Sorry we missed you – de Ken Loach

Dimanche 24 Novembre à 17h00 (VO/st)

Date de sortie 23 octobre 2019 (1h 40min)

De Ken Loach

Avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone

Genre Drame

Nationalités britannique, belge, français

Synopsis

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Anecdotes

Cannes 2019

Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2019.

Une relation privilégiée

Sorry We Missed You est écrit par Paul Laverty, collaborateur familier de Ken Loach puisqu'ils ont travaillé plus d'une quinzaine de fois ensemble. Le script est né de bribes d'histoires que Laverty a trouvé dans ses carnets.

Né de Moi, Daniel Blake

Alors qu'il préparait Moi, Daniel Blake, Ken Loach s'est rendu compte de l'augmentation des travailleurs indépendants ou intérimaires et qu'il y avait matière à faire un autre film : "C’est une nouvelle forme d’exploitation. Cette économie des petits boulots, comme on l’appelle, [...] la main-d’oeuvre précaire, n’ont cessé d’être au coeur de mes discussions quotidiennes avec Paul Laverty". Quant à la productrice Rebecca O'Brien, l'engouement suscité par Moi, Daniel Blake lui a donné l'impulsion de faire Sorry We Missed You : "Je crois que beaucoup de gens avaient peur de parler de l’humiliation que le système leur fait subir. Le film leur a permis de sentir qu’ils n’étaient pas seuls dans cette situation".

Une nouvelle forme d'exploitation

Pour Ken Loach, l'exploitation est vieille comme le monde, ce qui a changé c'est l'implication de la technologie moderne, qui permet par exemple à un client de suivre à la trace son colis : "C’est un équipement hautement sophistiqué, avec des signaux qui rebondissent sur un satellite, quelque part. Le résultat est qu’une personne se tue à la tâche dans une camionnette, allant d’un point à un autre, de rue en rue, se démenant pour répondre aux exigences de cet équipement".

Se documenter

Le scénariste Paul Laverty a effectué des recherches pour le film mais a rencontré quelques difficultés : les chauffeurs étaient réticents à l'idée de témoigner par crainte de perdre leur emploi et les dépôts étaient difficiles à pénétrer. Il a toutefois réussi à rassembler des informations grâce à un homme qui travaillait dans un dépôt voisin de là où le film a été tourné.

Des comédiens débutants

Sorry We Missed You offre à Kris Hitchen son premier grand rôle au cinéma. Plombier durant vingt ans, il décide de se lancer dans la comédie à l'âge de 40 ans avec l'accord de sa femme, qui a dû travailler plus afin de mettre leur famille à l'abri. C'est grâce à son agent qu'il passe une audition pour le film : "J’ai cru que j’avais foiré, mais on m’a appelé pour d’autres essais. Alors j’ai mis le paquet – on n’a qu’une chance, non ? Après, tout est allé très vite. J’ai reçu un appel – je me souviens que je venais juste de me faire payer pour des chaudières".

Ses partenaires à l'écran se sont eux aussi mis tardivement à la comédie : Debbie Honeywood est assistante de vie scolaire et Ross Brewster est officier de police.

Newcastle

Le tournage a eu lieu à Newcastle durant cinq semaines et demi : "Nous voulions que le paysage urbain de Newcastle soit présent dans le film, sans que ça ressemble à des images touristiques, pas uniquement pour montrer la ville. Je pense qu’on a un sens du paysage : on voit les vieilles terrasses, les immeubles et le centre ville, avec son architecture classique" explique Ken Loach.

Quelques critiques presse

Elle par Françoise Delbecq - Un film magnifique qui décortique les ressorts de l'ultralibéralisme. Implacable.

La Croix par Jean-Claude Raspiengeas - Implacable et poignant.

Le Journal du Dimanche par Stéphane Joby - C’est brillant, implacable, poignant et raconté sobrement, sans discours politique ni pathos.

L'Express par Christophe Carrière - Fidèles à leur sobriété, Ken Loach et son fidèle scénariste Paul Laverty dressent un constat implacable d'une société où la seule chose qui tourne rond serait ce modeste autoentrepreneur tel un hamster dans sa roue.

Positif par Dominique Martinez - Ken Loach et son coscénariste, Paul Laverty, assument une critique cinglante de la transformation du travail et de la déshumanisation de notre société. Un regard politique qui aurait pu mener à un film à thèse mais dont leur cinéma fait tout autre chose. Les personnages, broyés par le monstre libéral, sont incarnés par des comédiens époustouflants.

Voici par A.V. - Drame sobre, touchant et lumineux d'humanisme qui, comme ses héros, ne renonce jamais.

20 Minutes par Caroline Vié - On ne regarde plus les livreurs du même œil après avoir vu Sorry We Missed You, un film qui donne envie de retourner dans des magasins de quartier plutôt que de passer commande sur Internet.

