Sol – de Jézabel Marques

Samedi 08 Février à 20h30

8 janvier 2020 / 1h 38min / Comédie

De Jézabel Marques

Avec Chantal Lauby, Camille Chamoux, Giovanni Pucci

Nationalité français

Synopsis
Sol, célèbre interprète de Tango argentin, vit à Buenos-Aires depuis de nombreuses années. Derrière son tempérament excessif et son sourire incandescent, la Diva cache une blessure dont elle ne s’est jamais réellement remise : la perte de son fils unique, Raphaël, avec qui elle avait rompu tout lien. Sol revient à Paris dans l’espoir de rencontrer enfin Jo, son petit-fils de 7 ans, né de l’union de Raphaël et d’Eva, sa belle-fille, qu’elle ne connaît pas. Mais devant eux, Sol prend peur et prétend être là pour louer le studio situé sur leur palier. Dès lors, elle va tout faire pour apprivoiser ses nouveaux voisins…

Anecdotes

Naissance du projet
SOL est un projet né en rapport avec la relation que Jézabel Marques avait avec sa grand-mère. La cinéaste s'est retrouvée avec elle vers la fin de sa vie : si, en premier lieu, leurs rapports étaient tendus, ils sont petit à petit devenus touchants. Elle se rappelle : "Je me suis rendu compte de tout le temps perdu, de qui était vraiment cette femme - de qui j’étais moi-même aussi quelque part, et de tout ce que j’avais hérité d’elle, ce qui était passé dans mes gènes et dans mon sang… De toutes ces différences entre deux femmes de deux générations si différentes. Et je suis partie de là pour écrire un premier scénario il y a bien longtemps maintenant. Puis de fil en aiguille, la réalité s’est éloignée, j’ai voulu rendre ces deux personnages encore plus extrêmes, qu’elles ne soient plus de la même famille, en tout cas pas directement, que leur lien s’établisse au travers d’un homme et d’un enfant… Et puis il y avait aussi cette chanson Fumando espero qui est le thème du film et que ma grand-mère chantait toujours… J’avais donc ce rythme de tango et ces personnages"

Thématique de la transmission
Dans SOL, comme dans le documentaire Renée (qui date de 2011), Jézabel Marques aborde le sujet de la transmission. La réalisatrice confie : "Je suis très famille. Très attachée à ce que m’ont apporté mes parents et à ce que leurs propres parents leur avaient transmis. Je peux écouter des personnes âgées me raconter leur histoire pendant des heures. J’y vois quelque chose de sacré. On doit vivre nos propres expériences mais c’est important d’écouter. On a tous quelque chose à transmettre ou à recevoir des autres."

Trouver Jo
L'un des rôles principaux de SOL est interprété par un petit garçon, Giovanni Pucci. Avec Marine Albert, la directrice de casting, Jézabel Marques a vu une centaine de petits garçons entre sept et neuf ans avant le tournage du film. Elle explique : "Très vite je me suis rendu compte qu’il fallait qu’ils soient plus jeunes, parce que vers huit-neuf ans ils ont déjà un peu perdu de leur naïveté. Et puis physiquement, j’avais besoin d’un enfant qui ait l’air petit, fragile, qu’on ait envie de protéger, de prendre dans ses bras… En même temps, il me fallait un gamin qui tienne en place parce qu’il avait beaucoup de jours de tournage, et à raison de trois heures par jour, il fallait que ça aille vite. Pendant les castings, je me suis amusée avec eux, j’ai fait beaucoup d’impros, des chansons, des grimaces… J’essayais de voir si j’arrivais à les tenir, s’ils étaient disciplinés mais avec une petite folie et de la légèreté… et j’ai choisi Giovanni parce qu’il est magique. Quand il joue, les mots sortent de sa bouche naturellement et j’ai l’impression que c’est lui qui les invente et pas moi qui les ait écrits ! Il est incroyable ce gamin."

Côté BO
Dans SOL, il y a la chanson de Sara Montiel, "Fumando espero", ainsi que toutes les compositions de Laurent Perez Del Mar. Jézabel Marques explique : "J’avais d’abord fait de longues listes de morceaux par personnages que j’ai essayés, mais je n’avais pas d’unité. Il n’y avait pas de vérité, ça ne marchait pas. Une fois le film monté, le tango est devenu une évidence. Mais j’ai un problème avec le bandonéon - instrument emblématique du tango. Ses tonalités aigües m’agressent. Donc il fallait que je cherche du tango sans bandonéon et j’ai trouvé quelques morceaux que j’ai testés. Et là ça fonctionnait super bien. Plusieurs personnes m’ont alors parlé de Laurent qui m’a tout de suite fait des propositions extrêmement justes. Je voulais de la douceur et de la gravité, tout en gardant de la légèreté. Un vrai challenge, mais Laurent y est parvenu avec brio. C’est un musicien extraordinaire."

1er premier rôle pour Chantal Lauby
Sol est en quelque sorte le vrai premier rôle au cinéma de Chantal Lauby, dans la mesure où il s'agit du rôle-titre et que l’histoire repose sur ce personnage. La comédienne explique : "Quand on s’est séparés avec « Les nuls », j’étais un peu perdue parce que je ne savais pas dans quelle direction aller et j’avais accepté un film de Philomène Esposito pour la télévision qui s’appelait Le secret de Julia. Et Julia c’était moi. C’était l’histoire d’une femme qui revivait son passé et qui réglait des choses de sa vie… J’avais accepté ce drame parce que je ne voulais plus faire de comédie. Même si j’avais très peur de ce genre. Mais ça avait très bien marché : on avait même eu la médaille d’or du festival de New York ! Je me souviens que ma mère - qui ne m’avait vue que dans les sketches des Nuls et des trucs rigolos – avait versé sa larme en me voyant dans ce rôle dramatique. Mais après ça, je ne me suis plus vraiment retourné vers ce genre de rôles à part Photo de famille avec Bacri, mais c’était un petit rôle. Je ne portais pas le film comme je le porte ici avec Camille Chamoux."

Quelques critiques presse

20 minutes - par Caroline Vié - Chantal Lauby émeut dans SOL de Jézabel Marques.

Closer par La Rédaction - Le film se révèle attendrissant et juste.

CNews par La rédaction - La réalisatrice Jézabel Marques signe une comédie drôle et touchante sur la transmission, que lui a inspiré sa propre relation avec sa grand-mère.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Un gentil film familial.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Touchant.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Le film reste une belle histoire de famille recomposée, à travers le portrait de deux femmes à la fois fragiles et fortes, et une histoire de résilience, à travers un tango re-chorégraphié : un pas en arrière, deux pas en avant... Alors on danse !

Télé 7 Jours par Julien Barcilon - Une comédie familiale toujours juste.

Voici par Lola Sciamma - Le film lorgne souvent vers le drame, et Chantal Lauby se révèle finalement plus mélancolique que drôle.

Le Parisien par Pierre Vavasseur- Jézabel Marques signe un premier film touchant.

L’avis du projectionniste

Une jolie comédie dramatique interprétée avec justesse et tendresse par un casting de qualité Chantal Lauby et Camille Chamoux en tête.