Il nous reste encore demain – de Paola Cortellesi

Dimanche 14 Avril à 17h (VO/st)

1h 58min | Comédie, Drame De Paola Cortellesi

Avec Paola Cortellesi, Valerio Mastandrea, Romana Maggiora Vergano

Synopsis
Mariée à Ivano, Delia, mère de trois enfants, vit à Rome dans la seconde moitié des années 40. La ville est alors partagée entre l’espoir né de la Libération et les difficultés matérielles engendrées par la guerre qui vient à peine de s’achever. Face à son mari autoritaire et violent, Delia ne trouve du réconfort qu’auprès de son amie Marisa avec qui elle partage des moments de légèreté et des confidences intimes. Leur routine morose prend fin au printemps, lorsque toute la famille en émoi s’apprête à célébrer les fiançailles imminentes de leur fille aînée, Marcella. Mais l’arrivée d’une lettre mystérieuse va tout bouleverser et pousser Delia à trouver le courage d’imaginer un avenir meilleur, et pas seulement pour elle-même.

Anecdotes

Une actrice qui passe à la réalisation
Il reste encore demain est le premier long-métrage en tant que réalisatrice de Paola Cortellesi. Celle-ci est connue en Italie en tant que présentatrice télé et humoriste, ainsi que pour ses multiples rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre, qui lui ont valu de nombreux prix : Prix Hystrio de la meilleure interprétation théâtrale (2007) ; Prix E.T.I de la meilleure interprétation d’un monologue sur scène et Prix de la Critique de théâtre (2006) ; David de Donatello de la meilleure actrice (2011) ; Nastro d’Argento de la meilleure actrice (2018, 2019 et 2020) ; Globo d’Oro de la meilleure actrice (2018) et Prix Flaiano de la meilleure interprétation dans une série télévisée (2023).

Plus fort qu'Oppenheimer et Barbie
Il reste encore demain a créé la surprise à sa sortie en Italie en octobre 2023. Le long-métrage a totalisé 5 millions de spectateurs, dépassant au box-office national Oppenheimer et Barbie.

Un véritable phénomène
Au-delà du succès populaire, le long-métrage a suscité de vifs débats en Italie autour du patriarcat et ses racines, entrant en résonance avec le féminicide de Giulia Cecchettin. Le meurtre de cette étudiante de 22 ans, perpétré par son petit ami le 11 novembre 2023, a indigné le pays.
La notoriété de sa réalisatrice et actrice principale, Paola Cortellesi, qui a commencé sa carrière comme humoriste à la télévision, a permis à Il reste encore demain de devenir une œuvre populaire et politique, renouant avec une tradition perdue du cinéma italien. Des enseignants emmènent même leurs classes voir au cinéma ce qui est devenu un objet d'intérêt public.

Note d'intention
"Dans Il reste encore demain, j’ai voulu raconter les actions extraordinaires de toutes ces femmes ordinaires qui ont construit, sans même le savoir, l’Italie. Delia, c’est notre grand-mère, notre arrière-grand-mère. Qui sait si elles avaient envisagé elles aussi un « demain » possible. Pour Delia, « demain » existe. C’est un lundi, un jour précieux, le dernier pour commencer à construire une vie meilleure", déclare Paola Cortellesi.

Le récit de femmes ordinaires
"J’avais envie de raconter des histoires vécues dans l’immédiat après-guerre. Des histoires que m’ont racontées les personnes âgées de ma famille : mes grands-mères, mais aussi mes tantes, mes parents", explique la réalisatrice. Tous ces récits avaient pour point commun des femmes ordinaires qui avaient subi une vie faite de sévices et de désillusions. La cinéaste voulait dépeindre ce quotidien alors banal à cette époque, ainsi que la naissance d'une prise de conscience chez une de ces femmes.

