Festival diversité 2026 – Mercredi 4 novembre

Loin de moi la colère (14h) - Ma toute petite école (17h) - Éléphants dans la brûme (20h30)

14h - Loin de moi la colère (VO / st)

1h33min | Documentaire De Joël Akafou

Nationalités Côte-d'Ivoire, Burkina Faso, France

Synopsis
Tout public
En 2011, la guerre civile en Côte d’Ivoire frappe durement le village de Ziglo. Des violences opposent communautés autochtones et populations immigrées, faisant de nombreux morts. Face à l’absence de justice d'état, Josiane, dite « Maman Jo », décide d’agir. Elle crée un espace de parole pour les femmes de toutes les communautés. Son objectif : favoriser la réconciliation et redonner vie au village.

Cahiers du Cinéma par Claire Allouche - De fait, Loin de moi la colère ne se complaît dans aucun dispositif et se compose avec un salutaire sens de l’écoute, jusque dans sa magnifique séquence finale : la nuit, autour d’un feu, les femmes se réunissent.

Le Monde par Cl. F. - On est dans le vif, de la douleur, des mots qui taillent encore, mais aussi du rythme du film, qui sculpte les scènes avec une belle fluidité.

Les Fiches du Cinéma par Gilles Tourman - Un documentaire lumineux sur le fond et sobre sur la forme, révélant un conflit peu connu et le courage d’une femme.

Sortie nationale au cinéma le 3 juin 2026

FESPACO 2025 : Prix de l’étalon de bronze de Yennenga dans la catégorie documentaire international (Ouagadougou, fév. 2025)
CINÉMA DU RÉEL 2025 : Prix des jeunes Ciné+ festival & Prix des bibliothèques (Paris, mars 2025)
ENTREVUES DE BELFORT 2025 : Prix Tënk du meilleur documentaire (Belfort, nov. 2025)
Les sélections festivals :
Sélections France : Film sélectionné au FESTIVAL ETONNANTS VOYAGEURS de Saint-Malo – juin 2025, au FESTIVAL CINÉ REGARDS AFRICAINS – Bièvre, nov. 2025
Sélections Internationales : Film sélectionné au FESTIVAL CINÉMA D’AFRIQUE DE LAUSANNE – Genève, août 2025, au DOCLISBOA (festival international du film documentaire de Lisbonne) – oct. 2025, au CAAD  (China Academy Award of Documentary) – Pékin, déc.2025, au FESTIVAL BLACK MOVIE – Genève, janv.2026, au ZOZIMO BULBUL BLACK FILM FESTIVAL – Rio de Janeiro, mars 2026, au FESTIVAL DU CINÉMA DU MONDE DE SHERBROOKE – Québec, avril 2026, au FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILMS IDENTITAIRES ET SOLIDAIRES de Nikki – Bénin, juil.2026.
Joël Akafou est diplômé d’un M2 en réalisation à l’Institut Supérieur de L’Image et du Son de Ouagadougou. Il y réalise notamment Nourah, sélectionné dans de nombreux festivals. Son premier film professionnel Vivre Riche a été présenté au festival Visions du Réel. Son premier long métrage documentaire, Traverser, est sélectionné à la 70e édition de la Berlinale et reçoit le Grand Prix à Entrevues en 2020.

Le mot du comité de sélection : 
Grand Prix à Entrevues en 2020, Joël Akafou offre avec son deuxième long-métrage la perspective d’une justice réparatrice. Dans le village de Zéaglo, la population est divisée entre ceux qui portent la culpabilité de la collaboration aux forces du président Ouattara responsables du massacre de 2011, et le deuil de celles et ceux qui en ont subi les dommages. Au cœur de ces vestiges, Josiane réorganise la communauté en donnant parole aux femmes survivantes de ces crimes et crée, littéralement, un habitat qui lui est dédié ; le geste du cinéaste est de suivre ce mouvement qui part d’une maison brûlée vers sa reconstruction en lieu d’accueil symboliquement chargé. Les témoins de Josiane sont ainsi recueillis par cette perspective double : sortir d’un mutisme qui condamnait une population, et recréer les conditions pour faire communauté.

