Pas de vagues – de Teddy Lussi-Modeste

Vendredi 12 Avril à 20h30 et Samedi 13 Avril à 17h

27 mars 2024 en salle | 1h 32min | Drame De Teddy Lussi-Modeste

Avec François Civil, Shaïn Boumedine, Bakary Kebe

Synopsis
Julien est professeur au collège. Jeune et volontaire, il essaie de créer du lien avec sa classe en prenant sous son aile quelques élèves, dont la timide Leslie.
Ce traitement de faveur est mal perçu par certains camarades qui prêtent au professeur d'autres intentions. Julien est accusé de harcèlement.
La rumeur se propage. Le professeur et son élève se retrouvent pris chacun dans un engrenage.
Mais devant un collège qui risque de s'embraser, un seul mot d'ordre : pas de vagues…

Anecdotes

Une histoire vraie
Pas de vagues s’inspire d’une épreuve que Teddy Lussi-Modeste a traversée il y a quelques années. Dans le collège où il était professeur, la Conseillère Principale d’Éducation lui a un jour tendu une lettre écrite par une de ses élèves, l'accusant de la regarder en touchant sa ceinture : "Elle a 13 ans. Les choses s’emballent. Un de ses grands frères me menace de mort."
"Un autre l’amène porter plainte contre moi. Je refuse de me mettre en arrêt car j’y vois bêtement un aveu de culpabilité. Je sors chaque jour du collège en me demandant si on va me casser les jambes. Je vis dans la peur et la honte – la culpabilité aussi : je ne veux pas que les collègues qui m’escortent jusqu’au métro soient agressés par ma faute", se rappelle le metteur en scène.

Pourquoi François Civil ?
Teddy Lussi-Modeste voulait que Julien soit interprété par un jeune homme au sourire candide dont on pourrait encore percevoir l’adolescence au détour d’un regard : "François est un acteur qui n’a cessé de m’impressionner sur le plateau. Il a été davantage qu’un acteur qui vient jouer son rôle : il était en effet si investi et si généreux que je considère qu’il a autant créé le personnage que moi."
"Avant le tournage, il s’est isolé pour apprendre son texte et quand il est revenu il était devenu Julien. Il y avait quelque chose de changé dans sa gestuelle, son élocution, son être même. Le paradoxe avec François est qu’il est une star très identifiée mais on peut projeter sur lui tous les univers possibles. Cela vient de son travail et de l’empathie immédiate qu’il provoque", raconte le cinéaste.

Fausses teintes
Concernant l’image du film, Teddy Lussi-Modeste voulait travailler autour des fausses teintes – ces changements de lumière à l’intérieur même du plan qui introduisent une étrangeté : "Parce qu’une salle de classe laisse entrer par ses fenêtres ces flots de lumière qui peuvent se tarir soudain au gré d’un nuage, j’avais envie de radicaliser ce procédé, comme si le temps devenait fou, et qu’il portait les émotions des personnages."
"Je voulais faire vivre le plan en y installant une lumière mouvante et de nombreux personnages. L’idée était de multiplier à l’intérieur même du cadre le nombre de regards qui ne s’accordent pas. En d’autres termes : ça devait toujours se bousculer dans le plan", précise-t-il.

Un thriller tendu
Teddy Lussi-Modeste voulait que le film épouse la forme du thriller. Si le réalisateur ne souhaitait pas coller aux événements tels qu’ils s’étaient déroulés dans la réalité, il voulait représenter à l'écran les émotions qui l'ont traversé : "La menace devait gronder, autour de Julien, et en Julien. Chaque pas dans un couloir du collège, chaque regard posé sur un élève, chaque doigt levé, devaient devenir l’enjeu d’un dérapage, d’une violence."
"Des gestes autrefois anodins, saluer quelqu’un, entrer dans une école, marcher vers le métro, devaient devenir l’enjeu d’une tension. Il fallait filmer les élèves, la salle de classe, la cour de récré, les couloirs, comme autant de lieux de combats."

Trouver les collégiens
Dans un premier temps, la directrice de casting Judith Chalier interrogeait les adolescents qu’elle recevait et les amenait progressivement au sujet du film. Elle leur demandait alors d’improviser une petite scène. Teddy Lussi-Modeste se souvient : "Ceux qu’on a revus en call-back avaient une scène à préparer. Il a fallu ensuite constituer une classe et on a fait travailler les adolescents ensemble car j’avais conscience qu’il fallait à la fois croire en leur prestation individuelle mais aussi en leur prestation collective."
"Avec mon expérience de professeur, je me suis rendu compte que chaque classe a son énergie, ses espoirs et ses tabous. Ces séances de travail ont permis d’établir une relation de confiance entre nous tous."

Libération de la parole
Le directeur est montré comme un personnage qui ne veut pas de vagues. En choisissant ce titre, Teddy Lussi-Modeste a cherché à inscrire son film dans le mouvement de libération de la parole des professeurs : "Il faut se rappeler le choc de ces images de 2018 où l’on voit un élève tenir en joug avec une arme factice une professeure installée devant son ordinateur. Le #PasDeVagues est alors réapparu sur les réseaux sociaux."
"La souffrance était trop grande depuis des années. Les professeurs avaient besoin de dénoncer la violence qu’ils subissaient au quotidien et le silence de leur hiérarchie face à cette douleur. En lisant la presse, on se rend bien compte que les professeurs sont peu ou mal protégés par leur institution qui a paradoxalement construit au fil des années sa propre fragilité… Aujourd’hui, les professeurs parlent et c’est important de les écouter."

