Trio – de Anna Dumitrescu (VO/st) (avant première)

Vendredi 03 Avril à 21h15 et Dimanche 05 Avril à 15h45

8 avril 2020 / 1h 22min / Documentaire

De Ana Dumitrescu

Avec Gheorghe Costache, Sorina Costache

Nationalités français, roumain

Synopsis
Trio est un film à la frontière du documentaire et de la fiction. C’est l’histoire d’un amour à trois celui d’un homme, Gheorghe, de sa femme et d’un violon. La réalisatrice Ana Dumitrescu grande amatrice du violon de Gheorghe, est allé parcourir la vie de cet homme, de sa culture tzigane et de son quotidien. Elle n’a pas cherché le folklore, préférant peindre les habitudes de ce couple au milieu de notes de violon. C’est un portrait de ces trois personnages, avec des moments d’une poésie simple, l’amour d’un couple et la force artistique de ce joueur de violon. Derrière ce bonheur, il y a la Roumanie d’aujourd’hui, sa réalité sociale dure et intense qui nous est rendue supportable par cette élégance simple de Gheorghe, sa femme et la musique. Trio est un voyage, on traverse des paysages, des hommes, des vies, un pays en mal d’identité et d’une musique douce et dansante.

Trio est une histoire d’amour entre un homme, une femme et un violon. A travers la vie de Gheorghe et Sorina, Trio est plus qu’un documentaire. C’est un voyage poétique à travers la Roumanie contemporaine, une réflexion politique 30 ans après la chute du communisme, une réflexion sur être rom aujourd’hui en Europe, un film sur la violence sociale, mais aussi un film sur le bonheur, l’amour et l’acceptation de l’autre dans son altérité. Trio est une ode à la musique. Le violon de Gheorghe rythme chaque séquence passant des accords les plus dramatiques aux notes les plus joyeuses. Mais avant tout Trio est un film qui est là pour nous emmener dans un voyage à la fois esthétique et brut.

Ana Dumitrescu

Anciennement photojournaliste, Ana Dumitrescu a travaillé en France et en Roumanie pour de nombreux médias comme National Geographic, Mediafax et l’agence Gamma-Rapho. Elle traite de sujets de société tels que l’Holocauste Rom durant la Seconde Guerre Mondiale, l’homophobie en Roumanie ou les travailleurs sans-papiers en France. Artiste photographe, elle multiplie les expositions à travers le monde racontant la vie des autres. A ce jour, elle a à son actif quatre long-métrages. Sortant du champ journalistique dans lequel se trouvent ses deux premiers films (Khaos et Même pas Peur !), elle se tourne vers une écriture visuelle plus artistique avec le court-métrage La Chaise Verte, un chat sur un trapèze et autres histoires ordinaires, distribué par l’Agence du Court-Métrage. Son précédent film, Licu, une histoire roumaine, produit en Roumanie par Jules et Films, a remporté le Golden Dove à DOK Leipzig en 2017 et a été sélectionné dans de nombreux festivals à travers le monde. Il a été nommé en 2019 dans la catégorie « Meilleur documentaire de l’année » aux prix Gopo et au gala UCIN (Union des cinéastes roumains). Trio est son quatrième long-métrage.


Références

Dans la conception du film, j’ai également fait une série de clins d’œil cinématographique. L’égorgement du porc sur fond de musique classique est une référence à Orange Mécanique de Kubrick dans la scène « flat block Marina ». La chute du porc du coffre de la voiture est une référence à la chute du chien du coffre dans Funny Games de Haneke. Le mouvement fictionnel de Haneke est à l’identique du mouvement réel de la chute du corps du porc. La violence de la mort de l’animal est une mise en perspective de la lutte pour la survie. Ceci est le préambule de la scène finale. Deux violences se côtoient et s’affrontent. A contrario dans la scène de la mer on est plutôt dans un univers proche de celui de Lelouch dans Un homme et une femme mélangé au Chat noir, Chat blanc de Kusturica. Ma réalisation puise ses racines dans le cinéma de fiction et l’adapte au réel.


Dispositif

Gheorghe et Sorina sont ceux qu’on peut qualifier d’invisibles aux yeux de la société. C’est une des raisons pour laquelle j’ai mis en place un dispositif filmique. Le tournage a été effectué en 60 images par secondes permettant ainsi de donner une rythmique différente à chaque plan qui a donc son propre rythme. C’est aussi et surtout prendre le temps, rendre visible l’invisible.


« Mais l’amour de la musique

mène toujours à la musique de l’amour

et quand la musique est celle du malheur

si grande si belle soit-elle

en sourdine on entend toujours au grand air

le grand air de l’amour »


Jacques Prévert extrait de Carmina Burana, dans « Choses et Autres », 1972