Sauvage – de Camille Vidal-Naquet

Dimanche 30 septembre à 17h00

Date de sortie 29 août 2018 (1h 39min)

De Camille Vidal-Naquet

Avec Félix Maritaud, Eric Bernard, Nicolas Dibla

Genre Drame

Nationalité français

Synopsis

Interdit aux moins de 16 ans

Léo, 22 ans, se vend dans la rue pour un peu d’argent. Les hommes défilent. Lui reste là, en quête d’amour. Il ignore de quoi demain sera fait. Il s’élance dans les rues. Son cœur bat fort.

Anecdotes

Nourri de témoignages

Pour écrire Sauvage, Camille Vidal-Naquet est parti d'un personnage de garçon solitaire et errant animé par une quête d'amour que la violence du monde ne peut arrêter. Une fois la première version du scénario écrite, il est allé à la rencontre, par le biais d'une association, des garçons du Bois de Boulogne. Alors qu'il ne comptait rester que quelques nuits, il a noué des liens très forts avec eux et les a fréquentés trois ans, se nourrissant constamment de ces rencontres pour son travail.

Un héros atypique...

Si Sauvage suit un personnage qui se prostitue, celui-ci ne le fait pas pour l'argent contrairement à ses collègues. Son activité lui permet de passer des moments de douceur et d'intimité avec des hommes. Le réalisateur ne souhaitait pas montrer la prostitution telle qu'elle est habituellement représentée à l'écran. "Léo n’est pas attaché à l’argent : il ne compte jamais les billets qu’il empoche, on ne le voit pas dépenser. C’était très important pour moi de montrer qu’il n’est attaché à rien de matériel. Il est ailleurs", explique Camille Vidal-Naquet.

Il s'agit d'un héros en décalage avec son environnement par sa candeur, qui ne porte pas de jugement sur ce qu'il fait et qui vit sa situation comme une normalité, sans remettre en cause ses conditions de vie : "Ce que propose le film, ce n’est pas de comprendre comment ou pourquoi Léo est arrivé là, mais plutôt de vivre avec lui, de partager la fulgurance des instants qu’il traverse".

...et anonyme

Le héros de Sauvage se livre beaucoup mais ne donne pourtant pas facilement son prénom. Le réalisateur explique ce choix : "Dès la première version du script, je voulais qu’aucun de ces garçons de la rue ne soit nommé. Comme si le fait de garder secret leur identité était leur bien le plus précieux. Pour beaucoup d’entre eux, la prostitution est envisagée comme un travail d’acteur : on devient pour quelques minutes quelqu’un d’autre, dans un rôle adapté à chaque client. Dans le film, leurs prénoms ne sont jamais prononcés, et surtout pas celui de Léo".

Félix Maritaud

Félix Maritaud a été engagé sur Sauvage alors qu'il venait de terminer le tournage de 120 Battements par minute. Le réalisateur n'avait vu aucune image du film mais a ressenti "une connivence immédiate" avec le comédien : "Ce qui m’a beaucoup impressionné chez lui, c’est qu’il n’a peur de rien. Il est capable de tout faire, de s’abandonner totalement au personnage, quelle que soit la scène, sans se regarder jouer".

Références

Pour écrire Sauvage, Camille Vidal-Naquet avait en tête Mona, l'héroïne errante de Sans toit ni loi d'Agnès Varda mais également Paul Newman dans Luke la main froide : "C’est un inadapté, un peu poète, mais il n’a peur de rien, il encaisse les violences, les humiliations, mais se relève toujours. Il est solaire, il rayonne dans un univers sombre. J’ai été très marqué par ce personnage qui ne se décourage jamais. Avec son air fragile, il est celui sur lequel on ne miserait pas, mais qui finalement tient jusqu’au bout, contrairement aux autres qui n’ont pas son endurance, sa capacité de résilience. Sa force vient de son humanité, de la joie qu’il prodigue".

