Scrapper – de Charlotte Regan

Vendredi 9 Février à 17h et Dimanche 11 Février à 14h30 (les 2 séances sont en VO/st)

1h 24min | Comédie, Drame De Charlotte Regan

Avec Harris Dickinson, Lola Campbell, Alin Uzun

Synopsis
Banlieue de Londres. Géorgie 12 ans vit seule depuis la mort de sa mère. Elle se débrouille au quotidien pour éloigner les travailleurs sociaux, raconte qu’elle vit avec un oncle, gagne de l’argent en faisant un trafic de vélo avec son ami Ali. Cet équilibre fonctionne jusqu’à l’arrivée de Jason, un jeune homme qu’elle ne connait pas et se présente comme étant son père.

Anecdotes

Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Scrapper" et de son tournage !
Qui pour Géorgie ?
Dans la peau de Géorgie, Lola Campbell trouve son premier rôle au cinéma. Lors de la phase de casting de Scrapper, elle avait envoyé une vidéo à Charlotte Regan, dans laquelle elle ne faisait rien d’autre que parler de son magasin préféré à Londres. La cinéaste se rappelle : "Elle ne s’arrêtait pas ! Dès que je l’ai vu, j’ai dit à Farhana [Bhula], ma productrice, que c’était elle. Puis nous l’avons fait venir pour qu’elle passe une audition. Là, elle s’est retrouvée totalement bloquée. Elle n’osait même pas nous regarder dans les yeux, ou même nous parler. C’était juste après la crise du Covid. Je pense que beaucoup d’enfants de son âge n’avaient plus eu d’interactions avec d’autres personnes autres que les membres de leur famille, pendant près de deux ans. C’était donc une expérience terrifiante pour elle."
"Puis elle fait partie de cette génération de jeunes Tiktokers qui peuvent très bien jouer, performer, seuls, devant une caméra, mais qui peuvent aussi se retrouver apeurés devant un groupe d’inconnus. Ce qui fait que pour la première audition, elle ne nous a absolument rien dit. Nous avons alors parlé à sa mère puis nous avons organisé des visites chez Lola une à deux fois par semaine pour qu’elle s’habitue à nous. À la fin, elle a décidé que nous étions ses amies et elle a fini par bien vouloir nous parler."

Classe ouvrière
Charlotte Regan a toujours voulu réaliser un film sur la classe ouvrière qui puisse exprimer aussi une certaine joie de vivre. La réalisatrice a grandi en adorant ce cinéma-là, mais avait l’impression qu’il s’agissait toujours de représentations très définies par la pauvreté, avec des personnages déprimés. "Je pense que Scrapper vient de ce désir, mais aussi du deuil que j’étais en train de vivre à ce moment-là. J’ai eu envie de mélanger ces deux choses", précise-t-elle.

Révélée à Cannes
La directrice de la photographie du film est la réalisatrice Molly Manning Walker, qui a obtenu le prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2023 pour son film How To Have Sex.

Une banlieue de Londres
Scrapper se situe dans une banlieue de Londres. Charlotte Regan a choisi de beaucoup insister sur la configuration géométrique et la plastique du cadre spatial du film : les lignes de trains, le côté labyrinthique du quartier où vit Georgie ou les couleurs très vives des bâtiments : "Nous cherchions un endroit qui soit tout un monde pour Georgie, tel que peuvent le ressentir les enfants. Tout ce dont a besoin Georgie se trouve dans ce petit espace, qui pour elle est beaucoup plus vaste que ce qu’il n’est en réalité. Nous avons commencé à chercher des endroits assez tôt, avant même que la préparation du film ne commence."
"On savait qu’il serait difficile de trouver un décor comme ça à Londres parce que ça n’existe plus trop, notamment à cause de la gentrification. Nous avons fini par trouver un lieu dans la banlieue de Londres qui m’a tout de suite fait forte impression. Des enfants étaient en train de jouer dehors, il se dégageait de ce lieu une sensation de sécurité et de bienveillance. C’est d’ailleurs un endroit où tout le monde se connaît et où l’on sent que les gens prennent soin les uns des autres. C’est aussi un lieu qui correspondait absolument à ce qu’on avait en tête, notamment concernant la gamme de couleurs des façades."

Festivals et prix
Scrapper a été sélectionné dans les festivals suivants :
- Festival de Sundance 2023 : Prix du jury
- Festival du film Britannique de Dinard 2023 : compétition officielle
- Festival international de La Roche-sur-Yon 2023 : section Perspectives

Dimension cartoonesque
Scrapper comporte une dimension cartoonesque dans sa forme. Par exemple, cette scène des araignées avec Ali, où Charlotte Regan a intégré des aspects liés à la bande dessinée. La réalisatrice justifie ce choix : "Cela découle aussi du fait de vouloir rester du point de vue de Georgie. Je n’ai cessé de me demander : comment elle raconterait l’histoire ? Deux ans avant Scrapper, Farhana Bhula et moi avons fait un documentaire sur des enfants de 12-13 ans, tout au long des vacances d’été. Le scénario a beaucoup changé en fonction de leurs humeurs. Parfois, ils étaient intenables, puis quelques instants après ils pouvaient nous parler pendant 2h des extraterrestres."
"Je pense que nous voulions que cette énergie soit dans le film. Nous voulions aussi contrebalancer avec la maturité de Georgie, qui est issue de la classe ouvrière, et montrer qu’elle était encore puérile sur bien des aspects."

