Seuls les rebelles – de Danielle Arbid

Dimanche 09 Aout à 18h

1h38min | Drame, Romance De Danielle Arbid

Avec Hiam Abbass, Amine Benrachid, Shaden Fakih

Synopsis
Tout public
Suzanne, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Osmane un soir à Beyrouth… Il est jeune, noir, soudanais, migrant sans papiers. Elle est libanaise d’origine palestinienne, et a le double de son âge… Ils tombent amoureux. Le Liban est au bord du précipice. Alors que leur amour déclenche une levée de boucliers, au cœur du chaos ambiant, Suzanne et Osmane résistent.

Anecdotes

Une métaphore de la lutte
Si Seuls les rebelles est une histoire d’amour, c’est aussi une réponse à « notre époque particulièrement inquiétante… que ce soit en Orient et maintenant en Occident », explique la réalisatrice. En mettant en scène deux individus qui tombent amoureux et vont à l’encontre des conventions, elle utilise cette métaphore pour parler de lutte : « Tous mes films, documentaires ou fictions [...] sont marqués par une sorte de révolte et de scandale. Je me garde bien de théoriser ou de revendiquer un quelconque statut, mais je ne cesse de travailler la question de la confrontation à l’ordre établi ».

Un tournage bouleversé par la situation géopolitique
Au moment de tourner, Beyrouth était bombardée par Israël. La production a proposé à la réalisatrice de transposer le Liban à Marseille ou dans une autre ville française mais elle a refusé. Elle tenait à documenter une ville menacée de disparition : « J’ai pensé qu’on allait assister à la fin du Liban. Mon film est devenu une fenêtre cinématographique sur mon pays d’origine, à ce moment-là. J’ai eu tellement peur que Beyrouth ne se transforme en un tas de ruines sous les bombardements israéliens, que j’ai décidé de sauver chaque décor de cette histoire, de la filmer rue par rue afin de prouver qu’elle a existé. »

Filmer Beyrouth à distance
Si la réalisatrice tenait absolument à filmer Beyrouth, elle n’y a pourtant pas mis les pieds. Elle supervisait depuis Paris une équipe de tournage à Beyrouth, alors que la capitale libanaise était en urgence absolue.

Un procédé visuel utilisé de façon quasi inédite
Les images tournées par l’équipe libanaise ont été rétroprojetées au studio de la Montjoie, en banlieue parisienne. Danielle Arbid développe le procédé : « La transparence est un procédé mêlant dans un plan une projection de film à une prise de vues. Dans les vieux films, il a été très utilisé pour des scènes montrant des personnages situés dans des avions, trains ou voitures… Certains cinéastes comme Ken Russell, Kubrick, Ruiz, Von Trier ou Mandico plus récemment, etc. l’ont aussi utilisé en le détournant, mais aucun long-métrage à ma connaissance n’a été entièrement réalisé de cette manière. »

Dans le sillage de Sirk et Fassbinder
En mettant en scène un couple que tout oppose, Seuls les rebelles peut s’apparenter à Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk et Tous les autres s’appellent Ali de Rainer Werner Fassbinder. La réalisatrice évoque également Bad Luck Banging or Loony Porn de Radu Jude : « [Mon film] résonne avec tout un pan du cinéma qui se fonde sur le principe des antithèses qui raconte la quête d’un même idéal, la recherche entêtée d’une justice sociale et d’un monde empathique. »

Une longue collaboration
Hiam Abbas a joué dans le premier court-métrage de Danielle Arbid, Raddem, en 1998. Depuis, une grande amitié lie les deux femmes. La réalisatrice ne tarit pas d’éloges au sujet de l'actrice : « Au fil des ans, j’ai vu Hiam évoluer professionnellement, avec intelligence et sans opportunisme. Son talent, sa beauté et surtout sa liberté de choix sont rares et précieux dans le paysage cinématographique. Le travail avec Hiam est une pure partie de plaisir. C’est une partenaire idéale. »

Quelques critiques presse

Franceinfo Culture par Falila Gbadamassi - La mise en scène de Danielle Arbid est une invitation à s'aventurer aussi bien dans le dédale des émotions de ses héros, parfois contradictoires, que dans celui des rues de Beyrouth.