Il a également demandé à Félix Maritaud de revoir certains films tels que Rosetta et Sue perdue dans Manhattan. L'acteur témoigne : "Ce sont des personnages seuls, mais sans animosité, jamais contre les autres. Ils sont juste rejetés, marginalisés. La seule chose qu’ils affrontent, ce sont les éléments, autrement dit ce qui est indépendant de toute volonté".

Le rapport au corps

Sauvage met en scène des corps masculins qui suscitent le désir bien qu'ils soient souvent souffrants, abîmés."Tout l’enjeu, dans le film, était d’arriver à concilier ces deux aspects" rappelle le réalisateur. Pour cela, il a beaucoup travaillé les teintes et les textures des peaux lors de l'étalonnage. Il a également tenu à filmer la nudité de façon à la rendre ordinaire, normale, à l'instar de Showgirls et Turkish Délices de Paul Verhoeven, qui, selon lui, "réussit, dans la direction des comédiens, à transmettre ce sentiment d’impudeur et de liberté machinale du corps". Enfin, il a fait appel à un chorégraphe, Romano Bottinelli, pour préparer les corps des comédiens : "Ils devaient apprendre, en un minimum de temps, à l’utiliser comme un outil, et ne pas marquer de gêne, d’hésitation".

Un aspect documentaire

Afin de donner une forme de primitivité au film, le réalisateur a choisi de tourner en caméra portée avec une équipe réduite : "Je souhaitais qu’on ait la liberté totale de tourner dans tous les axes pendant les prises. Il fallait qu’on ressente que la caméra fait partie de la bande, qu’elle est comme l’un des leurs", explique-t-il. Pour autant, très peu de place a été laissée à l'improvisation lors du tournage : "J’étais très soucieux que les comédiens restituent le dialogue sans le modifier, et que leurs intonations correspondent presque exactement à la musicalité que j’avais en tête".

Construire le personnage

Félix Maritaud revient sur la manière dont il a abordé son rôle : "Je suis entré dans le film avec une idée un peu préconstruite, due au fait que j’avais étudié aux Beaux-arts des questions comme le queer, le genre, le rapport de la sexualité et du corps à la société. Bref, j’avais une vision très intello du monde de la prostitution, des enjeux politiques qui y sont liés. Et finalement quand j’ai joué le personnage, il y a eu un moment où je me suis laissé envahir par lui, et où je n’étais plus du tout responsable de ce que mon corps produisait".

Quelques critiques presse

Les Inrockuptibles par Gérard Lefort

“Sauvage”, comme son titre l’indique, n’est pas très civilisé. Il est même barbare dans sa matière brute . Le style paraît être celui d’un documentaire, plus ou moins embusqué, c’est-à-dire à une certaine distance qui n’a rien à voir avec la pudeur ou la prudence.

Voici par Lola Sciamma

Félix Maritaud est magistral.

20 Minutes par Caroline Vié

Une chose est certaine : le talent de Félix Maritaud saute aux yeux comme une évidence.

aVoir-aLire.com par Gérard Crespo

Un véritable coup de poing qui confirme la vitalité du jeune cinéma d’auteur français.

Bande à part par Olivier Pélisson

Un grand cri d‘amour étouffé. Et la révélation d’un réalisateur et d’un acteur. Entre détermination et fragilité.

CinemaTeaser par Renan Cros

Comme si les Dardenne avaient réécrit Hustler White de Bruce LaBruce, Sauvage capture la réalité crue pour en faire du cinéma tendu, vivant, en un mot humain.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet

Le désir de ce personnage de se sauver donne à Sauvage une pulsation héroïque. Sauvage n'est ni indigne, ni vulgaire, ni sordide.

Ecran Large par Simon Riaux

Rarement titre aura été aussi adapté à un premier film, qui scrute la prostitution masculine avec un regard aux airs d'élan vital.

