Séjour dans les monts Fuchun – de Gu Xiaogang

Dimanche 02 Février à 17h00

Date de sortie 1 janvier 2020 (2h 30min)

De Gu Xiaogang

Avec Qian Youfa, Wang Fengjuan, Sun Zhangjian

Genres Romance, Drame

Nationalité chinois

Synopsis
Le destin d’une famille s’écoule au rythme de la nature, du cycle des saisons et de la vie d’un fleuve.

Anecdotes

Festival de Cannes 2019
Le film est présenté à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2019.

Note d'intention
Alors qu'il revenait dans sa ville natale en 2016 pour écrire, Gu Xiaogang a été témoin des changements économiques et sociaux qui secouaient Fuyang. Cette petite commune auparavant tranquille avait été intégrée à la municipalité de la ville de Hangzhou où s’est tenu le sommet du G20 en 2016. "J’ai compris que j’avais de la chance d’assister à cette transformation immense et émouvante de la ville. Portée par ces courants, ces vagues de changement, chaque personne, chaque famille est profondément reliée avec son environnement qui affecte inévitablement le monde intérieur de chacun. C’est leur quotidien que le film révèle peu à peu", explique-t-il.

Titre
Séjour dans les monts Fuchun tire son titre d'un tableau du même nom peint entre 1348 et 1350 par l'artiste chinois Huang Gongwang. Les parents du réalisateur possédaient un restaurant à l’endroit où fut peint ce rouleau horizontal. À son sujet, le réalisateur raconte que le peintre ajustait constamment le point central de son tableau et construisait divers angles afin de créer une expérience visuelle complète et unifiée : "Parfois ses points de vue se situent dans le ciel, parfois sur la terre, parfois dans la forêt. Il est totalement affranchi des chaînes de la peinture bi-dimensionnelle".

Un tournage long
Séjour dans les monts Fuchun a été tourné en deux ans. L'histoire se déroulant sur une année, il fallait au moins tourner pendant un an pour suivre les saisons. Il a été difficile à produire car la longueur du tournage, qui plus entre les mains d'un réalisateur dont c'est le premier film, effrayait les producteurs. Mais pressé de tourner dans une ville en pleine mutation, Gu Xiaogang a commencé à filmer avec très peu d'argent emprunté à ses amis. Il se souvient : "La première année, nous avons remporté des prix en argent comptant dans le cadre de l’aide à projets de certains festivals. La deuxième année, j’ai rencontré Factory Gate Films qui m’a aidé à rembourser ma dette et qui est devenue notre société de production. Nous avons terminé le tournage un an plus tard, avec Qu Jing Pictures et ma société Chu Xiao Films".

Le début d'une trilogie
Séjour dans les monts Fuchun est le premier film d'une trilogie. Pour la suite, le réalisateur compte changer de décor pour s'installer le long du fleuve Yangtsé. Les films suivants raconteront de nouvelles histoires. Certains des personnages du premier film pourraient être développés dans la nouvelle histoire du second. Gu Xiaogang compare cette trilogie à la peinture chinoise de cinq mètres, Le long de la rivière pendant le festival de Qingming, qui "montre l’aspect urbain de l’ancienne capitale chinoise et les conditions de vie des habitants de toutes les classes à cette époque".

Quelques critiques presse

Bande à part par Olivier Pélisson - Long-métrage inaugural du parcours d’un jeune prodige chinois : Gu Xiaogang. Dépaysement garanti et cinéma au sommet de son art.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain - Mais la beauté du film tient tout entière dans sa mise en scène très douce. (...) Gu Xiaogang filme beaucoup les paysages, et ses personnages au cœur de ceux-ci. (...) C'est tout simple, sans volonté d'en imposer, et pourtant majestueux et bouleversant.

 L'Humanité par Vincent Ostria - Ce premier film magistral, tourné sur deux ans, au gré des saisons, n'est pas un simple coup d'essai. C’est le premier volet d'une ambitieuse trilogie, dont on attend la suite avec impatience.

 Libération par Marcos Uzal - Quitte à paraître un peu pompeux, on ose affirmer que cette façon de mettre chaque vie singulière en perspective avec l’évolution d’une famille, d’une société ou d’un paysage, tout en s’accordant au rythme des saisons aussi bien qu’aux soubresauts de l’histoire, touche à l’essence même du cinéma.

Transfuge par Serge Kaganski - le jeune Gu Xiaogang impressionne par sa maîtrise du récit, des plans et des durées, une maîtrise qui n’est jamais m’as-tu-vue ou asséchante mais, au contraire, toute au service d’un film qui respire avec ampleur, à l’exacte intersection de l’ambition et de l’humilité.

CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta - Quand la simplicité confine au sublime.

La Croix par Céline Rouden - Dans ce film d’une grande virtuosité, le réalisateur de 31 ans déplie à la manière d’un rouleau de peinture ancienne, une chronique familiale sur trois générations et quatre saisons sur fond de mutations de la Chine urbaine.

 Le Figaro par La Rédaction - Le réalisateur ne verse jamais dans la virtuosité gratuite. Il montre une ville en pleine mutation, un chantier permanent. À ce chaos urbain répond une nature puissante et immuable.

Le Journal du Dimanche par Alexis Campion - Le spectateur est ainsi invité à se laisser captiver par de longs plans-séquence, bucoliques ou urbains, qui composent une peinture cinématographique qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Jia Zhangke, nourri de fiction entrelacée à des observations documentaires.

Le Monde par Jacques Mandelbaum - C’est ainsi par son attention aux détails, par son respect de la chose filmée, par sa chronique des jours, par le luxe de la durée qu’il s’offre à luimême (deux heures trente minutes) que Séjour dans les monts Fuchun offre une résistance discrète et élégiaque au bruit et à la fureur de la Chine contemporaine.

Le Nouvel Observateur par Xavier Leherpeur - On a hâte de continuer à descendre le cours de cette œuvre magistrale. La critique complète est disponible sur le site Le Nouvel Observateur

Première par Thomas Baurez - Séjour dans les monts Fuchun est un film choral qui n’a pas besoin de forcer pour exister. La caméra à hauteur de l’intime caresse les lieux et les êtres.

 Télérama par Jacques Morice - Le premier volet d’une fresque familiale, et la naissance d’un grand cinéaste.

aVoir-aLire.com par Tristan Isaac - Film-fleuve qui tient à la fois de la peinture chinoise ancienne et de la chronique familiale, Séjour dans les monts Fuchun frappe à la fois par sa simplicité de sa mise-en-scène, l’ampleur de sa narration et la poésie de ses plans-séquences.

L'avis du projectionniste
On est littéralement en Chine, dans le quotidien d'une classe moyenne aux destins très variés, au contact de leurs usages et de leurs traditions. Le récit nous dépeint le sort de quatre frères et de leurs familles. Le plus âgé est un restaurateur au tempérament bien trempé, le deuxième un pécheur vivant sur une barque avec sa femme et son grand dadais de fils, le troisième est un joueur invétéré endetté jusqu'au cou qui élève seul son fils trisomique et le dernier est un crétin fini de 37 ans. Tous parlent d'argent continuellement, mais leur autre souci est de s'occuper de leur très vieille mère. Le réalisateur dresse le portrait de la Chine d'aujourd'hui. C'est beau c'est puissant c'est aussi nostalgique et c'est le croisement entre l'avancée de ce pays à marche forcée et la puissance du passé qui ne veut pas s'éteindre.