Ragtime – de Milos Forman

(VO/st) Samedi 23 Mars à 21h00

Date de reprise 20 mars 2019 – Version restaurée (2h 35min)

Date de sortie 6 janvier 1982 (2h 35min)

De Milos Forman

Avec James Cagney, Brad Dourif, Howard E. Rollins

Genre Drame

Nationalité américain

Synopsis

Le portrait d’une société multiraciale, de ses injustices criantes et de ses scandales à travers le destin de personnages issus des milieux les plus divers.

Anecdotes

Ragtime” vient de “rag” rugueux, grossier, et de “time” la mesure et désigne la syncope cassante qui donne sa mesure à ce style musical. Principalement joué par des pianistes noirs, le ragtime constitue la première expression instrumentale de musique afroaméricaine mêlant la musique savante européenne et les rythmes traditionnels africains. En vogue de la fin de la guerre de Sécession jusqu’aux années 20 (comme le two-step et le cake-walk) et largement diffusé grâce aux partitions, le ragtime finira par détrôner la valse dans les salons. Le «roi du ragtime» Scott Joplin réapparut dans les années 70, quand 50 ans plus tard, son fameux titre “The Entertainer ” fut utilisé pour le générique de L’Arnaque et remporta l’Oscar de la meilleure musique. Pour Ragtime, Milos Forman préféra utiliser une musique originale plutôt que d’emprunter au répertoire de l’époque. Il fit appel à un chanteur compositeur de 37 ans : Randy Newman qui proposa à la fois des numéros de pianos jazz, des interludes orchestraux, des morceaux dansés et adapta même la chanson « I Could Love a Million Girls » extraite de l’opérette Mamzelle Champagne (numéro musical du début du film interrompu par l’éxécution de Stanford White).

Critiques

« Ragtime est un film plein d'amour, cultivé et soigneusement structuré, avec des personnages bien écrits. On comprend vers quoi chacun d'entre eux tend et la plupart du temps on sait même pourquoi. » (Roger Ebert, Chicago Sun – Times, 1981

« Tout l’art de Forman est là et c’est du grand art. Forman a toujours été un portraitiste, un portraitiste de cinéma, c’est-à-dire de mouvement, mais de mouvement moléculaire, imperceptible. Réussir à glisser de l’imperceptible dans une superproduction, réussir à faire glisser tout l’appareil de la superproduction vers des figures qui tremblent légèrement, qui échappent au typage, aux grands ensembles contradictoires et détruisent imperceptiblement ceux-ci, c’est le plus grand art. Forman fixe d’abord un visage – il a un sens extrême du casting – puis il s’attache à le défaire à touches invisibles, il l’entraîne on ne sait où, pas même lui ne sait : « Il en est un que j’aime beaucoup, dit Forman, c’est le père. Au départ, je le déteste, mais à la fin je le comprends, et je ressens une grande compassion pour lui». Lorsqu’un metteur en scène se laisse ainsi entraîner par un personnage, sans avoir barre sur lui, lorsqu’on ne sait pas où on est, ni où on va, ce n’est pas «le retour de la grande aventure», mais c’est la seule aventure qui compte. » (Cahiers du cinéma)

L'avis du projectionniste

Dans"Ragtime" Milos Forman dépeint les mœurs de la belle-époque, son racisme, son injustice, ses cruelles inégalités sociales, sa décadence, mais aussi sa richesse, et sa grandeur. Il brosse un portrait aussi passionné que réaliste. Il ne prend pas de parti, et s'abstient de tout manichéisme: chaque personnage de cette fresque est un être complet, qui a ses raisons de mener son combat. C'est superbement mis en scène, la musique est magnifique, les décors somptueux, la reconstitution parfaite... Bref, grand film.