17h - MA TOUTE PETITE ECOLE

1h28min | Documentaire De Pascal Plisson

Synopsis
Nichée à 1 600 mètres d’altitude dans le minuscule hameau de La Gurraz (35 habitants), en Haute Tarentaise, se trouve la plus petite école de France : huit élèves, de la maternelle au CM2, un seul lieu de savoir et de vie. Le film s’invite dans la vie de ces enfants, de leur unique enseignante et de leurs familles qui, chaque année, font face à la même question : faute d’un nombre suffisant d’élèves, l’école fermera-t-elle ?

Vous avez choisi de raconter cette histoire à hauteur d’enfant. Pourquoi ?
Parce que je ne voulais pas faire un film militant ou historique sur la fermeture des
écoles rurales. Ce sujet est présent, évidemment, mais ce qui m’intéressait avant
tout, c’était le regard des enfants : leur rapport à l’école, leur peur de la voir fermer,
leur vision du monde extérieur, leurs rêves pour l’avenir… Et pour être au plus près de
leur quotidien, je voulais rester dans quelque chose de très sensible, très enfantin.

Le film semble extrêmement spontané. Y avait-il une part de mise en scène ?
C’est probablement le premier film que je réalise sans aucune scénarisation. Sur mes
précédents documentaires, il pouvait y avoir certaines mises en place, mais ici, rien
de tout cela : nous avons tourné environ 80 jours et accumulé plus de 65 heures de
rushes car l’idée était simplement de capter ce qui se déroulait sous nos yeux.
Avec Simon Watel, le chef opérateur, nous avions décidé de ne travailler que tous les
deux afin d’être les plus discrets possible dans cette classe de huit élèves. On a loué
un appartement dans le village voisin et acheté notre matériel afin d’être totalement
autonomes et disponibles à tout moment. En classe, Simon s’occupait de l’image
et des micros HF et moi, je faisais le son, alors que ce n’est pas du tout mon métier.
Et à force de présence, nous sommes devenus presque invisibles ; les enfants nous
considéraient même comme des camarades de classe.

Le rythme des saisons structure fortement le film. Cette idée était-elle centrale dès
le départ ?
Oui, c’était même la clé du projet : comme je voulais raconter une année scolaire
complète, il fallait que l’on voie passer l’automne, l’hiver, le printemps et l’été. D’autant
que dans un village comme celui-ci, la nature joue un rôle fondamental : le village se
transforme complètement et les enfants vivent totalement au rythme des saisons.
Toute la vie de la classe s’organise d’ailleurs autour de cela. Au montage, nous avons
donc essayé de faire circuler naturellement le temps qui passe jusqu’à l’été et au
dénouement final, avec le départ d’un élève et l’arrivée d’un autre, comme un cycle
qui continue.

Le film montre des enfants très préservés du numérique…
Oui, ils n’ont pratiquement pas de téléphones portables, regardent très peu la télévision
et vivent dehors en permanence. Résultat : ce sont des enfants qui connaissent
parfaitement la montagne, les animaux, les saisons. Ils font du ski, du biathlon,
passent leur temps dans la nature. En parallèle, ils bénéficient aussi d’initiatives
culturelles comme « Orchestre à l’école », grâce à la volonté du maire, qui tenait
absolument à ce que ces enfants aient accès à la musique malgré l’isolement du
village. Ce sont donc des enfants très « complets ».

