festival Diversité 2026 – Jeudi 5 novembre

14h00 : UN HIVER RUSSE (VO/st) - 17h00 : LE TRIANGLE D’OR

14h - Un hiver russe (VO / st)

1h26min | Documentaire De Patric Chiha

Synopsis
Tout public
Entre Paris et Istanbul, Margarita, Yuri et leurs amis, un groupe de jeunes exilés russes, cherchent leur place dans un monde qui ne semble plus être le leur.

Anecdotes
Des images d'actualité comme déclic
L'idée du projet est née en 2022, une année marquée par les images des informations télévisées montrant de jeunes hommes fuyant la Russie lors de la mobilisation partielle décrétée par Poutine. En poussant sa recherche, le réalisateur Patric Chiha s'est d'abord rendu à Istanbul avec un budget restreint avant d'y rencontrer Margarita. Initialement engagée comme traductrice, cette dernière est rapidement devenue le véritable fil conducteur du film, autour duquel s'est articulé l'ensemble du casting avec ses propres amis. Comme le souligne le cinéaste : « En général, le désir de mes films est motivé par la rencontre avec des gens. Là, pour la première fois, c'est venu d'images. »

Une esthétique pour traduire l'isolement
Pour la photographie d'Un hiver russe, Patric Chiha et sa cheffe opératrice Céline Bozon ont délibérément cherché une esthétique particulière, privilégiant un aspect visuel lissé, presque numérique. L'objectif n'était pas de chercher un beau traditionnel, mais un monde uniformisé traduit par une « beauté plastique, intouchable, artificielle ». L'équipe n'a changé de caméra et d'approche de prise de vue qu'au moment des séquences tournées à Istanbul pour apporter une touche plus vivante, sensible et sensuelle à l'écran, contrastant avec le reste du récit.

Un personnage également compositeur
La bande originale du film possède une connexion directe avec ses protagonistes. La musique originale, aux sonorités plutôt rock et punk, a en effet été composée par Yuri Nosenko, qui n'est autre que l'un des personnages principaux intervenant dans le documentaire. Le réalisateur explique privilégier cette approche participative pour impliquer directement ses sujets : « Ce qui m'intéresse, en documentaire, ce n'est pas d'attraper une vérité qui appartient aux gens [...] mais de fabriquer quelque chose avec eux. »

critiques presse
Les Inrockuptibles par Ludovic Béot - Le cinéaste suit de jeunes exilé·es russes entre Paris et Istanbul. À la chronique d’exil, le documentaire de Chiha préfère un foisonnement plastique qui se fait sismographe d’une jeunesse sans avenir.

Libération par Jérémy Piette - Dans un documentaire beau et vaporeux, un groupe d’amis ayant fui le régime de Poutine se retrouve à Paris pour discuter de leur déracinement, loin du pays abîmé où ils rêvent de retourner.

Cahiers du Cinéma par Jean-Marie Samocki - Chiha libère par le montage une énergie secrète, qui enlève à la confession douloureuse son poids métaphysique ainsi que l’illusion d’une vérité qui s’écrirait seulement par l’expressivité angoissée des visages.

L'Obs par Xavier Leherpeur - Un documentaire plein de poésie sur ces jeunes exilés du pays de Poutine.

Le Monde par Cl. F. - Régulièrement, le montage fait ressentir le voyage depuis le pays de Poutine, avec ces plans d’arbres enneigés qui défilent depuis la fenêtre d’un train. Tellement silencieux qu’ils semblent être projetés par une lanterne magique.

Première par Thierry Chèze - On connaît Patric Chiha par ses fictions – de Domaine (2009) à La Bête dans la jungle (2023) où il revisitait dans une boîte de nuit le roman d’Henry James -, d’une grande ambition formelle. Mais il signe aussi régulièrement des documentaires dont ce film où il aborde l’invasion de l’Ukraine et la guerre ininterrompue depuis plus de 4 sans sous un angle peu traité.

Télérama par Frédéric Strauss - Un documentaire sur une jeunesse déracinée, à la fois punk et mélancolique.



