Jeudi 12 Mars à 14h30 ; vendredi 13 Mars à 20h30 et Samedi 14 mars à 14h30
Avec Lucas Hector, Nina Filbrandt, Octave Gerbi, Artus, Gérard Jugnot, Arthus
Synopsis
Tout public
Pendant l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, François, Eusèbe et Lisa, trois enfants courageux, se lancent dans une aventure secrète : résister aux nazis en plein cœur de la France. Sabotages, messages cachés et évasions périlleuses, ils mènent des actions clandestines sous le nez de l’ennemi. L’audace et l’amitié sont leurs seules armes pour lutter contre l’injustice.
Naissance du projet
Les Enfants de la Résistance est adapté des deux premiers tomes de la bande dessinée du même nom de Benoît Ers et Vincent Dugomier. Christophe Barratier, qui n'avait pas lu les albums mais qui savait qu’en plus d’un gros succès de librairie, l’œuvre bénéficiait d’une forte notoriété en milieu scolaire, se rappelle : "Me plongeant dans sa lecture, l’itinéraire aventureux de ces trois enfants tout au long des quatre années d’occupation m’est apparu comme une formidable épopée d’aventure, distrayante et jubilatoire, sans jamais pourtant édulcorer les aspects les plus sombres."
"Preuve que les événements les plus dramatiques peuvent être traités de manière à captiver un jeune public. Fait assez rare en BD, ces trois enfants grandissent, et donc évoluent, au fil des albums. D’enfants, on les suit jusqu’à l’orée de leur âge adulte, ce qui multiplie les niveaux de lecture."
Un film nourri par une mémoire familiale
Le projet touche Christophe Barratier de manière intime. Sa grand-mère, comédienne, a vécu l’Occupation à Paris, donnant des récitals dans les cabarets allemands pour nourrir ses enfants : "Ma grand-mère, comédienne de théâtre, qui a vécu ces années là, en est sans aucun doute à l’origine. Son mari la quitte en 1941, lui laissant trois enfants à charge dont mon oncle Jacques Perrin et ma mère (Eva Simonet, comédienne, puis attachée de presse)."
"Pour subvenir à leurs besoins, elle donne des récitals de poésie dans les cabarets de la capitale occupée par les Allemands. Elle, comme ses enfants, m’évoquaient cette époque dans toute sa noirceur, la nourrissant d’anecdotes souvent poignantes, mais aussi parfois drôles, prouvant encore que le tragique n’exclut pas les sourires et la légèreté. C’est dans cet esprit, conforme à l’approche des auteurs, qu’avec Stéphane Keller nous avons traité l’adaptation.
Un collabo inventé pour incarner la “zone grise
Dans le film, le personnage de Germain, le cafetier collabo, n’existe pas dans les deux premiers tomes de la BD. Il est créé avec Stéphane Keller, co-scénariste et historien. Germain ne représente pas un monstre idéologique, mais le Français médiocre, rancunier, prêt à toutes les compromissions. Par lui, le film aborde la complexité morale de l’Occupation, loin des caricatures.
Le choix Artus
Quand Artus accepte le rôle de Marcel, le film est encore en préparation. Puis sort Un p’tit truc en plus, succès colossal qui détrône Les Choristes au box-office des premiers films français. Malgré ce raz-de-marée, le comédien reste fidèle au projet. Christophe Barratier, qui l’avait découvert dans Le Bureau des Légendes, se remémore : "Nous nous étions relativement peu vus en amont du tournage."
"L’indication principale que je lui avais donnée était que son personnage, paysan taiseux d’un abord austère, n’est pas du genre à faire de grands discours. Sa force, son humanité, comme ses fêlures, ne peuvent percer la façade qu’en attitudes et en regards. Il a adopté une façon de parler des plus sobres mais avec une expression si intense que, dès ce premier jour, je savais qu’on tenait un personnage formidable."
Un village réel transformé en fiction nationale
Pontain-l’Écluse n’existe pas. Mais il a trouvé corps à Mailly-le-Château, dans l’Yonne. Christophe Barratier voulait un village comme un de ceux qui se situaient en zone libre (et qui ne le sera plus à partir de novembre 1942), à la lisière de la ligne de démarcation, terrain de passage vers la zone libre : "Comme souvent lorsqu’on repère en milieu rural, les habitants se montrent méfiants vis-à-vis des tournages…"
"Mais lorsqu’on gagne leur confiance, tous se mettent en quatre pour participer à l’aventure, qu’il s’agisse de logistique ou d’artistique. Nombre d’agriculteurs locaux sont venus livrer par tracteurs les centaines de mètres cube de terre nécessaire pour la scène de l’éboulement."
Une image désaturée pour dramatiser l’Histoire
En collaboration avec le chef opérateur Jérôme Alméras, Christophe Barratier a choisi une image légèrement désaturée, qui refroidit les couleurs vives, contribuant ainsi à dramatiser le récit. Le metteur en scène se souvient : "En amont du tournage, nous préparons minutieusement un découpage technique où nous listons le nombre des plans et les moyens techniques que nous considérons idéaux. Comme nous sommes très gourmands, il nous faut souvent baisser la voilure. Alors je réécris la scène sous un angle différent. Et cela nous rend bien plus créatifs."