On pense forcément à ÊTRE ET AVOIR. Le film de Nicolas Philibert a-t-il été une
référence ?
Oui, bien sûr. ÊTRE ET AVOIR reste une référence majeure, pour moi comme pour
beaucoup de cinéastes. Mais c’était une autre époque et un autre point de vue,
davantage centré sur la vie de l’enseignant. Ce qui est frappant, en revanche, c’est
qu’une vingtaine d’années plus tard, les problématiques restent les mêmes : ces petites
écoles rurales ou de montagne continuent de lutter pour survivre. Or, lorsqu’une école
ferme, c’est souvent toute la vie du village qui disparaît avec elle : les enfants partent
dans la vallée et le lien social se défait peu à peu.

Que peut apporter le grand écran à un documentaire comme celui-ci ?
Une visibilité à l’échelle du pays. Pour moi, l’école de La Gurraz représente toutes les
petites écoles rurales françaises menacées de fermeture, finalement. Et puis c’est
une façon de mettre en lumière le travail extraordinaire de ces institutrices et le
fonctionnement des classes uniques. D’ailleurs, Sylvie aime rappeler que « la classe
unique ou à multi-niveaux n’est pas une sous école, bien au contraire » ! En effet,
ce sont, selon moi, de véritables accélérateurs du savoir : les petits apprennent en
écoutant les grands, les grands aident les petits et tout le monde progresse ensembl

Que souhaitez-vous que les spectateurs retiennent du film ?
J’aimerais avant tout qu’ils ressentent l’humanité de ce village et l’importance de
ces petites écoles rurales. Les habitants de La Gurraz ont eu la bonté de nous ouvrir
leurs portes alors qu’ils sont réputés très réservés et je leur en suis extrêmement
reconnaissant. Et puis je ressens autour de ce projet le même enthousiasme que pour
SUR LE CHEMIN DE L’ÉCOLE. C’est un film très accessible, profondément ancré dans
la ruralité française, et je crois qu’il peut toucher beaucoup de monde.

20h30 : LES ELEPHANTS DANS LA BRUME (VO/st)

1h47min | Comédie dramatique De Abinash Bikram Shah

Avec Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarma

Synopsis
Tout public
Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l'une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l'enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.

Secret de tournage
Cannes 2026 - Ce film a été présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2026.
Infos techniques
Nationalités Népal, France, Allemagne, Brésil, Norvège

critiques presse
Bande à part par Olivier Pélisson - Le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah livre un premier long-métrage impressionnant de maîtrise et de puissance. Une aventure fascinante entre village et forêt sauvage, échappant à la carte postale folklorique en mélangeant les genres de cinéma et d’identité.

Libération par Olivier Lamm - C'est dans sa description scrupuleuse de la haine et des discriminations, dans l'exposition de leurs mille mécanismes des plus insidieux aux plus outranciers à tous les niveaux de la société, que "Les Éléphants dans la brume" subjugue et bouleverse.

CinemaTeaser par Perrine Quennesson - Premier film népalais sélectionné à Cannes, et premier long pour son réalisateur Abinash Bikram Shah, LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME impressionne, aussi bien pour la force de son sujet que pour ses images sidérantes de beauté.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - La famille, l’amour, le désir de normalisation, le besoin d’acceptation, la quête d’émancipation sont mises en jeu, dans un beau récit crépusculaire, aux images sublimes, signées du directeur français de la photographie, l’esthète Noé Bach.

Femme Actuelle par La Rédaction - Dans ce drame social se mêlent un aspect documentaire, un côté fantastique et un côté psychologique.

Franceinfo Culture par Valérie Gaget - Un film intense à l'univers parfois surréaliste.

L'Humanité par Pierre Barbancey - Le cinéma népalais existe en dehors de Bollywood. La preuve par ce film d’Abinash Bikram Shah primé à Cannes, dans lequel une communauté transgenre, les Kinnars, se retrouve aux prises avec la fausse tolérance des villageois.

L'Obs par Xavier Leherpeur - Interprété avec une intensité faussement calme par une militante des droits LGBT, le drame débute comme un documentaire ethnologique au regard acéré avant de se transformer en fable tragique et fantastique, pour s’achever par un inoubliable épilogue, épique et rageur. Superbe coup d’essai.

