Paternel – de Ronan Tronchot

Vendredi 12 Avril à 17h et Dimanche 14 Avril à 14h30

1h 32min | Drame De Ronan Tronchot

Avec Grégory Gadebois, Géraldine Nakache, Lyes Salem

Synopsis
Dans une petite ville du centre de la France, Simon est un prêtre dévoué à sa paroisse. Au cours d’une messe, Louise, qu’il n’avait pas revue depuis son séminaire, il y a des années, refait surface. Elle lui présente Aloé, enfant de 11 ans, dont il est le père. Cette nouvelle va bouleverser son quotidien : peut-il être un bon prêtre pour ses fidèles, et un bon père pour son enfant ? Simon va tenter de convaincre les plus hautes instances de l’Église que sa vocation est compatible avec l’amour paternel.

Anecdotes

Genèse
Paternel est le premier long-métrage de Ronan Tronchot, qui a grandi dans une famille catholique, avec des grands-parents très croyants et pratiquants. Alors que son grand-père était sur le point de mourir, sa grand-mère a fait appel à un prêtre de la paroisse. Il se souvient : "J’ai trouvé assez touchante la présence de cet homme et surtout la relation qu'il a entretenue avec mon grand-père. Il venait tous les jours et passait une heure à discuter avec lui. Et il a accompagné le deuil de ma grand-mère par la suite. J’ai discuté avec lui et j’ai découvert un homme intelligent, cultivé, sage et très ouvert."
Désireux de montrer les hommes d’Église sous un angle nouveau dans le cinéma français, le réalisateur a alors imaginé une histoire racontant de façon réaliste le quotidien d'un prêtre au XXIème siècle en France.

La paternité
La paternité est un sujet cher à Ronan Tronchot, qui en avait déjà fait le cœur de ses deux courts-métrages. Dans Novembre, un jeune père faisait face au deuil de sa femme, tandis que Dans la forêt lointaine mettait en scène un père de famille au chômage qui se replie sur lui-même. En outre, le réalisateur a lui-même eu un enfant pendant le développement de Paternel.
Éviter la caricature
Ronan Tronchot tenait à éviter les clichés sur les hommes d'Église et à être respectueux "en mettant en lumière les prêtres dont on parle peu, ceux qui sont dévoués à leur communauté et qui font bien leur travail, tout cela en questionnant les règles de l'Église catholique au XXIème siècle. Est-ce que certaines règles sont encore d'actualité, sont encore applicables aujourd'hui et en phase avec les mœurs actuelles ?"

Recherches
Ronan Tronchot et le scénariste Ludovic du Clary ont effectué des recherches pour écrire Paternel. Ils ont lu beaucoup d’ouvrages et d’articles de presse sur l’évolution de la place du catholicisme en France, et ont multiplié les rencontres et entretiens avec des prêtres, des laïcs, la hiérarchie de l'Église...
Ils sont aussi allés vivre pendant une semaine dans un presbytère, en Bretagne, au contact de trois prêtres pour observer le fonctionnement au quotidien d’une paroisse. "Nous avons été témoins des divergences d’opinions qui surviennent parfois et de la façon dont les prêtres arrivent à associer leur spiritualité et des questions qui sont d'ordre plus quotidien, administratif. Ce travail d’enquête nous a permis d’ancrer l’histoire et le personnage dans une situation réaliste où beaucoup peuvent se reconnaître dans les questions que soulève le film."

Un ancien prêtre reconverti
Lors de ses recherches, le réalisateur a croisé la route de David Gréa, un ancien prêtre désormais marié et père de famille, qui a exercé dix-sept ans à Lyon jusqu’à fin 2016. C'est durant son sacerdoce qu'il a rencontré celle qui est devenue son épouse. Il a demandé une dérogation pour continuer à exercer tout en ayant une vie de famille. Le réalisateur rapporte : "Son témoignage est intéressant : il est allé voir son évêque, qui lui a dit en substance : 'Je ne peux pas t’empêcher de voir cette femme mais il ne faut pas que ça se sache'. Il a commencé par cacher cette relation, mais un jour il n’a plus supporté de vivre dans le mensonge et il a tout raconté à ses fidèles."
David Gréa a conseillé l'équipe sur toutes les questions assez techniques du fonctionnement hiérarchique de l’église. Cependant, son cas est différent de celui de Simon, le héros de Paternel, car ce dernier ne compte pas se remettre en couple avec la mère de son enfant. "Notre question, ce n’est pas le célibat des prêtres, c’est plus précisément l’impossibilité d’avoir une vie de famille", souligne Ronan Tronchot.