Retrouvailles
Gérard Jugnot incarne un curé dans Les Enfants de la Résistance. Pour l'occasion, le célèbre acteur retrouve Christophe Barratier après Les Choristes (2004), Faubourg 36 (2008), La Nouvelle guerre des boutons (2011) et Le Temps des secrets (2022). Le cinéaste explique : "Sa présence me rassure, c’est presque un doudou…. Surtout lorsqu’il s’agit d’un film évoquant ce qu’est notre pays et notre identité. Comme Bourvil, Gérard est le prototype du « monsieur tout le monde », le Français moyen avec ses qualités et ses bassesses."
"Il l’a prouvé en incarnant aussi bien le collabo ridicule du Papy fait de la Résistance que le bien plus réaliste Monsieur Batignole. Mais au-delà de cela, c’est avant tout un formidable comédien qui, sans en avoir l’air, s’implique avec dévouement et générosité, toujours pour le bien du film. Depuis l’aventure des Choristes Gérard fait partie de ma vie et y restera."
Les enfants ont appris à "jouer l’Histoire"
Avant même de tourner, Christophe Barratier ne s’est pas contenté de leur faire apprendre un texte. Il a voulu que les trois jeunes acteurs comprennent le monde dans lequel leurs personnages vivent. Avec eux, il a longuement parlé de la Seconde Guerre mondiale, de la collaboration, du marché noir, des dénonciations, mais aussi de la Résistance ordinaire, souvent silencieuse. Il ne leur a pas présenté une vision simplifiée “gentils contre méchants”, mais cette zone grise où chacun doit choisir, parfois malgré lui.
Pour Lucas Hector (François), Nina Filbrandt-Spalony (Lisa) et Octave Gerbi (Eusèbe), ce travail de mémoire a été décisif. Ils n’incarnaient plus seulement des enfants aventureux, mais de véritables lanceurs d’alerte, conscients d’agir dans un monde dangereux.
Abus de Ciné par Benjamin Bidolet - Christophe Barratier respecte la vocation pédagogique du matériau d’origine. Les premières minutes suffisent pour s’en convaincre, avec cette rapide remise en contexte historique illustrée par une carte de l’Europe façon cahier de coloriage. Ne cherchez pas d’analyse géopolitique pointue ou de dissection de l’idéologie fasciste, tout se déroule à hauteur d’enfant.
Le Figaro par O. D. - En renouant avec ses thèmes de prédilection, l’enfance au centre d’un cadre historique tragique, Christophe Barratier, tout à son affaire, parvient avec intelligence à filmer la résistance à hauteur d’enfant.
Le Parisien par Catherine Balle - Entouré d’un joli casting (Gérard Jugnot, Pierre Deladonchamps, Vanessa Guide, Julien Arruti dans un rôle à contre-emploi…), Artus est excellent.
Voici par La Rédaction - Cette adaptation, signée Christophe Barratier (Les Choristes), de la fameuse bande dessinée, explore à hauteur d’enfant une page sombre du récit national.
Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Dans ce récit villageois appliqué, à l’imagerie rétro, Artus en vétéran est juste et touchant à chaque apparition, Gérard Jugnot sans surprise en soutane de curé, et Julien Arruti droit dans ses bottes de collabo abruti.
La Croix par Stéphane Dreyfus - Adaptation fidèle de la série de bandes dessinées à succès sur des adolescents se mobilisant contre l’occupant allemand, le film de Christophe Barratier n’est pas parfait, mais la belle mécanique de son scénario et la prestation d’Artus lui donnent un souffle indéniable.
La Voix du Nord par Christophe Caron - Le film n’a peut-être pas le souffle espéré, mais il a une grande qualité : il ne vire jamais à la farce et n’élude surtout pas les drames liés à une période sombre. On sourit devant les agissements spontanés et parfois maladroits de la petite troupe. On se fige devant les mesures de rétorsion de l’occupant.
Le Journal du Dimanche par Florian Anselme - Presque pédagogique, le récit jongle finement entre émotions, légèreté et humour subtilement distillé pour que presque tout le monde s'y retrouve.
Le Point par Romain Brethes - Barratier réussit notamment la délicate transposition des multiples tonalités qui traversent la série, en s’appuyant sur une distribution au sommet de laquelle trône un Artus bluffant et impeccable en père taiseux de François, rescapé de la Grande Guerre. De l’innocence façon Petit Nicolas à la violence froide et glaçante des premières représailles, c’est le sens tragique de l’Histoire que convoque ce film, en un temps où il frappe de nouveau à notre porte.
Télé 2 semaines par T.C. - Une intrigue qui ne tait pas les drames de cette sombre période, tout en restant accessible aux plus sensibles.
Télé Loisirs par T.C. - Cette aventure familiale touchante s'avère bienvenue pour aborder avec sa progéniture ce conflit déterminant.
L'Obs par Xavier Leherpeur - Cette guerre des boutons tragique pour de vrai martèle le souvenir de la trahison de Pétain et des collabos. En ces temps de révisionnisme menaçant, c’est toujours bon à prendre.
L'avis du projectionniste
Jolie surprise, cet agréable film est respectueux de la bande dessinée.
Artus est super et les enfants sont justes. Venez le voir en famille !