Un jeune papa
Harris Dickinson incarne Jason, le père. Il était important pour Charlotte Regan que ce personnage soit jeune (l'acteur est né en 1996) : "Je pense que c’est quelque chose que j’ai beaucoup vu autour de moi pendant mon enfance. Il y avait beaucoup de pères qui avaient des enfants trop jeunes, qui n’étaient pas totalement matures. Ces pères adoraient leurs enfants et étaient prêts à tout pour eux, mais ils étaient eux-même encore des enfants. Mais c’est véritablement quand nous avons rencontré Harris [Dickinson] que nous avons choisi cet âge-là, l’écriture du personnage était assez ouverte. Harris était parfait pour le rôle et le fait qu’il ait cet âge marchait très bien."

Quelques critiques presse

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Un premier film sur l’enfance au charme simple, agrémenté de réalisme magique.

Ecran Large par Judith Beauvallet - "Scrapper" est la nouvelle perle du cinéma indépendant britannique. Digne héritière de Stephen Frears et Stephen Daldry, Charlotte Regan montre toute l’étendue de son talent dans ce premier film qui évite tout misérabilisme pour être tout simplement juste, drôle et émouvant.

L'Humanité par Vincent Ostria - Une chronique charmante marquée par l’interprétation impeccable de la jeune Lola Campbell.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Tendrement à hauteur d’enfant, comme dans La Fille de son père d’Erwan Le Duc, Scrapper glisse vers le conte, au moyen de petites pastilles surréalistes échappées de l’imagination de la gamine, jouant à saute-mouton avec le réel et le fantôme présent de sa mère. Ainsi va la vie : il faut bien grandir en rêvant encore.

Le Figaro par Constance Jamet - Maîtres du cinéma social anglais, Ken Loach et Stephen Frears peuvent être rassurés. La relève est là. Et féminine. Découvert au Festival du film britannique de Dinard, Scrapper est la fable idéale pour commencer l’année en douceur.

Les Echos par Adrien Gombeaud - Charlotte Regan ressuscite la figure classique de l'orpheline débrouillarde, dans un premier long-métrage britannique aussi malin que diablement attachant.

Ouest France par La Rédaction - Un feel good movie attachant.

Culturopoing.com par Alexandre Lebrac - Un premier film ambitieux et poétique doublé d’un savoureux commentaire social.

L'Obs par X. L. - La mise en scène de la cinéaste, pleine de vivacité et de virgules savoureuses, marque parfois trop son territoire. Mais elle a au moins le mérite de ne pas se contenter de mettre sagement en images un scénario malicieux et deux acteurs formidables.

Le Monde par V. Cau. - Georgie trouve en Lola Campbell une interprète aussi touchante qu’irrésistible, dont émane quelque chose de merveilleux qui fait tout le charme du film.

Les Fiches du Cinéma par Gaël Reyre - Ce premier film plaisant, joliment mis en scène et aux interprètes remarquables, a tout de même un petit air de déjà-vu.

Libération par Lelo Jimmy Batista - Un conte mignon sans prétention.

Première par Thomas Baurez - Scrapper reprend finalement le flambeau du Aftersun de Charlotte Wells en ouvrant cette fois-ci une fenêtre sur l’avenir pour ses personnages, tout en nous laissant penser que le cinéma britannique n’a pas été aussi puissant et riche depuis un certain nombre d’années.

Rolling Stone par Samuel Regnard - Un premier long-métrage bourré de charme.

Télé Loisirs par C.F. - Porté par une jeune actrice touchante, le film aborde le deuil sous une forme classique mais efficace, notamment grâce à un scénario sans fioritures et une mise en scène accrocheuse.

Télérama par Frédéric Strauss - Il y a aussi, dans Scrapper, des scènes de comédie très réussies, un regard vif sur les classes populaires et même une fable qui parle du deuil tel qu’une enfant peut l’affronter, en construisant un monde imaginaire. Cela fait beaucoup de pistes pour un seul film, mais elles sont toutes séduisantes.

Voici par La Rédaction - Le cinéma anglais possède une longue tradition de réalisme social mais Scapper, sur des thèmes classiques, déjoue les attentes avec une facture plus lumineuse.

L'avis du projectionniste

une gamine livrée à elle-même depuis le décès de sa mère et qui semble (dans la journée) assumer la situation, mais la nuit elle laisse sortir sa tristesse...
elle est endurcie, débrouillarde, inventive, méfiante, combattive, colérique mais surtout très attachante... une belle fable, un joli conte,