Tout s’est bien passé – de François Ozon

Vendredi 22 Octobre à 17h et Samedi 23 Octobre à 20H30

1h 52min / Comédie dramatique, Drame, Comédie De François Ozon

Avec Sophie Marceau, André Dussollier, Géraldine Pailhas

SYNOPSIS
Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2021
Adaptation du roman Tout s’est bien passé d’Emmanuèle Bernheim.

Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se précipite à l’hôpital, son père André vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionnément la vie mais diminué, il demande à sa fille de l’aider à en finir. Avec l’aide de sa sœur Pascale, elle va devoir choisir : accepter la volonté de son père ou le convaincre de changer d’avis.

Anecdotes

Cannes 2021
Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2021.

Histoire vraie
Tout s’est bien passé est une adaptation du livre éponyme d’Emmanuèle Bernheim, publié en 2013 et dans lequel elle raconte comment elle a aidé son père à mourir.

L’amitié et la collaboration entre François Ozon et Emmanuèle Bernheim
François Ozon et Emmanuèle Bernheim se sont rencontrés en 2000, par l’intermédiaire de Dominique Besnehard, qui était à l’époque l’agent du réalisateur. Ce dernier travaillait alors sur Sous le sable, dont le tournage avait été interrompu par des problèmes de financement et de production : « Le scénario et les quinze premières minutes du film ne plaisaient à personne et Dominique m’a alors conseillé de rencontrer une romancière, que je ne connaissais pas, Emmanuèle Bernheim, pour m'aider sur la suite du scénario. Il pressentait qu’elle pourrait correspondre à l’univers de mon film et effectivement, nous nous sommes tout de suite bien entendus et sommes devenus amis. » Outre Sous le sable, Bernheim collaborera avec Ozon sur les scénarios de Swimming Pool, 5×2 et Ricky.

Un autre projet d’adaptation
François Ozon a été ému dès la lecture du roman d’Emmanuèle Bernheim, qui lui avait proposé de l’adapter au cinéma mais le réalisateur ne se sentait pas prêt à s’approprier une telle histoire. D’autres cinéastes ont proposé d’en acheter les droits, dont Alain Cavalier. Mais le projet n’a pas pu se concrétiser car Bernheim découvre qu’elle est atteinte d’un cancer, dont elle meurt en 2017. Cavalier tirera néanmoins de cette expérience le documentaire Être vivant et le savoir en 2019. Quant à François Ozon, il est revenu au roman Tout s’est bien passé après le décès de son auteur, désireux de retrouver son amie à travers ce texte, mais aussi se sentant prêt à plonger dans cette histoire.

Une collaboration attendue
François Ozon avait déjà approché à plusieurs reprises Sophie Marceau pour travailler avec elle. La comédienne avait refusé 8 Femmes, 5x2, Jeune et jolie et Potiche. À son sujet, le cinéaste raconte : « Sophie Marceau est une actrice de ma génération. J’ai « grandi avec elle » et elle m’a toujours intéressé. J’ai aimé la filmer aujourd’hui, dans sa cinquantaine. Ce film est un peu un documentaire sur elle, comme Sous le sable l’était pour Charlotte Rampling. Elle ne compose pas, elle est là, présente, elle ressent et exprime sa sensibilité. » L’actrice, de son côté, déclare : « Les précédentes fois où François avait pensé à moi, je n’étais pas au rendez-vous de ses histoires, de ses rôles, mais l’envie de travailler ensemble était réciproque ! »

Angle mort
Pour écrire Tout s’est bien passé, François Ozon a comblé certains trous du récit en enquêtant auprès de Serge Toubiana, le compagnon d’Emmanuèle Bernheim, et Pascale Bernheim, sa sœur. Il a ainsi pu en apprendre plus sur la grande absente du livre : Claude de Soria, la mère, dont il ne savait pas grand-chose, si ce n’est qu’elle était gravement malade et dépressive. Décédée en 2015, Claude de Soria était une sculptrice importante, reconnue dans le monde des arts. « Ce fut un choc de découvrir qu’il y avait une autre artiste dans la famille, pas seulement Emmanuèle, l’écrivaine. Pascale Bernheim m’a offert un livre sur sa mère, montré ses œuvres, que j’ai beaucoup aimées, et un documentaire où on la voit travailler le ciment. »