Côté bande-originale
Pour la musique, Teddy Lussi-Modeste a fait appel à Jean-Benoît Dunckel, cofondateur du duo Air, qui est intervenu sur le film après une première version de montage dans laquelle des morceaux préexistants avaient été intégrés comme des références : "Je voulais que Jean-Benoît se laisse porter par le film et me propose sa vision. Je lui ai tout de même parlé de mon désir d’électronique et de guitares shoegaze, ces guitares aériennes, cristallines, écorchées, que l’on retrouve chez Slow-dive ou My bloody Valentine."
"Cette dimension à la fois électronique et acoustique, les résonances que nous laissions déborder en fin de séquence, accompagnent la trajectoire du personnage principal. Parfois lyriques, parfois tendus, les thèmes composés par Jean-Benoît ont permis au film de se révéler à lui-même."

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - François Civil est exceptionnel dans le passionnant « Pas de vagues ».

CNews par La rédaction - La tension est palpable, et l’étau semble se resserrer d’heure en heure pour cet homme au bord du précipice. Un ressenti renforcé par une mise en scène sans artifice et ultra réaliste, ainsi qu'un jeu d’acteur efficace.

Ecran Large par Judith Beauvallet - Par rapport à sa bande-annonce grossière, "Pas de vagues" se révèle bien plus nuancé et intelligent. Cette dénonciation virulente d'un système scolaire qui se refuse à prendre en compte la détresse des élèves et des professeurs essuie certes quelques maladresses, mais parvient malgré tout à bouleverser, grâce à une écriture sensible et une interprétation excellente (et la musique de Benassi Bros).

L'Humanité par Michaël Mélinard - Un thriller saisissant sur une institution en crise.

L'Obs par Xavier Leherpeur - Les personnages possèdent tous une face cachée, ce qui évite au récit de tomber dans la schématisation et lui confère une complexité supplémentaire – complexité sur laquelle se greffe avec intelligence une mise en scène acérée, tendue mais jamais mécanique, ainsi que l’interprétation d’une impeccable justesse de François Civil.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Le film, complexe, très noir, asphyxiant, coécrit avec Audrey Diwan, trouve sa force dans une intransigeance qui mène peu à peu à la folie et à la destruction. Pour une simple erreur d’interprétation.

Le Figaro par Eric Neuhoff - Une œuvre coup de poing.

Le Parisien par Catherine Balle - Un film sous tension et éclairant, porté par un François Civil formidable.

Le Point par La Rédaction - L'occasion pour Teddy Lussi-Modeste de montrer le désarroi d'un simple professeur dont l'idéalisme se cogne aux maux de la société. En déroulant sous nos yeux l'engrenage monstrueux de la rumeur, il accentue ici la tension de son film porté de bout en bout par le jeu ouvert, puissant de François Civil, capable de faire passer toutes les émotions de son personnage en proie à un cauchemar éveillé.

Les Echos par Olivier De Bruyn - Teddy Lussi-Modeste, sans une scène de trop, dépeint une école qui n'a plus rien d'un sanctuaire, mais tout du réceptacle de certaines confusions de notre époque. Un constat amer pour un film qui frappe par sa justesse et sa rigueur.

Ouest France par Thierry Cheze - Passionnant.

Public par Sarah Lévy-Laithier - François Civil incarne avec justesse et émotion un homme accusé à tort et lâché par tous.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Sans doute Teddy Lussi-Modeste aborde-t-il trop de sujets au risque d’alourdir son film, mais Le message est fort et porté par un François Civil ultrasensible.

Télé Loisirs par Corentin Marouby - Ce récit est remarquable de justesse.

Voici par La Rédaction - Le réalisateur fait preuve d'intelligence dans le traitement de ce sujet délicat et n’entretient aucun faux suspense malsain.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - Après La salle des profs qui pointait du doigt le manque de discernement et les jugements expéditifs au sein d’un collège allemand, Pas de vagues propose une réflexion universelle sur les dérives de nos sociétés qui privilégient, depuis trop longtemps, la bien-pensance à la vérité, et laissent ainsi se répandre un sentiment d’injustice néfaste à la bonne marche de la démocratie.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - La tension croît au fil d’un récit dont la justesse doit beaucoup à l’expérience de Teddy Lussi-Modeste (Jimmy Rivière, Le Prix du succès) qui s’inspire d’un épisode de son propre parcours d’enseignant.

Le Monde par J. Ma. - Le film révèle, pour autant qu’on en puisse juger, une particulière acuité lorsqu’il s’agit de montrer comment l’institution scolaire, censée fournir au professeur au moins les conditions d’une défense équitable, manque à le soutenir à mesure que la violence se fait plus menaçante pour la sécurité de l’établissement.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain - "Pas de vagues" décrit avec minutie une mécanique qui s’emballe, une administration qui s’en lave les mains, les raisons des un·es et des autres et qui vont peu à peu menacer la carrière et la vie de couple d’un enseignant.

Première par Thierry Chèze - Dans notre monde dopé aux faits divers où toute tentative parole équilibrée est balayée par la course au buzz, Pas de vagues apporte un contrepoids essentiel. Ne vous fiez pas aux rumeurs, plongez au cœur de la complexité qu’il propose.

L'avis du projectionniste

Une réalisation réussie pour une histoire prenante avec un François Civil investi et très convaincant. Un film qu’il faut voir.