17h - LE TRIANGLE D'OR

1h27min | Drame, Thriller De Hélène Rosselet-Ruiz

Avec Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri

Synopsis

Tout public
Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d’or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l’attente de ses visites. Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura pressent qu’un danger pèse sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux.

Cannes 2026
Ce film a été présenté en Séance Spéciale au Festival de Cannes 2026.

Une histoire née d’une expérience bien réelle
L’idée du Triangle d’or trouve son origine dans un épisode vécu par la réalisatrice Hélène Rosselet-Ruiz. Elle a travaillé durant un été comme femme de ménage pour une riche Saoudienne dont elle a progressivement compris qu’elle était la maîtresse d’un membre de la famille royale. Fascinée par les rapports de domination et le secret qui entouraient cette situation, elle a imaginé des années plus tard un huis clos où cette rencontre impossible dans la réalité pourrait enfin avoir lieu. "J’ai poussé les curseurs : l’idée qu’elles ne sortent pas, qu’il n’y ait qu’une seule personne au service de Souria… Cette torsion du réel a rendu possible leur rapprochement", explique-t-elle. La cinéaste en a d'abord tiré un court-métrage lorsqu'elle était étudiante à la Fémis, avant de passer au format long pour "développer tout ce qui n’avait pas pu trouver sa place dans le court."

Un long travail de documentation
Si le point de départ est autobiographique, la cinéaste a rapidement souhaité dépasser le simple récit personnel. Avec la scénariste Pauline Guéna, elle a mené un important travail d’enquête auprès de femmes saoudiennes, de personnels d’hôtels de luxe et de conciergeries haut de gamme. Le duo s'est également appuyé sur la lecture de Fugitives d’Hélène Coutard, une enquête sur celles qui fuient l’Arabie saoudite, et l'essai Servir les riches de la sociologue Alizée Delpierre.

Un casting physique pour construire le personnage de Laura
Le choix de Malou Khebizi pour incarner Laura ne repose pas uniquement sur ses qualités de jeu. Ancienne gymnaste, l’actrice possède une présence physique qui a immédiatement séduit la réalisatrice. Afin d’accentuer cet aspect, elle a suivi un entraînement sportif spécifique et même participé à un stage commando avant le tournage. Hélène Rosselet-Ruiz voyait dans cette préparation une manière de traduire à l’écran la force intérieure de son héroïne, confrontée à un système contre lequel sa puissance physique ne peut pourtant rien.

La quête du décor idéal
Trouver la demeure de Souria s’est révélé être l’un des plus grands défis de la production. Refusant l’idée de tourner en studio, la réalisatrice voulait un lieu réel capable de transmettre à la fois le luxe et le malaise qui traversent le film. Après vingt-deux semaines de repérages et la perte d’un premier décor, l’équipe a finalement découvert un hôtel particulier abandonné depuis huit ans dans la Villa Montmorency, célèbre enclave parisienne réservée aux très grandes fortunes. Derrière son apparente opulence, la bâtisse offrait exactement ce que recherchait la cinéaste : "Le bâtiment semblait luxueux mais sous le vernis, tout était inadapté à la vie. Ça m’intéressait, cela faisait sens."

Trois personnages, quatre langues…
Le Triangle d’or fait cohabiter plusieurs langues au sein d’un même huis clos : le français, l’anglais et différents dialectes arabes. Cette diversité linguistique n’a rien d’anecdotique. Pour Hélène Rosselet-Ruiz, la langue devient un révélateur de hiérarchies sociales, d’intimité et de domination : "La langue comme endroit du basculement, de la surprise, du dérèglement : langue du travail, de la domination, de l’intimité. Rien n’est figé, tout change selon l’interlocuteur. Leur connaissance de ces langues est aussi la marque de leur histoire et de leur passé et, donc, de leur mystère". À noter que l’acteur palestinien Ziad Bakri ne parlait pas français et a appris l’intégralité de son rôle grâce à un travail phonétique mené avec une coach spécialisée.

CRITIQUES PRESSE
CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta - Écrite avec une grande justesse sociologique et psychologique, la rencontre terrassante entre deux femmes que tout oppose.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Un parfait cauchemar paranoïaque, dans le huis clos d’un hôtel particulier au luxe inouï. Un premier long-métrage maîtrisé.