L’énigmatique G.M
On trouve dans le roman d’origine le mystérieux G.M., qui est le seul personnage qui n’est pas nommé clairement. François Ozon explique : « Les deux filles ne l’ont jamais aimé et c’était leur code entre elles : G.M. comme Grosse Merde ! Emmanuèle était inquiète de ses réactions par rapport à son livre, c’est pour ça qu’elle n’a pas donné son vrai nom dans le livre – moi aussi, d’ailleurs, j’ai changé son nom… » Si, dans la vraie vie, Emmanuèle et Pascale Bernheim étaient persuadées qu’il les avait dénoncées à la police et ressentaient de la colère à son égard, le réalisateur a choisi de donner une autre trajectoire à G.M. : « Ce personnage, que je n’ai pas rencontré, m’intriguait, m’amusait et je me suis raconté que Gérard avait vraiment aimé André et qu’il fallait le sauver. »

Du côté de la vie
Bien que le film traite de la question de l’euthanasie, François Ozon ne voulait pas signer un huis-clos morbide. Si André Bernheim désire mourir, c’est parce qu’il ne peut plus vivre comme avant. « Il était du côté de la vie. […] Le film est du côté de la vie, comme l’était le livre. De même, dès que j’ai pu mettre de l’humour ou de l’ironie, je l’ai fait, cela venait naturellement des situations et des personnages. »

Préparation
André Dussollier a, pour les besoins de son rôle, visionné des documentaires consacrés à des personnes qui avaient choisi de mourir par euthanasie. Il a également rencontré une femme médecin de l’hôpital Lariboisière qui s’occupe tous les jours de gens qui ont fait des AVC et de leur rééducation. Mais le matériau majeur sur lequel il a pu s’appuyer est une petite vidéo qu’Emmanuèle Bernheim a filmé du moment où son père dit qu’il veut en finir. « Ce document a été une base extraordinaire. Il a été comme une bible pour mon jeu, où je retournais chaque jour pour m’imprégner de sa manière d’être et de parler. Pas pour le copier – peu de gens le connaissaient – mais pour m’inspirer de son esprit, de son rythme, sa diction. »

Le maquillage
Afin de créer la partie paralysée du visage de son personnage, André Dussollier portait des prothèses conçues par le maquilleur prothésiste Pop (Pierre-Olivier Persin). Elles nécessitaient deux heures et demi de travail chaque matin.

Une égérie de Fassbinder
François Ozon a confié un rôle à Hanna Schygulla, égérie du réalisateur allemand Rainer Werner Fassbinder. Il l'avait rencontrée des années plus tôt lors d'un festival de cinéma.

Quelques critiques presse

Le Parisien par Yves Jaeglé - Un film bouleversant et surprenant sur le suicide assisté.

Les Echos par Olivier De Bruyn - Dans sa nouvelle fiction, le cinéaste prolifique adapte l'ouvrage autobiographique d'Emmanuèle Bernheim, dirige deux acteurs impeccables (Sophie Marceau et André Dussollier) et signe l'un des plus beaux films de sa carrière.

20 Minutes par Caroline Vié - Ce beau film présenté au Festival de Cannes arrive à ne pas être plombant malgré son sujet douloureux.

CNews par La rédaction - Malgré un sujet encore tabou en France, celui de l’euthanasie et du droit de mourir dans la dignité revendiqué par de nombreux malades, ce film ne tombe jamais dans le pathos et oscille entre scènes poignantes qui nous tirent la larme et séquences comiques et plus légères.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Sophie Marceau tient un grand rôle formidable, tandis que le père qui lui demande de l’aider à mourir, à 88 ans, est magnifiquement incarné par André Dussollier, tout à la fois drôle, insupportable et déterminé à choisir sa mort.

Femme Actuelle par La Rédaction - Les détails quotidiens, les seconds rôles, les notes d'humour impromptues forment un ensemble à la fois juste et poignant, sans tomber dans le pathos.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Tout s’est bien passé explore des terrains inattendus, jonglant avec le drame intimiste, le documentaire, la comédie familiale (on sourit, souvent), avec même un final palpitant (cette exfiltration nocturne, quasi clandestine). Dur, frontal, roublard, cynique, drôle, finalement étrange. Comme un bon Ozon.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Sophie Marceau est de retour au cinéma d’auteur, dans un rôle lumineux et paradoxal.

