Tout ce qu’il me reste de la révolution – de Judith Davis

Samedi 30 Mars à 20h30

Date de sortie 6 février 2019 (1h 28min)

De Judith Davis

Avec Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas

Genre Comédie

Nationalité français

Synopsis

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise.

Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.

Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à

Anecdotes

Du spectacle au film

Le film est une sorte d'extension au spectacle créé par Judith Davis et sa troupe, L'Avantage du doute, en 2008 : "Même si la plupart des acteurs sont communs aux deux, Tout ce qu’il me reste de la révolution n’est pas une adaptation du spectacle, mais il en prolonge l’esprit. Avec la compagnie, nous aimons nous emparer de sujets au croisement de sujets personnels et de sujets de société. Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon… était notre premier spectacle, un geste inaugural pour une compagnie préoccupée par la notion d’engagement. Nous étions partis de la réalité de cette troupe, constituée de gens de générations et de parcours différents, et un trait s’était tiré entre l’héritage des luttes des années 60-70 et le « que faire ? » d’aujourd’hui. Le spectacle était aussi le résultat d’un méticuleux travail d’enquête pour s’échapper de l’histoire officielle et raconter une histoire plus intime. Pourtant, ayant grandi dans une famille militante, avec une vraie culture de gauche, j’étais très réticente à parler de cette époque, de 68 et de son folklore. Tout s’est libéré quand j’ai compris que je pouvais me saisir de ce ras-le-bol. À tel point qu’après le spectacle, j’ai gardé la sensation de ne pas en avoir fini avec cette histoire", confie Judith Davis.

Devant et derrière la caméra

Judith Davis n'arrivait pas à écrire le personnage d’Angèle tant qu’il ne s’agissait pas d’un « double de fiction ». "Une fois le film écrit, j’aurais pu choisir de travailler avec une actrice pour me concentrer sur la réalisation, mais tous les acteurs qui participaient au projet, et qui pour la plupart font partie de la compagnie, m’ont dit que ce personnage était trop proche de moi pour qu’il soit interprété par quelqu’un d’autre. Il faut avouer que le jouer moi même a permis un gain de temps énorme. J’ai beaucoup travaillé le découpage en amont avec la chef opératrice du film, et sur le tournage, Claire Dumas, qui joue le rôle de Léonor, a été mon binôme. Elle était là tous les jours et m’aidait à avoir un regard sur mon jeu. Elle fait aussi partie de la compagnie, nous nous connaissons par coeur. Sans ce collectif, le film n’aurait aucun sens et n’aurait tout simplement pas pu se faire."

Critique du monde du travail ?

Les personnages créés par Judith Davis font une expérience douloureuse du monde du travail, soit il est aliénant, soit il est précaire. "Je me suis beaucoup intéressée à la question du travail, avec la compagnie ou seule. Le management, l’obsession de la rentabilité et le modèle de l’entreprise sont en train de contaminer toutes les sphères de l’activité humaine, même les lieux de culture ou l’hôpital, et notre imaginaire aussi. C’est pour moi l’un des constats politiques les plus alarmants d’aujourd’hui. Le travail est malade et tout le monde en souffre, comme tous mes personnages", analyse la cinéaste.

Mireille Perrier sinon rien

Judith Davis n'a jamais envisagé que Diane soit interprétée par quelqu’un d’autre que Mireille Perrier. "C’est une magnifique actrice, dont la pure présence m’impressionne. Elle incarne pour moi à la fois le souvenir d’une époque et un souvenir de cinéma. Sa jeunesse dans les films de Carax ou de Garrel, en surimpression dans nos mémoires de spectateurs de la fin de la Nouvelle Vague, donnait pour moi un souffle romanesque, presque romantique même, à l’évocation du personnage. J’ai ainsi décliné les moyens du cinéma pour approcher avec émotion ce personnage, dont la présence est uniquement fantomatique pendant les deux tiers du film. Une image d’archive de Mireille à 28 ans, sa voix, si reconnaissable, dans la tête d’Angèle qui se souvient, une photo en noir et blanc de son regard à l’arrière du livre qu’elle a écrit, exhumé des cartons… Si le film est souvent volontairement prosaïque, ou même terre-à-terre, j’aimais beaucoup l’idée d’incarner un fantasme à travers toutes les facettes d’un personnage et d’une actrice."

