Yao – de Philippe Godeau

Dimanche 24 Février à 14h30

Date de sortie 23 janvier 2019 (1h 44min)

De Philippe Godeau

Avec Omar Sy, Lionel Louis Basse, Fatoumata Diawara

Genre Comédie dramatique

Nationalités français, sénégalais

Synopsis

Depuis son village au nord du Sénégal, Yao est un jeune garçon de 13 ans prêt à tout pour rencontrer son héros : Seydou Tall, un célèbre acteur français. Invité à Dakar pour promouvoir son nouveau livre, ce dernier se rend dans son pays d’origine pour la première fois. Pour réaliser son rêve, le jeune Yao organise sa fugue et brave 387 kilomètres en solitaire jusqu’à la capitale. Touché par cet enfant, l’acteur décide de fuir ses obligations et de le raccompagner chez lui. Mais sur les routes poussiéreuses et incertaines du Sénégal, Seydou comprend qu’en roulant vers le village de l’enfant, il roule aussi vers ses racines.

Anecdotes

La genèse

Philippe Godeau porte Yao depuis longtemps en lui. Désireux d'évoquer des valeurs telles que le sens de la famille, le partage, l’accueil et la foi, le réalisateur sentait que la culture sénégalaise était propice à cela, sans compter la beauté esthétique et exotique du pays. Il conclut : "je cherchais là à faire ressentir que, pas si loin de nous, des gens vivent différemment et que cette différence est inspirante".

Pour Omar Sy

Si les deux précédents films de Philippe Godeau avaient François Cluzet pour héros, le réalisateur et Agnès De Sacy ont écrit le rôle de Seydou spécialement pour Omar Sy. Malgré sa notoriété considérable et sa popularité qui ne faiblit pas, Godeau considère que l'acteur a réussi à garder les pieds sur terre : "j’avais l’intuition qu’Omar avait besoin de se confronter de nouveau à ses racines et qu’il serait bon qu’il le fasse devant une caméra. Il est intéressant de mêler l’art et la vie, même si nous ne faisons pas notre psychanalyse à travers des films ! Nous avions un vrai désir de cinéma autour de cette histoire. Nous partageons tous deux un attachement profond à la question de la paternité, des origines".

Le Sénégal

Lorsqu'il était enfant et adolescent, Philippe Godeau a eu l'occasion de voyager au Mali où son père travaillait : "C’était une chance, une richesse pour moi qui ai pu découvrir une culture et un quotidien très éloignés de ma vie de jeune Occidental à l’époque". Avec sa scénariste Agnès De Sacy, il est allé deux fois au Sénégal pour faire des repérages et rencontrer des gens qui ont nourri l'écriture des personnages.

Quant à Omar Sy, cela faisait huit ans qu'il n'y était pas allé : "J’ai pris beaucoup de plaisir à vivre cette expérience, car je jouais aussi à domicile, d’une certaine manière ! Nous allions dans les villages, j’étais attentif à la manière dont les gens me percevaient là-bas. J’ai fait de belles rencontres. J’ai reçu la bénédiction de plusieurs personnes, ce qui m’importait beaucoup".

Effet de réel

Le réalisateur a tenu à mêler fiction et réalité dans son film. C'est ainsi qu'il a tourné une scène de prière inspirée par un repérage fait dans le pays : "J’ai été saisi par cet instant où tout le monde prie ensemble dans la rue, en toute quiétude. Là aussi, je ne voulais pas accompagner cette séquence d’un commentaire : je la montre telle que je l’ai observée. [...] Je filme cette réalité en plan large, à la fois frontalement et à distance avec une simplicité qui, j’espère, sera perçue comme telle".

Il en est de même pour la prière qu'effectue Germaine Acogny sur le fleuve. L'actrice devait à l'origine uniquement danser mais elle a spontanément effectué une danse-prière aux ancêtres. Le cinéaste se souvient : "J’aime quand la danse fait ressentir des émotions fortes et il m’a semblé important de confronter Omar [Sy] à cette situation-là. Germaine a tenu à ce que cette scène de prière dans le film soit destinée à ses ancêtres à lui".

Yao

Il était essentiel pour Philippe Godeau de choisir un enfant sénégalais pour interpréter Yao. Il recherchait un enfant de 11 ou 12 ans à l'accent authentique. Lionel Basse a été sélectionné parmi six-cents enfants : "Je suis très sensible à la voix des acteurs et j’étais amoureux de la sienne. Sa voix vous embarque immédiatement ailleurs. Il est de Saint-Louis au Sénégal. Omar [Sy] et lui étaient très complices. Nous tournions dans la continuité, ce qui facilitait les choses pour lui qui n’avait jamais fait de cinéma. Lionel est un enfant très vif, intelligent, travailleur".

