Monsieur (VO/st) – de Rohena Gera

Dimanche 27 Janvier à 17h

Date de sortie 26 décembre 2018 (1h 39min)

De Rohena Gera

Avec Tillotama Shome, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni

Genres Romance, Drame

Nationalités indien, français

Synopsis

Ratna est domestique chez Ashwin, le fils d’une riche famille de Mumbai.

En apparence la vie du jeune homme semble parfaite, pourtant il est perdu. Ratna sent qu’il a renoncé à ses rêves. Elle, elle n’a rien, mais ses espoirs et sa détermination la guident obstinément.

Deux mondes que tout oppose vont cohabiter, se découvrir, s’effleurer…

Anecdotes

Genèse du projet

Monsieur prend sa source dans un conflit qu'a réellement connu Rohena Gera. La cinéaste a grandi en Inde et, lorsqu'elle était enfant, avait une nourrice qui s’occupait d'elle. La ségrégation était, à ce moment, une réalité. Cette nounou faisait partie de la famille de Rohena mais, en même temps, en était exclue. Elle se rappelle : "C’est compliqué pour une enfant car quand on est petit, on aime tout le monde. J’ai quitté ensuite le pays pour aller étudier aux États‑Unis et cette idée d’égalité m’a encore plus préoccupée à l’étranger. À l’Université, vous prenez part à des débats idéologiques et philosophiques, vous exposez vos idéaux. Mais quand vous rentrez chez vous, vous reprenez le même mode de vie car il vous est impossible de changer le fonctionnement de la société, ce qui me posait problème."

L’amour pour contourner le manichéisme

Rohena Gera a réfléchi à une histoire qui lui éviterait d’avoir un point de vue trop manichéen sur cette situation. La réalisatrice ne voulait pas faire de son héroïne une victime. "J’ai songé à une histoire d’amour pour contourner ce type d’écueil. Quand on vieillit, on a une idée de la manière dont il opère. Toutes ces réflexions se bousculaient dans ma tête. Cette histoire d’amour délicate m’a permis d’embrasser les aspects politiques et sociaux du problème et d’abolir la distance entre ces deux milieux. Plus les inégalités sociales s’estompent entre mes deux personnages, plus mon héroïne s’incarne et devient intéressante. Je voulais aussi montrer que les classes sociales aisées vivent, en Inde, dans une prison dorée en acceptant tant de contraintes", confie-t-elle.

Séparation

Pour montrer que deux mondes séparés cohabitent dans un espace commun, Rohena Gera plaçait toujours quelque chose entre ses personnages, que ce soit un plateau, une assiette ou un meuble. "À de très rares moments rien ne les séparent, ils respirent alors le même air mais des barrières invisibles demeurent. En ce qui concerne la lumière, il fallait qu’on voie Ratna sortir de l’ombre pour qu’on commence à la remarquer, de manière subtile, même si l’histoire est racontée principalement de son point de vue. Je me suis appuyée sur l’interprétation des deux comédiens et les choses sont venues naturellement", précise la cinéaste.

La lumière

Pour les intérieurs, Rohena Gera voulait une lumière chaleureuse qui ait un aspect de bois brillant. La cinéaste souhaitait que les intérieurs soient incandescents et trop parfaits, de manière à montrer que dans cet univers confiné, tout est sous contrôle. "À l’extérieur en revanche, c’est complètement différent. Je me suis inspirée des ambiances de In The Mood For Love de Wong Kar Wai qui est une grande source d’inspiration. C’est cette direction que j’ai indiquée à mon chef opérateur, Dominique Colin. Le film de WKW a nourri ma réflexion : le recours aux ombres, au espaces vides, ce couple qui se croise dans les escaliers, sans se toucher... C’est ce que j’aime à propos des histoires d’amour : avant de prendre conscience des sentiments qui nous animent, le temps nous échappe", explique Rohena Gera.