Bande à part par La rédaction - Comment résister à la loi du plus fort dans l’économie de marché ? Dans Sorry, We Missed You, Ken Loach répond par une ode à la famille. Et le cinéaste militant s'avère bouleversant.

CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta - Ken Loach reste digne mais réaliste.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Un film politique puissant.

Femme Actuelle par Sabrina Nadjar - Ken Loach ne cherche ni le rire ni le rêve. Mais son cinéma réaliste, façon Zola, met en valeur des vies humbles, des gens exploités et trop peu regardés. Il prend leur défense, il salue leur courage. Et nous le sien.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Le vétéran britannique dénonce l’ubérisation galopante du travail. Et montre, même s’il ne sort d’une mécanique du malheur assez prévisible, qu’il sait toujours aussi bien scruter les dérèglements de la société.

Le Dauphiné Libéré par Jean Serroy - Fidèle à son cinéma de dénonciation des injustices sociales, Ken Loach se penche sur les formes nouvelles de l’économie ubérisée et numérisée : kenloachissime…

Le Figaro par Bertrand de Saint Vincent - Ken Loach tire le signal d’alarme. Il le fait avec une sobriété efficace, un œil implacable et généreux.

Le Parisien par La Rédaction - Un film sombre et bouleversant, ponctué de scènes qui prennent aux tripes.

Les Fiches du Cinéma par Michaël Ghennam - Après l’absurdité du Pôle Emploi britannique, Loach fulmine face aux excès du libéralisme des « start-up nations », livrant en filigrane un émouvant portrait de famille.

Les Inrockuptibles par Théo Ribeton - "Sorry We Missed You" est une parabole sur l’ubérisation du marché du travail et le démantèlement par le numérique des droits sociaux élémentaires – soit le nouveau volume thématique de la geste antilibérale loachienne, dont les services publics informatisés de "Moi, Daniel Blake" avaient un peu initié le ton.

L'Humanité par Marie-José Sirach - C’est un film sans concession, un état des lieux lucide sur une génération sacrifiée sur l’autel d’un capitalisme débridé.

Libération par Luc Chessel - chez Loach, de façon délibérée, la lourdeur de la démonstration est à la mesure directe de la violence sociale décrite.

Marianne par Nedjma Van Egmond - Un nouveau film plein de rage et de tendresse.

Ouest France par La Rédaction - Un nouveau brûlot réussi.

Première par Thomas Baurez - Loach fait du Loach et c'est très bien comme ça.

Télérama par Jacques Morice - Sur les ravages du néolibéralisme, que résume le visage défiguré de Ricky, le film est d’autant plus poignant que les acteurs, certains professionnels depuis peu, d’autres pas du tout, impressionnent par leur justesse.

aVoir-aLire.com par Julien Dugois - A 82 ans, Ken Loach réussit à parfaitement dessiner les évolutions libérales du marché du travail et leurs dérives aliénantes. Il en profite également pour dépeindre un portrait de ses contemporains avec la justesse dont il a le secret.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - La démonstration reste cependant didactique et chargée, même si elle est comme de coutume chez le cinéaste, pleine d’émotion.

Culturopoing.com par Vincent Nicolet - L’intelligence du scénario se heurte à une mise en image avant tout « pratique », visant essentiellement à valoriser le discours. […] Ces considérations évoquées, "Sorry We Missed You" constitue tout de même un bon cru.

Ecran Large par Simon Riaux - Ken Loach semble d'abord renouer avec la puissance humaniste de ses débuts, avant d'oublier en cours de route toute vélléités de nuance et de mise en scène, préférant le tract facile et confortable à la réflexion.

La Septième Obsession par Lucas Charrier - Le monde que Ken Loach filme change à toute vitesse, quand son cinéma paraît lui immuable, d’une stabilité exemplaire.

Le Nouvel Observateur par Nicolas Schaller - C’est en en mesurant l’impact sur la vie familiale et sur les deux enfants, émouvants perturbateurs du calvaire parental, que Loach trouve le cœur de son film et celui du spectateur.

Paris Match par Yannick Vely - C'est excellemment bien joué, toujours juste dans les scènes familiales et il faut avoir un coeur de pierre. pour résister à la montée lacrymale.

Sud Ouest par Sophie Avon - Qu’il s’agisse des parents ou des enfants, ou même de protagonistes secondaires, chacun est dessiné avec profondeur et ce sens propre à l’auteur de « Sweet Sixteen » de saisir, dans la fiction, la fine lame d’une réalité déchirante.

Télé Loisirs par Emilie Meunier - Ken Loach vise juste

L'avis du projectionniste

Le jeune réalisateur de 83 ans dénonce les dérives d'un libéralisme exacerbé, en dressant le portrait très réaliste et crédible d'un homme et de sa famille, broyés et épuisés par un système qui rogne de plus en plus sur les acquis sociaux et les libertés individuelles. C'est à la fois simple et très puissant, les acteurs sont poignants... Nous sommes mis face à nos contradictions de consommateurs et face à l'esclavagisme moderne. A voir absolument.