La Tribune Dimanche par Aurélien Cabrol - Un magnifique propos sublimé qui plus est par une admirable photographie.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - La présence souveraine de Pushpa Thing Lama stupéfie, beauté autoritaire de matriarche transgenre, à la force tranquille et cependant fragile.

Le Parisien par Catherine Balle - Le long-métrage nous happe grâce à son suspense et à son souffle, jusqu’à un final envoûtant.

Les Fiches du Cinéma par Gilles Tourman - Un film qui sort des sentiers battus.

Les Inrockuptibles par Théo Ribeton - Abinash Bikram Shah niche sa fiction mystérieuse au cœur d’une communauté de femmes transgenres. Une indéniable réussite.

Positif par Yannick Lemarié - Après "Lori" (2022), un premier court métrage remarqué, Abinash Bikram Shah a été, cette année, sélectionné à Cannes dans la section Un certain regard. Premier long métrage népalais à être récompensé (prix du jury), "Les Éléphants dans la brume", sous ses allures de thriller à la grande beauté plastique, est un film sociétal qui fascine autant qu’il émeut.

So Film par Romain Daum - Thriller au suspens retentissant, ésotérique, Les Éléphants dans la brume hybride les genres avec grâce et montre au passage le Népal sous un jour inédit.

Télérama par Guillemette Odicino - À la fois chronique documentaire et thriller tendu, un film étonnant à l’esthétique superbe auprès de la communauté des Kinnar, dans le sud du Népal.

Voici par La Rédaction - Une puissance romanesque, esthétique et émotionnelle forte.

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - Un film rare, d’abord parce que népalais, ensuite parce qu’il aborde la question des personnes transsexuelles dans un pays où l’on s’imagine que la question n’est socialement pas simple. Une réussite incontestable.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Un troublant portrait communautaire népalais.

Cahiers du Cinéma par Thierry Méranger - Définitivement transgressif, Les Éléphants dans la brume, histoire d’un dilemme, s’éloigne du plaidoyer queer convenu pour repenser le rapport de l’individu à sa communauté.

Critikat.com par Robin Vaz - La minutie du portrait sociologique constitue aussi la limite du film : ses évolutions narratives tendent à produire un exposé des mécaniques d’ostracisation d’une minorité – chaque étape de l’enquête semble destinée à illustrer un nouvel aspect du sujet.

Le Figaro par F. V. - Le film montre avec efficacité les complexités de ces femmes tout sauf angéliques. Et le parallèle entre les éléphants et les kinnars est habile : les villageois les acceptent tant qu’ils ne perturbent pas leur quotidien. En revanche, l’enquête pour retrouver la fille disparue s’étire et cherche à basculer dans le thriller sans vraiment y parvenir.

Le Point par Baudouin Eschapasse - Prix du Jury de la sélection Un Certain Regard, en 2025, ce film d’Abinash Bikram Shah plonge le spectateur dans un univers onirique. Brumes poisseuses, nuits sulfureuses, violence rentrée et, surtout, présence fantomatique de pachydermes hissés au rang de divinités, un film hypnotique qui révèle une facette inattendue du Népal.

Nice-Matin par Cédric Coppola - Même si le scénario s’appuie sur certaines facilités, notamment en ce qui concerne la perception des habitants environnants vis-à-vis des Kinnars, Les Éléphants dans la brume s’impose comme un geste sincère et cinématographique, appuyé par la photographie de Noé Bach, lequel s’était déjà illustré, dans d’autres registres, avec La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet ou Spectateurs ! d’Arnaud Desplechin.

Ouest France par Pascale Vergereau - Un film totalement dépaysant.

Paris Match par Yannick Vely - Formellement de toute beauté, « Les éléphants dans la brume » expose l’intolérance jusqu’à son dénouement teinté de mysticisme.

L’avis du projectionniste
Ce film népalais offre une ouverture sur une culture tellement différente de celle des pays occidentaux, qu’il nécessite de la curiosité.