Notre salut – de Emmanuel Marre

Vendredi 30 Octobre à 17h et le Samedi 31 Octobre à 20h30

2h39min | Drame, Historique De Emmanuel Marre

Avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit

Synopsis
Tout public
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d'ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…

Anecdotes

Cannes 2026
Ce film a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.

Une histoire de famille
L'idée de Notre salut est née quand une tante d'Emmanuel Marre lui a transmis les lettres de ses arrière-grands-parents. Il y a découvert que son aïeul avait réellement servi le régime de Vichy et rédigé le traité Notre salut. Loin du biopic traditionnel, le film s'inspire librement de cette correspondance pour explorer les engrenages de la banalité du mal. Le réalisateur se rappelle :
"Mon aïeul a confondu son sort personnel avec celui du pays. Il a vu dans le régime de Vichy, après la défaite, un moyen de « redresser » quelque chose, à l’échelle de la France mais aussi en lui-même. Il vient à Vichy pour chercher du travail, espérant avoir une place à la hauteur des talents qu’il estimait avoir. La sensation de la guerre vue au quotidien, avec des ellipses, des trous de plusieurs mois, m’a fasciné dans cette correspondance."

Dans la continuité de "Rien à foutre"
Bien que situé sous l'Occupation, le film prolonge la réflexion de Rien à foutre (2021) sur le monde du travail et le management. Emmanuel Marre a réutilisé des dispositifs similaires, comme cette scène où des employés doivent hurler un slogan pro-Pétain. Le cinéaste interroge ici les systèmes d'oppression du point de vue de ceux qui choisissent d'y participer et finissent par s'y perdre.

Des têtes d'affiche aux vrais fonctionnaires
Pour donner corps aux rouages de l'administration, le réalisateur a mélangé acteurs professionnels et non-professionnels. Les collègues d'Henri sont joués par de véritables énarques et patrons de PME afin d'éviter les clichés sur les « petits hommes gris ». Utilisant l'improvisation, ces hauts fonctionnaires ont apporté leur propre jargon, intégrant eux-mêmes au débat la distinction entre « coopération » et « collaboration ».
Swann Arlaud dans un « costume trop grand »
Choisi après une journée d'improvisation en costume, Swann Arlaud incarne un homme ordinaire happé par un système qui le dépasse. Sa prestation s'inspire du travail de Jean-Louis Trintignant dans Le Conformiste (1970), mais à l'inverse de ce dernier, Henri est un homme banal qui rêve d'un destin d'exception. L'acteur a accepté un jeu sobre et sans scène de bravoure pour se fondre dans le récit.

L'imitation du grain des actualités d'époque
Afin d'éviter le piège de la reconstitution historique trop léchée, le film a été tourné en lumière naturelle avec une caméra Bolex digitale. Ce procédé recrée fidèlement la texture et le grain du 16mm d'époque. Pour accentuer le réalisme visuel, un flash était parfois installé au-dessus de l'objectif, imitant la prise de vue brute des équipes d'actualités des années 1940.

Décors naturels et fresque conservée
Le tournage s'est déroulé intégralement dans des décors naturels, notamment au Palais des Congrès de Vichy et à la Maison du Peuple de Limoges, où siégeait réellement le Commissariat à la Lutte Contre le Chômage. Pour ce bâtiment Art Déco, l'équipe a reconstitué une fresque d'époque. Une réalisation tellement fidèle que les occupants actuels des lieux ont décidé de la conserver sur leurs murs.

Un choix musical décalé
La bande originale tranche avec les codes du film d'époque en intégrant des morceaux électroniques et rétro comme Popcorn ou Live is Life. Emmanuel Marre voulait insuffler de la vitalité au récit pour garder une sensation d'immédiateté. Ainsi, lors de la scène du bal, les comédiens exécutent une chorégraphie d'époque archivée par l'INA, mais au son d'une musique pop moderne.

Quelques critiques presse

Bande à part par Pierre Charpilloz - Une grande œuvre de mise en scène, qui, en faisant ressentir et comprendre ce qu’a été la collaboration, propulse l’Histoire dans le présent.

Cahiers du Cinéma par Charlotte Garson - Notre salut propose une troisième voie, moins académique que celle de Giannoli et moins radicale que celle de Glazer. Elle consiste à tirer le fil d’un détail bien choisi jusqu’à ce qu’il forme une pelote énorme, étouffante .

CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta - La collaboration, l’absence de colonne vertébrale et le travail comme aliénation : un film phénoménal.

Femme Actuelle par La Rédaction - Au centre du jeu, Swann Arlaud excelle à rendre son personnage opaque. Bravo !

Franceinfo Culture par Laurence Houot - En montrant comment, subrepticement, pas après pas, jour après jour, une majorité finit par adhérer à des thèses racistes pour collaborer ensuite d'autant plus facilement au régime criminel qui les met en œuvre, ce film magistral - autant sur un plan historiographique que cinématographique - nous invite à méditer sur le passé, sur l'Histoire, mais aussi (et surtout) sur notre présent.

L'Obs par Guillaume Loison - Swann Arlaud excelle dans ce grand film sur le pétainisme qui tend un miroir à notre époque.

La Tribune Dimanche par Aurélien Cabrol - Mêlant la grande histoire à celle toute petite, en comparaison, d’un homme sans qualité et de son couple en déshérence, Emmanuel Marre [le réalisateur] parvient à donner à son film la couleur de la vraisemblance totale, tout en nous alertant sur un passé aux résonances parfois très actuelles.

Le Parisien par Renaud Baronian - Cette histoire vraie d’un collabo « ordinaire », campé par Swann Arlaud qui livre une prestation ahurissante, colle des frissons et donne à réfléchir sur notre époque actuelle.

Les Echos par A.G. - Une reconstitution historique magistrale qui déroute, dérange et enthousiasme.

Les Fiches du Cinéma par Thomas Fouet - Emmanuel Marre signe le grand œuvre tant attendu sur la Collaboration.

Libération par Camille Nevers - Un film beau et fou sur la compromission, à méditer au prisme de l’emprise actuelle de l’extrême droite.

So Film par Benjamin Cataliotti - Henri Marre n’est, de fait, jamais aussi sournois que quand il exécute les pires besognes, avec l’air gêné de celui qui craint toujours d’avoir un temps de retard alors qu’il se trouve en réalité au cœur du système. Ce qu’éclaire à la perfection ce film immense, qui n’aurait mérité rien de moins qu’une Palme.

Télérama par Marie Sauvion - En s’inspirant de l’histoire de son arrière-grand-père, fonctionnaire zélé sous Pétain, le cinéaste réussit un biopic politique impressionnant de bout en bout.

Elle par Marguerite Baux - Swann Arlaud est magistral.

L'Humanité par Sophie Joubert - Dans le rôle d’Henri Marre, fonctionnaire insaisissable, Swann Arlaud est impressionnant.

La Croix par Stéphane Dreyfus - Dans Notre salut, le cinéaste français Emmanuel Marre livre le portrait plein de nuances de son arrière-grand-père, collaborateur du régime de Vichy, en multipliant les rapprochements avec le temps présent.

Le Figaro par Etienne Sorin - Le tableau saisissant de la débâcle d’un homme et d’un régime.

Première par François Léger - L'un des sommets ciné de l'année.

Télé 2 semaines par F.-X.T. - Un portrait glaçant de la France sous Pétain.