L'Humanité par Sophie Joubert - À Beyrouth, une femme de 60 ans et un migrant soudanais de 25 ans tombent amoureux. Sur fond de guerre et de chaos politique, Danielle Arbid signe une puissante métaphore d’un pays au bord du gouffre.

L'Obs par Guillaume Loison - Le résultat, d’une exactitude bluffante, dégage une atmosphère onirique et mortifère qui dit à la fois l’étrangeté de la romance et la prescience d’un monde sur le point de disparaître.

La Tribune Dimanche par Aurélien Cabrol - Le film observe ainsi avec beaucoup de pertinence et d'acuité le système d'oppositions qui semble régir la société libanaise et sa haine de l'autre : hommes et femmes, migrants et racistes, ouvriers et patrons, autant de fractures et de divisions.

Les Fiches du Cinéma par Nathalie Zimra - À la fois subversif et attendu, ce film a le charme des belles histoires.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain - Une ode à l’amour mais aussi au Liban, tourné par des acteur·rices palestinien·nes, soudanais·es, libanais·es réuni·es à des milliers de kilomètres des lieux décrits. Et donc une ode, aussi, au cinéma et au mélange.

Positif par Hugues Porquier - Ce magnifique film de Danielle Arbid, à la croisée entre le drame social et la romance, brille par sa capacité à lier l'intime avec quelque chose de plus grand. "Seuls les rebelles" se distingue aussi par sa conception singulière née de la contrainte qu'impose un contexte géopolitique instable.

So Film par Romain Daum - Un film magnifique.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Opposant à toutes les insultes, les aprioris, les tentatives d’exploitations diverses, la douceur d’une femme et des moments où les personnages se rapprochent, Danielle Arbid ("Beyrouth Hôtel", "Passion Simple") parvient à un délicat équilibre, convoquant quelques scènes en état de grâce, malgré la pesanteur du contexte.

Cahiers du Cinéma par Mathilde Grasset - Les effets de déréalisation sont néanmoins trop timides pour être éprouvés comme de nets partis pris : dans le magasin où travaille Suzanne, on frise parfois une esthétique de roman-photo, mais l’essentiel du film s’articule autour d’une histoire sentimentale dépeinte hâtivement, à laquelle on nous demande pourtant sérieusement de croire.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Hiam Abbass et Amine Benrachid jouent des gens heureux et on tombe sous leur charme, emporté par l’envie de croire à leur romance.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Présenté au festival de Berlin, ce film évoque avec délicatesse la relation entre un jeune Soudanais et une veuve palestinienne, rejetés par la société libanaise. Danielle Arbid, sa réalisatrice, assume ses artifices pour recréer à l’image un Beyrouth impossible à filmer en raison de la guerre.

La Septième Obsession par Jérôme d’Estais - Une déclaration d’une grande douceur et d’une très belle humanité.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Peut-être un feel-good movie un peu simple, parfois naïf, mais assez séduisant dans sa volonté de nous faire croire qu’il n’y a pas d’âge pour tomber amoureux.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneu - Un amour hors du commun confronté à un racisme ordinaire dans un Liban reconstitué. Ce cri de colère bienvenu, doublé d’une nécessaire prise de conscience, trouve son maillon fort dans l’interprétation de Hiam Abbass

Télérama par Marie Sauvion - Unissant leurs solitudes respectives, Suzanne la Palestinienne (Hiam Abbass) et Osmane le Soudanais (Amine Benrachid) affrontent le racisme, les préjugés, la violence d’une société où tout est chaos et dont on sent bien qu’elle est le sujet majeur, dévorant, de Danielle Arbid,

L'avis du projectionniste

Une belle histoire très touchante, tres émouvante, avec la grande actrice, Hiam Abbas formidable, comme toujours.