Festival diversité 2026 – Lundi 9 novembre

Ma toute petite école (17h) - Loin de moi la colère VO/st (20h30) -

17h - MA TOUTE PETITE ECOLE

1h28min | Documentaire De Pascal Plisson

Synopsis
Nichée à 1 600 mètres d’altitude dans le minuscule hameau de La Gurraz (35 habitants), en Haute Tarentaise, se trouve la plus petite école de France : huit élèves, de la maternelle au CM2, un seul lieu de savoir et de vie. Le film s’invite dans la vie de ces enfants, de leur unique enseignante et de leurs familles qui, chaque année, font face à la même question : faute d’un nombre suffisant d’élèves, l’école fermera-t-elle ?

Vous avez choisi de raconter cette histoire à hauteur d’enfant. Pourquoi ?
Parce que je ne voulais pas faire un film militant ou historique sur la fermeture des
écoles rurales. Ce sujet est présent, évidemment, mais ce qui m’intéressait avant
tout, c’était le regard des enfants : leur rapport à l’école, leur peur de la voir fermer,
leur vision du monde extérieur, leurs rêves pour l’avenir… Et pour être au plus près de
leur quotidien, je voulais rester dans quelque chose de très sensible, très enfantin.

Le film semble extrêmement spontané. Y avait-il une part de mise en scène ?
C’est probablement le premier film que je réalise sans aucune scénarisation. Sur mes
précédents documentaires, il pouvait y avoir certaines mises en place, mais ici, rien
de tout cela : nous avons tourné environ 80 jours et accumulé plus de 65 heures de
rushes car l’idée était simplement de capter ce qui se déroulait sous nos yeux.
Avec Simon Watel, le chef opérateur, nous avions décidé de ne travailler que tous les
deux afin d’être les plus discrets possible dans cette classe de huit élèves. On a loué
un appartement dans le village voisin et acheté notre matériel afin d’être totalement
autonomes et disponibles à tout moment. En classe, Simon s’occupait de l’image
et des micros HF et moi, je faisais le son, alors que ce n’est pas du tout mon métier.
Et à force de présence, nous sommes devenus presque invisibles ; les enfants nous
considéraient même comme des camarades de classe.

Le rythme des saisons structure fortement le film. Cette idée était-elle centrale dès
le départ ?
Oui, c’était même la clé du projet : comme je voulais raconter une année scolaire
complète, il fallait que l’on voie passer l’automne, l’hiver, le printemps et l’été. D’autant
que dans un village comme celui-ci, la nature joue un rôle fondamental : le village se
transforme complètement et les enfants vivent totalement au rythme des saisons.
Toute la vie de la classe s’organise d’ailleurs autour de cela. Au montage, nous avons
donc essayé de faire circuler naturellement le temps qui passe jusqu’à l’été et au
dénouement final, avec le départ d’un élève et l’arrivée d’un autre, comme un cycle
qui continue.

Le film montre des enfants très préservés du numérique…
Oui, ils n’ont pratiquement pas de téléphones portables, regardent très peu la télévision
et vivent dehors en permanence. Résultat : ce sont des enfants qui connaissent
parfaitement la montagne, les animaux, les saisons. Ils font du ski, du biathlon,
passent leur temps dans la nature. En parallèle, ils bénéficient aussi d’initiatives
culturelles comme « Orchestre à l’école », grâce à la volonté du maire, qui tenait
absolument à ce que ces enfants aient accès à la musique malgré l’isolement du
village. Ce sont donc des enfants très « complets ».

On pense forcément à ÊTRE ET AVOIR. Le film de Nicolas Philibert a-t-il été une
référence ?
Oui, bien sûr. ÊTRE ET AVOIR reste une référence majeure, pour moi comme pour
beaucoup de cinéastes. Mais c’était une autre époque et un autre point de vue,
davantage centré sur la vie de l’enseignant. Ce qui est frappant, en revanche, c’est
qu’une vingtaine d’années plus tard, les problématiques restent les mêmes : ces petites
écoles rurales ou de montagne continuent de lutter pour survivre. Or, lorsqu’une école
ferme, c’est souvent toute la vie du village qui disparaît avec elle : les enfants partent
dans la vallée et le lien social se défait peu à peu.