Grégory Gadebois
Ronan Tronchot avait monté un court-métrage dans lequel jouait Grégory Gadebois : "Avoir accès à toutes les prises m’avait montré à quel point c’est un acteur formidable, il était bon et subtilement différent dans toutes." Le réalisateur a choisi le comédien pour ce qu'il dégage, "c'est-à-dire ce mélange de sagesse, de fermeté, de douceur – des sentiments qu’il peut alterner avec beaucoup de subtilité."

L'enfant
S'il est d'usage de trouver des enfants ou des adolescents via un casting sauvage, cela n'a pas été le cas pour Paternel. Le réalisateur souhaitait limiter l'improvisation sur le plateau, d'autant plus que Grégory Gadebois est un acteur très attaché au texte.
Ronan Tronchot explique : "On a donc cherché un enfant qui avait déjà joué la comédie, qui avait l’expérience des tournages, et la rigueur nécessaire. La directrice de casting a rencontré plusieurs candidats jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux, dont Anton Alluin, que j’ai finalement choisi et qui a été formidable."

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - Le réalisateur livre une interrogation passionnante sur l’évolution de l’Eglise actuelle.

Closer par J.B. - Un premier film lumineux, sensible, subtil, jamais caricatural ni moralisateur.

Le Figaro par Valérie Beck - D’une profondeur inattendue.

Marianne par Olivier De Bruyn - Dans son premier film, le débutant Ronan Tronchot met en scène un prêtre qui apprend sur le tard qu’il est le père d’un gamin de 11 ans. Malgré ses défauts, cette fiction entraîne le spectateur dans son charme et prouve que tous les costumes conviennent à l’excellent Grégory Gadebois, y compris celui d’ecclésiastique.

Télé 2 semaines par Thomas Colpaert - Touchant et équilibré, le film offre un éclairage intéressant sur une question délicate [...].

L'Obs par Isabelle Danel - Ce premier film questionnant les règles ancestrales de l’Eglise dans de beaux décors auxerrois bénéficie d’une interprétation impeccable, dominée par l’excellent Grégory Gadebois.

La Croix par Céline Rouden - La description du quotidien d’une paroisse y est très réaliste, et si les personnages secondaires ont tous une fonction didactique – défauts récurrents des premiers longs métrages –, le film y gagne en intelligibilité pour les spectateurs. Surtout, il est servi par un casting formidable (...).

Paris Match par Fabrice Leclerc - Comment exercer son sacerdoce tout en assumant son passé, concilier vie spirituelle et intime, autant de questions que pose ce premier film, mais qui a le mérite de la simplicité et de l’humanité.

Télé Loisirs par Thomas Colpaert - Touchant et équilibré, le film offre un éclairage intéressant sur une question délicate mais sans doute prégnante au sein de l'Église catholique.

aVoir-aLire.com par Éric Françonnet - Un premier film riche de promesses abordant un sujet délicat - la paternité des prêtres de l’église catholique.

Le Monde par J. Ma. - La vocation sacerdotale est-elle, comme le soutient Simon contre sa hiérarchie, compatible avec celle de la paternité ? Ce sont ces voies particulières qu’explore le film.

Le Parisien par Lou Hupel - Un film tendre sur l’amour paternel : le spirituel, celui que l’on consacre dans une prière, et le biologique, celui qui transcende parfois la morale établie.

Première par Thierry Chèze - Porté par un Gregory Gadebois une fois encore remarquable.

L'avis du projectionniste

Gregory Gadebois est parfait en curé bedonnant, belle figure d’homme de foi chaleureux, hyper-sollicité et tourmenté par le dilemme que la vie lui impose.
Le réalisateur égrène des réflexions sur le cléricalisme, sur la détérioration de l’image de l’Église dans la société, sur l’écart entre le discours moral officiel et la réalité pastorale. Sans oublier d’exprimer implicitement le souhait d’accorder un rôle accru aux laïcs (certes il aurait pu approfondir) mais il embrasse tout ca avec justesse et réalise et offre un beau premier film