Le Figaro par Olivier Delcroix - En se penchant sur le thème tabou de l’euthanasie, Ozon aurait pu filmer un requiem. Son film est une ode à la vitalité. Et Sophie Marceau chevauche son rôle comme une Valkyrie.

Le Journal du Dimanche par Barbara Théate - Une chronique émouvante et universelle sur la difficulté des rapports filiaux et le droit à mourir dans la dignité, sans jamais sombrer dans le pathos ni le militantisme.

Le Nouvel Observateur par Sophie Grassin - Ce film limpide et épuré, ample et nuancé, évoque l’amour qu’il faut pour passer sur des humiliations enfantines (ainsi qu’en attestent certains souvenirs d’Emmanuèle) et accepter de voir un père, de plus en plus requinqué, se réjouir de sa fin prochaine.

Le Point par Marie-Laure Delorme - Le duo d'acteurs, le cérébral André Dussolier et la terrienne Sophie Marceau, est époustouflant.

Marianne par Olivier De Bruyn - Ce grand film confirme le talent singulier de son auteur.

Marie Claire par Emily Barnett - Un drame nuancé, cocasse et tragique.

Ouest France par Thierry Chèze - Un grand film audacieux.

Paris Match par Fabrice Leclerc - La grande force du film réside dans sa distance et son extrême neutralité. Sophie Marceau a rarement été aussi juste face à un André Dussollier tout bonnement magistral.

Positif par Baptiste Roux - Parvenu à la maturité, le cinéaste semble ici poser à nouveaux frais la question du désir, perçu non dans son incandescence passionnelle mais dans son rôle de détermination obsessionnelle, implacable, de l’être.

Première par Thierry Chèze - Dans ce rôle, André Dussollier, épatant de démesure, emmène le film à un endroit dérangeant voire malaisant qui n'obéit précisément à aucune règle préétablie. Soit exactement ce que ressentent ceux qui sont confrontés à une tragédie identique.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Un film limpide, teinté d’humour et d’ironie, sur la vie.

Télé Loisirs par Marc Arlin - Si le film semble par moments lesté par quelques passages obligés (les nombreuses scènes à l'hôpital), la force de son interprétation et de son sujet l'emporte vers d'émouvantes cimes.

Télérama par Marie Sauvion - Sophie Marceau incarne avec beaucoup de sensibilité et de retenue cette adulte solide, bouleversée jusque dans ses rêves mais se découvrant aussi un courage insoupçonné.

Voici par La Rédaction - André Dussollier livre une des meilleures performances de sa carrière face à Sophie Marceau enfin sortie de sa zone de confort.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - Un film émouvant et digne qui ne manquera sans doute pas de créer la polémique tant sur le fond que la forme mais a l’avantage d’ouvrir la réflexion sans jamais prendre parti autour d’un thème universel risquant de s’inviter de plus en plus souvent dans nos sociétés modernes.

Bande à part par Olivier Pélisson - En adaptant librement l’ouvrage éponyme d’Emmanuèle Bernheim, François Ozon noue l’intime au romanesque.

Culturebox - France Télévisions par Jacky Bornet - C’est le sujet que l’on retiendra principalement de Tout s'est bien passé, et moins ses qualités cinématographiques. François Ozon nous a habitués à de l’inventivité dans ce domaine, mais le film de facture conventionnelle, s'avère un peu pauvre de ce point de vue.

Ecran Large par Simon Riaux - Pour saisissants que soient les comédiens et puissant que soit le point de départ de ce récit, le dispositif se heurte à une mise en scène qui peine à traiter les zones d'ombre d'un scénario qui transpose parfois maladroitement le texte adapté.

Le Monde par Véronique Cauhapé - Sur le thème du recours à l'euthanasie, François Ozon réussit à se tenir à distance du tragique et évite le film à thèse.

Les Fiches du Cinéma par Michael Ghennam - Un Ozon réussi mais mineur, plein de compassion mais timide, farouchement porté par ses comédiens.

Sud Ouest par Sophie Avon - Dans sa simplicité, le film fait mouche.

L’avis du projectionniste

L'histoire est bien sûr passionnée et passionnante, les acteurs sont tellement justes, André Dussolier est extraordinaire. Un beau film