L’illusion de Yakushima – de Naomi Kawase

Dimanche 26 Juillet à 18h (VO/st)

1h52min | Drame De Naomi Kawase

Avec Vicky Krieps, Kan'ichirô, Ojiro Nakamura

Synopsis
Corry est française et vit au Japon. Elle partage sa vie avec Jin et s’occupe d’enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture Japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry se bat au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparait un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe de son jeune patient aboutisse…

Anecdotes

Le phénomène des "jôhatsu"
“Jôhatsu”, terme qui veut dire littéralement “évaporé", désigne au Japon les personnes qui disparaissent volontairement. Il s'agit d'un véritable phénomène au Pays du Soleil Levant, où on estime qu'environ 100 000 personnes par an disparaissent sans laisser de traces. Les raisons à l'origine de ce choix sont multiples, certains préfèrent prendre leurs distances avec la société car ils ont honte après avoir perdu leur travail, tandis que d'autres cherchent à échapper à leurs dettes ou à un mariage arrangé.
C'est ce phénomène qui a d'abord inspiré à Naomi Kawase L'Illusion de Yakushima : "Cette question a précédé celle des greffes d’organes. Je ne voulais pas l’explorer à travers un documentaire. S’agissant des disparitions, la loi japonaise prévoit que lorsqu’une personne est portée disparue, sa famille peut la déclarer morte sept ans après sa disparition, alors que dans la plupart des pays occidentaux, ça fonctionne différemment. Quant à la définition de la mort, au Japon, quand le cœur d’une personne bat encore, c'est à la famille de décider si cette personne est morte ou vivante, même si son cerveau a cessé de fonctionner. Comme dans le cas des personnes disparues, les proches ont la main sur l’acte de décès. À travers le personnage de Corry, je voulais apporter un regard neuf et plus objectif sur ces questions." (Propos recueillis par Giorgia Del Don pour Cineuropa)

Le choix de Vicky Krieps
Cinq actrices ont été en lice pour le rôle principal, mais c'est Vicky Krieps qui a séduit la réalisatrice : "Vicky m’a paru vraiment unique. D’autres dans la liste étaient très talentueuses, mais Vicky avait quelque chose de plus naturel, elle collait mieux au projet. L’énergie qu’elle dégageait m’attirait beaucoup. Avant le tournage, elle a passé du temps à Kobe pour préparer le rôle et rencontré les enfants à l’hôpital." (Propos recueillis par Giorgia Del Don (Cineuropa).

Quelques critiques presse

Marie Claire par Emily Barnett - Dans ce puissant mélodrame (à prendre au sens plein et fort), le cœur organique rejoint le cœur métaphorique, tous deux battant à l’unisson d’une mise en scène où se mêlent nature et spiritualité, précision scientifique (la dernière scène d’opération à cœur ouvert) et lyrisme des sentiments.

CinemaTeaser par Aurélien Allin - L'Illusion de Yakushima convainc sans réserve, dans ce qui est peut-être ce que la cinéaste a fait de mieux depuis La Forêt de Mogari.

Femme Actuelle par La Rédaction - Une jolie chronique sentimentale.

La Tribune Dimanche par Aurélien Cabrol - A travers le personnage de Corry, Kawase [la réalisatrice] transforme inéluctablement son film en une plongée passionnante dans cette culture si différente de la nôtre : la définition du moment de la mort n'est pas la même qu'en Europe et cela change tout ou presque.

Le Figaro par O. D. - Dans cette balade sensorielle, douce et mélancolique, Kawase fait naître une émotion pudique, presque suspendue, qui touche longtemps après la projection. Un film tendre, engagé et profondément humain.

Le Journal du Dimanche par Baptiste Thion - Dans son mélange de concret et de symbolisme, "L'Illusion de Yakushima" trouve une forme de grâce qui touche au cœur.