La Septième Obsession par Sandrine Marques

Corps enlacés, corps meurtris et souffrants, sauvés par la douceur de la caresse : Camille Vidal-Naquet porte un regard bienveillant et emphatique sur ces « tapins ». Il ne juge jamais ses personnages, mais les accompagne dans leur quête sentimentale.

Le Figaro par Jean Talabot

Le prometteur Felix Maritaud, dont la hargne avait illuminé 120 battements par minute, se découvre bouleversant dans ce long-métrage de Camille Vidal-Naquet.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche

On est captivé par ce récit tragique porté par le charisme dévastateur de Félix Maritaud.

Le Monde par Véronique Cauhapé

Le portrait d’un jeune prostitué en quête de tendresse, interprété avec intensité par Félix Maritaud

Le Nouvel Observateur par Nicolas Schaller

Dans les errements de Léo, ce premier film trouve sa vérité, sa fébrilité et sa sauvagerie, au sens pasolinien.

L'Humanité par Khadija Kouyaté

Un titre puissant qui insuffle une sensation de nature et de liberté. Le film ne décevra pas cette promesse.

Libération par Marcos Uzal

Aussi brut que sentimental, le premier long métrage de Camille Vidal-Naquet transcende les écueils glauques de son sujet, notamment grâce à la révélation Félix Maritaud.

Marie Claire par La Rédaction

Un portrait à vif.

Paris Match par Yannick Vely

Premier film percutant sur la prostitution masculine, «Sauvage» de Camille Vidal-Naquet révèle un grand espoir du cinéma français : Félix Maritaud.

Rolling Stone par Jessica Saval

Si la nudité ou la violence - parfois extrême - de "Sauvage" ne surprennent presque plus après la première passe, son réalisme poisseux est tout bonnement remarquable.

Sud Ouest par Sophie Avon

Un beau premier long métrage.

Télérama par Louis Guichard

Camille Vidal-Naquet emmènera ainsi son héros en fuite vers un inquiétant tableau final, poétique et trouble, impossible à oublier.

Transfuge par Nathalie Dassa

La force de ce premier coup d’essai, on la doit surtout à son interprète, Félix Maritaud. Il offre une palette riche d’émotions, s’abandonnant à son personnage solaire qui racole sur la voie publique, dans les bois, bars et boîtes de nuit.

Critikat.com par Juliette Goffart

La seconde nature de Sauvage, celle du portrait d’un marginal situé à la lisière de l’échappée picaresque, dégage quant à elle un indéniable vent de fraîcheur à travers les traits de ce jeune intranquille, condamné à rester l’œil de son propre cyclone.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet

Un film âpre, parfois éprouvant, mais avec aussi une leçon de vie ouverte sur une note d’espoir.

La Croix par Corinne Renou-Nativel

Ce tableau très sombre d’une réalité sociale de notre pays serait certainement insoutenable si le cinéaste et Félix Maritaud, l’acteur qui incarne Léo, n’avaient donné au personnage une dimension solaire.

Les Fiches du Cinéma par Clément Deleschaud

Puissant, romanesque et ambitieux dans sa ténacité, "Sauvage" ne pâtit finalement que de son système, fait de blocs elliptiques diversement inspirés, qui confère une arythmie certaine à l’ensemble, aussi sidérante par instants, qu’exsangue par d’autres.

L'Express par Eric Libiot

Ce premier film porte bien son titre. Parfois trop . Mais il y a là un cinéaste évident qui va s'affirmer au cours des ans, pour peu qu'il se fasse confiance.

Ouest France par La Rédaction

Un film coup de poing, très cru et parfois complaisant, mais qui est porté par la présence brute de Félix Maritaud

Positif par Ariane Allard

La réalisation surligne un peu trop ce que cette matière brute, libre, sale... sauvage nous donne à voir de toute façon. L'expérience reste forte néanmoins.

Première par Christophe Narbonne

Camille Vidal-Naquet signe un premier film éprouvant mais bouleversant sur un jeune prostitué en rupture de ban.

Le Point par Catherine Balle

Sauvage se révèle d'une grande justesse.