Raoul Taburin – de Pierre Godeau

Dimanche 09 Juin à 18h

Date de sortie 17 avril 2019 (1h 30min)

De Pierre Godeau

Avec Benoît Poelvoorde, Edouard Baer, Suzanne Clément

Genre Comédie

Nationalité français

Synopsis

Raoul Taburin, c’est l’histoire d’un petit garçon devenu grand sans savoir faire du vélo. L’histoire d’un immense malentendu vécu comme une malédiction. Un imposteur malgré lui.

Anecdotes

Un univers singulier

Auteur et réalisateur français, Pierre Godeau, 32 ans, a réalisé trois longs métrages explorant chacun des univers singuliers. Juliette, son premier film, avait été présenté au Festival de Cabourg en 2013. Trois ans plus tard, le cinéaste tourne Éperdument, une histoire d’amour en milieu carcéral, avec Guillaume Gallienne et Adèle Exarchopoulos. Aujourd’hui, Pierre adapte le récit dessiné de Jean-Jacques Sempé, Raoul Taburin, dans une œuvre alliant le rire à l’émotion.

De la BD au ciné

Raoul Taburin est l'adaptation d'une BD créée par Sempé (Le Petit Nicolas) et publié pour la première fois en 1995 : "Je n’ai jamais eu la prétention d’imaginer que le cinéma puisse s’intéresser à mon travail. Ce n’est que lorsqu’on me l’a proposé que je me suis dit : « Quelle bonne idée ! », mais cela n’avait rien d’évident initialement. L’idée qu’une voix off raconte l’histoire m’enchantait, car j’aime énormément cela : ça berce, ça saisit, ça embarque. Je suis émerveillé par le « Il était une fois... ». J’ai le goût du conte, et Raoul Taburin en est un. J’aime beaucoup raconter et me raconter des histoires. Je passe beaucoup de temps à ça depuis toujours", confie l'auteur.

Fantaisie et onirisme

La tentation de la fantaisie et de l’onirisme était en germe dans les deux premiers films de Pierre Godeau, Juliette et Éperdument. "Le dénominateur commun, c’est surtout que j’adore raconter des histoires en partant des personnages - ou plutôt des personnes - en essayant de les comprendre et en dressant des portraits. L’onirisme fait partie intégrante de cet enjeu : je me demande toujours à quoi rêve mon personnage. C’est aussi la question du champ et du hors-champ, de ce que qui se dit et ne se dit pas. Le rêve et la poésie permettent d’exprimer le vécu, le ressenti du personnage. J’ai aussi un côté naïf, enfantin et très rêveur", déclare le metteur en scène.

Tournage en Auvergne Rhône-Alpes

Le film a été tourné en juin et juillet 2017 dans le département de la Drôme, notamment à Venterol (village de Raoul Taburin) et à Mollans-sur-Ouvèze (atelier de Raoul Taburin). "Nous avons tourné dans un petit village du Sud, à Venterol dans la Drôme. Il a fallu faire disparaître tous les marqueurs contemporains apparents : nous avons refait toutes les devantures des magasins, avons habillé la façade de l’église. Puis j’ai eu un déclic lorsque j’ai réalisé que Sempé parlait de nous, des gens autour de lui, un peu comme le fait Depardon, dont nous avons beaucoup regardé les photos. Il ne fallait donc pas exclure les gens du village. Nous avons donc tourné avec les habitants, qui ont tenu des petits rôles ou fait de la figuration", relate Pierre Godeau.

Adapter Raoul

Pour Pierre Godeau, l’ambition était d’être absolument fidèle à Sempé. "Dès lors, comment donner des épaules à cette histoire sans la dénaturer ?", questionne le réalisateur. "Guillaume Laurant, le scénariste du film, a eu l’idée de la voix off, qui était la meilleure façon de traduire à l’écran la petite phrase qui figure sous les dessins de Sempé. Raoul est devenu le narrateur, ce qui n’était pas le cas dans le livre. Il a fallu ensuite trouver des idées qui ne trahissent pas la petitesse de l’intrigue. On s’est efforcés de ne pas tomber dans le « biopic de Raoul Taburin » en écartant toutes les scènes qui ne racontaient pas le conflit intime du personnage, pour mieux aborder des thèmes qu’évoquait déjà le livre et qui me sont chers, comme la filiation, l’accomplissement et la perception de soi. On a étoffé certains personnages discrets, comme celui de sa femme. Le personnage du père a aussi été ajouté, et de fait, l’idée de la filiation : la nécessité absolue de faire du vélo pour Raoul vient du fait que les fils des commerçants reprennent les affaires de leurs parents dans le village. Ça participe à son drame, car son père est facteur", analyse le cinéaste.

Le vélo au coeur du récit

Le vélo de Raoul Taburin possède son autonomie et son mouvement propres. Il apporte ainsi une touche fantastique au récit. "En imaginant un dialogue muet entre Raoul et son vélo, cela m’a donné l’idée de lui donner une autonomie à part entière. On est proche de l’animal domestique doté d’une âme. Et cette idée participe à la poésie qui émane de l’ensemble. Et puis je trouvais que ça rajoutait de l’injustice à la situation de Raoul : quand le vélo le suit, il tient debout, et quand il monte dessus, il tombe", explique Pierre Godeau.

Le son du vélo

Le vélo, c’est aussi un son immédiatement reconnaissable. Pierre Godeau et son équipe ont commencé le montage son par le bruitage. "Ce qu’on fait rarement au cinéma", confie le réalisateur. "Et nous avons bruité tout le film avec un son différent pour chaque vélo. Le vélo du père de Raoul a un son de locomotive, proche d’une respiration fatiguée ; le vélo de Sauveur, le champion, siffle ; celui de la petite fille est mélodieux ; et celui de Raoul fait un son qui évoque les rouages, les rayons, la mécanique propre. Ce « tic-tic-tic-tic » contribue à sa personnification."