L'Humanité par Michaël Mélinard - Avec le "Triangle d’or", Hélène Rosselet-Ruiz signe un premier long-métrage intrigant et passionnant.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Inspiré d’une expérience personnelle, ce premier film d’Hélène Rosselet-Ruiz passe de la description fascinante d’un monde luxueux clos sur lui-même à la dénonciation des dominations qui s’y exercent.

La Tribune Dimanche par La rédaction - Pour son premier long-métrage, Hélène Rosselet-Ruiz propose un traitement subtil et haletant d’une violente réalité sociale, et la fine peinture de personnages émouvants.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Les comédiennes Malou Khebizi et Soundos Mosbah construisent une alchimie singulière qui fait de ce Triangle d’or une très belle découverte et la séquence finale a l’effet d’un uppercut.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Un parfait cauchemar paranoïaque, dans le huis clos d’un hôtel particulier au luxe inouï. Un premier long-métrage maîtrisé.

Le Figaro par Étienne Sorin - Un huis clos oppressant, formidablement incarné.

Le Point par Florence Colombani - La réalisatrice, Hélène Rosselet-Ruiz, s’inspire d’une expérience vécue pour ce premier film tendu et très réussi.

Les Echos par Olivier De Bruyn - Ce premier film retient l'attention avec son originalité, son audace et sa faculté à tirer le meilleur profit d'un décor étouffant où se met en place une dramaturgie implacable.

Les Inrockuptibles par Jean-Marc Lalanne - La réussite du "Triangle d’or" tient beaucoup à la façon dont son scénario est à la fois très charpenté, construit, distillant les rebondissements et les micro-suspenses, tout en laissant respirer suffisamment le récit pour que vivent ses personnages, que rien n’importe davantage que leurs échanges de regards, ce qui se passe sur leur visage, ou ces moments de complicité furtifs arrachés à leurs multiples déterminations – genrées, économiques, sociales…

Marie Claire par Emily Barnett - Un thriller domestique affûté sur le pouvoir pervers de l'argent.

Positif par Benoît Basirico - À l'efficacité du thriller se joint l'émotion d'une sororité inattendue.

Télérama par Guillemette Odicino - Hélène Rosselet-Ruiz signe un thriller tendu au sujet singulier, qui explore les rapports de domination et la solidarité féminine. Un premier long-métrage impressionnant.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Porté par Malou Khebizi, découverte dans un tout autre registre dans "Diamant Brut", le métrage doit beaucoup à sa prestation toute en rébellion canalisée, et à une mise en scène qui utilise entre autres les angles des caméras de surveillance, pour mieux poser un contexte d’enfermement, de liberté restreinte. Un huis clos troublant.

Femme Actuelle par Pierre Fageolle - Cette chronique sociale choisit de ne montrer les personnages que pendant le temps de leur rencontre. Ce parti pris laisse pour beaucoup libre cours à l'imagination de chacun.

L'Obspar Guillaume Loison - Le récit serpente entre polar féministe et conte de fées contemporain, bousculant la logique des rapports de classe comme les perspectives de chacun(e).

Le Monde par Boris Bastide - C’est un des atouts de ce passionnant Triangle d’or, réussir à nous immerger dans un monde qui relève pour beaucoup du fantasme, afin de nous en révéler l’envers du décor.

Les Fiches du Cinéma par Célie Matet - Pour son premier long métrage, présenté cette année au festival de Cannes, Hélène Rosselet-Ruiz signe, sous le vernis du luxe, un huis clos sociologique sur les différentes formes d’aliénation féminine.

Ouest France par Thierry Chèze - Un huis clos stressant où Malou Khebizi fait mieux que confirmer les espoirs placés en elle.

L’avis du projectionniste
Élégant, maîtrisé et profondément troublant, Le Triangle d'or s'impose comme un drame psychologique d'une grande finesse. Porté par trois interprètes remarquables et une mise en scène d'une sobriété exemplaire, le film explore les mécanismes de l'emprise derrière les façades du luxe.