Les Echos par Adrien Gombeaud - La réalisatrice des « Délices de Tokyo » revient avec un film à la beauté cristalline sur le deuil et l'absence. Avec Vicky Krieps et les paysages sublimes des forêts du Japon.

Les Fiches du Cinéma par Maud Le Rest - Une critique subtile des contradictions de la société nippone, à travers les yeux désabusés d’une outsider.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain - Depuis quelques films, il y avait quelque chose qui clochait dans les films de Kawase, même les plus réussis ("Les Délices de Tokyo", 2015, "Vers la lumière", 2017, etc.) : elle mâchait le travail des spectateur·rices en leur expliquant en voix off ce qu’il fallait comprendre aux images qu’elle montrait. Ici, rien de tel : Naomi Kawase semble avoir trouvé un nouveau souffle.

Première par Nicolas Moreno - D’une grande beauté sensorielle, le film fait dialoguer la vie intime de Corry avec son parcours professionnel (la réticence japonaise pour le don d’organe), mais aussi la nature environnante luxurieuse. Une tempête menace d’ailleurs au loin. Est-elle physique, mentale, métaphorique ? Elle est en tout cas la preuve que la vie continue.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Un aérien conte philosophique.

Télé Loisirs par M.L. - Ce film sensible traite avec tact un sujet délicat.

Télérama par Frédéric Strauss - Un film contemplatif et engagé.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Un film engagé et important , long métrage à l’émotion qui pointe son nez du côté du rapport aux enfants, incluant leurs parents dans cette lutte entre vie et mort, mais qui ne parvient pas à trouver la même tonalité côté enjeux privés pour Corry.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - En mettant en scène des enfants en attente de greffe, le film dramatise ce sujet et lui confère une forme d’urgence militante que l’on partage aisément, avec une indiscutable sympathie.

L'Obs par Xavier Leherpeur - Entre fiction mélancolique et sociétale, où le romanesque se combine à une approche quasi documentaire du médical et de l’éthique, la réalisatrice des « Délices de Tokyo » (2016) signe, après quatre ans d’absence, un film lumineux sur des thématiques sombres, accompagnant avec une poésie tellurique son héroïne sur sa route chancelante vers l’apaisement.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - La réalisatrice japonaise des Délices de Tokyo, Naomi Kawase, signe un film éclairant et sensible sur les réticences des greffes d’organes au Japon mais entrelace deux récits sans fluidité, mêlant lyrisme des sentiments et précision documentaire.

Le Monde par Bo. B. - Tout le film est bâti, sur le fond et sur la forme, sur l’agencement d’éléments étrangers essayant de s’assimiler à un autre corps. Le regard extérieur de Corry permet d’explorer les sentiments de honte et de culpabilité attachés aux transplantations cardiaques, au Japon, là où la Française y voit davantage un geste de continuation de la vie.

Nice-Matin par Cédric Coppola - Au-delà de pointer certaines différences culturelles et de mettre en balance la rigueur et le pragmatisme avec l’esprit bohème et artistique, reflété par la relation de la chirurgienne et de son amant, la réalisatrice soulève des dysfonctionnements liés aux greffes dans son pays.

Paris Match par Yannick Vely - « L’Illusion de Yakushima » assemble ainsi deux films : le récit de la fin d’une histoire d’amour suite à l’évaporation de l’être cher et le combat à la vie à la mort d’une chirurgienne étrangère pour accélérer le don, avec tous les questionnements culturels que cela suppose.

Version Femina par Hadrien Machart - Fidèle à un style mêlant réalisme sensoriel et spiritualité contemplative, Naomi Kawase embarque ici la très sensible Vicky Krieps dans un long métrage doté, aussi, d’une partie presque documentaire où l’on découvre les conséquences des croyances sur le progrès.

L'avis du projectionniste

C’est un film touchant qui aborde avec justesse le sujet difficile des greffes d’organes entre enfants. Il traite ce thème avec sensibilité et humanité.