Femme forte

Parce que Ratna est une héroïne positive, Rohena Gera ne voulait pas qu’elle ait l’air bête ou naïve. Au contraire, elle devait posséder une certaine maturité, en dépit de sa souffrance. C'est pour cette raison qu'elle a choisi la comédienne Tillotama Shome pour l'interpréter. La réalisatrice raconte : "Ratna a traversé des épreuves, perdu son mari et gagné en sagesse. Je voulais insuffler cette complexité et cette profondeur à son personnage. Nous devions percevoir ce que le cœur dit, quand les individus se taisent, et sentir tout le poids de son passé. C’est un personnage qu’on apprend à connaître et à aimer. Ce n’est pas une beauté stupéfiante, selon les canons en vigueur du cinéma indien. Elle pourrait même disparaître car jusqu’à présent, elle était invisible aux yeux de son patron. Je voulais montrer un personnage qui n’avait pas été regardé, depuis longtemps, comme une femme. Ratna dévoile les facettes de sa personnalité, comme autant de pièces d’un puzzle."

Quelques critiques presse

Elle par Emilie Rivenq - Un film aussi fin qu'intelligent, à ne surtout pas rater.

Femme Actuelle par La Rédaction - A voir à tout prix.

20 Minutes par Caroline Vié - Impossible de s’aimer comme on veut en Inde, où les castes sont encore puissantes. Monsieur, chronique tendre récompensée à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes et au Festival de Saint-Jean-de-Luz le démontre par l’exemple.

aVoir-aLire.com par Gérard Crespo - Un premier long métrage de fiction qui aborde avec subtilité les barrières de classe et la difficulté à assumer ses sentiments dans un environnement étriqué.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Avec douceur et subtilité, Monsieur bouscule les conventions pour montrer l’héritage des castes, pourtant abolies, et inviter à reconstruire des relations dans le respect mutuel.

La Voix du Nord par Christophe Caron - L’appartement devient le théâtre d’une douce sérénade qui ne dit pas son nom mais qui finira par faire vaciller les personnages, et par emporter le spectateur.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Loin de toute idéalisation naïve comme de toute noirceur misérabiliste, le film fait entendre une petite musique riche d’harmoniques divers, tout à la fois romance sentimentale, peinture sociale, étude de caractères, et surtout drame intime, lourd de toutes les contraintes mais aussi de tous les espoirs. Un petit bijou.

Le Figaro par Marie-Noëlle Tranchant - Avec son premier film, Monsieur, Rohena Gera signe une très élégante histoire d'amour, sachant aussi faire parler le silence.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - On est ému par la force de caractère de ces femmes invisibles qui s'autorisent à défier les injustices sociales.

Le Parisien par La Rédaction - Un très beau film sur l’émancipation, romantique et plein d’espoir.

Les Fiches du Cinéma par La Rédaction - Sur fond de société clivée, un film engagé, nappé d'un romantisme onctueux.

Les Inrockuptibles par Bruno Deruisseau - Un premier film tout en délicatesse.

L'Humanité par Pierre Barbancey - Une ode à l’espoir humain.

Ouest France par La Rédaction - Une histoire sentimentale à la mise en scène discrète et soyeuse, qui évite tout discours manichéen pour pour se concentrer sur la puissance du désir.

Télérama par Guillemette Odicino - L’amour impossible entre un jeune maître indien et sa domestique, servi par une mise en scène soignée, qui n’élude rien de la dure réalité des castes.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - Un beau film sensible et touchant où l’actrice Tillotama Shome éclate par sa beauté, sa grâce et sa sobriété de jeu.

Le Monde par Véronique Cauhapé - Rohena Gera filme avec une grande délicatesse ces deux êtres suspendus à un amour interdit, dont les émotions affleurent sans être prononcées.

L'avis du projectionniste

Un beau film, pudique et émouvant sur une histoire d’amour impossible en Inde... Rohena filme les personnages avec pudeur, les corps se frôlent sans jamais se toucher.. on vibre et on est émus... un beau moment de cinéma..