En noir et blanc
Paola Cortellesi revient sur son choix de tourner en noir et blanc : "Depuis toute petite, j’ai toujours imaginé les histoires que l’on me racontait en noir et blanc, influencée sans nul doute par les films ancrés dans cette période historique que l’on aimait tant à la maison : que ce soit l’immense production de films néoréalistes de cette époque que ceux de la comédie à l’italienne ensuite."
Cependant, c'est surtout au néoréalisme rose qu'elle voulait faire référence, terme désignant les productions italiennes des années 1950 qui, tout en conservant la veine sociale et réaliste propre au néoréalisme, l’orientèrent vers la comédie. "C’est pourquoi j’ai tourné en 4/3 la scène d’ouverture qui apparaît juste avant le générique car j’aimais l’idée de recréer pendant les toutes premières minutes l’ambiance de ces films pour ensuite agrandir le cadre et ouvrir le sujet de mon film", précise-t-elle.

Quelques critiques presse

Première par Lucie Chiquer - En invoquant le passé, la réalisatrice italienne signe ici un film poignant et actuel qui résonnera chez chaque femme, qu’importe sa génération.

Bande à part par Mary Noelle Dana - Une prouesse cinématographique inattendue, cruelle, drôle, sans concession, et incontournable pour plus d’une raison.

Télé Loisirs par S.O. - Un petit miracle.

20 Minutes par Caroline Vié - L’humour féroce est aussi une composante très présente dans le film qui évoque ainsi les grands moments de la comédie italienne.

CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta - Pas étonnant que la jeune génération italienne ait été particulièrement sensible à Il reste encore demain. Se déploie au fil du film l’intelligence redoutable d’une femme – devant et derrière la caméra – qui va déjouer les pièges d’un système patriarcal et vieillissant en multipliant les faux-semblants.

Elle par Françoise Delbecq - Une tragi-comédie lumineuse sur le patriarcat.

Femme Actuelle par La Rédaction - Un film utile.

Franceinfo Culture par Lorenzo Ciavarini Azzi - "Il reste encore demain" est une histoire de résilience rondement menée, une belle surprise dans un cinéma italien où Paola Cortellesi prendra désormais place aux côtés de Matteo Garrone ou de Paolo Sorrentino.

Le Parisien par Pauline Conradsson - La force de ce film féministe, c’est qu’il traite d’un sujet sombre de façon très originale, oscillant entre humour, légèreté et drame. Les scènes de violences sont dansées, les personnages font sourire autant qu’ils peuvent nous glacer et le twist final est bien amené. Le film porte un souffle, une énergie qui fait un bien fou.

Le Point par La Rédaction - Avec ce film qui trouve le juste équilibre entre rire et larmes, Paola Cortellesi signe le retour de la grande comédie italienne, celle qui parle de la réalité.

Voici par La Rédaction - Ce premier film de l'actrice Paola Cortellesi fait rimer féminité avec liberté.

Cahiers du Cinéma par Vincent Poli - Le MacGuffin est assez lourd – Delia survivra-t-elle à une énième volée de coups si Ivano venait à lire la lettre ? – mais vient, in extremis, nouer l’alliance entre une aventure individuelle et celle collective du féminisme politique.

L'Obs par Isabelle Danel - Jouant sur une lueur d’espoir tangible, dans le tunnel du patriarcat, Cortellesi, dupe de rien, ose tout et fait mouche.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Dans cette démonstration appuyée des méfaits du patriarcat, père et fils devisent tranquillement du nombre et de la force des coups à porter sur l’épouse pour plus d’efficacité. Le récit semble entraîner le spectateur vers une issue donnée, avant une embardée finale inattendue – le fameux « demain » du titre.

Le Monde par V. Cau. - Si sombre soit-il, et parfois glaçant, le film contourne le drame par l’humour et l’usage d’artifices formels. Conduit avec vitalité, illuminé d’instants de folle gaieté, teinté d’une ironie quasi burlesque, Il reste encore demain se tient sur le fil d’une tragi-comédie qui a le mérite de laisser entendre, au milieu des vieilles voix du passé, l’espoir d’un avenir meilleur.

Les Fiches du Cinéma par Gilles Tourman - Sous l’ironie, un film éminemment politique.

L'avis du projectionniste

Pour raconter l'histoire d'une mère de famille romaine battue par son mari et la volonté d'émancipation des Italiennes en 1946, Paola Cortellesi mise sur l'humour et la stylisation avec un noir et blanc élégant et des séquences musicales originales. Le casting est drôle et talentueux.