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - Avec la coscénariste Cécile Vargaftig, Judith Davis offre un état des lieux de la France d’aujourd’hui, où l’obligation de rentabilité fait souffrir la population.

Bande à part par Isabelle Danel - Ce premier film politique en forme de comédie légère nous apporte le bonheur, ici et maintenant.

CNews par La rédaction - Adapté de sa pièce de théâtre créée avec sa troupe, Judith David reprend le personnage d’Angèle dans cette comédie politique pétillante et pleine d’amour.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Le talent de Judith Davis, actrice, scénariste et réalisatrice, éclate dans cette comédie, pleine d’un charme impétueux, sur la perte des idéaux.

Le Monde par Mathieu Macheret - Si le film trahit parfois son origine théâtrale et cède par moments à certains typages sociologiques, il convainc néanmoins par sa façon d'ancrer la comédie dans de véritables enjeux d'espace.

Les Fiches du Cinéma par Chloé Rolland - Cette comédie explosive de la théâtrale Judith Davis transmet une énergie redoutablement bénéfique pour repenser le monde.

Les Inrockuptibles par Bruno Deruisseau - Si le film s’émiette par moments dans la radiographie globale de son tout et ne parvient pas à réchauffer ces restes d’une fausse révolution, il pose la nécessité d’un changement avec une simplicité aussi éclatante que précieuse.

L'Express par Antoine Le Fur - Par moments, "Tout ce qu'il me reste de la révolution" peut fatiguer à force de vouloir faire adhérer à tout prix le spectateur à l'idéologie de la réalisatrice. Mais, au milieu de cette énergie, l'émotion affleure, donnant naissance à quelques belles séquences.

Libération par Luc Chessel - Dans les limites où il se trouve enfermé par les circonstances, et qui sont celles de ce qu’on pourrait appeler, de façon un peu générale, le "cinéma français de scénario", "Tout ce qu’il me reste de la révolution" est une réussite : par sa manière de lutter contre ces mêmes limites, avec une certaine combativité qui passe par l’humour et finit par emporter le morceau.

Ouest France par La Rédaction - Drôle et juste.

Positif par Yannick Lemarié - De sa conception à sa réalisation, "Tout ce qu'il me reste de la révolution" porte en lui une utopie. Il le fait avec modestie, intelligence, subtilité et humour.

Première par Sophie Benamon - Valois du jury du dernier festival d’Angoulême, ce premier film est une belle découverte.

Sud Ouest par Sophie Avon - Un « feel good movie » assez fin pour décrypter le monde moderne sans culpabiliser, assez burlesque pour faire rire sans abêtir. Où la jeunesse reprend les choses en main, où l’intime et le politique s’interrogent, où les personnages sont à la fois allumés et justes.

Télérama par Guillemette Odicino - Une comédie qui redonne la foi en tout.

Cahiers du Cinéma par Joachim Lepastier - Quelque chose du pur esprit de 68 rejaillit là, de manière simple et directe : interroger le quotidien en l’interpelant, remodeler à la volée son cadre de vie, réclamer le droit à l’épanouissement.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - Le film capte le désir d’un retour au "civisme" en en donnant l’exemple par l’humain pour toucher le politique. Un discours contemporain, naïf, utopique, mais concret.

Le Nouvel Observateur par Nicolas Schaller - Pour son premier long-métrage, l'actrice Judith Davis embarque son collectif théâtral, l'Avantage du doute, et signe une comédie enlevée, bien qu'un poil monocorde, sur notre époque cynique et peu épique.

Le Parisien par Pierre Vavasseur - On n’est pas loin du « Nom des gens », de Michel Leclerc, avec une Sara Forestier aussi explosive que Judith Davis qui fait ici merveille devant et derrière la caméra.

Transfuge par Antoine Du Jeu - Attachant car sincère dans le fond

L'avis du projectionniste
Un premier film drôle, touchant, juste... Porté par des comédiens superbes, un vrai film de personnages, surprenant et frais! Bravo pour ce film qui nous en dit tant sur nous-mêmes!