Que peut apporter le grand écran à un documentaire comme celui-ci ?
Une visibilité à l’échelle du pays. Pour moi, l’école de La Gurraz représente toutes les
petites écoles rurales françaises menacées de fermeture, finalement. Et puis c’est
une façon de mettre en lumière le travail extraordinaire de ces institutrices et le
fonctionnement des classes uniques. D’ailleurs, Sylvie aime rappeler que « la classe
unique ou à multi-niveaux n’est pas une sous école, bien au contraire » ! En effet,
ce sont, selon moi, de véritables accélérateurs du savoir : les petits apprennent en
écoutant les grands, les grands aident les petits et tout le monde progresse ensembl

Que souhaitez-vous que les spectateurs retiennent du film ?
J’aimerais avant tout qu’ils ressentent l’humanité de ce village et l’importance de
ces petites écoles rurales. Les habitants de La Gurraz ont eu la bonté de nous ouvrir
leurs portes alors qu’ils sont réputés très réservés et je leur en suis extrêmement
reconnaissant. Et puis je ressens autour de ce projet le même enthousiasme que pour
SUR LE CHEMIN DE L’ÉCOLE. C’est un film très accessible, profondément ancré dans
la ruralité française, et je crois qu’il peut toucher beaucoup de monde.

1h33min | Documentaire De Joël Akafou

Nationalités Côte-d'Ivoire, Burkina Faso, France

Synopsis
Tout public
En 2011, la guerre civile en Côte d’Ivoire frappe durement le village de Ziglo. Des violences opposent communautés autochtones et populations immigrées, faisant de nombreux morts. Face à l’absence de justice d'état, Josiane, dite « Maman Jo », décide d’agir. Elle crée un espace de parole pour les femmes de toutes les communautés. Son objectif : favoriser la réconciliation et redonner vie au village.

 

20h30 - Loin de moi la colère (VO / st)

 

Cahiers du Cinéma par Claire Allouche - De fait, Loin de moi la colère ne se complaît dans aucun dispositif et se compose avec un salutaire sens de l’écoute, jusque dans sa magnifique séquence finale : la nuit, autour d’un feu, les femmes se réunissent.

Le Monde par Cl. F. - On est dans le vif, de la douleur, des mots qui taillent encore, mais aussi du rythme du film, qui sculpte les scènes avec une belle fluidité.

Les Fiches du Cinéma par Gilles Tourman - Un documentaire lumineux sur le fond et sobre sur la forme, révélant un conflit peu connu et le courage d’une femme.

Sortie nationale au cinéma le 3 juin 2026

FESPACO 2025 : Prix de l’étalon de bronze de Yennenga dans la catégorie documentaire international (Ouagadougou, fév. 2025)
CINÉMA DU RÉEL 2025 : Prix des jeunes Ciné+ festival & Prix des bibliothèques (Paris, mars 2025)
ENTREVUES DE BELFORT 2025 : Prix Tënk du meilleur documentaire (Belfort, nov. 2025)
Les sélections festivals :
Sélections France : Film sélectionné au FESTIVAL ETONNANTS VOYAGEURS de Saint-Malo – juin 2025, au FESTIVAL CINÉ REGARDS AFRICAINS – Bièvre, nov. 2025
Sélections Internationales : Film sélectionné au FESTIVAL CINÉMA D’AFRIQUE DE LAUSANNE – Genève, août 2025, au DOCLISBOA (festival international du film documentaire de Lisbonne) – oct. 2025, au CAAD  (China Academy Award of Documentary) – Pékin, déc.2025, au FESTIVAL BLACK MOVIE – Genève, janv.2026, au ZOZIMO BULBUL BLACK FILM FESTIVAL – Rio de Janeiro, mars 2026, au FESTIVAL DU CINÉMA DU MONDE DE SHERBROOKE – Québec, avril 2026, au FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILMS IDENTITAIRES ET SOLIDAIRES de Nikki – Bénin, juil.2026.
Joël Akafou est diplômé d’un M2 en réalisation à l’Institut Supérieur de L’Image et du Son de Ouagadougou. Il y réalise notamment Nourah, sélectionné dans de nombreux festivals. Son premier film professionnel Vivre Riche a été présenté au festival Visions du Réel. Son premier long métrage documentaire, Traverser, est sélectionné à la 70e édition de la Berlinale et reçoit le Grand Prix à Entrevues en 2020.

Le mot du comité de sélection : 
Grand Prix à Entrevues en 2020, Joël Akafou offre avec son deuxième long-métrage la perspective d’une justice réparatrice. Dans le village de Zéaglo, la population est divisée entre ceux qui portent la culpabilité de la collaboration aux forces du président Ouattara responsables du massacre de 2011, et le deuil de celles et ceux qui en ont subi les dommages. Au cœur de ces vestiges, Josiane réorganise la communauté en donnant parole aux femmes survivantes de ces crimes et crée, littéralement, un habitat qui lui est dédié ; le geste du cinéaste est de suivre ce mouvement qui part d’une maison brûlée vers sa reconstruction en lieu d’accueil symboliquement chargé. Les témoins de Josiane sont ainsi recueillis par cette perspective double : sortir d’un mutisme qui condamnait une population, et recréer les conditions pour faire communauté.