Équipe mixte

L'équipe de tournage était à moitié française et à moitié sénégalaise. Demba Dieye, premier assistant-réalisateur sénégalais, a même tenu à ce qu'il y ait un premier assistant français. Une proposition bienvenue selon le réalisateur : "Il est vrai que ce n’était pas un film simple à réaliser et cette idée s’est avérée judicieuse. L’équipe était bien équilibrée. Chacun a fait son voyage à soi et en est ressorti un peu différent".

M

La bande-originale de Yao est signée M, à qui l'on doit déjà les musiques de Ne le dis à personne, Visages Villages ou encore Un monstre à Paris. "J’aime beaucoup le métissage et l’authenticité de son album Lamomali. Il a effectué musicalement ce que j’essaye de faire au cinéma en invitant au voyage, en transmettant une énergie. Son modernisme est très respectueux de l’Afrique. [...] Son mélange de guitare électrique et d’instruments traditionnels africains me semble très moderne et judicieux. En outre, Fatoumata Diawara, qui joue et chante dans le film, a participé à son album, ce qui créait une connivence supplémentaire avec le projet", explique le réalisateur.

La paternité

Yao est traversé par la question de la paternité. Le film est d'ailleurs dédié à Jacques Godeau et Demba Sy, les pères respectifs du réalisateur Philippe Godeau et d'Omar Sy.

Quelques critiques presse

Ouest France par Christophe Narbonne - Cette comédie familiale brille surtout par la belle justesse de ses personnages et l’interprétation solide.

20 Minutes par Caroline Vié - Impossible de ne pas se dire qu’il y a beaucoup d’Omar Sy dans Yao. Le réalisateur Philippe Godeau y décrit l’amitié improbable entre un acteur français qui découvre l’Afrique dont il est originaire et un jeune fan sénégalais (excellent Lionel Louis Basse).

CNews par La rédaction - S’il est habitué aux comédies, Omar Sy a délaissé le rire pour une performance tout en délicatesse dans "Yao", de Philippe Godeau.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Revenir au pays du père, c’est revenir à l’enfance et à soi, au milieu des fantômes et des esprits que convoque le film : l’acteur d’Intouchables et de Chocolat , une des personnalités préférées des Français, paraît à chaque plan touché au cœur. Il a quitté le rire en carapace, il apparaît plus fragile, plus touchant.

Femme Actuelle par Amélie Cordonnier - Absolument délicieux !

Le Parisien par La Rédaction - Parce qu’il est d’abord un concentré d’émotion douce, « Yao », qui repose sur un duo magique, est bien autre chose qu’un classique « road trip ». Ici, les rebondissements ne font pas dans le spectaculaire mais fabriquent un tissu plein d’une intense et rassurante capacité d’humanité.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - Entre quête de soi et découverte culturelle, on se laisse gentiment emporter par cette fable africaine dépaysante, même si débordante de bons sentiments.

Bande à part par Jo Fishley - À la mémoire de leurs pères, Omar Sy et le réalisateur Philippe Godeau cherchent leurs racines en Afrique. Un conte simple, à la touchante humilité dans lequel l’acteur apparaît d’une absolue sobriété.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Pas un grand film, mais un film honnête, sur les traces de son père et de ses ancêtres, au Sénégal.

Le Journal du Dimanche par Stéphane Joby - Quête d’identité, paternité, bons sentiments : calibré par et pour Omar Sy, tout en sobriété bienvenue, cet agréable road-movie africain présente aussi un Sénégal loin des spots touristiques : poussiéreux mais espiègle et lumineux, à l’image de l’adorable gamin qui joue Yao.

Le Nouvel Observateur par François Forestier - Road movie initiatique, sympathique et chaleureux.

Les Fiches du Cinéma par Gilles Tourman - Un joli conte sur la “différence qui enrichit”.

Télérama par Frédéric Strauss - Omar Sy, juste et touchant.

Première par Christophe Narbonne - Pavé de bons sentiments mais animé d’une mélancolie tenace, ce road-movie offre quelques beaux moments de cinéma.

L'avis du projectionniste
Un joli film qui donne à réfléchir sur nos racines que l’on soit un enfant ou un adulte. Qui nous montre le vrai Sénégal avec beaucoup de poésie et de belles images .