour faire les moissons au Texas. Voyant là l’opportunité de sortir de la misère, Bill pousse Abby à céder aux avances d’un riche fermier, qu’ils savent atteint d’une maladie incurable…

Anecdotes

Affiche du film

L’affiche des Moissons du Ciel s’inspire de deux des plus grandes peintures rurales américaines. La première n'est autre que la fameuse Maison près de la voie ferrée d'Edward Hopper (1925). La seconde, d’Andrew Wyeth, s’intitule Christina's World (1948). Empilées l'une sur l'autre, les deux œuvres composent l'affiche du film.

Malick et la production

Même s'il ne s'agit que de son deuxième film, Terrence Malick rend déjà légendaire son incapacité à se soumettre au "final cut" des producteurs, lui qui entend construire son projet selon ses propres critères. Pour ce film, c'est Bert Schneider qui en fait les frais ; ce dernier se retrouve contraint à mettre sa maison en hypothèque après un dépassement de budget de près d'un million de dollars. Cette cohabitation impossible se renouvellera sur La Ligne rouge, où le cinéaste ira même jusqu'à refuser l'accès au tournage à ses financeurs.

Un jeune premier

Richard Gere, jusque là acteur pour des séries diverses, obtient ici son premier grand rôle au cinéma alors qu'il a déjà 29 ans. Fils de fermier, il incarne suffisamment la "classe ouvrière" selon Malick, qui avait initialement pensé à John Travolta, obligé de décliner l'offre au dernier moment car la chaîne ABC n'a pas voulu le libérer de ses engagements sur la série Welcome back, Kotter. C'est Carrie Fisher qui devait lui donner la réplique. Al Pacino et Dustin Hoffman ont quant à eux tous deux refusé le rôle.

Tournage

Le directeur de la photographie Néstor Almendros était en train de perdre la vue au moment où le tournage a débuté. Son assistant a dû prendre en Polaroid toutes les scènes, afin de les analyser au mieux. Comme les conditions de tournage nécessitaient un travail rythmé selon des critères horaires particuliers (notamment pendant les heures du matin et du soir entre chien et loup), il a eu le temps de construire cette fameuse ambiance "magique" ou "poétique" propre à Malick, d'où se dégage selon lui une "une beauté romantique incandescante".

Be kind, rewind

La scène des criquets en ascension vers le ciel a été tournée à l'envers ; les criquets sont en réalité des cacahuètes lancées depuis un hélicoptère, tandis que les acteurs marchent à l'envers.

Patience est mère de vertu

Le tournage des Moissons du ciel a duré près d'un an. Alors que celui-ci avait déjà commencé, Terrence Malick a jeté le scénario et suivi ses acteurs au plus près, leur laissant tout le loisir de trouver eux-mêmes leur histoire. Deux années ont ensuite été nécessaires pour finaliser le montage du film.

Jamais fini

Alors que le montage était en cours depuis un an, Terrence Malick a rappelé Sam Shepard pour tourner de nouveaux plans serrés qu'il a ensuite pu intégrer au film.

Inspiration

Les Moissons du ciel est une libre adaptation de l'histoire de Milady dans Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas.

Quelques critiques presse

Brazil par Cédric Janet

Quand j'aime un film autant que celui-là, je me sens toujours impuissant à prendre la plume(...)

Critikat.com par Romain Estorc

Les travailleurs malmenés, les amours rompues, les désirs inavoués enchaînent les protagonistes à leur nature humaine, tandis que le spectateur assiste émerveillé aux plans infinis sur la beauté du monde et la quiétude naturelle des espaces silencieux et éternels.

Le Figaroscope par La rédaction

Passion, ambition, sincérité, trahison : un superbe mélodrame au coeur d'une nature à la beauté saisissante.

Le Monde par Jacques Mandelbaum

Certains films permettent de ne pas trop galvauder le terme de chef-d'oeuvre, Les moissons du ciel est de ceux-là.

Les Inrockuptibles par Serge Kaganski

Très pictural mais peu bavard, jouant de l'ellipse, plus fort sur les plans larges et les scènes collectives que dans les séquences intimistes, il ne correspond en rien aux canons habituels du cinéma américain. Malick filme avec génie les champs de blés, les ciels changeants, le travail collectif . Cette recherche d'une réalité qui dépasse l'homme définit le style Malick : lyrisme, rapport mélancolique à l'histoire de l'Amérique et à sa violence native, tiraillé entre le ciel et la terre, la Bible et le flingue, l'enfer et le paradis.

L'Express par Eric Libiot

Parce que le deuxième film du réalisateur le plus secret du monde reste, à tout jamais, un chef-d'oeuvre.

Libération par Didier Péron

Les images sublimes sont signées Nestor Almendros. Cette nouvelle copie, éblouissante, a été supervisée par le maître himself...

Ouest France par La rédaction

Incontournable.

Télérama par Louis Guichard

Une de ces oeuvres, à la fois amples et concises, qui semblent restituer le nuancier intégral des sentiments humains, tout dire sur tout, et avec peu de mots. Un mélodrame des champs au goût d'apocalypse. Une mythologie incandescente de l'Ouest. Une allégorie du bonheur impossible