Benoît Poelvoorde est Raoul

Pierre Godeau ne connaissait pas Benoît Poelvoorde, mais l'acteur lui paraissait évident pour le rôle. "Il me fallait un acteur archi-expressif pour toutes les séquences muettes. Je lui ai envoyé le scénario et il m’a répondu trois jours plus tard. J’ai compris que c’était le plus grand fan de Sempé que la terre puisse porter et qu’il allait être le gardien de l’esprit de Sempé sur le tournage, capable de me dire si on y était fidèle ou non. Ça m’a beaucoup rassuré et donné confiance. Ça s’est confirmé pendant le tournage. Il a été parfait. Je n’ai même pas eu à le diriger, il connaissait son rôle et l’univers du film sur le bout des doigts."

Une image solaire

D’un bout à l’autre, l'image du film est solaire et chaleureuse. "La couleur en soi était un sujet, car il y en a peu dans le livre. Il y a des touches de couleur sur des détails, en général là où se passe l’action. Comment traduire ça à l’image ? Je me suis dit qu’il fallait faire un ensemble pastel pour le décor et la figuration, et être un peu plus saturé sur les costumes des acteurs principaux pour créer quelque chose de joli et d’uniforme. Je voulais qu’on se sente bien dans cette image, que ce soit agréable à regarder. C’était un vrai défi en partant d’un décor naturel et d’une nature estivale, mais grâce au travail de Claire Mathon à l’image, Yan Arlaud aux décors et Nathalie du Roscoät aux costumes, je crois que nous l’avons réussi", déclare Pierre Godeau.

Benoît is speaking

Benoît Poelvoorde a fait des études de dessin et la première personne qui lui a donné envie de dessiner, c’est Sempé. "Je trouve qu’il dessine comme un dieu. Ce que j’aime tout particulièrement chez lui, c’est sa poésie désabusée, un peu vieille France, avec un fond de dépression transcendée par l’humour et la distance. Il dessine les héros du quotidien. C’est lui qui m’a appris à les regarder, ces petits bonhommes qui hurlent aux vagues de se coucher. Raoul Taburin est particulier, car il se situe entre le roman et le dessin. C’est un livre que j’ai découvert assez tard, grâce à une journaliste qui, en voyant Le Vélo de Ghislain Lambert dans lequel je faisais du vélo, m’a suggéré de jouer Raoul Taburin. Elle trouvait que je lui ressemblais beaucoup. Comme je venais de faire un film sur le vélo, je n’ai rien initié, mais dix ans plus tard, revoici Raoul qui s’offre à moi, c’est incroyable ! Je ne pouvais pas refuser ce rôle."

Sortir du réalisme

Dans l’oeuvre originale, il y a déjà quelques dialogues et une voix qui mène le récit à la première personne et qui donnaient déjà une indication de ton pour Pierre Godeau et son équipe. "Il ne fallait pas être trop réaliste", souligne le scénariste Guillaume Laurant. "Le film se situe à une époque indéterminée, sans téléphones portables. Il ne fallait ni aller vers un parler trop quotidien, ni vers du Carné-Prévert, comme je l’avais fait pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Il y avait un parti pris de sobriété à prendre, sans effets, ni vannes, tout en prêtant aux personnages une fantaisie et si possible une certaine poésie. La voix off, qui mène le récit, je l’ai retravaillée à part comme un long monologue. Elle accompagne les images tout au long du film et elle a donc dû être réadaptée en fonction du montage", ajoute Laurant.

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - La bande dessinée délicieusement absurde de Sempé créée en 1995 et disponible chez Folio est devenue une comédie tendre.

CNews par La rédaction - Une belle adaptation de l’album de Sempé.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Un bain de fraîcheur.

Le Figaro par La Rédaction - Dans Raoul Taburin, Benoît Poelvoorde crève l’écran dans cette adaptation délicate du récit dessiné de Sempé, réalisée par Pierre Godeau.

Le Monde par Véronique Cauhapé - Une adaptation tendre, poétique et drôle de l’album « Raoul Taburin ».

Les Fiches du Cinéma par Keiko Masuda - Le film dépeint, avec une touche de fantastique, une campagne française nostalgique et intemporelle où le vélo est roi. Il en résulte un film optimiste dont l’humour léger est parfaitement adapté à un public familial.

Ouest France par Elvire Simon - Un charme et une poésie indéniable.

Bande à part par Jo Fishley - Dans les rues d'un village de fable, au bonheur utopique, ce cinéma de nostalgie songe à Tati : un "Jour de fête" dans la tête.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - C’était tout l’enjeu du film: réussir à traduire en images la poésie teintée d’absurde du récit de Sempé. Philippe Godeau y parvient en osant une mise en scène empreinte de candeur et de nostalgie.

Le Nouvel Observateur par François Forestier - C’est reposant, gai, ça a goût d’amitié, ça penche du côté de « Clochemerle ». J’ajoute que Benoît Poelvoorde en tendre imposteur et Edouard Baer en charlatan délicieux font la paire.

Le Parisien par Catherine Balle - Sur un scénario ténu, le réalisateur Pierre Godeau signe un film familial à l’ancienne, mais joli et très tendre.

Télé Loisirs par Gwénola Trouillard - Benoît Poelvoorde est plein de poésie dans le rôle du tendre imposteur et le film est empreint du même charme candide que la BD de Sempé dont il est adapté.